mercredi 26 janvier 2011

10 ans. 30 séries

...
24 (2001-10, huit saisons)

Beaucoup se sont moqués, ces dernières années, de Jack Bauer et tous ses gimmicks. Beaucoup ont critiqué, pas toujours avec justesse, une série suspecte depuis longtemps de faire l'apologie de la torture (ce qui n'est ni tout à fait faux ni tout à fait exact). Ici, on préfèrera rappeler que l'essort du genre dans les années 2000 doit beaucoup - sinon tout - au pari fou de Joël Surnow et Robert Cochran, qui ressuscitaient le genre feuilleton alors moribond en prime-time, et obligeaient quasiment tout programme mainstream à faire à l'avenir preuve d'intensité et de nervosité - sous peine de passer à la trappe. Un tour de force d'autant plus impressionnant que sous couvert d'action et d'espionnage revisités, les aventures de Jack s'attardent en sous-main sur des thématiques passionnantes : réinvention (et destruction) du mythe du héros américain, influences shakespeariennes, rejet du manichéisme... le tout restant, à chaque saison ou presque, un thriller captivant, toujours impeccablement joué, écrit et filmé. Pas un hasard si le cinéma d'action s'est par la suite largement nourri de cette formidable série, les James Bond période Daniel Craig et autres Jason Bourne devant un lourd tribu à l'inoxydable Kiefer Sutherland.

Créateurs : Robert Surnow & Joël Cochran
Avec Kiefer Sutherland et beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens
Titre français : 24 heures chrono
Chaîne d'origine : Fox

On en a causé :
> Vie et presque mort du jeune homme (analyse)
> Retour en Grâce (saison 7)
> Fin d'une époque (saison 8)


Battlestar Galactica (2004-09, quatre saisons et trois téléfilms)

Les séries de SF n'ont pas manqué dans les années 2000, mais aucune n'aura pu rivaliser avec la qualité esthétique du remake-qui-a-explosé-l'original (il n'y en a pas dix-mille). Atmosphère étouffante, réalisation incroyable, comédiens remarquables, intelligence d'un propos oscillant en allégorie politique et interrogation métaphysique... Battlestar Galactica aura en quatre saisons fait montre de bien des défauts, notamment une inconstance des plus improbables (mais qui fit beaucoup pour son charme), mais ne pas la citer ici eût équivalu à un blasphème tant son impact restera sans précédent dans l'histoire de la SF. Pensez donc que ce feuilleton aux accents de fin du monde réussit la prouesse de convertir au genre space-opera un nombre considérable de ses plus farouches détracteurs. Ce que son créateur génial et mégalo résumera par cette phrase laconique : "Si vous n'aimez pas la SF, vous adorerez cette série. Et si vous aimez la SF... aussi." Et le pire, c'est que c'est on ne peut plus vrai.

Créateur : Ronald D. Moore, d'après la série de Glen A. Larson
Avec Edward James Olmos, Katee Sackhoff, James Callis...
Chaîne d'origine : Syfy

On en a causé
> Inégale, mais tellement bonne


Boston Public (2000-04, quatre saisons)

C'est probablement le choix le plus subjectif (donc le plus discutable) de cette sélection. On se serait accommodé de trouver à cette place beaucoup d'autres séries écartées pour des raisons tout sauf de bonne foi (au hasard : Desperate Housewives, Dexter...) Oui... mais non. Car cette série suicidée - comme beaucoup d'autres - par la Fox méritait largement qu'on reparle d'elle (ce que plus personne ne fait depuis des années). Chronique douce-amère d'un lycée public ordinaire (ou presque), Boston Public présente un visage de l'Amérique qu'on connaît peu et mal, s'attèle à des problématiques sociales qu'on imaginait mal sur un grand network US, le tout avec un humour burlesque irrésistible - c'est David "Ally McBeal" Kelley qui commande. Alors au faîte de sa gloire, il se jettera à corps perdu dans la bagarre et ne s'en remettra jamais vraiment. Parler éducation ou débattre de l'affirmative action en prime-time, c'est le genre de truc qui ne se fait pas sur la Fox - qui avait on le suppose acheté une série du style "Ally McBeal au lycée" et a très vite déchanté. Les Français en revanche ne s'en sont paraît-il pas trop plaint. Que voulez-vous ? On ne se refait pas.

