samedi 19 décembre 2009

Current 93 - Dark Dusk of the Soul

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J'ai bonne mine, moi. Avec mon teint blafard à écouter Current à longueur de journées en essayant de terminer si bordel de merde, je lui mets un cinq ou un six (?).

J'ai bonne mine et j'ai bonne réputation. Je passe le plus gros de l'année à me payer la tronche des Lyle, KMS et autres snobs du rock... pour au final me retrouver avec un classement des albums de l'année comprenant dans les premières places le très barré Set 'em Wild, Set 'em Free d'Akron/Family, le sinueux Goût du bonbon de Tue-Loup et donc, depuis quelques mois déjà, cet album au titre improbable (Aleph at Hallucinatory Mountain) et au contenu sans doute inaudible pour beaucoup de lecteurs de ce blog.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais ? Pourquoi Aleph at Hallucinatory Mountain serait-il plus recommandable que les trucs bruitistes proto-snobs dont je moque à longueur d'articles l'électrique prétention ? La réponse tient en un seul mot : intensité. Aleph at Hallucinatory Mountain est un des albums les plus intenses de 2009, tendu à l'extrême, incantatoire et de plus en plus fascinant à chaque nouvelle visite (car on ne l'écoute pas : on arpente l'univers de David Tibet). La prise de son, d'une qualité exceptionnelle, y est pour beaucoup, et son seul véritable défaut (énorme, cela dit) est d'accorder une place si prépondérante au texte qu'il se fermera en partie aux non-anglophones.

Pour le reste, malgré des dizaines et des dizaines d'écoutes, impossible de trouver quelque chose à redire à cette œuvre crépusculaire et difficilement catégorisable, à la fois parfaitement sauvage et extrêmement raffinée, aussi crue dans l'interprétation que soignée dans la mise en scène... et ce n'est évidemment pas par hasard si j'emploie ici un vocabulaire cinématographique : il y a quelque chose d'une œuvre totale dans l'approche de David Tibet, son usage peu courant des guests (Andrew W.K., Sascha Grey, et surtout Alex Neilson - dont les percus jouent un rôle essentiel au sein de l'édifice) comme sa manière de scander une prose particulièrement écrite dans un genre de slam psychédélique (certains passages évoquent d'ailleurs les compositions les plus chaotiques de Saul Williams).

Précisons toutefois que cet album a sacrément fait débat au sein de notre rédaction, composée je le rappelle (outre moi-même) de ma femme et de notre chat, entités le plus souvent bienveillantes cohabitant dans le même espace relativement réduit. Minus (c'est le chat, vous vous en doutiez) a assez peu apprécié Aleph at Hallucinatory Mountain, qu'il a trouvé un brin effrayant (l'effet drone sans doute) et un chouïa prétentieux (il a des goûts très pop - limite variétoche) ; quant à ma femme, elle m'a confié trouver ce disque "intéressant" mais ne jamais avoir envie de l'écouter. Force est d'admettre que je pouvais difficilement la contredire (même si je l'ai fait quand même - c'est plus fort que moi) : Aleph at Hallucinatory Mountain n'est pas le genre d'œuvre que l'on peut se fader chaque matin au p'tit déj (notez que c'est tout de même ce que j'ai fait au moins cinq matins de suite au mois de juillet, et toujours au moins deux fois de suite !). C'est un album nocturne, propice au recueillement voire à la transe. Et alors ? eus-je envie de répondre à ma tendre moitié. En quoi le fait d'avoir envie d'écouter tel ou tel album chaque jour le rend-il plus ou moins bon qu'un autre que l'on aurait envie d'écouter seulement une fois par semaine ? Comme beaucoup de grandes œuvres, celle-ci ne se prête pas à l'écoute distraite en faisant à la vaisselle, fait potentiellement un très mauvais fond sonore pour vos soirées et est absolument insoluble de le mode shuffle de votre MP3. C'est peut-être ce qui la rend si remarquable...


Aleph at Hallucinatory Mountain, de Current 93 (2009)




Pour un commentaire un peu plus pointu et sérieux, voir l'excellent billet du toujours excellent -Twist-
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vendredi 18 décembre 2009

Michael Moorcock - Un plaisir. Tout court.

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"Count Brass, au vu de sa qualité moyenne, risque d'être mon dernier Moorcock avant un bon moment.", écrivais-je fort judicieusement en juin 2008. En effet. Ceci dit, si j'ai mis très longtemps à m'attaquer à la suite des aventures de Dorian Hawkmoon, c'est surtout en bonne partie parce que j'étais incapable de dénicher le tome suivant. Bah oui : déjà, trouver tous les livres de Moorcock en VF, c'est un sacerdoce (c'est un peu comme les vignettes Panini : vous tombez toujours sur ceux que vous avez déjà). Alors en VO... oh là là - ce n'est vraiment pas de tout repos. Et puis évidemment, une fois qu'on l'a trouvé, il faut trouver le courage de lire le bouquin. Ce qui vu les couvertures n'est pas toujours facile et demande, pour parler poliment, un léger temps d'adaption. Ce qui est d'ailleurs amusant c'est que bien souvent, les expositions des romans de Moorcock font la moitié du bouquin (c'est encore le cas ici), je me suis toujours demandé si c'était pour me laisser me remettre tranquillement dans le bain...

Ceci fait, le plaisir est comme (presque) toujours au rendez-vous. Le premier tome de la série The Chronicles of Castle Brass (elle-même faisant suite au cycle de Runestaff) n'était manifestement qu'un échauffement, on entre à présent dans un vif du sujet autrement plus captivant - il faut dire que ça y est : Hawkmoon est enfin devenu un vrai héros à la Moorcock. Il a perdu la femme de sa vie, est légèrement psychopathe sur les bords, vendrait son âme pour un peu paix... les premières pages mettant en scène un Duc devenu dépressif et quasi décadent, rejouant inlassablement la bataille de Londra avec des figurines histoire de voir si le massacre eut pu être évité, sont remarquables. Quant à la suite, elle tient parfaitement la route : on retrouve dans The Champion of Galathorm tout les indicateurs de l'univers moorcockien qui manquaient (parfois cruellement) au premier cycle de Hawkmoon. Figures du Champion Eternel, Seigneur du Chaos, Multivers au bord du gouffre... le roman tient ses promesses.

Certes, c'est sans jamais parvenir à se hisser au niveau des classiques de l'auteur ; Hawkmoon reste un héros relativement terne comparé à un Elric ou un Erekose, assassins de leurs races aux destinées tragiques incomparables. Mais Moorcock fait le taf, et comme toujours le fait plutôt bien : son refus du manichéisme, son jeu permanent avec les codes de l'heroïc-fantasy, son goût pour le baroque... font toujours et encore mouche. Sans doute aurais-je le droit d'être plus sévère si je lisais dix livres comme ça dans l'année. Au rythme d'un par an, cela reste un plaisir. Tout court.


The Chronicles of Castle Brass, vol. II : The Champion of Galathorm, de Michael Moorcock (1973)


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mercredi 16 décembre 2009

Et pourquoi pas une femme candidate, pendant qu'on y est ?

