dimanche 4 décembre 2016

[GOLBEUR EN SÉRIES '16-17] Semaines 11 & 12

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BETTER THINGS IN ATLANTA Un peu en retard, petit retour sur le combo dépression-nerveuse-et-humour-occasionnel de FX. Pour en dire… rien de plus qu’après les pilotes, puisqu'aucune de ces dramédies n'aura témoigné d’une évolution spectaculaire depuis lors. Atlanta s’en est globalement mieux sorti - au sens où elle a eu les meilleurs épisodes - mais l’une et l’autre étaient assez inégales, l’une et l’autre se sont beaucoup reposées sur leurs interprètes principaux (surtout Better Things), l’une et l’autre ont eu leurs moment un peu chiantos (surtout Atlanta). La différence entre les deux s’est surtout jouée dans les ambitions : Better Things a fait beaucoup d’efforts pour être la caricature de la dramédie pas drôle du câble (il paraît qu’on dit sadcom, désormais, et l’expression est fort bien trouvée… sauf que Better Things n’est pas beaucoup plus triste qu’elle n’est drôle), quand Atlanta a semblé vouloir s’en éloigner, tout en donnant souvent l’impression qu’elle ne savait pas trop ce qu’elle voulait être à la place. La première a été sauvée par l’énergie de Pamela Adlon et par son absence totale de prétention ; la seconde par un sens de la punchline qui, s’il n'a pas systématiquement fait mouche, aura réservé quelques très bonne saillies. L’une et l’autre ont été renouvelées mais dans l'un et l'autre des cas, inutile de me demander ce que j'en pense : rien.


The GREAT INDOORS Bonne nouvelle : le nouveau sitcom de CBS dans lequel Jeff Winger Joel McHale joue un journaliste old-school obligé de cohabiter avec les morveux du service Web est bien plus regardable que ce que tout le monde en dit. Mauvaise nouvelle : ma précédente remarque signifie vraisemblablement que je suis officiellement un vieux trouvant que c’est tout à fait normal de se foutre de la gueule des jeunes tout-connectés et superficiels d’aujourd’hui. Avec le temps que j'ai passé ces dernières années à mater des séries du Network des vieux, il fallait bien que cela arrive.

👍 INVASION! Eh bien ma foi, il était plutôt très sympa, cet archi-maxi-mega-crossover de la mort qui tue la vie qu’après-on-peut-plus-revenir (sauf si on n’est pas mort à l’écran). Rien d’extraordinaire, mais un ensemble sympathique, si l’on excepte bien sûr le fait d’avoir été obligé de regarder un épisode de Legends of Tomorrow (ce qui était un peu le but caché de l’entreprise, hein dites les gars de la DCW ?) Une agréable surprise car hormis la première rencontre entre Barry Allen et Kara Zor-El au printemps dernier, la plupart des crossovers du Berlantiverse avaient été jusqu’ici de gros gros ratages sentant fort fort le fan service et les fesses-qui-puent. C’est dire si l’on ne s’attendait pas à ce que celui-ci soit fait de manière intelligente (oh !), enfin subtile (aaaaaah… hein ? quoi ?), enfin honnête (ah ! ok). J’ai particulièrement apprécié le fait que chacun des épisodes s’inscrive réellement dans la continuité de sa série et s’articule autour des problématiques actuelles des personnages, plutôt que de tenter de faire du hors-série bêtéméchant (même si on n’échappe pas complètement à cette tentation quand Thea Queen décide comme par hasard que c’est une belle journée pour sortir de sa retraite... pour disparaître à peine l’épisode d’Arrow terminé). On n'avait pas comme à l’habitude cette impression d’être pris pour des débiles, avec de longs tunnels récapitulatifs de chacune des séries comme si une majorité de spectateurs ne les suivait pas toutes ; Barry était bien le personnage central de cette intrigue transversale et pour la première fois depuis qu'Arrow a bouturé, un crossover donnait aux personnages l'occasion de réellement évoluer de consort (jamais l'amitié entre Green Arrow et Flash n’avait sonné si juste). On pouvait évidemment prévoir des semaines à l’avance les problèmes que cela allait poser : trop de personnages pour finalement trop peu de temps d’antenne, certains ne fonctionnant pas très bien ensemble, ou ne se croisant pour ainsi dire pas. Supergirl aura par exemple passé l’essentiel de ces quatre épisodes scotchée à Flash - avec qui elle forme, c’est vrai, un très chouette duo - mais assez peu échangé, en définitive, avec Green Et encore moins avec les personnages issus de Legends of Tomorrow, qui s'affirment plus que jamais comme les petits cousins honteux que l’on invite pour ne pas froisser les parents (ils ne sont même pas au complet au départ et certains d’entre eux disparaissent vers la fin de l’épisode de The Flash pour ne revenir que dans leur série à eux…) Mais bon. Allez. J’étais peut-être d'excessivement bonne humeur, ou bien c’est juste que commencer un maxi-mega-mortel-crossover dans Supergirl (qui est la série la plus légère et choupidoupoupinette de l’univers) met forcément du baume au cœur… enfin, c’était cool, et puis voilà.