Créateur : David E. Kelley
Avec Chi McBride, Anthoney Heald, Loretta Devine...
Chaîne d'origine : Fox



Breaking Bad (depuis 2007, trois saisons)

Il est sans doute un peu tôt pour déterminer le véritable impact de la série créée par Vince Gilligan sur le petit-mais-costaud réseau AMC. A plus forte raison parce que lancé en pleine grève des scénaristes, le projet a mis un peu de temps à trouver son ton et sa place. Néanmoins en l'état actuel de nos connaissances, les saisons deux et trois de Breaking Bad auront littéralement étrillé la concurrence ces deux dernières années. Tension à la limite du soutenable par instants, mise en scène exceptionnelle, comédiens incroyables... Breaking Bad réussit la prouesse d'imposer un univers et des personnages extrêmement profonds sans jamais paraître intello et sans que l'on s'y ennuie. Tout simplement, et de l'avis quasi général, ce qui se fait de mieux à la télévision aujourd'hui. Et avec son héros évadé d'un roman fantasmé de Jim Thompson, elle semble avoir assez de souffle pour s'imposer très rapidement comme le classique incontournable des années à venir.

Créateur : Vince Gilligan
Avec Bryan Cranston, Aaron Paul, Anna Gunn...
Chaîne d'origine : AMC (saison 4 attendue pour juillet)

On en a causé :
> Now and on Earth (saisons 1 & 2)
> Darkest Days (saison 3)


CSI (depuis 2000, onze saisons)

Dans les années 2000, le Roi Midas s'est réincarné en un type jusqu'alors principalement connu pour ses blockbusters bas-de-front (Armageddon, Pearl Habor) : Jerry Bruckheimer, qui à la télévision s'est refait virginité et crédibilité sur le dos de séries de flics high tech qui à elles toutes ont probablement réuni plus de spectateurs qu'il n'y a d'habitants sur cette planète. Lancée en 2000 et immédiatement adoptée par une cohorte de fans, CSI, la première d'entre elles, est sans conteste la meilleure. Certes, TF1 lui a fait beaucoup de mal après lui avoir fait connaître la gloire, en les multidiffusant chez nous, elle et ses médiocres spin-off, jusqu'à l'écœurement. Et puis onze saisons, c'était sans doute un peu trop. Il n'empêche qu'arrivé au crépuscule de son existence (les audiences US sont en chute libre et la douzième saison est tout sauf assurée), on se rappellera d'elle comme d'une série de petits polars cools et (af)futés, pleine de dialogues savoureux et d'épisodes d'anthologie. De par sa popularité et sa constance dans la qualité, CSI aura sans conteste été l'une des séries les plus importantes de la décennie. Même si personne à part quelque fou n'aurait l'idée d'en regarder tous les épisodes à la file (elle n'est du reste pas faite pour cela).

Créateur : Anthony A. Zuiker
Avec William Petersen, Marg Helgenberger, Laurence Fishburne
Titre français : Les Experts
Chaîne d'origine : CBS (saison 11 en cours de diffusion)

On en a causé :
> La Constance de l'entomologiste (saison 9)


Curb Your Enthusiasm (depuis 2000, sept saisons)

