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mercredi 1 mai 2019

Breath of the Wild - La Carte et les Territoires

Quand j'étais enfant, je possédais un genre de dépliant représentant la carte de l'overworld de la première quête de The Legend of Zelda. Je ne me rappelle plus comment j'étais entré en sa possession, et je ne sais pas vraiment quelle était son utilité première. Ce dont je me rappelle bien, c'est que ce qui aurait aussi pu faire office de poster n'était pas accroché à un mur : c'était au contraire un torchon sur lequel étaient annotées tout un tas d'infos plus ou moins utiles concernant les grottes secrètes, les donjons, les trésors, les raccourcis... et même les informations relatives à la seconde quête, bien plus difficile à cartographier, notamment le fameux "haut, gauche, bas, gauche", resté si longtemps gravé dans ma mémoire que durant des années (des décennies !) je l'ai eu en tête sans savoir à quel jeu ni à quelles circonstances renvoyait la manip (il s'agit du chemin permettant de sortir des Bois perdus). Loin de m'avoir gâché le plaisir, détenir cette carte n'avait fait que stimuler mon imagination et me donner envie de découvrir dans le détail chacune de ses zones, y compris et peut-être surtout celles qui n'avaient rien de particulier à révéler. J'en étais venu à connaître ce territoire absolument par cœur, à savoir quel arbre brûler et quel mur bomber, au point que bien des années plus tard, lorsque je repris le jeu, j'eus le sentiment de simplement rentrer à la maison et le terminai en quelques heures.

dimanche 23 décembre 2018

[GOLBEUR HORS-SÉRIE] Le Plus ou Moins Mieux de 2018


2018 touche à sa fin et le seul endroit où je l'ai réellement sentie passer, c'est devenant ma télé. Au moment de l'annuel coup d’œil dans le rétro, il me semble que ce fut une bien petite année télé, principalement marqué par des series finale, des morts de personnages et des nouveautés décevantes, où l'on s'est beaucoup raccroché aux valeurs sûres, comme cette sélection en témoigne (en particulier le podium, où le titre le plus récent en est à sa saison 4). Pas franchement le matériel idéal pour un parfait article d'avant Noël, mais pas une excuse non plus pour manquer aux traditions : avant de confirmer ce sentiment au cours d'une Cérémonie des Drawas qui ne saura être que meurtrière, voyons un peu le verre à moitié plein en revenant sur les vingt épisodes (ou scènes) de séries les plus marquant(e)s de l'année golbienne. Et très belles fêtes à toutes et tous, puisque ceci sera le dernier article du Golb avant 2019.

dimanche 19 août 2018

Rama - Le Meilleur est vraiment à l'intérieur


J'ai longtemps vécu dans l'ignorance d'Arthur C. Clarke. À la différence de nombreux classiques de la science-fiction ayant bercé ma jeunesse (parfois indirectement, par l’entremise de leurs héritiers ou de versions abrégées de leurs œuvres), je n'ai découvert l'auteur de 2001 qu'une fois adulte et même à un âge relativement avancé. Inconsciemment, le fait que je l'ai connu vivant et productif, que j'aie vu durant des années ses nouveaux livres au milieu de parutions contemporaines, modernes, a sans doute joué dans mon désintérêt poli pour ceux-ci. Par connu, j'entends : consciemment ; j'ai évidemment connu – et même lu – un Asimov, décédé en 1992, de son vivant ; mais je ne savais pas qu'il l'était. Je voyais en revanche chaque année fleurir un nouvel Arthur C. Clarke à la librairie du coin, éternellement flanqué du bandeau "Par l'Auteur de 2001, l'Odyssée de l'Espace", ce qui me donnait l'impression (réelle) que ce monsieur écrivait vraiment beaucoup beaucoup de livres et l'a priori (pas totalement erroné) que ceux-ci étaient tous soit des suites soit des succédanés du roman qui avait fait de lui une star. Même ado, le label Vu à la télé/au ciné fonctionnait chez moi à rebrousse-poil. Par la suite, j'ai bien entendu fini apprendre que Clarke était un grand écrivain méritant tout mon respect, mais il était trop tard : ce qu'il écrivait ne m'intéressait pas ou plus vraiment, d'autant que s'il est toujours agréable de se replonger dans la SF dite de l'Âge d'Or avec le recul, il est beaucoup plus difficile de découvrir avec un regard déjà (désab)usé ces auteurs (Bradbury, Simak...) au regard si enthousiaste, optimiste, cette science-fiction lumineuse que plus grand monde n'écrit ainsi de nos jours.

mercredi 13 juin 2018

Voilà, ça, c'est Wonder Woman.


