jeudi 2 février 2012

How to Make It in America - Penny for a Thought

...
Mon premier ressemble à Entourage, mon deuxième ressemble à Entourage et mon troisième ressemble à Entourage.

C’est ainsi qu’un chroniqueur taquin pourrait être tenté de présenter How to Make It in America, série produite depuis l’an dernier (et annulée après deux saisons) sur la chaîne d’Entourage (HBO) par le duo qui mit en orbite Entourage (Mark Wahlberg et Rob Weiss, également scénariste), dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas spécialement cherché à changer ses habitudes.

Ce n’est bien sûr qu’une impression de départ ; How to Make It in America n’est pas un spin off d’Entourage, pas plus qu’il n’en est le succédané. Juste une série qui ressemble beaucoup à la fiction créée par Doug Ellin (et qui s’est achevée sur une saison particulièrement mauvaise en septembre dernier), et en compose, d’une certaine manière, la version East Coast et fauchée. Pour un résultat finalement relativement similaire : le récit d’une belle success story à l’Américaine (on devine dès la première minute du pilote comment tout cela aurait dû finir quatre/cinq/six saisons plus tard) doublé d’une belle histoire d’amitié virile.

Ou comment deux losers forcément magnifiques décident du jour au lendemain de se lancer dans la création d’une ligne de jeans, avec toutes les galères et tous les retournements de fortune qu’un tel pitch peut impliquer. Que c’est beau, la libre entreprise. Qu’elle est belle, cette philosophie du « Aide-toi et l’Amérique t’aidera ». Dans le genre comédie de HBO imprégnée de la crise, on préfèrera largement Hung (elle aussi annulée, dites donc), plus mélancolique et culottée (dans tous les sens du terme), mais reconnaissons cependant à How to Make It in America d’avoir suffisamment d’arguments pour demeurer un show agréable que l’on suit finalement avec plaisir. Dialogues ciselés, casting impeccable, notamment les seconds rôles (Eddie Kaye Thomas et Martha Plimpton survoltés ; Lake Bell campant une espèce d’incarnation absolue de l’adorable girl next door ; Luis Guzmán renfrogné et hilarant à quasiment chaque apparition)… on s’attache assez rapidement et l’on y revient, même si le faible nombre d’épisodes (huit par saison seulement) ne permet pas vraiment d’exploiter le potentiel de ces caractères et de leurs interactions. C’est tout le problème de ce genre de série, qui repose presque intégralement sur les sentiments liant le spectateurs à ses héros ; ce n’est pas en les délivrant au compte-goutte qu’ils peuvent réellement s’installer jusqu’à meubler notre quotidien. On se souviendra cependant que c’était également le principal inconvénient des premières saisons… d’Entourage, et que cela s’était réglé au fil des années, au point qu’on ait eu le sentiment, le final venu, de laisser partir de vieux potes.


How to Make It in America (saisons 1 & 2), créée par Ian Edelman (2010-11)