Après avoir révolutionné la comédie dans les années 90, en co-signant Seinfeld, Larry David s'est reconverti en retaité oisif capitalisant sur son passé. Jusqu'au jour où il a eu la géniale idée de faire de ce nouveau statut... le sujet d'une nouvelle série. Autofiction au vitriol, d'une drôlerie aussi insoutenable que sa cruauté, Curb Your Enthusiasm (littéralement : Modère tes ardeurs) est probablement l'une des séries les plus originales et inclassables de la décennie. Tragiquement méconnue en France, elle brocarde avec une rare violence les petites hypocrisies de nos contemporains, les petites lâchetés et la grande médiocrité de notre époque, à travers l'auto-portrait cinglant et cinglé d'un génie obsédé par la politesse, l'hygiène et sa petite personne - salaud ordinaire dans un monde en comptant beaucoup comme lui. C'est bruyant, insolent, impudique, dérangeant. Et régulièrement irritant (comme le dit le slogan de la série : "Deep inside, you know you're him.") Donc absolument incontournable.

Créateur : Larry David
Avec Larry David, Cheryl Hines, Jeff Garlin...
Titre français : Larry et son nombril
Chaîne d'origine : HBO (saison 8 attendue pour le courant 2011)

On en a causé :
> Enfoiré, Inc.


Deadwood (2004-06, trois saisons)

Fresque historique, western à contre-temps, allégorie de la civilisation occidentale... en trois saisons, Deadwood a été beaucoup de choses - sauf un succès. Annulée brutalement en 2006, alors que la quatrième saison était déjà en chantier, la série à cowboys, putains et crasse était il est vrai l'une des plus difficiles d'accès que l'on ait eu l'occasion de voir durant la dernière décennie. Reste qu'une fois acclimaté à son rythme très lent et contemplatif, et une fois oubliée l'énormité de la reconstitution pour se focaliser sur des intrigues plus profondes qu'il y paraissait de prime abord, il était difficile de ne pas tomber amoureux de ce feuilleton stylisé qui revisitait la mythologie des pionniers en transcrivant l'histoire (vraie) de la naissance d'une ville et d'une société.

Créateur : David Milch
Avec Timothy Olyphant, Ian McShane, Molly Parker...
Chaîne d'origine : HBO



Dollhouse (2009-10, deux saisons)

L'évènement de l'année 2009 aura fait long feu, qui voyait le retour aux affaires d'un Joss "Buffy" Whedon plus incisif que jamais. La suite est un modèle en matière de lynchage : mal diffusée par la FOX, incomprise du public et dans un premier temps massacrée par la critique, Dollhouse a fait deux petits tours et puis s'en va. Injustice flagrante vis-à-vis de ce qui est sans doute à ce jour l'œuvre la plus complexe et aboutie de son auteur. Et la plus sombre, aussi, bien sûr. Surtout. Quête identitaire, angoisse technologique et même apocalypse cyber-punk... le père Whedon ne nous épargne rien. Si la première saison a pu dérouter certains spectateurs, la seconde a été encensée par la critique, et pour une fois on ne peut qu'opiner du chef respectueusement tant il n'était pas évident de défendre ce programme improbable face à ses audiences pathétiques, œuvre difficile et exigeante improbablement catapultée en prime-time sur l'une des plus grandes chaînes des USA. En espérant revoir Whedon en grande forme très bientôt (à commencer par ce mois-ci, avec le très attendu film Cabin in the Woods - qu'il a écrit et produit).

Créateur : Joss Whedon
Avec Eliza Dushku, Tahmoh Penikett, Olivia Williams...
Chaîne d'origine : FOX

On en a causé :
> Joy of a Toy (saison 1)
> Épitaphe à Dollhouse (saison 2)


Dr Horrible Sing-along Blog (2008, trois épisodes)

Le même Whedon après l'annulation de la même Dollhouse déclarait que l'avenir des séries télé, selon lui, était le Web. Il faut dire qu'il était plutôt bien passé pour savoir de quoi il parlait, puisque deux ans plus tôt il avait largement contribué à sortir la websérie du ghetto dans lequel les toutes puissantes chaînes US espéraient bien l'enfermer. Réalisée avec trois bout de ficelles et quelques potes pendant la grève des scénaristes de 2008, Dr Horrible narre l'histoire désopilante d'un super-méchant loser (ou d'un méchant super-loser ?) rêvant d'intégrer la prestigieuse ligue des super-méchants, et devant pour ce faire accomplir quelques hauts (mé)faits. Pas de bol, il tombe entre temps amoureux d'une fille rencontrée à la laverie. Sur fond de comédie musicale, cet OVNI absolument irrésistible réussit la prouesse de se hisser parmi les must de ces dix dernières années. Accessoirement, il constitue une entrée idéale pour quiconque souhaiterait s'initier à l'univers tout particulier du génial Whedon.

