lundi 30 novembre 2009

Philip Roth - Last Exit to Newark

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Réédition de cette chronique de décembre 2007, à l'occasion de la sortie française de cet excellent roman de Philip Roth (pléonasme)



Zuckerman. Encore, toujours. Peut-être pour la dernière fois.

Trente-trois ans après sa première apparition dans My Life as a Man, Nathan est devenu un personnage à part. Est-il même encore un personnage ? On a tout su de sa vie, on l’a suivi partout. On a même fini par le lire – puisqu’il est sensé être l’auteur de la Trilogie Américaine. Zuckerman le double de Roth, ou plus précisément son extension. Zuckerman qui d’abord décalqué sur l’auteur a fini par s’épanouir, vivre une existence propre et connaître une carrière n’appartenant qu’à lui-même.

dimanche 29 novembre 2009

Kali - Galop d'essai

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La webserie est un phénomène en plein boom depuis quelques temps (hasard du calendrier golbien Libé en causait justement cette semaine) et Canal +, qui a comme chacun sait le nez creux et se rêve plus que jamais en HBO français (y'a encore du boulot, dirons les mauvaises langues), ne pouvait passer à côté d'un filon aussi prometteur. Ainsi est-ce sur le Net que se conclut sa Nouvelle Trilogie (*), sans que l'on sache vraiment s'il s'agit d'un coup de poker visionnaire ou de la pire idée du monde.

samedi 28 novembre 2009

Nick Cave & The Bad Seeds - Eaux troubles

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"I am a crooked man And I've walked a crooked mile Night, the shameless widow Doffed her weeds, in a pileé"

Paru seulement trois mois après un disque de reprises les réconciliant avec leurs racines folk et blues, le troisième album de Nick Cave & The Bad Seeds peut légitimement être vu comme le jumeau maléfique du susmentionné Kicking Against the Pricks. Collision entre no-wave et blues ancestral ('Long Time Man', complainte arrachée à l'Amérique profonde... et à son auteur, Tim Rose, que Cave et Harvey oublièrent malencontreusement de créditer !), reconstitution mélodique après des années à déconstruire la pop (on le sait peu, mais avant même l'époque Birthday Party Nick Cave et Mick Harvey s'étaient illustré au sein des parfois très pop Boys Next Door)... Your Funeral... My Trial semble n'être qu'une escale dans le fascinant parcours de l'australien, parcours dont on peut considérer qu'il s'achèvera dans la sanglante sauvagerie du Live Seeds de 1993.

vendredi 27 novembre 2009

Une petite partie d'Harlequinade, comme ça, vite-fait, entre deux portes...

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AVERTISSEMENT : Cette chronique est susceptible de heurter les âmes les plus sensibles :-)


Me voilà fort marri, étonné et pour le moins confus d'ouvrir un livre au pouvoir d'attraction hormonale pour le moins inattendu. A tomber, à mon corps défendant ou presque, sur un incipit des plus explicites, le genre de chose à faire peur à la plus libérale des ménagères :

jeudi 26 novembre 2009

2e Rencontres Musique & Littérature – Trois questions à Sébastien Moig, co-directeur du festival

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De la musique ? De la littérature ? De la BD, même ? Dans le même festival ? Avec Tue-Loup, en plus ! Non, arrêtez ? z’êtes pas sérieux…

A Place To Bury Strangers - Dark Side of the Noise

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Flashback : c'est le mois d'août, il fait froid, ma femme et moi sommes assis dans l'herbe à tenter de se réchauffer mutuellement. On a fait de la route le matin, on a pas mal couru dans la journée, il est plus de minuit et on est sacrément crevé. Mais pas assez pour échapper au spectacle sur la scène du Fort Saint-Père, celui de ce groupe qu'on connaît à peine et qui nous transporte, entre nuit noire et apocalypse. C'est violent. C'est éthéré. C'est habité. Le lendemain on écrira : "C’est sans grand mal qu’A Place To Bury Strangers, que peu attendaient vraiment, remporte la palme du meilleur groupe du soir (voire même selon certains du festival tout entier) [...] livrant un show ténébreux et fascinant dont le public – qui pour une bonne part ignorait leur existence cinq minutes plus tôt – ressortira galvanisé. Enfin une prestation de haute tenue, presqu'unanimement acclamée qui plus est."

