samedi 22 avril 2017

[GOLBEUR EN SÉRIES '16-17] Semaines 31 – 33


👍 BLACK SAILS (saison 4) Pour son dernier tour de piste, la meilleure série du monde pour s’endormir (et la seule pour laquelle ce n’est pas une insulte) a mis les petits plats dans les grands afin de livrer la quintessence de ce qui a fait son succès. C’est au point qu’on ne serait pas surpris d’apprendre que certains comédiens - en particulier les interprètes de John, d'Eleanor et de Rackham - aient été hospitalisés en urgence à la fin du tournage pour pénurie de salive tant ils auront passé des heures et des heures à papoter, bavarder, bavasser sans fin (ni respiration). Je reconnais que c’est un peu salaud d’attaquer là-dessus alors que c’est peut-être la dernière fois qu’on parle de Black Sails ici (en tout cas avant un moment), mais les longs tunnels de dialogues ont toujours fait partie de l’ADN de la série et le moins qu’on puisse dire est qu’on aura été servi par cette ultime saison. On n’est même pas surpris que la série se termine sur un monologue - en eût-il été autrement qu’on aurait sans doute été déçu. Bon, on blague, mais mine de rien, Black Sails avait très vite trouvé sa place dans nos plannings hebdos et elle va sacrément nous manquer. Oui oui, nous.


👍 DRAGON BALL SUPER Vu que le concept de vacances n’a pas encore été introduit au Japon, Dragon Ball Super est la seule série dont on parles régulièrement dans cette rubrique qui ne s’arrête pour ainsi dire jamais. La précision est de taille car bien qu’on ne l'ait plus évoquée depuis octobre, on ne peut pas dire qu’il s’y soit passé grand-chose de passionnant depuis la fin du très pénible arc Black Gokû. Pourtant, un événement de taille a eu lieu, et je ne parle pas uniquement du nouveau générique (même si ce détail n’est sans doute pas anodin non plus, et croyez bien que cela m'a fendu le cœur tant j'adorais le précédent) : Dragon Ball Super a changé de direction artistique. Non pas tant au niveau du personnel (encore que peut-être que si, je n’en sais rien du tout et je m’en fous un peu), que de la direction en tant que telle. Il a fallu quelques temps pour s’assurer que ce n’était pas une éclaircie temporaire, mais les dessins, critiqués à raison par beaucoup depuis le début, sont clairement bien plus soignés depuis quelques temps, tout comme l’animation des combats, plus nombreux et plus nerveux (c’est là que le détail du nouveau générique - pour le moins dynamique - n’en est plus un), ou le scénario, qui se paie enfin un enjeu digne de ce nom. Assez paradoxalement, on n’en ressort pas non plus en étant emballé (pour le moment), car le DBS Mark I, lorsqu’il s’assumait pour ce qu’il était (un animé à vocation principalement comique avec de vrais morceaux de DBZ à l'intérieur), procurait une satisfaction que ce nouveau cycle n’a pas encore réussi à égaler.

👍 IRON FIST Compte tenu des critiques assassines lues un peu partout, j'imagine qu'il faudrait que je parle ici d'agréable surprise, en insistant tout de même plus sur l'agréabilité que la surprise en elle-même (ce n'est plus franchement une nouveauté que de noter qu'il y a du savoir-faire du côté des studios Marvel, à défaut de génie). Entendons-nous bien : Iron Fist n'est pas une très bonne série, certains aspects en sont même carrément mauvais. On ne peut pas dire que Finn Jones et Jessica Stroup soient renversants de charisme et le héros, déjà pas très passionnant en comics, concourt de toute évidence au titre de personnage le plus naïf de l'année (manière polie de dire qu'il a un QI de bulot). Mais au sein du fort glauque univers Marvelflixien, Iron Fist a le mérite de proposer quelque chose de plus simple et punchy (c'est le cas de le dire), un truc qui ne prend pas trop la tête et qui somme toute tient tout entier dans son premier plan : on y voit Danny Rand faire ce que Luke Cage ne fait que tous les quatre épisodes, Jessica Jones jamais et Daredevil encore moins (mais sur le double de temps d'antenne). Je parle bien sûr de sourire.


