mercredi 31 octobre 2007

Donna Tartt - Désagrégés de lettres

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Le canevas de base n’a en soi rien d’exceptionnel, terreau d’une centaine de teen-movies et de presque autant de romans néo-réalistes niaiseux : un jeune prolo avide de savoir réalise son rêve en accédant à la prestigieuse université de Hampden, dans le Vermont. Il va bien sûr y découvrir une réalité cruelle qu’il ne soupçonnait pas, du sexe, des drugs, du rock’n’roll, et surtout plein de fric. Rien de très surprenant jusqu’à l’introduction de pratiques à tendances sataniques qui commencent à sérieusement l’inquiéter. Et lorsqu’il comprend ce qui se trame sur le campus, il a déjà mis le doigt dans un engrenage impossible à stopper.

mardi 30 octobre 2007

Motörhead - Et fuck les lieux communs


Ecrire sur Motörhead n’est pas chose facile. Cela impose beaucoup de règles, de contraintes, de figures imposées. On sait qu’on va devoir utiliser les mots metal, violence, vitesse (éventuellement aussi fuck si on veut faire le mec initié). Qu’on va devoir citer le traditionnel slogan de début de concert : We’re Mötörhead and we’re gonna kick your ass!. Qu’il va falloir revenir sur la voix de Lemmy, qu’on qualifiera (selon le chroniqueur) de rauque, de rugueuse, de sauvage, voire même de rauque’n’roll si on l’est particulièrement en verve dans le genre jeux de mots éculés.

lundi 29 octobre 2007

Patrimony - "Vais-je devenir un zombie ?"

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Jusqu’à Patrimony, Philip Roth avait toujours avancé caché derrières des masques. Celui de l’écrivain provocateur, celui de l’intellectuel. Celui de Portnoy, de Kepesh, de Zuckerman. Jusqu’à Patrimony, même lorsque le narrateur se nommait Philip Roth il s’agissait d’un autre que lui-même. A tel point qu’en 1990, dans l’étrange Deception, il avait fini par quasiment supprimer le concept même de narrateur. Est-ce vraiment un hasard si c’est justement après avoir exploré en long en large et en travers la question épineuse du qui raconte ? que l’auteur s’est décidé à publier son livre le plus personnel (et peut-être le plus humain), qui pourrissait depuis trois ans dans les cartons de sa maison d’édition ?

samedi 27 octobre 2007

Je suis une midinette

[Mes disques à moi (et rien qu'à moi) - Hors-série]

Je suis une midinette. Oui. J’assume.

Enfin presque.

Disons que je m’apprête à le faire.

Oui, je suis une midinette. Jusqu’à présent je vous l’ai toujours caché. J’avais peur que vous ne m’aimiez pas pour ce que je suis. C’est sûr qu’en avançant masqué j’allais pas vous y aider. Toutes mes excuses, donc.

vendredi 26 octobre 2007

Babyshambles - Getting Along!

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Down in Albion est un disque vicieux.

Chaque fois qu’on croit en avoir fini avec lui on se rend compte qu’il n’en est rien. Plus riche qu’il y paraît de prime abord, il s’inscrit finalement plutôt très bien dans les mémoires, sans doute pas dans son intégralité mais largement assez pour être plus que ce tout le monde en a dit à l’époque. Le fait est que beaucoup de ses titres tiennent la distance, ce qui n’était pas forcément évident à la base. Si le quatuor inaugural (« La Bête & La Bête » / « Fuck Forever » / « A Rebours » / « The 32nd December ») reste largement au-dessus de la mêlée, d’autres titres moins évidents ont fini par se révéler (« Back from the Dead », « Loyalty Song »). D’autres encore ont perdu un peu de leur superbe (c’est le cas de « Killamangiro »), usés par le temps ou les diffusions radios. Mais foncièrement, Down in Albion reste au bout de deux cents écoutes le même bloc de contradictions qu’il était le jour de sa sortie. Et alors même que j’ai cru finir par m’en lasser, je suis retombé dedans à chaque nouveau passage depuis deux ans. Sans doute parce qu’on peut être imparfait et tout de même passionnant.