mercredi 25 novembre 2009

Angel - End of the World News

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Il y a définitivement quelque chose d'ambigu dans Angel. C'est assez difficile à identifier, mais c'est ce qui fait que cette série a toujours plus ou moins un goût d'inachevé. En fait Angel, même quand elle est réussie, on a l'impression étrange qu'elle est ratée. Si vous ne me suivez pas, pas d'inquiétude... c'est normal. On va essayer d'expliciter cela.

mardi 24 novembre 2009

Tom Waits - Omerta chez les blogueurs

[Top of the Flops of the Pops of the Blogs of the 2000's] La nature n'aime pas le vide et la blogosphère, le consensus. Mettez cinq blogueurs dans une pièce. Faites un effort pour les mettre tous d'accord sur un disque. Puis, invitez-en un sixième. En moins de cinq minutes de discussion non seulement il aura énoncé l'exact inverse des cinq autres mais en plus, il sera parvenu à retourner au moins l'un d'eux. C'est à la fois la grande qualité et le pire défaut des blogs, surtout dans une activité comme le CDB ou les Battles des albums de la décennie : la blogosphère conserve tout pour l'éternité, soit... mais le blogueur, pour sa part, n'a pas de mémoire. Vous pouvez vous contredire cent fois en deux ans, personne ne s'en rendra compte car dans le fond, peu de gens se souviennent vraiment de ce que vous pensiez il y a deux ans de tel ou tel album (je peux vous dire que ça relativise vachement les fight de s'en apercevoir). Ceci pour dire que j'escompte bien que personne ne se souviendra de ce que j'ai pu écrire des derniers albums de Tom Waits, d'ailleurs pour être franc moi-même je ne m'en souviens plus. Sans doute du bien, vu que sous mes airs provocateurs et retorses, je suis comme vous tous un gros mouton décérébré.

lundi 23 novembre 2009

Dortmunder ! Dortmunder !

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Donald Westlake - et encore plus le Donald Westlake des aventures de Dortmunder - est un peu à la littérature ce que Neil Young est à la musique. Un gars qui va à l'essentiel. Qui ne s'emcombre pas plus de politesse que de digressions inutiles. Les ficelles sont vieilles et usées jusqu'à la corde, ce sont d'ailleurs presque systématiquement les mêmes (par exemple dans le roman qui nous intéresse plus de la moitié des chapitres commencent par une remarque burlesque sur le passé d'un des personnages), le style comme la construction sont à la limite du rudimentaire et le propos semble simple et monolithique. Comme une chanson de Neil Young avec ses trois accords, son couplet-refrain et ses paroles parfois éculées.

dimanche 22 novembre 2009

La Bête est revenue

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Oui. La Bête. Tel le reflux des marrées, l'histoire se répète inlassablement. Chaque fin de décennie, quand les forces du Bien croyant triompher se lancent dans le funeste décompte de leurs victoires, la Bête se réveille, sort progressivement de la caverne où on l'a enfermée dix ans plus tôt... et vole. Vole vers le domaine des forces du Bien. La légende raconte qu'en 1989, en trois minutes seulement, elle rasa Axl Rose. En 1999, on dit qu'il ne lui fallut pas plus d'un claquement de doigt pour effacer de la mémoire collective le glorieux souvenir du neo-metal décomplexé.

Alors novembre venu et déjà bien entamé... l'heure n'est plus à la palabre. Vous vous sentez l'âme d'une douce fleur qui vient d'éclore ? Vous aimez la délicatesse, l'amour, Alexandre Jardin et la vie ? Quittez la blogosphère et n'y revenez qu'aux premières lueurs de janvier. C'est une guerre qui se prépare. Une guerre fratricide, mais une guerre juste. En ces temps de classements des meilleurs albums de la décennie, des meilleurs albums oubliés de la décennie, des meilleurs album à pochettes rouges de la décennie... En ces temps où chacun s'apprête à y aller de son petit classement scolaire au mépris de celui du voisin, où tout le monde veut sa part du gâteau des 2ks en laissant une fois de plus ses c... sa mauvaise foi rock'n'roll au vestiaire... il était plus que temps de sévir. Aussi c'est dans un mélange d'honneur et de honte que je déclare ouvert, ce dimanche 22 novembre 2009 et ce jusqu'au 06 janvier 2010... le Top of the Flops of the Pops of the Blogs of the 2000's - ou comment en finir avec cette putain de décennie.