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La politique-fiction est un exercice périlleux, qui demande tact, subtilité, finesse... toutes choses que le spectacle politique, à vrai dire, ne nous offre que rarement. Aussi n'est-il pas surprenant que les politique-fictions soient souvent décevantes (voire pire), et plus encore lorsque ce sont les politiques eux-mêmes qui s'en chargent (Monsieur Debré, si vous nous lisez...). Pourtant s'il est un auteur qui est toujours parvenu à contourner tous les écueils du (sous)genre, c'est assurément Thierry Tronchet. Ancien député (divers gauche) de Corse reconverti un écrivain depuis plus d'un quart de siècle, il a multiplié depuis les romans incisifs (Passation de pouvoir, Berlin Sud), discrètement engagés, et ménageant toujours un équilibre périlleux entre réflexion politique et art consommé du récit. Ce n'est pas peu dire qu'à l'idée de le voir s'attaquer (enfin) à la figure présidentielle, on a l'eau à la bouche. Et c'est peu dire que l'on déchante vite.

Dépôt de bilan (le titre est habile) s'ouvre pourtant sur une scène fascinante : seul, au bord de la mer, le Candidat (il n'a pas de nom) scrute l'horizon comme s'il cherchait à lire son avenir, altier et impassible. Puis il se tourne, se jette dans l'arène : c'est le coup d'envoi de la campagne. Les mots de Tronchet sonnent incroyablement justes, et son refus d'identifier précisément les personnages et l'époque (que l'on devine toutefois contemporaine) font mouche. Dans l'ensemble, les pages consacrées à la campagne (une petite centaine) sont remarquables. Virtuose de l'oration comme de la démagogie, son Candiat est un personnage ambigü, fascinant, toujours borde-line, au point que le lecteur finisse par éprouver pour lui des sentiments pour le moins mitigés, ambivalents.

Ce n'est hélas qu'un petit bout du récit plus large de Tronchet, qui suit son Candidat devenu Président durant presque trois ans. Et la suite... eh bien le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'est pas du même tonneau. Au point qu'on en vienne à se demander ce qui est passé par la tête de l'auteur, lui qui tenait manifestement une histoire remarquable qu'il se met progressivement à saccager en oubliant - faute impardonnable ! - la cohérence et la crédibilité. Passons sur la manière dont la victoire sera fêtée, qui reste relativement acceptable. Le coup des vacances que le Président-Elu prend aussitôt sur le yacht d'un milliardaire... c'est autrement plus difficile à avaler. C'est pourtant l'idée folle de Tronchet, qui dès lors semble s'appliquer à transformer son roman en espèce d'invraissemblable cartoon, peuplé de caractères outrés jusqu'au ridicule (le porte-parole du parti majoritaire est pitoyable), d'histoires d'alcôves indignes de Harlequin (vous imaginez, vous, un président qui divorcerait quelques mois après son élection pour se remarier encore quelques mois plus tard avec un ex-mannequin qu'il vient à peine de rencontrer ? En France, je veux dire... en Italie à la rigueur...) et de situations ubuesques (le Président envoie des textos quand il est avec le Pape, pique des stylos !...).

Si l'on sent bien que Tronchet souhaite lorgner vers l'allégorie, les ressorts sont peu convaincants et pour le moins usés. Surtout, le livre est beaucoup trop chargé : à son histoire de Président grotesque à la limite de la beauferie, il faut encore qu'il ajoute un scandale politico-financier (l'opposant, excusez du peu, à l'ancien premier ministre !), un zest de bonapartisme, une bonne dose de vichysme (ledit Président fait une apologie permanente et abjecte de l'identité nationale), un anti-intellecutalisme primaire, une obsession maladive du contrôle de l'information, une réflexion sur la violence symbolique... on est à peine arrivé à la moitié du roman qu'on n'en peut déjà plus de ce déferlement, au mieux on le trouve absurde - au pire on le trouve insupportable et l'on songe à abandonner cette lecture. A force, on ne sait plus trop où l'on est : satire ? Parodie ? Parabole grossière ? Dépôt de bilan semble être tout cela à la fois, et un peu plus encore : le roman d'un auteur ayant décidé de suicider sa carrière en écrivant le livre le plus gros, le plus outrancier et le plus improbable qui ait jamais été publié. Tous les codes du genre sont détruits, de la règle du vrai et du vraisemblable à celle des bienséances. Sans parler de la construction chaotique - donnant l'impression que la vie politique dépeinte dans le texte n'est qu'une succession de sketches décousus. Surenchère permanente, Dépôt de bilan oscille sans cesse entre le génial et l'affligeant, l'hilarant et le pathétique. Impossible de le lire au premier degré tant le too much y règne en maître (le passage où le Président essaie de caser son fils, même pas licencié de droit, à la tête du plus grand quartier d'affaire du pays, est si capilotracté qu'il ne provoquer que le rire). Sans doute les amateurs me rétorqueront-ils que c'est une fiction, l'auteur peut bien raconter ce qu'il veut, etc. Je citerais juste quelques exemples :

- le chapitre 12, le Ministre de l'intérieur V.S. les auvergnats (je ne développe pas trop histoire de ne pas gâcher le suspens à ceux qui ne l'ont pas lu) : comment gober un truc pareil ?

- le chapitre 14, lorsque la Suisse vote l'interdiction des minarets (déjà rien que ça, bonjour la science-fiction !) et que les députés du parti majoritaire français se cachent derrière les règles d'urbanisme pour justifier leur racisme primaire. Franchement ? Je sais qu'on vit dans un monde pourri, mais tout de même ! Fiction ou pas, c'est un peu gros...

Et ceci est dit sans m'attarder sur les personnages secondaires, plus caricaturaux les uns que les autres (le Ministre de l'intérieur caricature de beauf sexiste et raciste, le Ministre de l'immigration - non mais quelle idée ! - qu'on jurerait inspiré par Gargamel, la Première Dame gnangnante et consensuelle au possible, le fils du Président qui valide tous les clichés du petit con de Neuilly... et la Secrétaire d'État à la famille, mon Dieu ! on croirait une poissonière !... franchement : Tronchet ne s'est quand même pas foulé). Ce n'est même plus de la littérature, mais du délire au total. A fuir.


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Top des blogueurs 2009 - Le Bon vieux temps de la propagande...

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Le Top Blogueurs 2009 : La sélection des meilleurs albums de l’année :


Le Top des Blogueurs regroupe 37 passionnés de musique réunis autour d'un classement des meilleurs albums de l'année avec pour objectif de défendre leurs coups de cœur et découvertes sans pour autant négliger les incontournables de 2009. Après de longs débats et plus de 580 disques cités, nous sommes heureux de vous présenter cet article collaboratif publié à l'identique sur tous nos blogs !