jeudi 25 octobre 2007

Hermann Hesse - Anticlassique

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Hermann Hesse m’a toujours un peu foutu les boules. Si je consens sans problème à lui accoler le titre d’auteur incontournable, et si je le lis chaque fois avec un profond intérêt, je suis en revanche extrêmement stressé lorsque je dois en rendre compte par la suite. J’ai même failli ne tout simplement pas vous parler de Narcisse et Goldmund tant mon esprit semblait réticent à se lancer dans l’analyse d’un texte qui par bien des aspects relève plus de la philosophie que de la littérature.

mercredi 24 octobre 2007

Rire. Chialer. Ou l'inverse, ou les deux en même temps.

[Mes livres à moi (et rien qu'à moi) - N°1]
Le Cosmonaute - Philippe Jaenada (2002)

Le Cosmonaute, je ne sais même plus dans quelles circonstances je l’ai acheté. Ça commence mal. Cela dit je peux quand même vous dire un truc, c’est que c’est le premier au livre auquel j’ai pensé en créant cette nouvelle rubrique – juste après As I Lay Dying de Faulkner. C’est vous dire s’il compte pour moi. Pourtant à l’époque aussi enthousiaste que je fusse, j’étais bien loin de penser qu’il allait me marquer à ce point. Pour tout dire une simple relecture en diagonale m’a suffi pour rédiger cette chronique tant je m’en souviens encore comme si c’était hier. Alors, certes, je veux bien reconnaître que :

lundi 22 octobre 2007

Jacques Higelin - Rock Around the Glitter

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Si le rock’n’roll a rarement percuté la France de manière mémorable, ses sous-courants ne l’ont pour la plupart même pas effleurée. Tel est du moins l’avis le plus communément répandu sur la question, tant pis si les choses sont souvent bien plus compliquées que ça.

dimanche 21 octobre 2007

Hervé Guibert - Pas farouche

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Le triomphe critique et public d’ A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie (ainsi que de ses suites posthumes) a totalement biaisé l’image que l’histoire littéraire aurait gardé de Hervé Guibert s’il n’avait pu échapper au titre assez pathétique d’Ecrivain du sida et au statut piteux de célébrité fauchée par le virus.

Certes, entamer ainsi une chronique sur Guibert est une lapalissade indigne d’un exposé de terminale L. Seulement c’est d’une importance capitale dans le contexte qui nous préoccupe. Non pas parce que je tiens absolument à me la péter en rappelant que Guibert n'est pas mort du sida mais des suites d'une tentative de suicide, même si je ne loupe jamais une occasion de me la péter. Mais car le glissement d’image de cet auteur n’a pas juste été provoqué par les médias, mais par un glissement parallèle au sein de son œuvre : il y a en fait deux Hervé Guibert, celui d’avant A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie et celui d’après – c’est à dire… celui qui est mort. Guibert, s’il a été incroyablement prolifique durant les deux dernières années de sa vie, au point qu’on ignore si un jour Gallimard en aura fini d’exhumer ses inédits, avait déjà publié une œuvre plus que copieuse avant son décès fin 1991, œuvre en passe d’être totalement oubliée, engloutie non par le temps mais par l’œuvre posthume du même auteur – ce qui est pour le moins unique dans l’histoire des arts ou lettres. C’est un peu comme si les deux-cent-quatre-vingt-dix disques posthumes de Jimi Hendrix se trouvaient plus souvent cités en référence qu’Electric Ladyland ou Are You Experienced? – une aberration. Et même, d’une certaine manière, c’est encore pire : les disques posthumes de Hendrix restent relativement proches de ses « vrais » classiques. Là où Le Protocole compassionnel ou Le Mausolée des amants, pour n’en être pas moins des textes sublimes, n’ont finalement qu’un rapport assez lointain avec Des aveugles ou La Mort propagande. Par glissement, ils ont fait de Hervé Guibert un auteur de récits autobiographiques, voire d’autofictions, alors qu’il fut avant tout un formidable écrivain capable aussi bien de réinventer la poésie en prose que de s’attaquer au renouvellement de la forme romanesque.