Petite parenthèse historique : pour ceux qui auraient loupé quelques épisodes, la Bête, c'est ça :

"Motörhead c'est moche, de la musique pour routiers qui ne se lavent jamais, pour motards, pour maçons. Du Johnny revisité par Gibson et Heineken ! De l'affreux, sale et méchant... La définition du rock'n'roll, selon certains. Quand on pense à l'élégance des Rolling Stones, à la classe naturelle de Jimmy Page... Vous avouerez que cela laisse quand même songeur ! Mais bon, il est de bon ton de louer l'intégrité de Lemmy, qui n'a pas pris de douche depuis dix ans, et est toujours aussi con et crasseux qu'en 1980. Un jour, il faudra que quelqu'un m'explique en quoi ne pas évoluer, c'est être intègre... Moi, je n'ai pas changé de coiffure depuis des années. Je trouve qu'on sous-estime beaucoup mon intégrité !"

"Radiohead pond des albums comme on lance des "innovations" technologiques chez Procter & Gamble : on pique les meilleures molécules existantes, on fignole un super packaging flashy et on alloue un budget com’ pour le lancement digne du PIB des Hauts-de-Seine."

"Avec ma chérie nous nous dirigeons vers le Palais des Sports à Lyon pour y voir les Cure pendant la tournée suivant la sortie de "Disintegration". Un Suisse enlève ses fringues habituelles dans sa voiture et s'habille consciencieusement en corbeau : fringues noires; Doc Martens et tout le tralala prêt pour la cérémonie sacrificielle. Tout Cure est depuis là je trouve ; un groupe de pseudos désespérés qui dans la vie civile mangent chez Mac Do et regardent Bob l'Eponge avec leurs gamins mais qui une fois en concert ou en enregistrement rentrent dans la peau de pauv' gars qui ont trop du chagrin et qui égrènent de petites notes de guitares pour évoquer la pluie qui tombe et la tristesse qui les gagne inexorablement au fond de leurs petits coeurs desséchés."

"La musique classique n'a pas attendu le rock pour aller le plus loin possible dans la violence, l'intensité, la puissance rythmique, la noirceur. Montez le son à fond, et jetez une oreille au Sacre du Printemps de Stravinsky (et oui, on est obligé, sur un blog de rock, de préciser "de Stravinsky" lorsqu'on parle de cette oeuvre majeure, ce qui prouve bien l'inculture crasse du fan de rock moyen, car avec n'importe qui ayant 2 sous de culture on dit simplement "Le Sacre" et tout le monde comprend)"

"Ce disque pue, un peu comme une pièce humide qui aurait pas vu le soleil ni senti le moindre courant d’air depuis un bon mois, avec un rat crevé derrière l’armoire. Et pourtant ce Closer de Joy Division est la référence qui fait bien pour des centaines et des centaines de groupes actuels de rock minimaliste et sombre avec chanteur maigre et jaunatre de teint."

(je ne vous fais pas toute la liste)

Évidemment, après avoir démoli les Joy Division, Nirvana et autres Led Zeppelin... les 2ks, c'est presque une régression. Mais quelque part c'est encore mieux, on n'aura pas besoin de se forcer et on pourra le dire enfin haut, fort et bien : les années 2000 puent, dix ans qu'on s'enfile du faux rock, de la fausse chanson française, des "indies" à peu près aussi "indies" que George Lucas (et souvent influencés par lui, d'ailleurs), dix ans que le hip hop court désespérément après cette chimère de sa seconde jeunesse, dix ans qu'on ne croit plus à l'electro mais qu'on en parle encore de temps en temps histoire de ne pas se déjuger... il est temps de mettre tout ça à plat à de faire les bilans en chassant les poseurs, les losers et les imposteurs.

Le principe est simplissime : vous prenez classiques des 00's dans la liste des albums de la décennie (bon, vous pouvez en prendre un qui n'est pas dedans si vraiment ça vous tient à cœur... mais les plus connus - donc les plus honteux - sont quand même là), vous écrivez un bel article plein de morgue, de haine et de gros mots, vous le publiez, vous venez me le dire, on vient rigoler avec vous, et les fans de l'artiste viennent vous insulter.