Créateur : Joss Whedon
Avec Neil Patrick Harris, Nathan Fillion, Felicia Day...



Engrenages (depuis 2005, trois saisons)

Un beau matin, un obscur directeur des programmes de Canal + s'est réveillé en se disant que tiens, allez zou ! Il allait changer sa chaîne en HBO français. Comprendre par-là ZE référence en matière de fictions télévisées. Contre toute attente, il a joint le geste à la parole, certes pas au point de rivaliser avec la prestigieuse chaîne payante américaine, mais suffisamment pour accoucher de quelques bonnes séries. Engrenages, malgré une troisième saison nettement en-deçà de son niveau habituel, est probablement de toutes la plus complète et la plus addictive. On peut voir et revoir les deux premières sans se lasser tant tout (des scripts aux comédiens en passant par la mise en scène) y est soigné et classieux. Certes rien de révolutionnaire, du polar, du judiciaire, du bon vieux noir bien de chez nous... mais des histoires et des personnages qui marquent durablement. Ce qui n'était pas loin d'être miraculeux en 2005.

Créateurs : Alexandra Clert & Guy-Patrick Sainderichin
Avec Caroline Proust, Grégory Fitoussi, Philippe Duclos...

On en a causé :
> Seule au sommet (saisons 1 & 2)
> Oui mais... (saison 3)


Friday Night Lights (2006-11, cinq saisons)

La meilleure série inconnue du monde. De moins en moins inconnue, soit. Mais à l'heure où cette chronique sociale souvent poignante s'achève aux Etats-Unis, il est plus que jamais temps de rappeler à quel point le feuilleton loachien, doux-amer et contemplatif créé par Peter Berg d'après son film éponyme, constitue ce qui s'est fait de mieux en matière de télévision ces dernières années.

Créateurs : Peter Berg, Brian Grazer & David Nevins
Avec Kyle Chandler, Connie Britton, Taylor Kitsch...
Chaînes d'origine : NBC puis Direct TV (cinquième saison en cours de diffusion)


On en a causé
> America's Next Door (saisons 1 & 2)
> L'Art de la rupture (saison 3)
> East Dillon Blues (saison 4)
> Coah Taylor, un héros très discret (analyse)


Generation Kill (2008, sept épisodes)

Quand David Simon et Ed Burns, les auteurs de The Wire, s'attaquent à la Guerre d'Irak, cela donne une mini-série étonnante, poignante et dérangeante sur la nature humaine, l'ennui au front, les guerres absurdes et l'amitié. C'est dur, le rythme est indolent et les comédiens plus vrais que nature (dont l'excellent Alexander Skarsgård, devenu depuis une star dans True Blood). Quelque part, le fait que Generation Kill soit une série et non film dit tout de l'évolution du genre ces dernières années. Car ce programme d'une rare intelligence, testament sanglant d'une ère Bush écrasée par les guerres... n'aurait sans doute jamais pu voir le jour ailleurs que sur l'excellente chaîne HBO - garante d'une exigence dans la qualité et d'une liberté de ton sans équivalent sur aucune autre chaîne du monde.