St Vincent - Actor St Vincent - Actor


Panda Panda : Dans le monde merveilleux d’Annie Clark, les instruments à vent et à cordes dansent ensemble d’une jolie manière, parfois balayés par l’horreur tapie dans un coin qui ressurgit sous la forme de déflagrations électriques et tordues, l’imaginaire de la belle étonne et ne ressemble à nul autre avec ses cent idées à l’heure. C’est donc tout naturellement et avec un plaisir immense qu’on retrouve ce drôle d’Actor à cette vingtième place. (A lire également la chronique d’Olivier)



Marie-Flore - More than thirty seconds if you pleaseMarie-Flore - More than thirty seconds if you please


Arbobo : Le parcours de trop de "grands" a fait oublier combien un premier disque pouvait être fort, déjà brillant, déjà puissant. Combien c'est rare de faire des débuts aussi bluffants. L'air de rien, Marie-Flore réussit à nous faire lever les poils du premier au dernier titre. Avec ses morceaux tout sauf standard, son sens de la mélodie et sa voix sortie d'un livre de sortilèges, on se demandait si elle saurait nous impressionner autant sur disque qu'elle le fait sur scène. Oui, évidemment, oui. (A lire également la chronique de Benjamin F)



The Tiny - Gravity & GraceThe Tiny - Gravity & Grace


Saab : Trop souvent, on voudrait intellectualiser la musique, qu'elle rentre dans un format cartésien nous permettant de différencier la bonne de la mauvaise. Mais la musique est essentiellement une question d'émotions et le groupe suédois The Tiny en témoigne avec leur troisième album Gravity and Grace, petit chef d'oeuvre inclassable entre folk boisé et pop de chambre. Le chant déchirant d'Ellekari Larsson y est inoubliable. (A lire également la chronique de Daniel)



The XX- S/TThe XX- S/T


Christophe : Le buzz est un fleuve intarissable qui prend sa source, selon les cas, à Londres ou Brooklyn. Concernant The XX, c’est de la capitale anglaise qu’est parti l’incendie cold-wave et il a tout ravagé sur son passage, jusqu’au line-up du groupe amputé depuis d’un de ses membres. Il y a comme toujours avec ce genre de phénomène, les « pour » et les « anti » mais une chose est sûre, The XX aura marqué d’une belle empreinte l’année 2009. (A lire également la chronique de Paul)



Fever Ray - Fever RayFever Ray - Fever Ray


Kris : Il se déroule toute une vie parallèle dans les univers perpétuels de The Knife, et aujourd’hui chez Karin Dreijer Andersson en solo sous le pseudo de Fever Ray. Chaque rythme, chaque production, chaque profondeur atteinte dans cet album sonnent comme des anathèmes foudroyants du monde qui est le nôtre. Cette rugosité empathique, cette urgence apocalyptique, font de Fever Ray une expérience incontournable et impitoyable. (A lire également la chronique de Rod)



Benjamin Biolay - La SuperbeBenjamin Biolay - La Superbe


Romink : Conquis, comme tombé sous les charmes de La superbe. Un disque d’hiver, enivrant, enveloppant et compact à la fois malgré son format. Pudique et exhibitionniste, parfois dur, parfois tendre, il berce, stresse, repose et interroge. Comme une météorite qui pénètre l’atmosphère, le double album de Benjamin Biolay illumine l’automne et laissera, c’est certain, son empreinte dans la mémoire collective. (A lire également la chronique de JS)



Dominique A - La MusiqueDominique A - La Musique


Christophe : Depuis la mort de Bashung, ils ne sont plus très nombreux les artistes français capables de réconcilier les amoureux de chansons à texte,à la française, et les adeptes de mélodies pop-rock à l’anglo-saxonne. Dominique A est de ceux-là, sans doute même son plus beau représentant. Après presque 20 ans de carrière, il vient une nouvelle fois de prouver tout son talent sur un double album somptueux. (A lire également la chronique de Benoit)



Current 93 - Aleph at Hallucinatory MountainCurrent 93 - Aleph at Hallucinatory Mountain


Mr Meuble : Album à l'image du groupe, trouble, halluciné et vibrant. Les chants tibétains y côtoient les chants de Maldoror et milles expérimentations cathartiques. Un voyage fascinant qui sonne à la fois comme la bande son de l'apocalypse et celle de la rédemption. (A lire également la chronique de Twist)



Converge - Axe to fallConverge - Axe to fall


Systool : Inutile de le nier, Converge aura une fois de plus attaqué notre cortex de plein fouet via les constructions complexes et les guitares abrasives de Axe to Fall. Si on peut louer les collaborations de membres éminents de Neurosis, Cave In ou encore Genghis Tron, on sait pertinemment que tout le mérite revient à Jacob Bannon et à ses trois acolytes. Une écoute traumatisante, indispensable pour cette année 2009 résolument folky. (A lire également la chronique de Benjamin F)



Bill Callahan - Sometimes I Wish We Were An EagleBill Callahan - Sometimes I Wish We Were An Eagle


Dali : Il se cachait depuis longtemps derrière le pseudo Smog, Bill Callahan sortait cette année un deuxième album en son nom propre : Sometimes I Wish We Were An Eagle. Un disque folk mélancolique et doux, aux mélodies subtiles, en apparence un peu austère : à l'image de Callahan lui même, droit, un peu grave et d'une classe folle, qui se bonifie avec le temps, et les écoutes. (A lire également la chronique de Thibault)



DM Stith - Heavy GhostDM Stith - Heavy Ghost


Disso : Cet album est un chef d'œuvre empli de grâce et de douceur. Des fantômes sur la pointe des pieds dansent sur la mousse des sous-bois, les anges emplissent l'air de leurs chœurs et DM Stith, berger mystique d'une troupe céleste, nous envoute avec sa musique au charme gracile et glacial. (A lire également la chronique de Erwan)


The Limes - S/TThe Limes - S/T


Violette : Un « Groupe Super » où chacun apporte son énergie, sa douceur et sa poésie au petit édifice pour rendre ce premier disque, à première vue basique, unique une fois dans la platine. On ne peut s’empêcher d’être fier et rassuré de voir une jeune relève française sachant s’affranchir des frontières pour notre bien (essayez donc de lire cette phrase à haute voix !). (A lire également la chronique de Arbobo)



Vic Chesnutt - At the CutVic Chesnutt - At the Cut


Mmarsupilami : Vic Chesnutt, vingt ans de carrière, quinze albums et un couronnement de plus avec At The Cut. Les complices musiciens du label Constellation s’effacent pour créer une oppressante ambiance musicale faite de cordes, drones et menaces. La voix de Chesnutt zèbre et éclaire cet orage électrique de sa fulgurance. Prises au piège de l’humanité, les pierres en pleureraient... (A lire également la chronique de Thomas)



Cougar - PatriotCougar - Patriot


Anousonne : Cougar est une des surprises de l’année, mais amplement méritée tant Patriot a réussi à synthétiser le raffinement de Tortoise, l'intensité fleuve d'un Do Make Say Think tout en s'accordant des plongées mélodiques échappées du cerveau de Four Tet. Patriot est un album angulaire, instrumental, bruyant, puissant, jouissif, intense où Cougar redéfinit musicalement sa vision du post-rock. (A lire également la chronique de Martin)