Bien entendu nous remettrons à la fin le Prix Johnny Rotten - Mark E. Smith de la hargne bileuse et aussi, grande nouveauté, nous voterons à la fin pour l'album le plus surestimé de la décennie (j'y viendrai en temps voulu).

Évidemment comme c'est rock'n'roll et bordélique, que personne ne s'embête à dire sur qui il va taper à l'avance. La surprise, y'a qu'ça d'bon ma p'tite dame.
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samedi 21 novembre 2009

De l'ennui à revendre...

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Je me souviens des Foo Fighters. Assez vaguement. Un groupe auquel je dois beaucoup, et plus spécialement mon penchant (coupable aux yeux de beaucoup d'entre vous) pour la power-pop la plus mélodique et catchy. On a tous nos plaisirs coupables, et les Foos ont longtemps fait partie des miens. Parce qu'ils sont le groupe sympa par excellence. Parce que Dave Grohl n'a jamais été changé par le succès (prodigieux) de Nirvana. Parce que s'ils n'ont jamais essayé de révolutionner la musique, ils ont parfois commis des singles terriblement accrocheurs et efficaces ("I'll Stick Around", "Monkey Wrench", "Everlong"... ou plus récemment "The Pretender"). Or j'ai toujours adoré les singles terriblement accrocheurs et efficaces, mon seul problème par rapport à eux étant que je ne les entendais que très rarement à la radio, puisque je vivais (et vis toujours aux dernières nouvelles) en France.

mardi 17 novembre 2009

Carrefour des nostalgies - Une bonne part de vice...

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Tiens. Un livre découvert sur les blogs. Ça faisait longtemps. Et ça faisait encore plus longtemps que je ne m'en étais pas mêlé. Depuis pas loin d'un an et ma colère sourde après lecture de l'insupportable Chemin des sortilèges, j'avoue un peu honteux avoir cessé de me préoccuper des buzz bloguiens et avoir décidé de me fier plutôt à moi-même qu'aux autres pour choisir mes lectures. Mais voilà : avec moi, les bouderies ne durent jamais bien longtemps. Cette année plus qu'aucune autre, avec une rentrée littéraire dont je ne sais pas trop quoi faire vu que les noms des auteurs me sont moins familiers que précédemment (*).

lundi 16 novembre 2009

David Bowie - Que ça plaise ou non

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– Allez chérie, viens par-là.
– Non !
– ALLEZ !
– Lâche-moi ! Tu me fais mal !
– Assieds-toi.
– Mais... nooooon !
– Hop.
– Mais... qu'est-ce que ?...
– Je suis vraiment désolé, chérie... tu ne me laisses pas le choix...
– Tu vas pas...
– ... t'attacher ? Je t'assure que j'aurais préféré faire autrement...
– Thomas... JE T'ORDONNE DE ME LAISSER PARTIR !
– Désolé, mon amour. C'est hors de question.
– T'as pété un plomb...
– Maintenant c'est à toi de voir si tu veux être baillonnée...
– Tho...
– ... moi honnêtement : je ne préfèrerais pas. Cela dit sera peut-être mieux pour écouter...
– Laisse-m...
– Bon allez : mords-là-dedans.
– Merd... mpozmanjffkkjsjz...
– Voilà ! C'est mieux, non ?
– kjkfjkfjekkekejjejejejjejejejej !
– Maintenant écoute-moi un peu ça :

Découvrez la playlist Changes avec David Bowie


– mmoouuadjderr !!!
– Aaaaaaaah. On n'est pas bien, là ?
– aaaeoofjzpajfjslfjs !
– Je suis assez d'accord. Mais tu sais, le meilleur reste à venir.

Découvrez la playlist Oh you avec David Bowie


– Ca swingue, pas vrai ? Je crois que c'est ma préférée, celle-là...
– kjkljsdlsjljlsjlstjl !
– Ah bah non, t'as raison. En fait c'est celle-là :


Découvrez la playlist Kooks avec David Bowie


– kjflkjljlrjtkrjltlkljltjkejeljekltjkljtletjeltjeljlejt !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
– Chuuuut !
– kjfksjfsjlsjk-hin-hinh !!!