Créateurs : David Simon & Ed Burn, d'après le livre d'Evan Wright
Avec Alexander Skarsgård, Lee Tergesen, James Ransone...
Chaîne d'origine : HBO


On en a causé :
> Mamas Don't Let Your Babies Grow up to Be Cowboys


House M.D. (depuis 2004, sept saisons)

On a beaucoup critiqué l'atrabilaire Gregory House, la baisse croissante de qualité dans ses pérégrinations, le criant manque d'ambitions de ses auteurs... etc. Rien n'est faux là-dedans, mais ce serait oublier tant l'incontestable qualité de ses premières saisons que le talent de Hugh Laurie, ainsi que tout ce que la série créée par David Shore a apporté aux genres dans lesquels elle s'inscrit. Le medical drama, bien sûr, mettra longtemps à s'en remettre. Mais les séries mainstream également. En imposant ce personnage insupportable, misanthrope, camé et cassant en guise de héros, ses producteurs n'ont certes rien inventé. Mais c'était amplement suffisant pour créer dans le monde ronronnant des séries grand-public une véritable révolution. On n'a d'ailleurs sans doute pas fini d'en voir les fruits : outre les clones et autres sous-produits, il sera désormais bien difficile dans les années à venir de vendre au spectateur moyen des héros lisses et gnangnan. Et c'est une excellente nouvelle.

Créateur : David Shore
Avec Hugh Laurie, Lisa Edelstein, Robert Sean Leonard...
Titre français : Dr House
Chaîne d'origine : Fox (septième saison en cours de diffusion)



How I Met Your Mother (depuis 2005, six saisons)

Depuis Friends, la sitcom générationnelle est quasiment devenue un genre en soi. Ses fans ont beau balayer la ressemblance d'un revers de main, HIMYM (pour les intimes) s'inscrit résolument dans cette catégorie et n'a aucune raison, dans le fond, de ne pas en être fier. L'humour est différent, plus lettré, les constructions narratives plus sophistiquées... normal : nous sommes dans les années 2000, les codes du genre ont changé depuis 1994 et le spectateur est plus regardant (ce qui ne l'empêche certes pas d'aimer The Big Bang Theory, dont on ne dira pas mot par pudeur). Si la série a pu s'essoufler un peu au fil des ans, elle conserve néanmoins quelques indéniables atouts. A commencer, bien entendu, par Barney "Neil Patrick Harris" Stinson, qui en quelques années s'est imposé comme l'un des meilleurs acteurs de sa génération. Tellement brillant qu'il écrase tous les autres et a obligé les scénaristes à élargir la palette d'un personnage au départ trop petit pour lui... mais quel personnage ne serait pas trop petit pour ce type ?

Créateurs : Carter Bays & Craig Thomas
Avec Josh Radnor, Alyson Hannigan, Neil Patrick Harris...
Chaîne d'origine : CBS (sixième saison en cours de diffusion)



John from Cincinatti (2007, une saison)

La bizarrerie a un nom, et même une provenance : John, de Cincinatti. Probablement la série la plus inclassable et déroutante que l'on ait jamais vue à la télévision, et accessoirement le show le plus difficile d'accès de cette sélection (et de loin). On pourrait bien vous faire le pitch (ou comment la vie d'une communauté de surfers se trouve perturbée par l'arrivée inopinée de l'énigmatique John, un tiers génie, un tiers attardé mental, un tiers être surnaturel), mais force est de reconnaître qu'il ne dit pas grand-chose d'un feuilleton tout à la fois contemplatif et absurde, abscons et burlesque, minimaliste et totalement déjanté. Comme de juste, une telle radicalité fut couronnée par un flop retentissant. Oubliée dans son pays d'origine et quasi inconnue partout ailleurs, cette digne héritière de Twin Peaks mérite pourtant d'être vue, revue et re-revue.