« On lui vola sa mort, lui qui avait voulu en être le maître, et on lui vola jusqu’à la vérité de sa mort, lui qui avait été le maître de la vérité… »

Cette phrase seule pourrait presque suffire à résumer sinon l’œuvre, du moins mon introduction. Elle s’applique bien entendu merveilleusement à l’auteur, comme si deux ans avant, déjà, il avait deviné ce qui attendait sa mémoire. Elle s’applique encore mieux à Mauve le vierge, recueil curieux qu’on pourra voir à l’envi comme une collection de courts récits ou comme un unique roman réparti en une multitude de parties distinctes.

C’est que le livre présente une cohésion incroyable pour un recueil de nouvelles, chaque narrateur de chaque épisode se révélant rapidement comme une déclinaison de Guibert lui-même – personnage fantomatique de ces textes dont la voix apparaît régulièrement pour exploser en une multitude de petits éclats poétiques. Difficile de ne pas l’imaginer grimé, sautillant autour de ses personnages pour mieux les mettre au défi de s’évader du texte tel un clown aussi facétieux que séduisant. Car pour n’en avoir pas moins un fond assez sombre, ces textes sont avant tout très drôles, fantaisistes, à l’image de Mémée Nibard ou du Papier magique.

L’auteur semble nous mettre au défi de démêler le vrai du faux, la réalité du fantasme, l’expérience de la fiction. Il s’amuse et provoque, écrit des choses horribles sur un mode hilarant, se livre à une belle démonstration de puissance de l’écrivain : Mauvais le vierge tient autant de Jacques le Fataliste que du numéro de funambule, de la provocation outrageante que de la confession intimiste. A cela près que cette confession serait vécue non pas le biais de l’autobiographie, mais par celui de la fiction outrancière. Brillant tour de passe-passe.


👍👍 Mauve le vierge 
Hervé Guibert | Gallimard "L'Imaginaire", 1988

samedi 20 octobre 2007

Philippe Djian - Rouge comme le ciel

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Derrière ce titre superbe se cache non pas le premier livre de Djian (il s’agissait du recueil – assez dispensable – 50 contre 1) mais son premier roman, publié discrètement en 1982 chez BFB. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il ne s’agit franchement pas du meilleur debut de l’histoire littéraire, loin s’en faut. Si l’on ne peut qu’être séduit par des personnages très attachants (Lili un peu, Ned surtout, Frank un chapitre sur deux) et des situations mélancolicocasses à la… Djian (!)... quiconque aura déjà lu soit Brautigan soit Bukowski soit Hemingway soit Fante soit tous ceux-là réunis… ne pourra s’empêcher d’y voir non pas des ombres tutélaires comme dans les autres livres de Philippe Djian, mais plutôt des influences un peu trop écrasantes pour qu’on prenne un réel plaisir à la lecture. On imagine sans peine l’électrochoc qu’un tel roman put provoquer en son temps dans la France littéraire de Modiano ou Japrisot (têtes de gondoles d’alors dont il n’est pas question de dire du mal, juste de souligner que leurs livres sont bien mieux élevés que celui-ci), seulement le temps l’a finalement bien plus usé que d’autres. Le temps et les clones qui sont apparus par la suite, tous ces personnages qui buvaient de la bière entre trentenaires mélancoliques et roulaient en Buick au fin fond de la province. Ces ersatz, les autres livres de Djian les ont rapidement surclassés – surclassant ce premier opus par la même occasion.

vendredi 19 octobre 2007

Green Day - American Rhapsody?

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L’histoire de Green Day illustre parfaitement en quoi les modes sont totalement stupides : sympathique combo punk-pop débarqué à la fin des années 80, le trio d’Oakland a vu sa popularité grandir à vitesse grand V puis carrément exploser au milieu de la décennie suivante, au gré d’un album excellent, Dookie, et d’un autre un poil moins convaincant mais très sympa, Insomniac. Avec ce succès pourtant pas forcément déplacé, la détestation n’a bien sûr pas tardé à suivre. Pourtant Green Day valait mieux que les autres, et nombreux sont ceux à avoir défendu ce point de vue. C’était un groupe de valeur, tombé pile au bon moment au bon endroit.