Aufgang - S/TAufgang - S/T


Benjamin L : « 2 pianos, 1 batterie : ascenseur pour l’inouï », voila comment est vendu Aufgang par son label. En réalité, l’album est tout simplement un des projets les plus ambitieux de ce début de siècle. Un savant mélange entre musique électronique et musique classique, composé comme un mouvement symphonique, avec un début, une fin et surtout un contenu. Précis, incisif, puissant mais mélodieux, cet album pourrait, d’ici quelques années, servir de manifeste à une nouvelle génération de musique. (A lire également la chronique de Violette)



Danger Mouse & Sparklehorse - Dark Night of the SoulDanger Mouse & Sparklehorse - Dark Night of the Soul


Laurent : Un casting trop luxueux face à un producteur trop en vue, le tout magnifié par les images de David Lynch, Dark Night Of The Soul avait tout pour n’être qu’un feu de paille de plus. Mais c’était sans compter sur le songwriting de Mark Linkous qui insuffle ici une vraie cohérence via des instrumentations racées, écrin idéal pour les voix abîmées de Vic Chesnutt, Franck Black et Iggy Pop. Au final, une œuvre où les talents ne nuisent jamais à l’intimité. (A lire également la chronique de Ju)



Fuck Buttons - Tarot SportFuck Buttons - Tarot Sport


Ed Loxapac : Le duo Fuck Buttons transforme l'essai avec le magistral Tarot Sport. Bien aidé par la production d'Andrew Weatherall, ils réalisent un album épique, telle une déflagration sonique digne d'un moteur d'avion au décollage. Diffusant un air étrangement euphorisant, Tarot Sport franchit le mur du son en ne laissant derrière lui que cendres et poussières. (A lire également la chronique de Eddie)



Animal Collective - Merriweather Post PavilionAnimal Collective - Merriweather Post Pavilion


Sfar : 2008 déjà : un EP époustouflant, des versions live prometteuses d’un album à venir. Mi janvier 2009 : personne ne sort indemne de la sortie de Merriweather Post Pavilion. On évoque alors tout et son contraire : de l’œuvre géniale à l’imposture musicale. Une tournée, une année sont passées et l’album est toujours présent sur nos platines. CQFD. (A lire également la chronique de François)



Grizzly Bear - VeckatimestGrizzly Bear - Veckatimest


Mathieu G : Veckatimest possède une indéniable force mélodique, quelque chose qui redonne à la pop un peu de son sens originel, la bande son qui améliorerait les petits tracas de notre vie quotidienne. En étant à la fois acoustique et puissant dans ses constructions qui partent dans une multitude de directions ; Grizzly Bear vient de réaliser le grand moment pop de l’année. (A lire également la chronique de Julien)



Ramona FallsRamona Falls - Intuit


Lyle : Qui l'aurait cru en début d'année : un album du leader de Menomena classé ici ? Mais sous le nom de Ramona Falls, Brent Knopf, accompagné d'un tas d'amis, a mis de l'ordre dans la pop foutraque de son groupe pour en garder le meilleur : une musique aux influences variées, complexe dans ses arrangements mais extrêmement entrainante et accessible. Digne d'être plébiscitée par le plus grand nombre. (A lire également la chronique de Thibault)



Les participants au Top des Blogueurs 2009 :

Anousonne de Grandcrew ; Benjamin F de Playlist Society et du Ricard sa Live Music ; Benjamin L de Soul Kitchen, Benoit de Pop Revue Express, de Hop Blog et de Benzine ; une bonne partie de l’équipe de Dans le mur du son : avec Arbobo de Arbobo, Erwan de The man of Rennes steals our hearts, Lyle de J’écoute de la musique de merde, Thomas du Golb et de Culturofil, et Twist de I left without my hat ; Dali de This Is All About Audio Dynamite ; Daniel de Listen See Feel ; Disso de Derrière la fenêtre ; Ed Loxapac de Chroniques Electroniques ; trois Indie Pop Rockeurs avec Christophe de La Tête à Toto, Mathieu de Ramdom Songs et Paul de Pomme de Pin ; Eddie du Choix de Mlle Eddie ; François de Dans Mon Mange-Disque ; JS de Good Karma ; Ju de Des Oreilles Dans Babylones ; Julien de Des Chibres et Des Lettres et de Goûte mes Disques ; Kris d’Au bout du chemin et de Sound Of Violence ; Laure de Not For Tourists ; Laurent de Rocktrotteur ; Martin de Branche Ton Sonotone ; Mmarsupilami de Little Reviews ; Mr Meuble de Sous les pavés, la Plage ; Olivier de Feu à Volonté ; Panda Panda de Ears of Panda ; Pierre de Musik Please ; Rod du Hiboo ; Romink de My(Good)Zik ; Saab de With Music In My Mind ; Sfar de Toujours un coup d’avance ! ; Systool du Gueusif Online ; Thibault de La Quenelle Culturelle et Violette des Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes



Vous pouvez retrouvez l’intégralité des disques cités dans le classement ici


Chef de projet : Benjamin F / Conception et Logo : Laurent / Communication : Waaa


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mardi 15 décembre 2009

Le Cas Dexter

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Dexter a-t-elle encore le moindre intérêt ? N'est-il pas temps que cela se termine ? Où est le danger ? A quand la mort de Rita ?... voilà qui constitue une liste non exhaustive des questions qu'on a pu lire et relire inlassablement durant la diffusion de cette quatrième saison de Dexter, en demi-teinte et dont on aurait pu croire, de prime abord, qu'elle scellait le destin d'une série victime de son succès. L'histoire est connue, et les feuilletons grandioses n'ayant plus rien à donner au bout de deux ou trois saisons mais continuant quand même à faire des audiences délirantes sont légions. Toute la question était de réussir à déterminer si cette règle s'appliquait vraiment au serial-killer toujours magistralement incarné par Michael C. Hall, ou s'il ne s'agissait pas d'une petite part d'injustice mêlée à une bonne louche de jalousie. Après tout Dexter est désormais un phénomène populaire, il est logique que les fans de la première heure se sentent dépossédés.

Comme souvent dans ce genre de cas, la réponse semble se situer quelque part entre les deux - entre baisse réelle de qualité et reproches infondés dans la droite ligne des tristement célèbres 3L (lécher, lâcher, lyncher... règle désignant généralement les critiques mais en réalité parfaitement applicable à un public n'aimant rien tant que brûler les icônes de la veille). Impossible de ne pas noter que parmi les plus virulents détracteurs de cette saison quatre on retrouve, c'est d'une logique implacable compte-tenu du pitch, tous ceux qui vénérent le premier chapitre et réprouvent depuis longtemps le tournant plus humain pris par Dexter Morgan dès le second. On avait laissé le serial-killer préféré des enfants bien au chaud dans son nid douillet, avec sa petite femme, les enfants de sa petite femme, même pas vraiment frappé par l'angoisse de la paternité. Comme on pouvait s'y attendre on le retrouve pouponnant gentiment, de grosses cernes sous les yeux (le bébé ne fait pas encore ses nuits)... cela faisait un moment que les fans étaient divisés en deux camps (ceux qui regrettent l'évolution du personnage et ceux qui s'en félicitent) ; il va s'en dire que pour l'un d'entre eux au moins la seule idée de voir Dexter plein d'amour pour sa famille, limite réac par instants, est intolérable.