Marcher en rangs d'oignon horizontaux sans avoir l'air trop con, c'est à ça qu'on reconnaît un vrai superhéros.

👎 NATIONAL TREASURE Il y a d’abord le sujet, étonnamment traité. S’inspirer de l’affaire Jimmy Savile en s’attachant à écrire durant 90 % du show l’histoire d’une star vieillissante accusée supposément à tort d’être un violeur en série est pour le moins, comment dire ? Curieux. On entend bien que c’est la liberté du créateur de garder ce qu’il veut de cette affaire qui traumatisa (et traumatise encore) l’Angleterre. Mais avouons qu’il y avait sans doute autre chose à écrire en partant de cette base - si l’on commence à s’inspirer des histoires des pires prédateurs sexuels que la terre ait porté pour évoquer… encore, toujours la bonne vieille déprime du vieux riche blanc confronté à ses tristes appétits, on est vraiment mal barré. Ceci posé, National Treasure a bien d’autres problèmes, à commencer par une réalisation totalement erratique, des parti pris narratifs déconcertants (que de scènes n’apportant rien à l’intrigue dans une série de seulement quatre épisodes !) et une nette impression que les auteurs ne savent pas vraiment ce qu’ils racontent (il n’était pas besoin de mobiliser l’opération Yewtree - la grande purge des médias britanniques qui suivit la révélation des crimes de Savile - pour narrer ni plus ni moins que l’histoire d’une star déclinante hantée par son propre vieillissement). La densité de l’interprétation de Robbie Coltrane fait que le premier épisode passe à peu près, mais plus la série avance moins on comprend ce qu’elle essaie de nous dire, et plus elle amplifie ses faiblesses initiales (le twist qui survient dans le dernier épisode est un quasi cas d’école de coup de théâtre utilisé n’importe comment).

👎 TIMELESS J’ai fait de mon mieux, j’ai essayé de tenir, mais rapidement ça n’a plus été que pour les beaux yeux d’Abigail. Hors hélas, mille fois hélas, Abigail est bien plus sublime et émouvante dans Rectify que dans cette série qui, sans être mauvaise, est tout de même bien ringarde par instants - et bien chiante à peu près tout le temps. Au revoir.

... à part ça...