Découvrez la playlist Queen Bitch avec David Bowie


– T'es si mignonne...
– MMMMLALjiuir.
– Bon allez, je te libère - mais c'est pas une excuse pour zapper "The Bewlay Brothers"...
– mmglflfk de connard !!
– M'as-tu vraiment laissé le choix ?
– T'as de la putain de chance de pas m'avoir libéré mes putains de mains !
– Ca va venir, t'inquiète...
– Y a intérêt ! Estime-toi heureux que j'appelle pas les flics !
– Tu crois que je risque beaucoup pour t'avoir forcée à écouter le plus grand disques des années soixante-dix ?
– Pffffffffffffff !
– Ah bah ça valait bien la peine d'enlever le baillon pour t'entendre parler comme ça... enfin je suis prêt à te pardonner.
– Hein ?
– Quoi ?
– Tu te fous de ma gueule ? Me pardonner ? TOI ?!!
– Bah... t'as quand même dit que t'en avais - je cite - rien à foutre de David Bowie...
– Et alors ? Ca méritait de m'attacher à une chaise ???
– En fait ç'aurait mérité de te mettre à mort, mais j'ai pas eu le courage.
– T'es vraiment un malade...
– C'est ça, c'est ça. Comme si le problème venait de moi. Tu te remets jamais en question, hein ?
– Ouais c'est ça. Ok. Allez, détache-moi maintenant.
– Tu plaisantes ?
– Tu vas pas me laisser là, quand même ?
– Et Ziggy alors ? Et Station to Station ? Tu sais combien il en reste ? Allez, mords là-dedans.


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dimanche 15 novembre 2009

In Treament - Mélodies du temps ordinaire

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Une ancienne patiente incasable, une étudiante frappée de leucémie et se réfugiant dans le déni, un jeune garçon se blâmant pour le divorce de ses parents et un chef d'entreprise pris dans la spirale du scandale... sans oublier un procès en négligence intenté par le père d'un ancien patient soupçonné de s'être suicidé... tel est le (lourd) programme s'annonçant pour Paul Weston dans la seconde saison d'In Treatment. Et si l'on avait émis certaines réserves (âprement reprochées par certains) concernant la précédente, l'honnêteté oblige à reconnaître que celle-ci est bien plus intéressante, tout en conservant bien sûr les qualités (réelles) faisant la marque de la série : importance donnée à la parole, mise-en-scène dépouillée, comédiens exceptionnels.

samedi 14 novembre 2009

Double Dees



http://microgolb.blogspot.fr/2008/09/judge-dee-golden-challenge-2008-09.html


Deux nouvelles imbriquées l'une dans l'autre, deux histoires que tout (à commencer par dix années) séparent et qui se retrouvent pourtant dans le même recueil, à la façon d'un diptyque dont on n'aurait pas eu la clé (car à vrai dire, je n'ai jamais trouvé d'explication relative à cette "fusion"). On est d'ailleurs plus dans le récit dans que la nouvelle - les deux textes sont longs et bien charpentés - voire dans la parabole en ce qui concerne The Morning of the Monkey, qui renferme avec son incipit l'une des scènes les plus étranges et poétiques de la série.

jeudi 12 novembre 2009

weezer - Never Get Old

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Je vous ai déjà dit que River Cuomo était un drôle de type ?

Hum. Ouais... j'ai déjà dû vous le dire. Au moins ici. Et ici. Et aussi bien sûr ici, après qu'il ait publié dans l'indifférence générale son meilleur disque depuis des années. A ma décharge, il faut dire ce qui est : rien n'est plus vrai que cette assertion inlassablement rabachée (pas que par moi, du reste). Rivers Cuomo est un drôle de type fait partie des vérités universelles, des lois fondamentalement fondamentales régissant un univers en perpétuel mouvement. Et qu'il est bon que certaines choses ne changent jamais !