Vous aurez sans doute déjà compris que ce n'est pas mon cas. Mais il est vrai que depuis le premier épisode ou quasiment, je nourris un rapport assez ambigu à cette série (ambigüités transparaissant je crois assez bien au hasard de certains articles, sur Profit ou sur Les Soprano... comme si tout en aimant sincèrement Dexter je ne pouvais m'empêcher de faire régulièrement des comparaisons en sa défaveur...)

Je fais plutôt partie de ceux qui se félicitent de l'évolution de la série jusqu'ici. Il eut de toute façon été impossible de continuer avec le personnage monolithique de la première saison, que j'avais d'ailleurs modérément appréciée. Oh bien sûr, c'était intéressant, prometteur, remarquablement joué... mais que de faiblesses dans la narration, que de défauts dans le rythme, que de faux rebondissements. Tel est à mon sens le péché originel de Dexter : non pas tant son succès que la manière dont une partie de la critique l'a incroyablement surcotée à ses débuts alors qu'elle était loin d'être le chef-d'oeuvre annoncé et semblait très perfectible. Dont acte : contrairement à ce que beaucoup ont pu dire, en terme d'écriture, Dexter n'a fait que progresser dans ses saisons deux et trois. Tout en restant tout à fait critiquable : à part peut-être durant la première moité de la seconde occurrence, machiavélique et vraiment grandiose, Dexter n'a jamais été à ce point géniale qu'on doive en perdre tout sens de la mesure (ce n'est d'ailleurs pas un hasard si certains - Bloom, Arbobo, Marion - ont estimé que Dexter était "bien payé" dans L'Odyssée des séries), la faute à des intrigues souvent faiblardes et prévisibles. Un vrai paradoxe : les acteurs sont brillants, l'atmosphère est envoûtante, les dialogues sont excellents, la dimension allégorique redoutable, certaines séquences sont extraordinaires... et à côté de ça les scenarii en eux-mêmes sont souvent très plats, les personnages pour la plupart très caricaturaux, le suspens y est assez fluctuant (dans la saison un le tueur est identifiable à sa première apparition, dans la deux on lit en Lyla comme dans un livre ouvert et dans la trois, la destinée de Miguel est scellée dès la première poignée de main...). Ce pourrait ne pas être un problème, sauf que les scénaristes ne donnent pas spécialement l'impression de jouer sur la dimension tragique, au contraire ils multiplient les cliffhangers pour pas grand-chose (à moins qu'ils jouent avec les codes du genre à la manière de Ball dans True Blood, mais ça semble moins évident).

Clamer que "Dexter n'est plus grande série" peut paraître du coup un brin excessif, dans la mesure où à mon sens... Dexter n'a jamais été une grande série (en tout cas certainement pas au même titre que Les Soprano, The Wire ou plus récemment Mad Men). Répéter inlassablement que la saison quatre est un peu platounette par moments... ce n'est pas faux - c'est juste oublier que Dexter a souvent été plate ou moyenne depuis ses débuts. On attend encore la saison où les scénaristes parviendront à parfaitement gérer le rythme plutôt que tout dénouer en cinq minutes du dernier épisode (1). Non, le vrai problème... c'est que comme dans chaque saison le thème sous-jacent est merveilleusement rendu, sauf que là, le thème sous-jacent n'a rien de palpitant, c'est mon quotidien, c'est le quotidien de beaucoup de gens et ce n'est pas très bandant. Le pitch veut clairement montrer le couple et la vie des suburbs dans tout ce qu'ils ont de plus lourdingues, voire de folkloriques - c'est parfaitement réussi !... donc aussi excitant que la fête des voisins (réponse A) / un épisode de la saison 16 de Desperate Housewives (réponse B) / la popotte à mémé (réponse C). J'exagère. Bien sûr. C'est beaucoup plus drôle, quand même. Impossible cependant de ne pas se dire que la saison est réellement à l'image de ce qu'elle raconte, c'est-à-dire ronronnante, casanière et sans grande surprise. Les premiers épisodes surtout sont éprouvants (pour ne pas dire chiants), les évènements n'ont que peu d'intérêt et les apparitions de Harry, autrefois ponctuelles, sont devenues si intempestives qu'elles insupportent (il y a même un ou deux passages où elles saccagent carrément la tension des séquences).

Arrivé au twist-ending du cinquième épisode, inattendu et bluffant (2), on reprend espoir... on n'est pas pour autant rassuré. On ne peut reprocher aux scénaristes d'avoir su prendre le spectateur à revers pour mieux introduire à partir de là tout ce qu'on aime dans Dexter : du sens, de la métaphore, de la mise en abyme - art dans lequel ils sont depuis longtemps passés maîtres. Difficile en revanche (à moins d'être très bon public) de ne pas déplorer qu'ils aient clairement renoncé à tout commencement de début d'ambition dans les intrigues. Paradoxe... double paradoxe, même : les premiers épisodes étaient parfois soporifiques, mais au moins avaient-ils le mérite de sortir des sentiers battus par les trois premières saisons. L'épisode cinq passé, la série reprend du poil de la bête, redevient intéressante... sauf que tout y est si prévisible qu'on se demande l'espace d'une seconde si on ne se paie pas notre tronche.

Bien entendu il n'en est rien. Série à tiroirs s'il en est, dont la dimension allégorique a toujours été bien plus forte que l'aspect purement thriller, Dexter recèle encore de nombreuses réflexions pénétrantes, des moments de grâce et des scènes d'anthologie. Elle reste une bonne série louchant parfois vers l'excellence, la seule différence est qu'elle la touche beaucoup moins souvent et a clairement perdu de sa superbe. Il est d'ailleurs possible qu'on ait mieux supporté le côté répétitif si l'alter-ego/adversaire de service avait eu la flamboyance d'un Jimmy Smits/Miguel Prado (3). Il est cela dit assez représentatif d'une série semblant avoir rompu définitivement avec le peu d'attrait qu'elle éprouvait vis-à-vis du suspens - le fait que son identité soit révélée dès le premier plan du premier épisode est en ce sens éloquent. Comme on est positif, on espèrera que Dexter soit en fait en transition. La chute le suggère, même si elle sera loin de calmer nos angoisses tant les scénaristes auront donné l'impression ces derniers mois de plagier continuellement leurs propres histoires, tournant parfois à vide et multipliant les scènes déjà-vues (le personnage de Deb n'est-il donc capable que de : a) jubiler comme une midinette dès qu'elle a une piste ; b) pleurer toutes les larmes de son corps ; c) dire des gros mots ; d) faire la morale à son frère une fois par saison ?... vu le talent de Jennifer Carpenter on se permettra poliment d'en douter). Mais nous sommes optimistes. Dexter vaut mieux que de finir comme une BD à prétention vaguement métaphysique, dont le personnage autrefois pourri jusqu'à l'os ne serait plus désormais qu'un superhéros ordinaire. Il mérite le souffre, le danger et le malaise. On veut croire qu'il y aura droit dans une saison cinq qui marquera(it) son retour en première division.