François Bon - Back Pages

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On ne peut pas avoir des idées originales tous les jours.

Ce commentaire ne s’adresse pas à François Bon, mais à moi-même, qui vous écris à cette seconde en écoutant Before the Flood. C’est une d’une banalité déconcertante, et en même temps comment faire autrement après avoir lu cet étrange bouquin ? Dylan y est si remarquablement capté qu’on peut difficilement résister à la tentation de se servir de son œuvre colossale en guise de bande son.

jeudi 18 octobre 2007

Aharon Appelfeld - Lambeaux

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« Papa m’a déjà dit un jour : Nous n’avons rien d’autre que ce que nos yeux voient. Je n’avais pas compris cette phrase. A présent il me semble que j’en devine le sens. »

… écrit Appelfeld à la page vingt-trois de son anti-autobiographie. Tout est là. Adepte de l’épure, l’auteur de Tsili n’a jamais eu besoin de grandes phrases – encore moins de grandes idées – pour s’exprimer. Enfant mutique devenu un magicien des mots doublé d'un orateur sage et captivant, il connaît mieux que tout autre écrivain la valeur des silences. Entre chaque phrase, chaque mot, se dessinent une multitude d’autres phrases et d’autres mots invisibles à l’œil, uniquement perceptibles sous forme d’émotions. Telle est la principale caractéristique de sa littérature, et ces quelques lignes égarées au milieu d’une anecdote a priori sans rapport suffisent à renseigner sur le sujet du livre. Non pas la vie d’Aharon Appelfeld, mais ce qu’en a conservé son être à présent qu’elle approche chaque année un peu plus de sa fin.

mardi 16 octobre 2007

Juke-Box - Mélodies d'un temps vachement ordinaire

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Il m’est arrivé de me dire que Blondel était le copain de tous les blogueurs – sauf moi.

J’exagère, bien sûr. Néanmoins la surreprésentation de son œuvre sur la blogosphère est absolument indéniable. Je pense très sincèrement qu’à force cela doit ou va le desservir, ne serait-ce que parce que cela donne l’impression que ses bouquins s’arrachent comme des petits pains (ce qui encourage à les emprunter plutôt que de les acheter) – mais bon : c’est pas mon problème.

Siouxsie & The Banshees - 2 lives, 1 seul mythe

Siouxsie & The Banshees sont sans doute l’un des groupes les plus passionnants de toute l’histoire du rock. Leur discographie est d’une richesse et d’une diversité qui n’a de cesse de me surprendre. D’une qualité impressionnante, aussi, en dépit de quelques errances de fin de carrière (l’album Superstition, principalement… car j’avoue en revanche beaucoup apprécier The Rapture – ultime opus considéré par tous les gens sérieux comme un désastre). Le plus surprenant étant sans doute que la plus grande qualité du groupe est également son pire défaut : l’instabilité permanente de son personnel (les Banshees n’ont jamais réussi à tenir plus de trois disques avec le même line-up, et ont épuisé rien moins que sept guitaristes depuis 1978 – huit en comptant Marco Perroni qui ne joue que sur quelques raretés) aura permis aux Banshees de s’enrichir régulièrement d’apports extérieurs brillants… tout en creusant la tombe d’une équipe qui ressemblera de plus en plus à une parodie de groupe au fil des années.

lundi 15 octobre 2007

Operation Shylock - "Celui de vous qui n'est pas des mots..."

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Il y a bien longtemps que j’ai cessé d’essayer de vous faire gober que je suis objectif quant à Philip Roth. Néanmoins, dans un élan quasi-masochiste j’ai décidé d’entamer cette critique par les points faibles du livre. Ils ne sont que deux, et ne m’ont même pas vraiment gâché la lecture, mais je vous demanderai de faire preuve d’indulgence et si possible de faire comme si vous admiriez l’impartialité de mes observations.

vendredi 12 octobre 2007

Honoré de Balzac - Parigots têtes de...

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Il y a quelques semaines nous évoquions dans ces pages la vraie-fausse misogynie de Balzac, dont on nous parle à longueur d'essais critiques mais qu'on ne voit quasiment jamais.