Spiral Stairs - Du trottoir aux escaliers

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[Article précédemment publié sur Culturofil] Ainsi donc lorsque l'ancien guitariste d'un des trois meilleurs groupes des années 90 publie un nouvel album, il ne récolte même pas des commentaires d'insultes de fans frustrés – juste une (mal)saine indifférence. Voilà qui est un peu fort. Certes pas nécessairement surprenant si l'on se souvient que Stephen Malkmus, l'ancien patron de Scott Kannberg au sein de Pavement, publia l'an passé un album magistral (Real Emotional Trash) sans que cela émeuve particulièrement ce même landernau indie pourtant régulièrement coupable de complaisance vis-à-vis de ses idoles de jeunesse (en témoigne l'accueil ultra-dithyrambique réservé au très-bon-mais-pas-non-plus-historique dernier Sonic Youth). Il n'empêche : Pavement, quoi. Une poignée d'albums INCONTOURNABLES (Crooked Rain, Crooked Rain, Wowee Zowee), des hymnes fragiles à se damner ("Elevate Me Later", "Shady Lane"…)… cela ne justifie assurément pas de s'incliner d'office devant le nouvel opus d'un de ses ex-membres, mais si un artiste aussi fondamental que Scott Kannberg ne mérite pas qu'on lui accorde au moins UNE chance, UNE écoute… qui peut bien le mériter ?

mercredi 11 novembre 2009

The So So Glos - Branquignols punk

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Je ne connais pas le premier album des So So Glos. Je ne connais d'ailleurs rien des So So Glos, ce qui ne m'aura pas empêché de prendre un sacré pied à l'écoute de leur Tourism/Terrorism (*) - opus s'ouvrant sur un simili rockabilly pour se refermer sur le genre d'hymne punk débraillé que vous ne risquerez jamais d'entendre sur un disque des Strokes (c'est que la débraille, c'est une forme de classe qui ne s'apprend pas, ma p'tite dame... on l'a ou non !). Et ces deux titres ('There's a War' et 'Underneath the Universe') donnent une image assez juste de la diversité des climats tissés par un groupe qui semble avoir pris sur lui de synthétiser trente-cinq ans de punk-rock et assimilé, n'hésitant pas à enchaîner riffs filandreux à la Television et poussées d'adrénaline post-hardcore ('Throw Your Hands up'), le tout porté par un chant gouailleur à souhaits (ou "braillard", donc, selon que vous aimerez ou non), qui pourra évoquer par un instant un Clash qui se serait délocalisé à Brooklyn.

Six Feet Under - La Vie et rien d'autre

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Dave Grohl raconte souvent qu'il a compris que Nirvana était derrière lui le jour où il a entendu un ado dire du trio mythique qu'il était "l'ancien groupe du leader des Foo Fighters". Moi-même, j'entendis dire un jour dire du Velvet Underground qu'il était "surtout connu parce que Lou Reed en était sorti", ce qui en dit long sur ce que le grand public sait (ou plutôt ne sait pas) du plus grand groupe de tous les temps (juste devant ou juste derrière les Beatles, c'est selon). Hasards de la postérité et du succès de masse, sans doute. Il est certain en tout cas que j'ai compris que nous avions changé d'époque le jour où, pour convaincre quelqu'un de regarder Six Feet Under, je la lui ai présentée comme la précédente série du gars de True Blood.

mardi 10 novembre 2009

Vic Chesnutt - Miraculeux

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2009, année folk. Je sais : on vous l'a déjà faite en mai celle-là, lorsque j'évoquais avec moult superlatifs le fabuleux dernier album d'Akron/Family. Difficile ceci dit de ne pas en remettre une couche. Oh bien sûr, pour un Elvis Perkins In Dearland on aura dû s'avaler bon nombre d'albums oubliables et comme de juste déjà oubliés ; il y aura sans doute presque autant d'albums folk dans les limbes des référendums annuels que dans les Top Ten des uns et des autres. Mieux : les meilleurs albums folk de l'année ne furent assurément pas ceux que les médias montèrent en épingles et auront plus souvent été les fruits de plus ou moins vieilles connaissances que de perdreaux de l'année. Il n'empêche que tout ceci mis bout à bout suffit amplement à créer un contexte au sein duquel le nouvel album de Vic Chesnutt s'insère merveilleusement bien, véritable sommet d'une saison acoustique comme on en vit peu depuis dix ans.

lundi 9 novembre 2009

Graham Joyce - Strange Days Have Found Us

Une Angleterre encore sous le choc du Blitz. Une famille nombreuse croûlant sous les secrets et les tabous. Une matriarche aux dons enrobés de mystère. Une petite dernière rebelle. Un enfant illégitime. Des solitudes au milieu de la foule, des mondes intérieurs et des silences génés. Et partout autour, la grisaille. Le désarroi. La ruine. Et encore - et surtout - Graham Joyce aux commandes, envoûtant auteur de The Stormwatcher, qui donne chair, sang... vie à une fresque historique crépusculaire...