Peu de superhéros ont autant fluctué que Wonder Woman. Toujours essentielle, jamais la même, trop souvent en arrière-plan... la guerrière amazone créée par William Moulton Marston a connu presque autant de périodes que d'auteur(e)s, du culte et du catastrophique – beaucoup de choses simplement oubliables, également. Des histoires marquantes, oui, bien sûr1, mais aucune qui soit véritablement quintessencielle, aucune dont on puisse dire : Voilà, ça, c'est Wonder Woman. Lorsque Brian Azzarello et Cliff Chiang reprennent le personnage en 2011, Diana Prince s'apprête à fêter ses soixante-dix ans engoncée dans un curieux paradoxe : elle est quasiment le seul personnage de comics à être suffisamment connu pour que son nom soit entré dans le langage courant, et dans le même temps, personne ne connaît vraiment la teneur de ses aventures, y compris certains vrais amateurs du genre.

lundi 29 janvier 2018

(maxi) CDG 2017 !


Il y a deux manières de voir l'année musicale 2017 sur Le Golb. Le verre à moitié plein : j'ai tout de même publié quinze articles dans cette section, soit seulement six de moins qu'en 2016, score plutôt honorable sachant que la fin de l'année précédente avait été marquée par la mort de mon ancien ordinateur et la disparation de la totalité de ma bibliothèque musicale.

lundi 18 décembre 2017

[GOLBEUR HORS-SÉRIE] 20 épisodes pour en finir avec 2017


Cette année, j'ai été très sage et très organisé. J'ai bien pris tout plein de notes sur mon petit carnet digital, alors autant vous dire que cette sélection traditionnelle, elle en a dans le bidon. Même que pour la peine, vous avez droit à VINGT épisodes au lieu de dix.

Bon. Ok : en vrai j'ai surtout été sérieux jusqu'en avril, mais c'est déjà beaucoup mieux qu'en 2016 et 2015. J'ai tenu un vrai classement, toute l'année, avec le plus grand sérieux, la preuve : j'ai tout changé à la dernière minute, modifiant l'ordre cinq fois et ajoutant deux épisodes qui n'étaient même pas dans mes Faces B au départ (rappelons que c'est le principe-même du classement évolutif). Au final et à dix titres près, le résultat est rigoureusement le même que d'habitude : une sélection totalement subjective, organisée un peu n'importe comment au-dessous des cinq premières places, d'épisodes au moins autant que de scènes ou de simples "moments". Il faut bien dire aussi que, si l'idée de cette sous-rubrique était au départ de résister aux effets de modes niant la nature-même des séries en relativisant leur structure épisodique, dont on ne laisse de s'étonner qu'elle soit si peu évoquée dans 90 % des 200 000 articles paraissant chaque année sur des séries télé... cette sous-rubrique elle-même finit par être victime de ses intentions, puisqu'elle ignore de fait des productions de très bonne qualité n'ayant pas proposé un épisode se dégageant particulièrement du lot en 2017. A l'inverse, certains se sont vu officiellement punis, par exemple le petit David L., qui a vraiment passé beaucoup trop de temps à répéter que sa série n'était pas une série mais un film. C'est évidemment, objectivement, faux, et c'est totalement insultant pour tous les auteurs de toutes les séries de toutes les télévisions de la planète, mais on n'allait tout de même pas brusquer un vieillard en lui donnant tort, tout le monde sait qu'il arrive un niveau de gâtification où toute contestation est inutile. Bref, comme vous le voyez, même si c'est pour dire du bien, impossible de ne pas glisser une méchanceté ici ou là : on sent quand même qu'on est en période de Drawas (et à ce propos, il ne vous reste déjà plus que 12,5 petits jours pour voter).

jeudi 14 décembre 2017

Donkey Kong Country Returns 3D - Splendeur et misères des singes savants

L'émerveillement. La fascination. L'angoisse. La tension. L'apaisement. Parfois la surprise, la peur ou la crainte. Souvent la joie. De temps à autres, la frustration.

