dimanche 29 novembre 2009

Kali - Galop d'essai

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La webserie est un phénomène en plein boom depuis quelques temps (hasard du calendrier golbien Libé en causait justement cette semaine) et Canal +, qui a comme chacun sait le nez creux et se rêve plus que jamais en HBO français (y'a encore du boulot, dirons les mauvaises langues), ne pouvait passer à côté d'un filon aussi prometteur. Ainsi est-ce sur le Net que se conclut sa Nouvelle Trilogie (*), sans que l'on sache vraiment s'il s'agit d'un coup de poker visionnaire ou de la pire idée du monde.

C'est que le format, décomposant le programme en douze épisodes de six petites minutes, n'est pas forcément facile à appréhender. On a beau le savoir, s'y préparer... mon Dieu que cela semble court lorsque l'on tente, plein de bonne volonté, de suivre Kali à un rythme feuilletonnesque. Certes, il y a deux épisodes par semaine. Mais quand même... comment ne pas s'interroger dès lors que l'on se retrouve face à une série que l'on peinera à suivre de manière épisodique ? Il y a là un paradoxe embarrassant dont Kali peine à se défaire, a fortiori parce qu'elle évolue dans un univers entre thriller, action et SF censé provoquer une addiction qui ne se fera jamais complètement sentir. Si la websérie peut donner de grandes réussites en matière de comédie (impossible de ne pas citer l'exceptionnel Dr Horrible Sing Along Blog), cette expérience peine à en revanche ici à être vraiment satisfaisante appliquée à des ressorts plus dramatiques.

Les premiers épisodes, pourtant, ne manquent pas de charme : une jeune femme se réveille dans l'Eurostar, ignore totalement ce qu'elle fait là et se retrouve, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, poursuivie par un mystérieux commando. Quelque part entre Le Fugitif et Nikita, avec une pincée de science-fiction par-dessus, Kali défend une proposition plutôt intéressante que l'on regretterait presque par instants de ne pas voir développée dans un format plus propice aux... développements. Ici condamnés à verser dans le raccourci, le surlignement et les monologues intérieurs envahissants, les scénaristes parviennent difficilement à provoquer l'enthousiasme. On le regrette : le projet avait, sur le papier, tout pour séduire.

Les épisodes sont ICI.


Kali, créée par Richard Johnson (Canal +, 2009)



(*) Entamée avec la sympathique Fille au fond du verre de saké et poursuivie avec la très moyenne Sweet Dreams.
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10 commentaires:

  1. Ah je ne savais pas que tu regardais ici (tu l'avais pas mis dans ton work in progress). Donc ouais, je suis assez d'accord mais ceci dit ce n'est "que" la faute au format. Le scénario a beaucoup de lacunes, n'apportant pas grand chose de neuf à des thèmes mille fois rebattus (ne serait-ce que dans Dollhouse en ce moment même)

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  2. Oui, je ne l'ai pas mis dans le WIP parce que j'ai lutté pour aller au bout... j'aurais mieux fait de regarder tout d'un bloc, ça doit vraiment pas être pareil (je maintiens).

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  3. se lancer dans un thriller avec un format aussi réduit, c'est plus qu'une gageure... c'est une mission suicide.
    Au moins on pourra toujours affirmer qu'ils tentent qqch... mouais...

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  4. un peu comme toi, même si je serais un poil moins sévère,
    mais c'est vrai que le scénario, certaisn dialogues, et plus encore le jeu de certains hackers sont... "perfectibles" ;-)

    sur ce, j'avais laissé la série à l'épisode 101, maintenant que c'est terminé je vais pouvoir m'enfiler le reste d'un coup.

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  5. D'accord de bout en bout.
    Il y avait un vrai potentiel, mais...
    Bon dimanche.

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  6. Doc >>> en effet. Avant même le pilote j'avoue que j'avais quelques appréhensions qui ont rapidement été confirmées...

    Arbobo >>> je n'ai pas vraiment le sentiment d'être sévère. La preuve, c'est toi qui livre le plus de critiques finalement ^^

    Bloom >>> bon dimanche à toi

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  7. Peut-être faudrait-il que j'y jette un oeil, tout de même... Un si joli titre... :p

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  8. Bah écoute, c'est gratuit, donc tu aurais tort de te priver... traîne pas trop quand même, ça m'étonnerait bien que les épisodes restent en ligne indéfiniment...

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  9. Rien à voir avec un chanteur déménageur originaire de Perpignan et supporter d'une madone poitevine, rassure-moi ?

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