dimanche 8 novembre 2009

Buffy - Clichés d'amour

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Ce qui est chouette avec Buffy, en dehors du fait que c'est une chouette série bien sûr, c'est qu'elle fait partie de ces rares programmes qu'il n'est nullement besoin de s'emmerder à présenter : à moins d'avoir vécu retiré au coeur du Tibet ces douze dernières années, vous avez fatalement entendu parler au moins une fois de Buffy Summers, cette charmante lycéenne passant ses nuits à casser du vampire et ses journées à essayer de survivre dans le monde impitoyable du lycée (puis de la fac, puis de la vie active).

samedi 7 novembre 2009

No Comment

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vendredi 6 novembre 2009

José Carlos Somoza - Pas encore bon pour l'H.P.


Il y a quelque chose d'étonnant, peut-être même d'un brin paradoxal, à voir le grand José Carlos Somoza se coller à un hommage à l'encore plus grand Howard Phillips Lovecraft. Cela suffit même à attiser la curiosité, que l'on connaisse ou non le premier... ou que l'on maîtrise parfaitement ou pas les arcanes de l'univers glauque et sinueux du second. Car tout en appartenant tous deux à une même famille d'auteurs croisant horreur, fantastique, fantasy et SF, ils ne s'en situent pas moins chacun à une extrêmité du genre. Lovecraft, c'est quasiment l'antithèse de Somoza. Philosophiquement parlant bien sûr (l'espagnol est un humaniste cachant derrière la violence de ses romans une foi inébranlable en la nature humaine ; l'américain était un misanthrope quasiment incapable de sortir de chez lui qui poussa le vice jusqu'à se marier par correspondance, témoignant d'un dégoût de l'homme aux confins du nihilisme), mais aussi du point de vue littéraire : quand tout l'art de Lovecraft repose sur la suggestion, le fameux indicible (mot qu'il écrit toutes les deux pages en moyenne), l'idée de l'horreur plutôt que l'horreur elle-même... Somoza nous a habitué à l'exact inverse de ça, ne lésinant que rarement sur les détails dégueulasses et se plaçant souvent à la l'extrême limite de la complaisance dans l'atroce. Autant dire que Somoza rendant hommage à Lovecraft, ce sont deux conceptions tant du monde que de la littérature qui s'affrontent, deux extrêmes qui comme souvent dans ces cas-là ne se rejoignent dans un côté dérangeant qui leur sied plutôt bien...

mercredi 4 novembre 2009

Means Just What I Choose It to Mean...

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Si les vêtements aux couleurs chatoyantes n'ont jamais été mon truc, Hubert pour sa part adorait ça. C'était même toute sa vie : les t-shirts vert fluo, les débardeurs violets pétants. Sans oublier bien sûr les chemises oranges, sommets d'une garde-robe entièrement pensée (du moins était-ce qu'il avait prétendu un jour où nous avions tous un peu trop poussé sur l'alcool) pour faire oublier son affreuse coupe-au-bol, pour détourner le regard de ces cheveux de la honte. Jamais officiellement (c'est-à-dire à jeun) confirmée, cette version nous satisfaisait faute de mieux - qu'importe qu'elle ait contenu certaines zones d'ombres (quelle mère en effet pouvait imposer une réglementation sur les coiffures tout en laissant passer des tenues plus ridicules les unes que les autres ?). Hubert était un gentil gars, un peu chiant et un peu bête certes, mais nous l'étions tous plus ou moins. Quelque part, ses fringues nous dérangeaient moins que l'odeur des pieds de Charles. Par exemple.

mardi 3 novembre 2009

Gliss - Une histoire de dévotion

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[Article précédemment paru sur Culturofil] Oh tiens. Du shoegaze. Comme c'est étonnant. Comme c'est original. Ça nous change de la folk… Pardon ? Comment ça je suis blasé ?