Il est rare que j'évoque un jeu vidéo en employant des champs lexicaux d'ordre émotionnels. Il est rare que j'éprouve beaucoup d'émotions tout court, lorsque je lance un jeu. Ce n'est d'ailleurs pas ce que j'en attends. Un jeu est un jeu - je l'ai assez écrit dans cette rubrique pour avoir le droit, une fois tous les deux ans, d'affirmer le contraire. Donkey Kong Country Returns 3D n'est pas un jeu. Il l'est aussi, bien sûr. Mais c'est quelque chose que l'on peut vite oublier.

mardi 14 novembre 2017

Tim Buckley - Fantasmagorie à huit

Incroyable mais vrai : en 2017 et alors qu’on croyait que le téléchargement et le streaming avaient définitivement mis un terme à ce genre de pratique, on peut encore publier des coffrets intitulés The Complexe Album Box dans lesquels il manque non pas un, mais carrément DEUX albums. L’effet de consternation passé, on ne sait pas exactement si c’est avant tout révoltant, malhonnête ou tout simplement stupide. Probablement un peu des trois, et encore fallait-il que cela tombe sur ce pauvre Tim Buckley, artiste largement méconnu voire mésestimé, qui n’aura semble-t-il jamais la chance posthume d’être réédité correctement.

vendredi 27 octobre 2017

Dragon Quest VIII - Remake, Remodel


Si Nintendo elle-même ne semble plus trop savoir quoi faire de sa console portable depuis le bide de la New 3DS et la parution de la Switch, il est un éditeur qui n’aura eu de cesse de la pousser dans ses retranchements : SquareEnix, qui entre deux jeux originaux de premier ordre n’en finit plus de porter ou adapter ses innombrables catalogues. Final Fantasy III. Et IV. Et VI. Chrono Trigger. Dragon Quest IV. Et V. Et VI. Cette année, la franchise phare de chez feu Enix (les deux boites autrefois rivales ont fusionné au début des années 2000) aura carrément eu droit à deux remakes 3DS pour le prix d'un ses épisodes VII et VIII. Si le premier (auquel on n’a pas joué) était d’autant plus attendu que l’original, très controversé en raison de sa lenteur et de son timide passage en 3D, avait laissé des souvenirs mitigés, le second faisait carrément office d’évènement interplanétaire chez les amateurs de J-RPG. Et pour cause : paru sur PS2 en 2005, Dragon Quest VIII est à sa série ce que Final Fantasy VII est à la sienne. L’épisode le plus connu, le plus populaire, le plus vendu, le plus mythique… ainsi que le premier à avoir été traduit en français1. On ne parle même plus là de qualité, mais de symbole. Une différence notable toutefois : issu d’une série réputée pour son conservatisme, Dragon Quest VIII ne marquait pas une rupture avec ses prédécesseurs, quand FFVII était une réinvention totale tant du système de jeu que de l’univers de la franchise (qui abandonnait l’heroïc fantasy pour la SF et le cyberpunk). Bien calé dans son tempo médiéval-fantastique, ce huitième opus se contentait pour sa part d'offrir une synthèse presque parfaite de tout ce qui faisait l’intérêt de cette saga méconnue (et très inégale). Peu importe : de même que tous les portages de FFVII se firent défoncer en leur temps, DQVIII version 3DS s’est attiré les foudres des fans avant même que quiconque y ait joué. A raison ?

vendredi 28 juillet 2017

Le 10 Years After des 10 Years After – N°2

Staring at the X – Forest Fire (2011)

