dimanche 22 avril 2018

[GOLBEUR EN SÉRIES '17-18] Semaines 28 - 30


👍👍 The GOOD FIGHT (saison 2) Promis, je ne suis pas complètement schizo. Ni cyclo (enfin à peine). Pour vous, il ne s'est écoulé que quatre articles depuis les commentaires assez acerbes que j'avais réservés à cette série, mais pour elle (et pour moi), il s'est presque passé un mois. Ou bien alors, je suis complètement schizo (voire beaucoup plus cyclo que je ne le pense). The Good Fight, c'est une série qui vous fait cet effet-là. Non parce qu'elle serait inégale (globalement, chaque épisode est plutôt bon en soi), mais parce qu'elle est extrêmement inconstante et force continuellement la comparaison avec The Good Wife, alors même qu'arrivée en deuxième moitié de saison 2, elle devrait s'en être affranchie depuis un certain temps. Si ces icônes ridicules sous Windows avaient la moindre once d'éthique, je devrais mettre trois pouces à "Day 450". C'était un formidable épisode, parfait de A à Z. Son pitch, dont on suppose qu'il inaugurait le prochain arc, était aussi tordu qu'exquis. Toutes les scènes fonctionnaient, toutes les intrigues tenaient debout, même celle de Maia. Les dialogues étaient fabuleux, surtout ceux de Lucca. Tous les personnages trouvaient leur place, Diane incluse ! Même les références à The Good Wife, généralement pesantes, étaient ici impeccables ("We're not expecting you to be the good little wife or girlfriend. That's the old playbook. It stopped working in 2016."). "Day 450", en une phrase comme en mille, était vraisemblablement, à ce stade de son développement, le must de la crème de ce que The Good Fight peut offrir. Mais elle a tellement soufflé le chaud et le froid ces dernières semaines qu'on a du mal à totalement s'emballer. On ne peut s'empêcher de se demander pourquoi ce début d'arc a été lancé si tardivement dans la saison, de craindre que tout cela ne retombe très vite, que l'épisode de la semaine prochaine soit boiteux (ou pire : centré sur les histoires de cul de Maia). Parce qu'il y a ce formidable épisode, cette formidable intrigue... mais qu'il y a aussi cette chute indiquant que Liz va porter seule cette histoire et que chacun(e) des autres va repartir bosser dans son coin. La vraie réussite de "Day 450", dans le fond, c'est de nous avoir donné ce dont on avait fini par rêver sans le savoir : un épisode où on voit des avocats travailler ensemble, dans un élan commun, sur un thème transversal. Et sa chanson finale, aussi, résidu de BrainDead inattendu et plutôt cool.

Record à battre : 80 % du main cast dans une même scène de The Good Fight.

KRYPTON Bonjour Monsieur Goyer, c'est Thomas. Je ne sais pas si vous me remettez, vous avez sûrement dû entendre parler de moi vu que je fais partie des six personnes au monde qui ont aimé votre mythique (hum...) FlashForward. Si je vous écris, c'était juste pour savoir : la série que vous faites en ce moment, là, Krypton, sur Syfy, elle serait pas vaguement inspirée d'un truc ? Un bouquin ou un comic-book ou quelque chose comme ça ? Parce que par moment, il y a vraiment des bidules qui me disent quelques machins, mais c'est assez diffus, j'arrive pas à mettre le doigt dessus. Si j'osais, je dirais que ça ressemble vaguement à la mythologie de Superman, enfin en tout gris et moche, alors que les Kryptoniens, c'est quand même le top de la civilisation raffinée, cultivée et démocratique - une pure utopie. Enfin bref. Je me permets de vous en parler parce que comme vous le savez sûrement, d'ici quelques mois, Game of Thrones sera terminée. Et à ce moment-là, le monde libre étudiera en toute objectivité les dégâts que son succès démentiel aura faits à la télévision durant presque une décennie. Ça risque d'être moche pour les gens comme vous, vous savez. Je dis ça, je dis rien.