Bon d'accord. Je suis un peu blasé. Que le critique qui ne l'est pas me jette la première pierre. Nous changeons de décennie dans à peine trois mois, et pas un seul nouveau courant musical qui ne soit venu nous secouer un peu, jeter le proverbial coup de pied dans la fourmilière et faire table-rase du passé. Bien au contraire : dix ans maintenant que chaque mois draine sa cohorte de jeunes gens talentueux et cultivés, trop cultivés peut-être, rendant hommage au passé avec une application n'ayant d'égale que l'ennui progressif de l'auditeur.

lundi 2 novembre 2009

Un village français - À la hauteur des enjeux

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Assez bizarrement vu le nombre de réserves émises au terme de la saison un, c'est tout de même avec une certaine impatience (mâtinée il est vrai d'un soupçon d'inquiétude) qu'on attendait la seconde itération d'Un village français, tout à la fois la plus prometteuse et la plus décevante des séries de la saison passée. Comment allait donc évoluer le programme créé par Emmanuel Daucé et Frédéric Krivine ? Vers une plus grande prise de risques, quitte à désarçonner le public habituel de France 3 ? Ou au contraire vers une stagnation qui, le plaisir de la découverte passé, la condamnerait à plus ou moins brève échéance à la ringardise ?

dimanche 1 novembre 2009

CDG - Le Classement qui sent la fin...

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Rappel des règles :

- par convention et afin que les albums puissent avoir une exposition équitable, je n'intègre que les disques déjà sortis officiellement.

- certains disques de toute fin de mois sont, fautes d'écoutes suffisantes, reversés sur le mois suivant.

- ce classement évolutif étant évolutif, il induit une progression. D'où, entre parenthèses derrière chaque titre, sa progression/régression dans le classement (les "--" indiquant qu'il n'a pas bougé).


CLASSEMENT DU GOLB, Octobre 2009




1. At the Cut - Vic Chesnutt (--)

2. Set 'em Wild, Set 'em Free - Akron/Family (--)
3. Le Goût du bonbon - Tue-Loup (+4)
4. Elvis Perkins In Dearland - Elvis Perkins In Dearland (-1)
5. Veckatimest - Grizzly Bear (-1)


6. Bird Head Son - Anthony Joseph & The Spasm Band (+1)
7. Love Boat - VIOL (+1)
8. Humbug - Arctic Monkeys (+3)
9. Aleph at Hallucinatory Mountain - Current 93 (-4)
10. La Superbe - Benjamin Biolay (E)


11. La Gueule du Cougouar - Xavier Plumas (-2)
12. Dark Night of the Soul - Dark Night Of The Soul (-2)
13. Big Sexy Noise - Lydia Lunch (--)
14. Ecce Beast - Kill The Vultures (+1)
15. Willie & The Wheels - Willie Nelson & Asleep At The Wheel (-1)
16. The Pains Of Being Pure At Heart - The Pains Of Being Pure At Heart (--)
17. Further Complications - Jarvis Cocker (--)
18. The Babel Inside Was Terrible - We Insist! (--)
19. Will Anyone Else Leave Me ? - The Delano Orchestra (-7)
20. Gütter Tactics - Dälek (-1)



A deux pas du podium (et qui pourraient donc (re)rentrer dans le top, au gré des chutes des autres...) : Six (The Black Heart Procession), Of Fungi & Foe (Les Claypool), Lhasa (Lhasa de Sela), Primary Colours (The Horrors), Time to Die (Dodos)...



Voir aussi les classements de G.T., Nyko & Thierry.

Et bien évidemment : le classement des blogueurs
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The Noisettes - Dernier sprint au Trabendo

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Ça sent la fin de tournée pour les Noisettes, ça sent et ça se voit. On était venu assister à une confirmation, à un digne show de bêtes de scènes inlassablement vendues par les critiques... on s'est surtout retrouvé face à un groupe de toute évidence lessivé, plein de bonne volonté mais dont certains membres ont dû bien dormir après. Jolie entrée en matière, 'Wild Young Hearts' est ainsi étonnamment lente (je ne parle évidemment pas du début, volontairement calme, mais de la partie après accélération), trait commun à toutes les chansons extraites de l'album éponyme, d'ailleurs. Au moins a-t-elle le mérite d'être exécutée avec classe (dommage que les micros des pot... choristes aient été trop forts à ce moment-là), quand 'Don't Upset the Rythm' et 'Don't Give up', habituellement de véritables bombes, semblent ce soir assez plates. Notez que le public n'en a cure, qui bondit comme un seul homme aux premières notes de ces (semi)tubes.