Mission suicide. Je suis mort mille fois en écoutant cet album. Je suis mort tellement, tellement de fois qu'avant même de savoir ce que j'allais écrire dans cette note, je savais quelle en serait la première phrase. Si ma décennie 2006-16 a été marquée par la découverte de ce qu'un LP pouvait être exceptionnel sans pour autant donner envie de se jeter par la fenêtre, le second opus de Forest Fire fait partie de ces œuvres crapoteuses mais sublimes venues régulièrement me rappeler aux vraies de la vraie golbitude : défenestration, donc, mais aussi bien sûr pendaison, overdose, sans oublier le trop mésestimé tailladage de veines dans la baignoire (ou ailleurs, ne soyons pas snobs). J'exagère : on ne meurt pas pour de vrai à l'écoute de Staring at the X, c'est tout mon drame. On ne fait que se rouler dans sa fange morne en sanglotant. Il y a plein de manières de lire cet album urbain d'un groupe dont même le nom sonne champêtre – il n'y en a qu'une seule de le recevoir. Paradoxe qui n'en est pas vraiment un, il n'est que très peu sorti de mes étagères ces cinq dernières années tant je reste, après des milliers de morts d'écoutes, tétanisé face à son génie pour rendre la dépression encore plus grise qu'elle ne l'est, la rupture encore plus déchirante, le vide encore plus sidéral (ce "Blank Appeal", Seigneur...). Bloc de douleur sourde (à l'intérieur) et noisy (en extérieur), Staring at the X nécessite une vraie préparation psychologique avant de le (re)lancer, peu importe que certains de ses titres ("Future Shadows", "The News") soient relativement guillerets, voire occasionnellement dansants ("They Pray Execution Style" – enfin, encore faut-il voir le genre de danse, brumeuse et déstructurée). Plus bel album de la décennie dans la catégorie "j'ai quelque chose en travers de la gorge", il enchaîne les grandes chansons désolées dans quasiment tous les styles possibles (folk, electro, noise-rock, blues pop), écorche les oreilles et le cœur, vous fait avaler deux couteaux à la minute, pour laisser généralement K.O. lorsque retentit son ultime morceau (et arrivés là vous remerciez le groupe d'avoir tenu à faire court – 34 petites minutes pour huit immenses titres). Un album tellement traumatisant que la quasi totalité des artistes l'ayant influencé sont morts depuis.



Aussi conseillé sur cette période 2006-16 (dans un tout autre registre) : Screens (2013)
Face B : on ne va quand même pas mettre des faces B aux deux premiers !


mardi 18 juillet 2017

Le 10 Years After des 10 Years After – N°3

Le Goût du bonbon – Tue-Loup (2009)

Soyez cool, prenez un air surpris. J'aime vraiment beaucoup Tue-Loup. Ce n'est pas le scoop de l'année, j'en conviens, mais chaque fois que l'occasion se présente d'écrire à ce sujet, je trouve toujours matière à m'étonner de ma passion immodérée pour le groupe sarthois. Par exemple, cette fois-ci, je réalise que je me plains souvent (gentiment) de ce qu'il ne publie pas assez d'albums, soit trop discret, ceci cela. Or, je réalise aujourd'hui que durant cette Golbodécade, à laquelle Tue-Loup aura contribué plus qu'aucun autre groupe ou artiste français, nous aurons tout de même été gratifiés de quatre albums et demi (Rachel au Rocher étant paru fin 2005), sans compter les projets parallèles divers et parfois variés. Ce qui fait beaucoup plus que plein d'artistes de cette sélection. C'est assez révélateur d'à quel point j'attends chaque sortie du groupe avec fébrilité : je n'ai jamais assez de Tue-Loup ; publieraient-ils un disque par an que je trouverais sans doute encore le moyen de me plaindre. N'allez pas en déduire pour autant qu'il s'agisse d'ouvrages dont on a vite fait le tour (encore moins Le Goût du bonbon) : c'est surtout que je les écoute plus et les use beaucoup plus vite (d'ailleurs mon deuxième exemplaire du Goût du bonbon est tellement rayé qu'il en est inutilisable). Réalisé en compagnie de Rom Liteau et Thomas Belhom, l'album en lui-même a déjà été abonnement commenté dans ces pages, plus qu'aucun autre du groupe. Il n'est sans doute pas besoin d'en rajouter beaucoup à son sujet : il s'agit tout simplement du meilleur album francophone des dix dernières années, tous genres et sensibilités confondues. Réussir après autant de temps à encore coller des baffes esthétiques à leurs propres fans, ils sont peu à pouvoir s'en vanter. En fait, à part Tue-Loup, je ne vois personne – phrase qui pourrait s'appliquer à de nombreux aspects de ma vie quotidienne, comme je l'ai déjà raconté.