Dans le cycle des Parisiens en Province apparaît à l'inverse un trait important de l'oeuvre balzacienne qu'on oublie souvent d'évoquer : sa relative démagogie.

J'en vois déjà qui grimpent aux rideaux, et j'en suis fort aise... je m'expliquerai dès qu'ils seront tous redescendus...

... voilà... c'est bon ?

jeudi 11 octobre 2007

Folk fêlée. Country délavée.

[Mes disque à moi (et rien qu'à moi) - N°75]
Strangers Almanach - Whiskeytown (1997)

Whiskeytown est entré dans ma vie par la petite porte de l’appart d’un ami que je n’ai plus beaucoup revu après. Ce mec était une espèce de maître, qui possédait tous les disques de tous les groupes underground US en import, et nous arrosait avec – mais ne nous les prêtait jamais l'ordure. Du coup on était tous là chez lui, à lui tourner autour, sa discothèque était notre pot de confiture et certains ont même poussé le vice jusqu'à lui voler certains trucs introuvables ailleurs. En 1996 on n’avait pas internet, on n’avait pas de graveurs de cds, on se faisait des cassettes, ça semblera un peu dérisoire aux gosses d’aujourd’hui mais c’était une drôle d’époque. C’avait un côté sympa de se faire des cassettes, ses propres compiles avec des pochettes customisées, et mon petit frère gueulait : Putain, t’as pas mis ma chanson préférée !

mardi 9 octobre 2007

Lisey's Story - Her Obsession

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Ceux qui suivent et apprécient Stephen King connaissent depuis longtemps les deux facettes de son talent. Capable du meilleur comme du pire, susceptible d’enchaîner deux romans génialement ambitieux avec quatre espèces de séries Z assommantes de maladresse, l’auteur le plus lu au monde (ou du mois le seul à avoir été constamment dans le Top 5 depuis vingt ans) écrit sans doute trop. Probablement plus par besoin que pour remplir un compte en banque qui se porte très bien, comme le prétendent ses détracteurs. Il évoque parfois les Stones, incapables de s’arrêter de tourner dans tous les stades du monde alors même que leur réputation ne s’en porterait pas plus mal s’ils créaient un peu le manque et ne se lançaient pas tous les deux ans dans leur-peut-être-ultime-tournée. Les points communs sont frappants, surtout depuis que le seul grand écrivain capable de s’inviter dans la bibliothèque de l’inculte le plus crasse nous a fait le coup archi-rebattu du mec qui va arrêter d’écrire, c’est fini, il est sec, il a plus rien à dire et en plus il est malade. Résultat des courses : depuis le jour de 2000 où il a déclaré ça il a publié six romans, trois volumes de la Tour Sombre, un essai et trois recueils de nouvelles – on a vu des agonisants en moins bonne santé.

lundi 8 octobre 2007

PWEI - Mangeurs de pop

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Difficile de dire pourquoi Pop Wil Eat Itself n’a jamais explosé. Leur musique était novatrice, leur attitude irréprochable, leur nom super classe… en résumé ils avaient tout pour eux, sauf que parfois, sans trop qu’on sache pourquoi ni comment, les choses ne marchent pas comme elles le devraient.

Il faut dire aussi que le côté très hétéroclite de leur discographie n’a certainement pas dû jouer en leur faveur. Difficile de classer un groupe quand déjà, au sein d’un même album, se côtoient cinq ou six genres musicaux. A l’exception du tout dernier, les disques de Pop Will Eat Itself ont tous le même côté foutraque qui n’a pas dû aider les directeurs commerciaux de leurs différentes maisons disques à les vendre comme se devait. S’agit-il d’un groupe d’electro ? de dance ? de fusion ? de rock alternatif ? de new-wave… ?

dimanche 7 octobre 2007

Quiet Days in Clichy - Paris est une fête !