RISE Il est sympa Jason Katims, à vouloir nous faire la revanche de Friday Night Lights dix (douze) ans plus tard, mais il faudra quand même lui dire qu'elle ne fonctionne pas trop trop, sa nouvelle série, et que remplacer le Coach Taylor par Ted Mosby et sa tronche d'enfant cocker qui a toujours l'air de s'être fait largué la veille... c'était pas forcément la meilleure idée du monde. Non que Rise soit franchement une mauvaise série, son pilote fut même sûrement un des meilleurs de la saison pour un Network, mais elle porte vraiment mal son nom tant elle peine à décoller, pour ne pas dire se désengluer des tirades emphatiques d'un héros à vous faire passer le Cercle des Poètes disparus pour du Nietzsche. D'autant que Josh Radnor, qui s'avère très bon dans ce mauvais registre, est loin d'être le seul problème d'un show qui enfile les clichés au rythme d'un par scène sans vraiment réussir à se distinguer ni, dans le fond, à réellement trouver le ton juste. Friday Night Lights, Parenthood... même About a Boy, dans une moindre mesure... toutes les séries de Katims mirent un certain temps à réellement trouver leur identité, mais elles affichaient d'entrée une singularité, une identité qu'on ne retrouve pas (encore ?) dans Rise. La Katims' touch est là, mais elle tourne à vide, brode sur des situations déjà vues mille fois (y compris dans les autres séries de Katims), et échoue là où habituellement elle excelle, soit dans les dialogues, qui manquent autant de naturel que de piquant. On verra comment cela évolue, mais ça s'engage assez mal.

C'est fou quand même comme Radnor semblait né pour incarner un prof chiant, démago et mal sapé. C'est donc ça qu'on appelle "avoir la tête de l'emploi" ?

👍👍 SUPERGIRL (saison 3) Du Karaoké ! Toy Man ! Des singes volants !!! Supergirl est de retour et Dieu qu'il fait du bien, cet épisode super fun et super efficace. Ils sont vraiment trop cons, sur la CW, d'avoir sacrifié comme ça la meilleure de leurs séries de superhéros durant plus de deux longs mois.

👎👎 The WALKING DEAD (saison 8) Deux ans. C'est le temps dont les scénaristes de TWD ont disposé pour écrire et exécuter l'arc Negan et la guerre contre les Sauveurs. Deux ans. Trente-deux épisodes. C'est énorme. Monumental en regard du temps dont disposent la plupart des scénaristes de la plupart des séries. Même ceux de Game of Thrones, tenez, dont on aime bien se moquer par-ici, ont en moyenne deux fois moins d'épisodes pour mener à bien des intrigues deux fois plus complexes que celle-ci (qui se résume en gros à battre le méchant). Deux ans. Eh bien vous savez quoi ? Même avec DEUX ANS devant eux pour y réfléchir, les scénaristes de TWD ont quand même réussi à conclure cet arc énorme par un deus ex machina à la limite du mollard à la gueule du spectateur. Quand j'ai vu ça, je suis resté sans mots durant de longues minutes. Si j'ai toujours aimé me payer la tronche de The Walking Dead, je crois avoir été malgré tout assez magnanime avec la série, n'hésitant jamais à lui reconnaître ses bons moments et enrobant mes sarcasmes de véritables nuances. Cette fois-ci, terminé. DEUX ANS ! Les mecs ont eu deux putains d'années et des salaires à cinq chiffres pour écrire une putain de fin à cette putain d'intrigue et tout ce qu'ils ont trouvé c'est MÉGA SURPRISE ! Eugene est pas vraiment un traître et il a truqué toutes les armes des méchants dans le plus grand secret. Mais quelle HONTE, putain. Quelle putain de putain de putain de honte. Et en plus les gars se sentent quand même obligés d'ajouter un petit dialogue explicatif des fois qu'on n'aurait pas compris leur idée digne d'un enfant de CP. Le calice jusqu'à la lie de la lie. Si The Walking Dead ne remporte avec dix points d'avance le Drawa de la plus mauvaise série de l'année en décembre prochain, sachez que la Cérémonie sera invalidée et rejouée jusqu'à ce que le résultat corresponde à l'ignoble réalité.

Heureusement, on a quand même eu de belles scènes d'action... Naaaan, je blague, c'était tellement mou que je pense qu'il s'agit d'un plan coupé au montage.

à part ça...

👎 TABOO Mince, mais comment cette série a-t-elle pu échapper aux derniers Drawas ? Il y a tout, dans Taboo, et même dans son seul personnage principal aux perversions multiples et à l'expressivité proche du néant. Déjà connu pour être l'acteur le plus surcoté de sa génération, Tom Hardy est ici également producteur et scénariste et le moins qu'on puisse dire est qu'il n'y va pas de main morte, pour ne pas dire qu'il est en totale roue-libre durant huit épisodes interminables. Si le pilote fonctionne à peu près, la série devient par la suite involontairement comique tant le moindre plan hurle Regardez-moi comme je suis une histoire sérieuse, ce qui est embarrassant dans l'absolu mais l'est d'autant plus dans le cas présent que Taboo ne raconte strictement rien si ce n'est l'histoire de gens très antipathiques qui font de la paperasse.