Aussi conseillés sur cette période 2006-16 : Le Lac de Fish (2007), 9 (2013), Ramo (2016)... oh mince, je les ai tous cités ! 
Face B : La Gueule du Cougouar, premier opus solo de Xavier Plumas paru quelques mois plus tôt.


mercredi 5 juillet 2017

Le 10 Years After des 10 Years After – N°4

Exploding Head – A Place To Bury Strangers (2009)

En fait, tout est déjà dans le titre. Longtemps, j'ai cru que "claquer comme un coup de trique" était une expression toute faite. Sans doute faute de l'avoir vue correctement illustrée, et peut-être aussi de ne jamais avoir reçu moi-même de coup de trique en pleine gueule. L'un et l'autre ont été réglé un soir de l'été 2009, lorsqu'À Place To Bury Strangers a foulé la scène principale de la Route du Rock. Soudain cette expression (et bien d'autres, toutes aussi éculées, du champ lexical lourdingue de la critique rock) a pris tout son sens. Soudain, j'ai vu la rage et j'ai vu les ténèbres. Soudain, j'ai trouvé un album dont je pouvais intituler la chronique "De bruit et de fureur" sans avoir l'impression d'être un mauvais attaché de presse – j'ai finalement opté pour un autre titre, je ne me rappelle plus lequel. Soudain, beaucoup de choses encore ont fait sens et cette décennie si avare en groupes majeurs dans la catégorie rock dur mais mélodique m'a semblé beaucoup moins ennuyeuse. L'avouerai-je ? J'ai beaucoup erré durant les années suivantes à la recherche d'un shoot similaire à ce qu'excitaient en moi les "Deadbeat", "Ego Death" et autres "It Is Nothing" (sûrement l'une des meilleures ouvertures d'album de la Golbodécade), sans jamais réellement dénicher ailleurs ce compromis parfait, et pas si évident, entre l'agression noise, la brume shoegaze et l'élégance new-wave. Alors soit, j'aurais peut-être pu/dû choisir un autre album  ; son successeur est possiblement encore meilleur (on y trouve d'ailleurs mon titre préféré du groupe, "And I'm up"), et le dernier n'est pas dégueulasse non plus, avec son "I Will Die" venu expliquer ce qu'un morceau "vertigineux" (APTBS est décidément un combo très pédago). J'ai préféré me focaliser sur l'album de la rencontre, pour le moins tonitruante, avec ce qui est sans doute devenu cette nuit-là, assis dans l'herbe et harassé par une longue journée, mon groupe de rock contemporain préféré. On m'en excusera donc, de même que l'on me pardonnera le radotage d'anecdotes déjà cent fois évoquées sur ce blog.



Aussi conseillé sur cette période 2006-16 : Worship (2012) 
Face B : You Wouldn't Anyway, de Loomer (2014)


mardi 4 juillet 2017

Le 10 Years After des 10 Years After – N°5

The Red Room – Venus (2006)

