dimanche 18 novembre 2018

[GOLBEUR EN SÉRIES '18-19] Semaine 8


👍👍👍 BLACK-ISH (saison 5) Pour son (déjà) centième épisode, Black-ish avait tout un éventail de possibilités à sa disposition. Elle aurait pu opter pour un de ces épisodes graves et émouvants dont elle a le secret. Elle aurait pu se focaliser sur ses personnages, les pousser dans leurs retranchements ou au contraire les placer dans une situation festive en adéquation avec ce moment. Elle a choisi Prince. "Prince who?" "Prince of what?" C'est toute la question soulevée par "Purple Rain" (5x04) et elle n'a rien d'anodine. Au travers d'un pitch extrêmement simple (la famille s'aperçoit que les jumeaux ne savent pas qui est Prince et, pire, n'en ont strictement rien à foutre), Black-ish a réussi l'un de ses meilleurs épisodes, donc fatalement l'un des meilleurs de l'année, mais elle a surtout proposé une synthèse quasi parfaite de tout ce qui fait son succès depuis quatre ans. "Purple Rain" est drôle (hilarant, même), notamment dans ses premières minutes. "Purple Rain" est émouvant (presque poignant), en particulier dans ses derniers instants. Entre les deux, "Purple Rain" est fun et déjanté mais aussi profond et même doublement profond. Dans l'approche de son sujet principal - un artiste immense aux facettes si multiples que chacun peut s'y projeter, comme dans celle de son sujet sous-jacent - celui de l'héritage culturel et de sa transmission. En cela, "Purple Rain" est un formidable centième épisode puisqu'il se rattache directement et très naturellement au pilote de la série, tout en soulignant à quel point celle-ci a évolué depuis cette époque - elle est tellement mieux écrite, tellement mieux jouée... tellement mieux tout. Bon et puis évidemment, il y a le simple fait d'avoir passé vingt minutes en compagnie de la musique de Prince lui-même et ça, évidemment, ça n'a pas de prix. Vivement la deux-centième !


BLACK LIGHTNING (saison 2) Black Lightning est une série qui me fait de la peine. Elle n'a, objectivement, rien à foutre sur la CW. Elle vise un public plus âgé, a des héros adultes voire vieux, évoque des thèmes sérieux (éducation, mixité sociale, discriminations, cycle de la violence), développe une esthétique et use de références (notamment niveau bande-son) en total décalage avec les standards de la chaîne. Sauf qu'elle passe sur la CW, ce qui signifie qu'elle est soumise à un cahier des charges CW, a un budget CW et un casting CW (au moins pour moitié). Cette rencontre curieuse pourrait donner une série... curieuse, ou pleine de nuances ? Black Lightning est surtout écartelée entre des injonction totalement contradictoires, et l'on ne parlera même pas de sa relation avec l'Arrowverse (auquel elle appartient sans lui appartenir). Sa saison 2 fait des efforts pour être quelque chose de sérieux que l'on prendrait au sérieux, mais comment voulez faire alors qu'à chaque apparition du héros dans son costume, on retient un fou rire ? Impossible. Si les débuts de la série ont été plutôt appréciés par ici, parce qu'assez rafraîchissants par rapport au tout-venant du show de superhéros, les raisons pour lesquelles on avait de la sympathie pour elle sont exactement les mêmes qui font qu'on la regarde désormais en étant gêné pour tous ceux qui y participent (et tout particulièrement Cress Williams quand il porte son costume, donc).