iZOMBIE (saison 3) Ah là là. Si seulement cette série était moitié aussi bien que son générique (oui, encore), ce serait un vrai plaisir de la retrouver chaque semaine. Il serait d'ailleurs injuste de dire que la retrouver est un déplaisir : dans la précédente phrase, c'est surtout la partie "chaque semaine" qui fluctue. Les personnages d'iZombie sont sympathiques. La série, dans son ensemble, n'est pas déplaisante. Mais elle est totalement superficielle. Invertébrée. Même lorsqu'elle essaie de mettre en scène des choses plus dramatiques - et elle essaie souvent - elle ne parvient pas à dépasser le rang de blagounette. On se demande d'ailleurs où elle a trouvé un public, qui est parvenu à la faire rester à l'antenne aussi longtemps que, au hasard, Veronica Mars, son aînée dont je n'ai jamais été un grand fan mais qui était tout de même vertébrée, elle, avec un vrai casting, de vraies idées, un vrai ton. Encore une pièce à notre dossier Contrairement à ce que disent les gens sans réfléchir, les séries sont de plus en plus longues, on prolonge n'importe quoi de nos jours. Aussi sympathique qu'elle puisse être parfois, il faut bien se rendre à l'évidence : il y a dix ans, iZombie n'aurait pas duré plus de 13 épisodes.

👍👍 LEGION est une série fascinante : à peu près tout le monde l'a dit et c'est à peu près indéniable. C’est aussi une série assez fatigante, très consciente d’elle-même, qui a l’arrogance assez folle de penser que ses audaces visuelles (souvent splendides) la dispensent de raconter quelque chose d’un tant soit peu consistant. On peut adhérer à 100 % comme l’on peut ressentir une espèce d’épuisement nerveux face à ce tour de montagne russe perpétuel - il me semble bien avoir oscillé entre les deux, selon les épisodes séquences. Si la comparaison la plus manifeste envoie dans la direction d’Utopia (aussi bien pour d’évidentes ressemblances esthétiques que parce qu’elle aussi avait tendance à diluer son scénario dans une soupe de couleurs parfois agaçante), on ne peut s’empêcher non plus de penser à Hannibal, voire à Mr. Robot, autres séries faisant mumuse avec la perception du réel à grand coup de montage et/ou de vision cauchemardesques. Une série à la mode, alors ? Plutôt deux fois qu’une, oui, et la critique du Post résume très bien ce sentiment (« faut-il vraiment que ce soit toujours au spectateur d’assembler les pièces du puzzle ? », interroge à juste titre Hank Stuever dans son très bon papier). Si l’avis général est dans l’ensemble très positif, en grande partie parce que Noah Hawley et ses potes ont eu et l’intelligence de faire court (huit épisodes) et le bon sens de se rappeler qu’ils faisaient malgré tout une série de superhéros (il y a de la légèreté, dans Legion, et bien plus de fun dans une seule de ses scènes que dans l’intégralité d’un Westworld), on se dit par moment qu’on aurait pu en penser exactement l’inverse si on l’avait visionnée de moins bonne humeur. Et à vrai dire, comme il y aura très vite une suite bien plus longue et certainement encore plus tape-à-l’œil, la situation risque de se présenter dès 2018...


👍👍 RICK & MORTY (pas saison 3, mais un peu quand même) Difficile de trouver la terminologie exacte (la « vraie » saison 3 ne sera diffusée que plus tard cette année), mais une chose est sûre : ce retour surprise était le meilleur poisson d’avril de l’année 2017 - puisque ça n’en était pas un. Sans être le meilleur épisode d’une série qui compte beaucoup de sommets (notamment en saison 2), "The Rickshank Rickdemption" réussit la prouesse de dénouer de manière satisfaisante le cliffhanger totalement overzetop sur lequel nous étions resté, d’enrichir la mythologie de la série et d’émouvoir un poil - juste ce qu’il faut. Le tout dans une ambiance totalement survoltée qui ne sied pas toujours le mieux au show mais qui, sur ce coup, passait crème (comme disent les vieux jeunes). Vivement 2017 pour la s… ah mais, nous en sommes en 2017. Vivement demain, donc, ou plus tard, ou cet été enfin, quoi, vivement Bientôt pour la suite !