Post-blues. Le plus fou, ce n'est pas que The Red Room soit un chef-d’œuvre. Venus avait toujours été un très bon groupe, et Mark Huyghens avait souvent caressé de très près la perfection (notamment sur le précédent Vertigone, sommet de pop cristalline presque complètement éclipsé par un hit en trompe-l’œil). Ce n'est pas non plus que The Red Room se soit finalement avéré être l'ultime album des Belges, tant le fonctionnement interne de ce qui ressemblait plus à collectif qu'à un bon vieux combo semblait compliqué et peu maniable (ce que nous confirma plus son tard son ex-frontman en interview). Non, le plus fou, c'est que cet album soit à ce point passé inaperçu au moment de sa sortie. Qu'un disque d'une telle valeur, produit par Head (PJ Harvey, Marianne Faithfull, Giant Sands) et signé par un groupe sortant d'un énorme tube ("Beautiful Day", donc) ait eu si peu de presse, si peu de retentissement et, finalement, si peu de postérité. C'est une véritable anomalie car The Red Room n'est pas seulement le meilleur album de ses (son ?) auteur(s), ni même l'un des meilleurs de l'année 2006. C'est assurément l'un des meilleurs des années 2000 – tout court. Un ouvrage dur et revêche, entre art-rock et blues sauvage, produit et arrangé de main de maître et emmené par une voix qui n'a jamais sonné aussi juste, puissante et vraie. Un album dont pas un titre... pas une seconde n'est à jeter ni ne lasse, en dépit de centaines... peut-être de milliers d'écoute. Un album, surtout, qui se paie le luxe, souvent revendiqué mais tellement rare de nos jours, de ne ressembler à personne - en tout cas personne de contemporain, car il n'est pas interdit de penser qu'il aura pu inspirer des gens Mark Lanegan ou Duke Garwood pour leurs productions les plus récentes, qui ne manquent pas d’accointances avec ce post-blues-rock ténébreux, tendu, sophistiqué... résolument moderne. Ceux qui n'ont pas parlé de ce disque méritent tout simplement la potence (ouf ! Sur Le Golb, on l'avait mis dans le classement de fin d'année... même si on ne lui avait pas accordé d'article jusqu'à ce jour1). Et vous savez le pire ? S'il était sorti un an après, au moment de l'âge d'or des blogs et de l'explosion des réseaux sociaux, il aurait sans doute eu dix fois plus de succès. Vraiment pas de bol, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire.



Aussi conseillé sur cette période 2006-16 : il n'y en a pas eu
Face B : JOY, de JOY (2010), premier album du désormais plus si nouveau projet de Mark A. Huygens, et suite presque logique à The Red Room.



1. En fait, il avait eu droit à une mini-chronique dans une sélection trimestrielle qui a été perdue dans un déménagement du Golb  - lequel n'existait que depuis une poignée de semaines à sa sortie.

mercredi 10 mai 2017

Le 10 Years After des 10 Years After #10

Entre nous, qu'y a-t-il de plus horripilant que les classements des 100 meilleurs quoi que ce soit de n'importe quel registre sur n'importe quelle période ? Probablement rien. Il est donc tout à fait logique qu'à l'occasion des dix ans du Golb (je sais qu'on a passé les onze. Chuuut.), celui-ci vous propose les 105 meilleurs albums des 105 meilleurs artistes sur la période 2006-2016. Parce que Le Golb, on l'oublie souvent à force qu'il soit génial, c'est aussi l'un des sites les plus horripilants et contradictoires du Web culturel. Pour le récap intégral et évolutif, c'est sur cette page.

lundi 10 avril 2017

Le 10 Years After des 10 Years After #9

Entre nous, qu'y a-t-il de plus horripilant que les classements des 100 meilleurs quoi que ce soit de n'importe quel registre sur n'importe quelle période ? Probablement rien. Il est donc tout à fait logique qu'à l'occasion des dix ans du Golb, celui-ci vous propose les 105 meilleurs albums des 105 meilleurs artistes sur la période 2006-2016. Parce que Le Golb, on l'oublie souvent à force qu'il soit génial, c'est aussi l'un des sites les plus horripilants et contradictoires du Web culturel. Pour le récap intégral et évolutif, c'est sur cette page.