Dexter (saison 4), créée par James Manos Jr (2009)




(1) Encore un bel exemple cet année avec avec deux derniers épisodes surchargés de choses alors qu'il ne passe quasi rien dans les quatre premiers...

(2) Beaucoup plus en fait que le twist final, que d'aucuns commentent inlassablement depuis dimanche soir comme s'ils n'avaient jamais rien vu de plus incroyable de leur vie... c'est pas faux en fait, ce que disent les fans ronchons : c'est vrai que le public de Dexter a quand même changé depuis trois ans...

(3) Il est dit que je n'aurai jamais le même avis que les autres puisque le jeu de John Lightgow est à peu près la seule chose qui fit l'unanimité dans cette saison quatre... alors que pour moi ce fut clairement le maillon faible !
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lundi 14 décembre 2009

Sweethead - Efficace !

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[Article précédemment publié sur Culturofil] Troy Van Leeuwen est vraiment un type sympathique. Comme il sait bien que son nom est pour le moins difficile à prononcer pour bon nombre de ses fans, il a préféré monter un nouveau groupe plutôt que de sortir un album solo. Mais de la part d'un gars restant depuis des années sagement dans l'ombre du génie Josh Homme, alors même qu'il est l'un des plus grands guitaristes de sa génération… cet accès de coolitude n'a rien de surprenant. Tout comme, tenez : cette idée de passer le micro à Serrina Sims, poupée plus ou moins connue (elle faisait les chœurs sur le dernier opus des QOTSA) et plus ou moins sexy chargée on l'imagine d'assurer vocaux et spectacle. Il comme est ça, Troy : il connaît trop bien l'histoire du rock'n'roll pour tomber dans l'écueil du guitar-hero qui voudrait prouver qu'il sait écrire, composer, chanter et tout faire comme le leader qu'il ne sera jamais. Non : Troy n'a pas ce genre d'ambitions. C'est ce qui rend Sweethead si sympathique.

Sympathique... mais efficace et sacrément bien fichu, surtout. Reconnaissable au premier riff (en l'occurrence celui, assez excellent, de "The Sting"), le maestro assure toujours autant dans le registre rock graisseux mais cool, nerveux mais dégoulinant de groove. Certains trouveront sans doute que les deux premiers titres sonnent comme du Queens Of The Stone Age chanté par une nana, ce qui n'est pas faux. "P.I.G." fait cependant plus penser à du T-Rex trash (ou du Nine Inch Nails organique, ce qui revient presque au même (je rigole… enfin ceci dit le break fait vraiment penser à "March of the Pigs" )) et Serrina, malgré des accents à la Courtney Love qui peuvent parfois surprendre, est plutôt convaincante sur le vénéneux "Amazing Vanishing Conquest". À ce stade du disque on se dit qu'il manque juste un tube en puissance pour convaincre…

… ah mais tenez : le voilà ! "Skinhole International" pointe le bout de son nez, aussi speedé que hanté par le fantôme de Josh Homme. En fait l'album semble zig-zaguer, s'éloignant sans cesse du joug des Queens pour mieux filer dans leur giron cinq minutes plus tard. Mais il est vrai que comme la section rythmique (Block et Napi) est celle du Mark Lanegan Band chaque membre de Sweethead a donc, à différents niveaux, joué avec une voire toutes les Queens à plusieurs reprises. En ce sens l'ami Troy se veut le garant d'un son au travers duquel chacun est libre de projeter ses obsessions – et Sweethead de s'inscrire dans une ligne où il croise les albums des Eagles Of Death Metal, le Bubblegum de Lanegan… des disques différents bien sûrs, mais dont les points communs sont à vrai dire innombrables. Au point que relever les similitudes (ou les divergences) entre (en l'occurrence) Sweethead et les QOTSA relève du faux procès. Reprocherait-on à un individu de partager des traits familiers avec ses frères et ses sœurs ? Le groupe de ce cher vieux Troy a d'autres défauts, notamment – c'est souvent le cas avec les combos misant tout sur la tension – une tendance à voir son énergie s'étioler lorsque les tempos retombent. Comprendre par-là qu'une fois passé un nirvanesque et redoutable "Remote Control Boys", l'album se perd dans une séries de titres se voulant lents mais s'avérant surtout un brin barbants - d'autant qu'ils sont tous curieusement entassés en fin de disque. Peu nombreux cependant au regard des six ou sept titres ébouriffants qui les précédent… Disons que l'on pardonnera à Sweethead, qui en dépit du CV de ses auteurs n'en est qu'à ses débuts en tant que collectif.

D'ailleurs, cette (petite) faiblesse mise à part, Sweethead (le disque) a quelque chose d'assez fun et enthousiasmant. Sans effleurer peut-être la perfection des Queens Of The Stone Age. Soit. Mais avec une morgue communicative qui, à tout prendre, ne séduit pas moins dans le genre heavy vintage que le très hype et surestimé (pléonasme) dernier opus de Wolfmother. Chez Sweethead il y a moins de gras, donc plus de nerf. Et puis la chanteuse est plus jolie. Et ça, c'est un facteur essentiel (moui bon… en fait cette Serrina n'est pas trop mon genre, mais comme dirait The Civil Servant, chaque détail compte...).



Sweethead, de Sweethead (2009)


samedi 12 décembre 2009

Who's Got the crack? : comme une odyssée des séries, mais en mieux !

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Who's Got the Crack?, c'est le nouveau jeu qui va faire fureur sur Le Golb. Je préfère dire jeu plutôt que classement, vous allez comprendre pourquoi.

Who's Got the Crack?, c'est un peu les Gérards des personnages de série. Une idée suggérée il y a de nombreux mois par G.T., qui a un peu traînée pour se mettre en place à cause de L'Odyssée des séries, et qui va faire une entrée fracassante en 2010.

Le principe est simplissime : à intervalles plus ou moins réguliers, je nomine cinq (ou six ou quatre selon les cas) personnages de série dans une catégorie à eux et rien qu'à eux. Une catégorie décalée, bien sûr. Et vous, lecteurs du Golb, vous votez en commentaires. Les votes ne sont pas limités dans le temps, chaque épreuve se terminant uniquement au moment où commencera la suivante.

Avant de passer au premier vote, quelques titres de catégories histoires de vous mettre l'eau à la bouche : Prix du psychopathe qui s'est gourré de carrière, Prix du personnage le plus horripilant, Prix du sex-symbol masculin, Prix de la grosse larve... etc.