ZONE BLANCHE Alors qu’elle s’apprête à nous revenir dans… très, très peu de temps maintenant, il est toujours frappant de constater à quel point une série aussi riche et protéiforme que Twin Peaks a pu générer une progéniture aussi monochrome. Ce n’est pas tant une question d’utiliser cette influence pour faire de mauvaises série que de l’utiliser pour produire toujours peu ou prou la même chose, en réduisant l’œuvre de Lynch et Frost aux plus petits dominateurs communs : la communauté isolée, la forêt, l’ennemi intérieur et, bien évidemment, la bizarrerie. Zone Blanche, dont il faut souligner l’incroyable ambition à son échelle (No way! C’est France 2, ça ?), évoque ainsi de manière très immédiate et frontale Les Revenants ou Jordskott, soit donc deux des séries les plus ouvertement twinpeaksiennes des dernières années, en omettant les mêmes chose que celles-ci omettaient déjà : ce qui rendait (et espérons-le : rendra) Twin Peaks aussi spéciale, ce n’était pas tant son côté fantastique et bizarroïde que sa profonde bonhommie, la jovialité et l’humanité totalement loufoque de ses personnages. De cela, on ne trouve aucune trace aujourd’hui, ou très peu, dans les (petits) enfants putatifs de Dale Cooper. Zone Blanche est une série ambitieuse, oui, follement Twin Peaks (pas seulement et entres autres, mais beaucoup)... mais c’est aussi une série dont les personnages sont tous plus antipathiques les uns que les autres, au point qu’on n’en ait rapidement rien à foutre de leur devenir. Et c’est dommage, parce que Zone Blanche, par bien des aspects, est une réussite : il était assez culotté d’essayer de mélanger le polar procédural cher au Service Public à quelque chose de beaucoup plus noir, aride, et parfois aux confins du fantastique. Malheureusement, les personnages sont globalement ratés. On n’a aucune envie de les retrouver avant/après chaque épisode, on oublie d’ailleurs la plupart d’entre eux d’une fois sur l’autre, certains se ressemblent tellement qu'on les confond... bref, ça ne le fait pas vraiment, même s’il est difficile de totalement détester une série accordant une telle importance à l'esthétique ou à l'atmosphère.


aussi étonnant que cela puisse paraître...

  • ... j'ai repris Designated Survivor, alors que j'avais plus ou moins dit que je ne le ferais pas. Nul retournement de veste ici puisqu'en revanche, comme je l'avais prédit, j'avais oublié 80 % de son intrigue. Mais après huit heures totalement claustros de Zone Blanche, voyant que ma seule alternative était de rattraper la saison 2 de la très pesante Bloodline ou les quelques épisodes que j'avais en retard de la toujours joyeuse Bates Motel... Designated Survivor, allez comprendre, m'a paru la meilleure option. Et j'ai bien fait car même s'il ne faut pas écarter la possibilité que je sois juste dans de meilleures dispositions, j'ai tout de même l'impression que cette seconde partie de saison est bien mieux maîtrisée que la première (je devrais ce dont je me souviens de la première, certes).
  • ... je dois être la seule personne au monde (enfin, avec ma femme - nous ne sommes pas encore un seul et unique être) à n'avoir pas spécialement été emballé par le retour de The Leftovers. Il y a deux manières de le voir, sans doute : un épisode simple et efficace pour mettre la dernière saison sur les rails, ou bien un épisode un peu fumiste avec pas mal de rappels du passé et quelques trucs un peu trop surlignés par rapport à d'habitude. Bon : je dis ça mais on sait tous que dans huit semaines, je serai le premier à pleurnicher en criant au chef-d’œuvre (vous êtes prévenus).