jeudi 26 novembre 2009

A Place To Bury Strangers - Dark Side of the Noise

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Flashback : c'est le mois d'août, il fait froid, ma femme et moi sommes assis dans l'herbe à tenter de se réchauffer mutuellement. On a fait de la route le matin, on a pas mal couru dans la journée, il est plus de minuit et on est sacrément crevé. Mais pas assez pour échapper au spectacle sur la scène du Fort Saint-Père, celui de ce groupe qu'on connaît à peine et qui nous transporte, entre nuit noire et apocalypse. C'est violent. C'est éthéré. C'est habité. Le lendemain on écrira : "C’est sans grand mal qu’A Place To Bury Strangers, que peu attendaient vraiment, remporte la palme du meilleur groupe du soir (voire même selon certains du festival tout entier) [...] livrant un show ténébreux et fascinant dont le public – qui pour une bonne part ignorait leur existence cinq minutes plus tôt – ressortira galvanisé. Enfin une prestation de haute tenue, presqu'unanimement acclamée qui plus est."

Novembre 2009 : il fait encore plus froid, et en plus la nuit tombe désormais à cinq heures du soir, cinq heures et demi les jours où le ciel est dégagé. Impressionnant dans d'autres conditions, A Place To Bury Strangers publie un album parfaitement adapté à la saison, suffocant de noirceur, parcouru de spasmes électriques, tantôt urgent tantôt lancinant... largement à la hauteur de nos attentes. Ce n'est pas vraiment du shoegaze. Ce n'est plus réellement du post-punk. Les influences majeures de son premier album (Cure, les Jesus, My Bloody Valentine...) sont sinon oubliées, du moins parfaitement conjuguées. Au présent (de généralité ?) d'un rock sombre et puissant, ni rétro et moderne, juste intemporel. Comme la nuit qu'il déchire de ses guitares affutées (il faut l'écouter à ce moment là, bien sûr... de toute façon l'écouter au réveil ne viendrait à l'esprit de personne...). De toute façon les maisons hantés n'ont plus d'âge, et celle d'Oliver Ackermann ne fait pas exception à la règle. Ni le rock'n'roll, du reste. Et c'est bien ce qui est si séduisant sur Exploding Head : en dépit de sa torpeur, en dépit de sa noirceur... A Place To Bury Strangers reste un groupe de rock'n'roll. Avec ce qu'il faut de morgue, de fébrilité, aussi. De sauvagerie. Sacré bon disque, vraiment.


Découvrez la playlist APTBS avec A Place to Bury Strangers

Exploding Head, d'A Place To Bury Strangers (2009)


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10 commentaires:

  1. Oui même si j'aurais légèrement tendance à lui préférer le premier opus qui était moins étouffant.

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  2. Mon album de l'année !

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  3. Oui, bien : un disque que j'écoute en boucle aussi depuis sa sortie. Contrairement à Benjamin F, je préfère ce "Exploding Head" au 1er album du groupe. Je trouvais celui-ci justement plus "étouffant" (un titre m'insupportait au plus au point : "A Falling Sun", de la cold-wave caricaturale...)

    D'accord avec ta chronique : pas vraiment du shoegaze ni du post-punk, moi c'est l'expression "noisy cold-wave" qui m'est venue à l'esprit pour décrire sommairement "Exploding Head". Je ne l'écoute pas immédiatement au réveil mais plutôt sur le trajet pour aller au boulot : ça donne la pêche, effet garanti ! (surtout les trois derniers excellents morceaux du disque)

    Je vais bientôt mettre en ligne sur mon blog une putain de version de "Everything Always Goes Wrong", (parue sur un EP précédent du groupe) parfaite pour illustrer la fin de ton billet : "A Place To Bury Strangers reste un groupe de rock'n'roll. Avec ce qu'il faut de morgue, de fébrilité, aussi. De sauvagerie." Bien résumé !

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  4. Effectivement je suis d'accord avec J-P... j'aime bien le premier (je me suis évidemment jeté dessus après la Route du rock), mais je le trouve un peu trop monolithique, presque bourrin, en fait.

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  5. Alors c'est cela, de la "noise" ?
    Mais ce n'est même pas si bruyant que ça...

    BBB.

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  6. très cold wave en effet, au point que the cure affleure très souvent,
    mais c'est si bon qu'on leur pardonne, c'est un des très bons disques de l'année :-)

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  7. C'est marrant ce n'est pas le côté Cure qui me frappe le plus (moins que chez The Horrors, par exemple, où c'est carrmément latent)...

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  8. Tiens pour une fois, je va te faire confiance -:)
    Je me suis mis le lien deezer dans mes albums en attente.
    Te dirai.

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  9. Je savais pas que tu aimais la noise...

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