- c'est fini pour Masters of Sex. Dans tous les sens du terme. Sur une quatrième saison assez lumineuse que j'avoue ne pas avoir eu le temps d'achever mais qui, c'est vrai, sentait déjà très fort la fin. Peut-être lui accorderai-je dans quelques semaines l'article que je lui dois depuis au moins deux ans. Il y aura à dire, c'est certain - mais pas exactement ce que j'aurais dit il y a deux ans. Ou comment réussir en l'espace de quatre saisons à passer de série la plus sous-estimée du monde à l'une des plus surestimées. Des débuts brillants, une apothéose en saison 2... et plus grand-chose derrière - il n'est pas besoin d'avoir terminé ce dernier arc pour affirmer que, s'il a relevé le niveau après un exercice 2015 catastrophique, on était tout de même assez loin des splendeurs passées. Il paraît que le final compose une belle fin à la série en elle-même. On verra et je vous redirai cela (peut-être), mais dans le fond ce n'était pas la question : le problème de Masters of Sex depuis à peu près l'énorme ellipse temporelle du milieu de saison 2, c'est précisément qu'elle aurait pu s'arrêter n'importe quand sans que cela change quoi que ce soit. On appelle ça une série Showtime, et si celle-ci aura duré moins longtemps que la plupart des autres, elle aura sur ce point été d'une grande fidélité à son ADN.

En 2016, le triplé pour Virginia ?

- tout de même, j'y reviens mais il faut qu’on s’arrête un instant là-desssus : je viens de regarder un épisode de Legends of Tomorrow ! Pour la première fois depuis le printemps. Et de réaliser à quel point cette série était… diantre, Legion of Superheroes, ou pas loin (pour ceux qui ne connaîtraient pas : il s'agit d'une série DC Comics d'une phénoménale constance dans le n'importe quoi, à laquelle même les fans les plus acharnés n'entravent plus rien depuis au moins trente ans). Quel accident industriel, tout de même… pensez donc qu’on a là une série qui a passé TOUT l’automne 2015 à introduire ses personnages dans TOUTES les autres séries de superhéros de la chaîne, tout ça pour arriver à l’automne 2016 en ayant viré plus de la moitié d’entre eux, dont : son meilleur personnage, son héros, son super-méchant et ses deux alibis bimbos mâle et femelle (liste non-exhaustive). Tout ça en réussissant, c’est assez fort, à garder au générique le catastrophique gamin qui joue Firestorm. Si ça ne hurle pas « pitié donnez-moi du Drawa », je ne sais pas que cela nous dit…

Je suis J'étais une légende.

- je n’osais pas trop en parler jusqu’ici. Peur du regard des autres. Peur de votre impitoyable jugement. Aujourd’hui, je me sens enfin libre ; je peux vous l’avouer, même si c’est en rougissant : contrairement à ce que j’avais annoncé il y a quelques semaines, je n’ai pas appuyé sur pause durant cette saison de The Walking Dead. Je suis revenu, à chaque épisode. J’y ai même pris du plaisir. J’ai été jusqu’à hésiter à la nommer pour le Drawa de la série qui est re-bien (rassurez-vous, je me suis ravisé). Je ne pouvais pas en parler jusqu’à présent tellement je me sentais mal, et ce n’est pas un hasard si c'est aujourd'hui qu'enfin, j’arrive à briser le silence coupable dans lequel j’étais plongé : de silence, il a justement été question dans le dernier épisode. Un silence à l’ancienne, pour un épisode qui - ouf ! - nous rappela les meilleures heures du show : lent, chiant, creux et articulé autour d’un personnage dont personne n’a rien à branler. Un épisode d’autant plus risible que le personnage en question a bien dû prendre dix kilos depuis sa première apparition, ce qui n’est pas grave en soi (j'en ai pris quinze durant la même période) mais fait franchement éclater de rire lorsque quelqu’un lui dit qu’elle est (je cite) « une combattante émérite », alors que nous, devant l’écran, on voit très bien qu’elle est à peu près aussi souple que… moi. Il a tout de même fallu six semaines pour en arriver là. Merci Robert, merci à toute l’équipe d’avoir un peu pensé à ceux qui, comme moi, étaient très perturbés au quotidien face à l’étonnante qualité de votre show depuis l’automne. Mer-ci.