dimanche 5 février 2017

Le 10 Years After des 10 Years After #8

Entre nous, qu'y a-t-il de plus horripilant que les classements des 100 meilleurs quoi que ce soit de n'importe quel registre sur n'importe quelle période ? Probablement rien. Il est donc tout à fait logique qu'à l'occasion des dix ans du Golb, celui-ci vous propose les 105 meilleurs albums des 105 meilleurs artistes sur la période 2006-2016. Parce que Le Golb, on l'oublie souvent à force qu'il soit génial, c'est aussi l'un des sites les plus horripilants et contradictoires du Web culturel. Pour le récap intégral et évolutif, c'est sur cette page.

mardi 24 janvier 2017

Le Pas-CDG 2016

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Disons les choses telles qu'elles sont : l'évènement musical de l'année sur Le Golb, le vrai, aura été la mort de mon ordinateur, emportant avec lui la totalité de ma copieuse bibliothèque. Bon, d'accord, ce fut aussi un peu beaucoup la mort de Dieu. Mais ce décès a bien moins de conséquences sur un CDG que Blackstar aurait de toute façon remporté haut la main. Tandis que celui de mon ordinateur m'empêche aujourd'hui de vous proposer un CDG en bonne et due forme, puisque je n'ai pu écouter de nombreux albums qui me furent envoyés cet été ou que j'avais acquis tout à fait légalement sur iTunes et n'avais guère les moyens de racheter.

Aussi, à titre exceptionnel, je vous propose cette année une sélection plutôt qu'un classement. J'aurais pu en faire un, mais celui-ci n'aurait eu aucun sens à mes yeux. Et puis c'est bien de changer aussi parfois, non ?

Le tout est rangé sous différentes catégories et permettra, je l'espère, d'attirer l'attention sur certains albums qui valaient franchement, vraiment, beaucoup, absolument le coup en 2016. Ou bien qui n'intéressent que moi - la possibilité n'est pas non plus à écarter.

mardi 13 décembre 2016

[GOLBEUR HORS-SÉRIE #3] Dix derniers verres avant la Guerre des Drawas

...
Contrairement à l’an passé, 2016 ne fut pas une grande année à épisodes.

En fait, 2016 fut même une année télé assez quelconque. Quasiment aucune nouveauté méritant d'être portée aux nues (je vous en prie, ne me répondez pas Westworld, nous sommes sur un site sérieux), des fins de règnes un peu moches ou en tout cas pas complètement à la hauteur, des néo-hits de 2015 qui semblent déjà à bout de souffle... pas sûr qu'il restera grand-chose de tout ce joli monde en décembre 2017, si ce n'est ce sentiment un peu diffus d'avoir regardé beaucoup de bonnes séries sans vraiment en avoir croisé d'excellentes, d'avoir bouffé plus de remakebootvals qu'il n'y en eut réellement, et d'avoir le reste du temps toujours un peu maté la même chose – des séries de Networks plutôt cools dont on voudrait amputer la moitié des épisodes, des séries du câble obèses de pognon et bouffies d'arrogances, des dramédies chiantes comme la pluie pêche et des trucs de superhéros globalement médiocres qu'on regarde quand même parce que... bah, ce sont des trucs de superhéros.

jeudi 10 novembre 2016

Super Mario Bros. 2 - L'Invitation au voyage

...
Célébré, relativisé, dénigré, puis banni. Tel est l'étrange destin d'un jeu dont la notoriété est aujourd'hui inversement proportionnelle à son succès d'alors, et dont l'apport considérable a été pudiquement jeté sous le tapis par ses auteurs eux-mêmes.

vendredi 4 novembre 2016

Le 10 Years After des 10 Years After #7

Entre nous, qu'y a-t-il de plus horripilant que les classements des 100 meilleurs quoi que ce soit de n'importe quel registre sur n'importe quelle période ? Probablement rien. Il est donc tout à fait logique qu'à l'occasion des dix ans du Golb, celui-ci vous propose les 105 meilleurs albums des 105 meilleurs artistes durant ce laps de temps. Parce que Le Golb, on l'oublie souvent à force qu'il soit génial, c'est aussi l'un des sites les plus horripilants et contradictoires du Web culturel. Pour le récap intégral et évolutif, c'est sur cette page.