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Il y a des auteurs qu’il vaut mieux éviter de lire à la chaîne… dont il faut apprendre à profiter. Cela s’applique sans doute à la grande majorité des écrivains, bien entendu, mais il en existe aussi, plus rares, qu’une lecture à la file risquerait de dévaluer considérablement. Henry Miller est de ceux-là. En fait, Henry Miller est même un faux ami, puisqu’il est précisément l’archétype de l’auteur qu’on aurait envie de lire à la file. Tous ses livres se répondant et leur nombre étant considérable, on n’en a jamais terminé avec lui. Je n’ai pas souvenir d'avoir déjà croisé quelqu'un qui ait lu tout Miller. Je ne suis même pas certain que ça existe (bien sûr en écrivant cela je me doute qu’il y aura bien une personne pour me dire Si, moi j’ai tout lu ; qu’elle s’abstienne : je parie que je pourrais trouver des titres qu’elle ne connaît pas).

vendredi 5 octobre 2007

Quelque chose de la pureté

[Mes disques à moi (et rien qu'à moi) - N°74]
Stardust - Willie Nelson (1974)

Celui-ci mérite sans doute d’être un peu plus largement présenté que d’autres. Car si Willie Nelson est une légende, c’est bien sûr le cas partout sauf en France – pays dont on a coutume de dire qu’il est le moins rock du monde, mais qui s’avère également un sérieux prétendant au titre de terre la moins folk de la planète. D’ailleurs j’ai découvert Stardust par hasard, dans un bac à soldes, et l’ai acheté pour sa pochette. C’est vous dire la faillite de la pédagogie musicale dans ce pays.

Philip Roth - With a Little Help From My Friends

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Il est bien rare qu’on lise cette expression sur Le Golb, alors savourons-la tous ensemble : ce livre est un immense coup de cœur. Un petit ouvrage fascinant qui devrait être remboursé par la Sécurité Sociale des Amoureux de la Littérature (ça n’existe pas, soit – mais ça devrait). D’ordinaire je déteste ce genre de bouquins aux accents de compilation. Je hais le zapping, ne fussent mes obligations professionnelles je n’y aurais sans doute jamais accordé la moindre attention. J’aurais eu tort.

jeudi 4 octobre 2007

Philippe Djian - Zone émogène

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Suite à une discussion avec Gaël et Lily, qui elle-même faisait suite à ma chronique de Doggy Bag, Saison 2, j’ai fini par me lancer dans une relecture des premiers livres de Philippe Djian (ou plus généralement de ceux dont je ne me souviens plus vraiment). On va encore me demander comment je peux relire un auteur… je ne saurais pas répondre. Tout au plus me permettrais-je de préciser qu’il y a des auteurs plus agréables que d’autres à relire – il est évident que dans le cas des très cérébraux Kundera ou Rushdie j’aurais hésité un peu plus longtemps.

mardi 2 octobre 2007

Nikki Gemmell - La Mariée dans tous ses états

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Le remarquable article que Gaëlle consacra à ce livre m’avait réjoui au moins autant qu’il m’avait interloqué. Non pas tant parce que je découvrais stupéfait que les femmes mentaient à leurs hommes (j’en avais déjà une vague idée) que parce que je me demandais ce qu’un homme pourrait bien penser de The Bride Stripped Bare, roman (déguisé en journal) encensé à tous les coins de web par… des femmes !

The Cure Rocks and Roll!

Il existe à l’heure actuelle un nombre impressionnant de lives de The Cure, mais aucun qui arrive à la cheville de celui-ci. Ni les autres concerts « officiels » (Show et Paris), ni les semi-officiels (Entreat et Intimacy) ne tiennent la route face à Concert (premier du lot). Le seul qui pourrait éventuellement lui faire de l’ombre serait Trilogy… sauf qu’il s’agit d’un concert filmé et non d’un album live. Il existe sans doute des pirates de classe supérieure, mais si l’on se concentre sur les disques disponibles dans le commerce aucun n’a jamais réussi, vingt-trois ans après, à faire oublier celui-ci.

lundi 1 octobre 2007

Olympos - La Guerre de Troie a bien eu lieu

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Dans Ilium, Dan Simmons avait revisité L'Iliade à la sauce cyber-punk, pour le grand plaisir des uns et l'agacement de nombreux autres. Pas sûr que ces derniers soient plus emballés par cet Olympos qui pousse le bouchon encore plus loin en matière de mythologie passée à la moulinette SF !