La catégorie pour laquelle nous serons amené à voter cette semaine est (roulement de tambours...) :


LE PRIX HE ! HO ! J'SUIS LÀ !!!

récompensant le personnage qui sert à rien mais qu'on aime bien quand même



Sont nominés dans cette catégorie :


Peter Bishop (Fringe)


Certes, on apprend au fil des épisodes qu'un lourd secret l'entoure. N'empêche qu'en attendant, Joshua Jackson a l'air de se demander ce qu'il fout là - nous aussi. Enfin non, nous on sait : il fallait un beau mec pour jouer le boyfriend platonique de l'héroïne, dans la mesure où il eut été impensable qu'elle sorte avec le vieux ou le black.


Jin-Soon Kwon (Lost)


Après avoir passé quatre saisons à parler en sous-titré, on aurait pu croire que sa désormais maîtrise de l'anglais aiderait ce brave Jin à trouver sa place. Bah oui, mais non : Jin parle encore moins qu'avant, et prouve dans la saison 5 qu'il n'est là que pour les quotas. So bad.


Infirmière Linda (Nip/Tuck)


Certes, son inutilité est devenu un running-gag de la part des scénariste. N'empêche : elle est présente dans quasiment tous les épisodes de la série depuis le début, mais ne parle qu'une fois sur deux (à part un épisode très étrange où elle a carrément deux répliques)... difficile de ne pas la sélectionner dans cette catégorie.


Aaron Littleton (Lost)


Alors ok, au départ, le pauvre gamin a l'air maudit. N'empêche qu'à part chialer et se faire enlever, il n'aura pas servi à grand-chose. En fait, un rapide calcul de notre rédaction a permis d'établir qu'au palmarès des personnages les plus importants de Lost, Aaron arrivait même derrière le chien et l'ours polaire. C'est vous dire.


Charlie Runkle (Californication)


Mais à quoi sert Charlie Runkle ? A priori, à rien, sauf à considérer qu'un gros boulet est utile à un bon héros de séries (Jack Bauer ne dira pas le contraire). De plus en plus affligeantes au fil des saisons, les aventures de Charlie n'ont surtout plus grand rapport avec celle de Hank Moody, ce qui achève d'en faire l'un des favoris de cette rubrique.


A présent, amis lecteurs, les commentaires sont à vous ! Attention : vous ne pouvez voter que pour un seul personnage (je sais, ça va être dur de les départager...)
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vendredi 11 décembre 2009

Cinégolb

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Un tag presque sympa (merci Fashion), qui reprend en fait l'interview-quizz de Libé publiée chaque mercredi sur, vous ne devinerez jamais... : le ciném... quoi ? Vous aviez deviné ? Ok, alors c'est parti !


Le film que vos parents vous ont empêché de voir ?

Batman, premier du nom. Tim Burton a eu quelques problèmes avec la Warner pour avoir réalisé deux films interdits aux moins de 12 ans, rendant la vente du merchandising délicate. Quelque part c'est donc un peu ma faute, puisque je fais partie des gamins fans de Batman qui n'ont pu voir le film que des années plus tard... excellent film, d'ailleurs.


Une scène fétiche ou qui vous hante ?

Dans ce même Batman, justement, la séquence où le Joker assassine le maire sur la place de la mairie (avec une plume, précisons-le). Je serais bien incapable de dire pourquoi, et d'ailleurs ce n'est pas vraiment une scène fétiche... mais elle m'a longtemps hanté, ça oui.


Vous dirigez un remake : lequel ?

J'ai horreur des remakes, alors me v'là vraiment mal barré. Disons qu'à la rigueur, je pourrais me laisser tenter par une nouvelle adaptation de Pop 1280, de Jim Thompson... le film de Chabrol (je ne me rappelle plus son titre) m'avait vraiment déçu... mais je n'irais pas jusqu'à en réaliser un remake à proprement dire.


Le film que vous avez le plus vu ?

Sans doute un James Bond. A une époque, je regardais chaque James Bond à chaque rediffusion. Et je crois que celui que j'ai le plus vu est Octopussy (assez nul, d'ailleurs). J'ai vu aussi (évidemment) pas mal de fois des films autrement plus géniaux, mais je me dois d'être honnête avec les lecteurs du Golb.


Qui ou qu’est-ce qui vous fait rire ?

Excellente question. Ca fait très longtemps que je n'ai pas vu une vraie belle comédie, j'ai l'impression (en fait ça fait un an, la dernière fois que j'ai franchement ri devant un film c'était Tropic Thunder). Quoique récemment Saw III m'ait beaucoup fait rire tant ce film est grotesque du début à la fin... mais sinon, dans l'absolu, le cinéaste qui m'aura fait le plus marrer dans ma vie est Woody Allen, dont j'aime quasiment tout - même ses films mineurs comme Deconstructing Harry ou Celebrity (que je ne trouve pas mineurs du tout en fait).


Votre vie devient un biopic…

Bah j'espère que DiCaprio acceptera le rôle que lui proposera Scorcese ! Parce que Leo, depuis qu'il a vieilli, pris du coffre et du poids... il est parfait pour mon rôle.


Le cinéaste absolu ?

Hitchcock - sans le moindre doute possible. Il est au cinéma ce que les Beatles sont à la musique pop, et j'ai pour lui le même fanatisme (j'ai vu TOUT ses films des tas de fois) et la même admiration. Et comme les Beatles, même ses mauvais films sont extraordinaires.


Le film que vous êtes le seul à connaître ?

Statistiquement parlant il y a moins de 0,05 % de chances que je sois le seul à connaître un film. Quoiqu'il y ait Towelhead, l'unique long-métrage d'Alan Ball (Six Feet Under, True Blood), dont j'ai l'impression qu'on n'est pas nombreux à l'avoir vu...


Une citation de dialogue que vous connaissez par coeur ?

Honnêtement... aucune.


L’acteur que vous auriez aimé être ?

James Cagney. La classe absolue, et en même temps hyper inquiétant, le gars.


Et l’actrice ?

Sarah Michelle Gellar ! J'aurais gagné assez de pognon avant 25 ans pour pouvoir passer tout le reste de ma vie à glander à la maison avec ma petite famille, je serais un sex-symbol tout en étant l'incarnation de la coolitude, et je serais glamour et simple à la fois.


Le dernier film que vous avez vu ? Avec qui ? C’était comment ?

Le dernier film que j'ai vu c'était Meet Joe Black. Et j'étais tout seul. Et j'ai arrêté au bout de vingt minutes tellement je trouvais ça mauvais.


Un livre que vous adorez, mais impossible à adapter ?

La dernière fois que j'ai écrit un truc comme le film est sorti deux mois après ! Je me méfie du coup. Honnêtement, je pense que The Dark Tower, de Stephen King, est inadaptable. Mais j'ai hâte d'être en 2011 pour que Damon Lindelof et Carlton Cuse (oui, les auteurs de Lost) me prouvent le contraire.


Quelque chose que vous ne supportez pas dans un film ?

Les longueurs ! Plus je vieillis, plus j'ai du mal à supporter les longueurs dans un film. A Hollywood notamment, les mecs ont un véritable don pour faire des films de deux heures trente qu'on pourrait réduire de soixante minutes (parfois plus). Ca m'afflige.


Le cinéma disparaît. Une épitaphe ?

