dimanche 10 décembre 2017

[GOLBEUR EN SÉRIES '17-18] Semaine 11


👍 DYNASTY Huit épisodes plus tard, Dynasty a parfaitement trouvé son rythme. On craignait de s'ennuyer à terme ? On ne s'est jamais autant éclaté que depuis trois semaines. C'est simple, à l'heure actuelle, tout fonctionne. A commencer par Liz Gillies, absolument exquise en pimbêche post-féministe. Il faut applaudir la performance : il n'est plus aussi facile que dans les eigthies, plus manichéennes et autrement plus tolérantes avec la misogynie, de réussir une bonne salope de soap, ce en quoi la jeune femme excelle. Mais il est vrai qu'elle est bien aidée par les dialogues, finement écrits, piquants, à la fois absolument too much et toujours suffisamment maîtrisés pour ne pas tomber dans le gras ou la parodie pure. A présent, la série n'a plus qu'à soigner ses personnages masculins, un brin fantomatiques même si Steven se dégage déjà un peu du lot (l'acteur est assez charismatique et marque d'ailleurs quelques points au Drawa du personnage le plus fuckable... mais non, ce n'est pas un spoiler, c'est un appel à témoins !). Et peut-être recentrer un tout petit peu plus les intrigues car je dois vous avouer que pour le moment, je suis incapable de dire de quoi parle la série tant les séquences pseudo-polar me passent totalement au-dessus... qu'importe, Dynasty tient clairement le bon bout.


👎 DARK pourrait presque être une bonne série si elle n'était pas plombée par deux trucs rédhibitoires : primo, elle ressemble à plein... mais plein... mais pleeeeeeeeeeeeeeein de trucs, ce qui rend extrêmement difficile de s'y investir pleeeeeinement. Secundo, et ne doutons pas une seconde que c'est ce qui lui vaut ses critiques dithyrambiques, elle goûte tout particulièrement les longues scènes contemplatives sans dialogues sur fond de (très mauvaise) musique lyrique, ce qui en fait sans conteste l'un des trucs les plus soporifiques et prétentieux que vous pourrez voir en 2017. Et c'est dommage car son intrigue, lorsqu'on la comprend et qu'on arrive à lui prêter attention, est plutôt pas mal. Mais avouez que ça valait bien la peine de cracher sur la saison 2 des Revenants pour encenser deux ans après sa copie à peine déguisée, sans les beaux décors et avec de la synth-pop atmosphérique dégueulasse à la place des embardées électriques de Mogwai.

The EXORCIST (saison 2) Il faut que vous m'aidiez. Je crois que je suis possédé par cette série. Je n'arrive pas à l'arrêter alors que la plupart du temps, je m'ennuie en la regardant. Ce n'est pas normal. Ce n'est pas trop mauvais, non plus. Juste très répétitif. Impression de regarder le remake du remake du reboot. Je n'ai jamais envie de la lancer, et pourtant je le fais quand même, chaque semaine, dès que l'épisode sort. Je ne sais plus quoi faire. La bonne nouvelle, c'est que c'est bientôt fini. La mauvaise, c'est que je n'en retiendrai probablement rien et que j'aurai perdu en tout presque dix heures de ma vie. Un vrai blackout. Bon et puis, ils avaient vraiment l'air aussi con, les acteurs, l'an dernier ?


👍 VIKINGS (saison 5) Il y a eu un moment, probablement autour de la saison 3 et de la somptueuse, fascinante... fabuleuse bataille de Paris... où Vikings est brutalement passée du rang de "bonne petite série" à celui de "série qu'il ne faut pas manquer et dont tous vos potes vont vous parler". Et vous savez quoi ? C'est justifié. Les saisons 3 et 4 du show de Michael Hirst étaient remarquables, tant en terme d'écriture qu'en terme de mise en scène ou d'audace - tout simplement d'audace. En rompant avec la lenteur de ses débuts, Vikings a peu à peu perdu toute ambition historique (on n'a plus rien appris sur la vie de ces peuples depuis des années) mais a gagné en puissance et en addictivité. La meilleure preuve de cela, c'est que ce début de saison 5 n'a rien d'exceptionnel et qu'il paraît malgré tout très au-dessus de la moyenne de ce qu'on a vu ces derniers mois. Vikings a beau raconter à peu près tout le temps la même chose, elle le raconte très bien et, lorsqu'elle ne sait plus quoi dire, elle peut toujours se reposer sur ses scènes de batailles, probablement les plus époustouflantes qu'on ait jamais vues à la télévision. Bien sûr, on ne sait pas où elle va. On le sait moins que jamais désormais qu'elle s'est séparée de la quasi totalité de son casting originel. On sent poindre la redite, en particulier dans les scènes mettant en scène les Anglais, dont le seul intérêt à ce stade est le magnétisme de Jonathan Rhys-Meyers (acteur semble-t-il détesté par les habitué(e)s du Golb mais dont je persiste à trouver qu'il fait partie de ces rares interprètes dont la seule présence à l'écran peut sauver n'importe quelle séquence). On s'inquiétera aussi du sur-jeu d'Alex Høgh Andersen, excellent quand il hurle avec du sang plein la tronche mais assez mauvais quand il doit parler (et qui se contente alors de singer les expressions et intonations de Travis Fimmel... lequel n'était déjà pas le plus grand acteur du monde)... est-ce que la série peut vraiment tenir sur ses épaules ? Après deux épisodes (enfin trois), on se pose toujours la même question qu'il y a un an. Mais pour l'instant, l'édifice tient et s'il commence à s'ébranler, on trouvera bien une petite scène de torture pour remettre tout ce moche monde dans le droit chemin.


à part ça...

House of Cards continue. C'est officiel depuis cette semaine. Elle continue pour finir, puisqu'il s'agira d'une saison de conclusion. Mais elle continue quand même, sans sa star, après des semaines à entendre tout et son contraire et alors qu'une annulation sèche paraissait a priori tout aussi plausible (et avait même été plus ou moins annoncée). Vous allez me dire qu'on s'en fout complètement, ce qui n'est pas faux : franchement, qui accordait encore de l'importance à House of Cards de nos jours ? Ma question n'a rien de rhétorique, je n'avais même pas dépassé la saison 1, je suis donc mal placé pour le savoir. Kevin Spacey était la seule raison pour laquelle je me souvenais que cette série (dans laquelle il en faisait des tonnes et était la plupart du temps à baffer) existait encore. Je ne connais quasiment personne qui la regarde, ce qui ne veut certes pas dire grand-chose (je ne connais pas non plus grand monde qui regarde Black-ish, or c'est la meilleure série à l'antenne actuellement), mais cela faisait en tout cas un certain nombre d'années qu'elle avait déserté les conversations des amateurs de séries. Même en massacrant ses personnages comme le premier Game of Thrones venu, le soap politique de Netflix arrivait à peine à faire causer cinq minutes. Et puis soudain : la tuile. Vous me voyez venir ? Non, vous me prêtez de mauvaises intentions. Il n'y a bien sûr aucun cynisme de la part de Netflix dans le fait de prolonger une série dont la star est au cœur d'un des scandales les plus glauques des dernières années. Le provider ne se dit pas du tout que l'absence de Spacey peut devenir un évènement presque aussi important, désormais, que sa présence au début de la série. Il s'agit avant tout d'amour de l'art. De respecter le spectateur et, bien évidemment, le travail des équipes, qui n'y sont pour rien et ont beaucoup souffert de la propension du même provider à ne strictement rien faire contre ce même Spacey durant des années. Bien sûr. Vous voyez vraiment le mal partout.