CHILLING ADVENTURES OF SABRINA est sans doute une bonne série, enfin je crois : c'est une série bien fichue et bien jouée, à la réalisation aussi soignée que son très chouette générique et puis, il y a Kiernan Shipka. Donc pour vous qui me lisez, qui l'avez peut-être déjà regardée ou vous apprêtez à le faire... oui, c'est sans doute une bonne série avec du suspens et tout ce qu'il faut. Pour moi, cela dit, c'est surtout et à mon grand étonnement vu qu'elle est signée par la même équipe que Riverdale, la série la plus prévisible de l'année. Je ne parle pas uniquement de son scénario (prévisible aussi, mais pas plus qu'un autre), mais bien de... tout. Son esthétique, son casting, ses dialogues... tout y est tellement et si absolument comme que je m'y attendais (soit donc un genre de Harry Potter dark dans la lignée de ce que son créateur, Roberto Aguirre-Sacasa, fait dans les comics du même nom depuis des années) que tout en l'appréciant relativement, je n'ai pris strictement aucun plaisir à la regarder. On est très loin du n'importe quoi jouissif de Riverdale, qui a quelque chose d'audacieux lorsqu'on le prend dans le bon sens. Sabrina est au contraire très (trop) carrée, très (trop) pensée, donc très (trop) convenue. Avec un emballage a priori plus sexy et trash, mais finalement beaucoup plus lisse et beaucoup plus sage... exactement comme le personnage des comics, maintenant que j'y pense.


👍 Z NATION (saison 5) La saison 4 de Z Nation ne fut pas mémorable. Je ne m'en rappelle quasiment plus, ses premiers épisodes mis à part, qui concluaient (ce n'est probablement pas un hasard) le plus gros des intrigues ayant parcouru la série depuis ses débuts. Le problème n'était pas tant que Z Nation ne raconte plus du tout la même histoire que durant ses excellentes premières saisons que les difficultés qu'elle paraissant éprouver à en articuler une nouvelle, se reposant de plus en plus sur ses fulgurances nawak et laissant ses personnages errer vers un but obscur pour des raisons qu'on qualifiera poliment d'impénétrables - à l'image de la perruque blonde de Warren, cette saison 4 paraissait placée sous le signe de la grosse blague qui dure un peu trop longtemps. De retour depuis quelques semaines, la meilleure série de Syfy s'est attelée à remettre les pendules à l'heure : nouveau statu quo faisant table-rase d'une large partie de la saison précédente, véritable intrigue autrement plus vertébrée que l'an dernier, nouveaux personnages franchement charismatiques (Geooorge <3) et même, à plusieurs reprises, des moments rarissimes où la quasi totalité du main cast se retrouvait réuni au même endroit au même moment à affronter les mêmes problèmes. Cela ne s'est pas fait à n'importe quel prix. Si Z Nation a toujours eu (volontairement) le cul entre deux chaises et deux genres, ce qui fait tout son charme dans ses meilleurs moments, elle a rarement été aussi peu fantasque et aussi sérieuse que dans cette première moitié de saison 5 très sombre, très dure et profondément hantée par le trumpisme. Ce n'est pas la première fois que le premier degré prend la pas sur le second, mais c'est la première fois que cela dure aussi longtemps... et que c'est aussi bien fait (le début de saison 3 était un peu du même tonneau mais on avait été plutôt content que la série revienne rapidement à ses conneries habituelles, pour ce qui fut tout simplement la meilleure saison de la série à ce jour). On ne sait pas tout à fait quoi en penser et sans doute la saison laissera-t-elle un arrière goût de déception si quelques trucs vraiment barrés ne s'y glissent pas d'ici le final (il y avait déjà du mieux dans l'épisode de cette semaine). Cela n'en demeure pas moins une évolution intéressante.


J -7

Vous le savez, le week-end prochaine sera le dernier de novembre. Vous avez toutes et tous déjà coché la date sur votre calendrier des pompiers sexy, et pour qui ne l'aurait pas encore fait, je parle bien sûr du le lancement officiel des Drawas 2018 (et pour qui n'aurait aucune idée de ce dont il s'agit... réponse sur cette page). Vous pouvez commencer à faire chauffer les notes que vous n'avez pas manqué de prendre toute l'année durant, voire à envoyer vos suggestions de prix si elles ont de la gueule. Je vous rappellerai toutefois que conformément à mon engagement du printemps dernier, The Walking Dead doit obligatoirement remporter le titre de Plus mauvaise série de l'année sous peine de devoir re-voter. Ne vous étonnez pas si vous lisez beaucoup de trucs à ce sujet prochainement sur vos rézos, j'ai demandé un coup de main à quelques amis russes histoire de nous éviter un moment désagréable.