Mon biopic tourné, tout était dit et le cinéma pouvait mourir en paix.



EDIT : Ceci était évidemment un article de remplissage... rendez-vous demain pour l'inauguration d'un nouveau jeu qui fera fureur sur Le Golb !
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jeudi 10 décembre 2009

Vic Chesnutt - Terrorisme émotionnel

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Alors donc : il remet ça. Même pas le temps de se remettre du splendide, du traumatisant At the Cut... même pas le temps de sécher ses larmes et de remplir son verre de whisky que déjà, l'énigmatique folkeux se fend d'un nouvel album - avec Jonathan Richman s'il vous plaît. On craint le pire. Pas trop rassuré, on glisse la galette sur la platine, qui part toute seule en mode shuffle - sans doute traumatisée à l'idée devoir encore passer du Chesnutt. Et le pire se produit : dès le premier titre, l'auditeur est à deux doigts de tomber de sa chaise. Aussi renversant que désolé, "Sewing Machine" est un de ces morceaux simples et bouleversants dont seuls les plus grands ont le secret - et ce n'est pas peu dire que ces deux là le sont.

Présenté par certains comme le double inversé d'At the Cut (parce que guitare/voix, parce qu'épuré quand le précédent était d'une rare sophistication), Skitter on Take-off en serait plutôt la version dépouillée, sans les audaces de production mais avec la même remarquable qualité de son rendant hommage à une voix dont la justesse déglinguée n'a d'égale que le sens inné de l'interprétation. Rien d'étonnant quand on connaît l'intérêt que Richman a toujours porté à un art du storytelling dont Chesnutt, on le dit peu, est l'un des plus brillants représentants contemporains. Assemblage de petites comptines acoustiques moins plombantes que ce que la voix, toujours sur le fil, pourrait laisser supposer, Skitter déroule donc son univers désertique avec finesse et sensibilité, proche des premiers Chesnutt dans la forme, quoique jamais complètement similaire ; de quoi rassasier les deux fans et demi déçus par la "grandiloquence" du dernier album (ne riez pas, aussi grotesque que cela puisse paraître ces gens existent - j'en ai rencontré !), avec tant de chansons parfaites ("Unpacking My Suitcase", "Dimples") qu'on ne sait plus où donner de la larmichette. Le Vic a ceci de terrible qu'il pourrait bien chanter n'importe quoi, une histoire de panne sexuelle ou d'ours en peluche égaré, une aventure de Tintin comme histoire de Toto... il ferait quand même chialer tout le monde à la fin. Ce n'est plus de la folk - ce n'est même plus de la musique : c'est du terrorisme émotionnel, avec cibles politiques ("Dick Cheney"), dommages collatéraux (peu de gens survivront aux presque huit minutes désespérées de "Worst Friend") et revendications voilées ("My New Life").

Pourtant paradoxalement cette remarquable simplicité pourrait aisément être considérée comme le point faible du disque : loin de le rendre plus accessible qu'At the Cut, son minimalisme aurait plutôt tendance à lui fermer une partie du public "gagnée" (entre guillemets, quand même) avec. D'une certaine manière, Skitter on Take-off met fin à une série d'albums (entamée avec North Star Deserter et poursuivie avec le mésestimé Dark Developments) dans laquelle Chesnutt s'appliquait à exploser son domaine de prédilection et repousser des limites qu'il semble aujourd'hui prendre plaisir à retrouver. Toujours un peu répétitif et fastidieux sur ses opus les plus roots, il retrouve ainsi ce (très léger) travers en publiant un disque sans doute moins universel et plus difficile à écouter en boucle que l'(apparemment) inépuisable disque paru en septembre. Celui-ci n'en demeure pas moins superbe ; au moins ne pourra-t-on reprocher au garçon d'être carriériste !


Skitter on Take-off, de Vic Chesnutt (2009)


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mercredi 9 décembre 2009

Supernatural - What a Way to Go

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Ils sont deux frères qui se ressemblent plus qu'ils veulent le croire et qui, élevés par un père rendu fou de vengeance par l'assassinat de sa femme par un démon, n'ont connu de la vie que sa part la plus torturée et ténébreuse. L'aîné a toujours marché dans les traces de celui qui fut un mentor plus encore qu'un papa ; le second est parti il y a longtemps pour vivre une vie sensément normale et briller dans des études de droit. La disparition du père aimé et honni à la fois tombe à point nommé pour les réunir et là, première (très) bonne surprise de la série, elle évite le trip ils sont frères, tout les oppose totalement éculé et les figures imposées qui vont avec. Loin de se haïr, les deux frangins s'avèrent rapidement plutôt heureux de s'être retrouvés, et s'ils évoluent dans un univers pour le moins fantastique leurs rapports sont d'une finesse et d'un réalisme assez bluffant.

Suffisamment en tout cas pour donner envie d'aller plus loin que l'image de sous-Buffy que l'on attribue parfois à une série dont le seul tort est d'être diffusée sur la même chaîne (CW et The WB, c'est en fait la même chose - le network a juste changé de nom) et d'occuper un créneau, surnaturel meets second degré, sacrément surchargé ces dernières années. Force est de noter cependant que l'humour de Supernatural est totalement différent de celui de la mythique série de Joss W. et qu'il n'est, surtout, qu'une part mineure de l'ensemble. Au pastiche et aux clins d'oeil, Eric Kripke préfère manifestement les atmosphères poisseuses, et son traitement des mythes fantastiques et de la démonologie vise plus souvent l'angoisse que le goût de la référence. Pas de quoi se cacher au fond du lit certes (quoique certains épisodes soient assez flippants...) ; Supernatural compose cependant dès le début une petite série B d'horreur tout à fait plaisante quoiqu'un peu surrannée (ambiance rétro oblige, les rares ordinateurs mis à part on se croirait souvent dans les seventies), aux intrigues bien ficelées et à l'arc narratif prometteur. Le charme est indéniable, notamment grâce au côté road-movie fantastique sur fond de hard-rock vintage (les vieilles K7 trustant l'autoradio de Dean - Lynyrd Skynyrd, AC/DC, Black Sabbath... - sont des plus galvanisantes !) amenant les deux seuls (et uniques) personnages à traverser l'Amérique de bout en bout, multipliant les décors et les mythes avec un plaisir qui doit beaucoup à l'alchimie évidente entre les deux comédiens (Jared Padalecki et Jensen Ackles, pour ne pas les nommer).

Les jalons se posent naturellement et c'est donc (presque) sans surprise que l'on voit la série gagner en profondeur au fil des épisodes. N'ayant que deux personnages sous la main, les scénaristes ont de toute évidence décidé d'explorer leurs psychées à fond - on peut difficilement leur donner tort. Tous les épisodes ne sont pas des merveilles et l'arc narratif tarde un peu trop à se lancer pour être totalement passionnant ; néanmoins au terme de la première saison, Supernatural a toutes la carte en main pour devenir une série de premier ordre. On suivra ça de près...


Supernatural (saison 1), créée par Eric Kripke (2005-06)


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