Créateurs : David Milch & Kem Nunn
Avec Bruce Greenwood, Rebecca De Mornay, Austin Nichols...
Chaîne d'origine : HBO



Kaamelott (2004-09, six saisons)

Difficile de ne pas en retirer une certaine fierté : la meilleure série comique de la décennie n'est pas anglaise, encore moins américaine - non : elle est assurément bien de chez nous, et vu le mépris généralement affiché par les sériephages pour les programmes du cru on pourra difficilement nous suspecter de chauvinisme. Oui, Kaamelott est une remarquable série, la seule à ce jour qui ait été digne d'un pays qui tout de même, excusez du peu, accoucha du plus grand auteur comique de tous les temps (un certain Molière). Pleine d'esprit et de finesse, hilarante mais profonde, bien plus complexe qu'on pourrait le croire au premier contact tout en demeurant parfaitement accessible, elle est pétrie de personnages inoubliables et d'épisodes d'anthologie. Que dire de plus ? Tout le monde a vu Kaamelott et tout le monde l'aime, ce qui n'est pas loin d'en faire la série populaire par excellence. Au sens le plus noble du terme.

Créateur : Alexandre Astier
Avec Alexandre Astier, Anne Girouard, Lionnel Astier...
Chaîne d'origine : M6


On en a causé :
> The Best of the Best


Life on Mars (2006-07)

Cheap & Cheerfull (comme dirait l'autre), Life on Mars narre l'improbable histoire d'un flic des années 2000 catapulé en 1973 suite à un accident de voiture au son du classique de Bowie. Rêve ? Hallucination ? Réel voyage dans le temps ? La série britannique a l'intelligence d'éviter de se focaliser sur ce détail. Plus comédie et polar que SF, elle préfère s'attarder sur le choc culturel entre les méthodes de Sam Taylor (cartésiennes, psychologisantes, scientifiques) et celles de ses confrères des seventies (disons plus... basiques). C'est souvent à pleurer de rire, et les auteurs ont qui plus est eu l'intelligence de s'arrêter avant essouflement du concept. A noter que l'on aurait tout aussi bien pu sélectionner Ashes to Ashes, excellent sister-show exportant le concept dans les années 80.

Créateurs : Matthew Graham, Tony Jordan & Ashley Pharoah
Avec John Simm, Philip Glenister, Liz White...
Chaîne d'origine : BBC One



Little Britain (2003-05, trois saisons)

Un grand philosophe déclara, un matin qu'il n'avait pas encore dessoûlé : "les Français rivaliseront avec les Anglais et les Américains le jour où ils auront leur Little Britain. C'est pas faux (comme dirait l'autre) : quand une série à sketches parvient à se hisser à une telle place, à connaître un tel succès et même un remake US (ce qui semble - je vous l'accorde - totalement crétin sur le papier), c'est qu'il y a vraiment un truc qui se passe. Et ce qui se passe, en l'occurrence, c'est que David Walliams et Mark Lucas repeignent leur pays en rouge sang le temps de trois saisons impressionnantes de férocité comique, produisant sans le savoir l'un des shows les plus originaux et incontournables dont l'Angleterre ait jamais accouché. À noter toutefois qu'on n'apprécie assurément pas la série de la même manière si l'on ne connaît pas au moins un peu les mœurs de nos voisins britons.

Créateurs : David Walliams & Matt Lucas
Avec David Walliams, Matt Lucas, Anthony Stewart Head...
Chaînes d'origines : BBC Three puis BBC One



Lost (2004-10, six saisons)

Lost, bien sûr. Évidemment. On a tout dit d'elle ces dernières années, de ses qualités, de ses défauts, de ses coups de génie comme de ses fautes de goût. Lost est très probablement la série la plus analysée et commentée des dix dernières années ; l'une des plus populaires, aussi, que sa dimension allégorique et sa manière habile d'échapper à toutes les étiquettes ont affublé d'un pouvoir de fascination comme on en aura rarement croisé en quelques cinquante années d'histoire des séries télévisées. C'est un lieu commun que de dire que celle-ci est impossible à résumer : indéfinissable, parfois même inimaginable, elle a non seulement révolutionné durablement le genre mais a également sans cesse repoussé ses limites et ses contraintes. Et si son final a pu la condamner pour un temps encore à la controverse, nul doute que le recul lui accordera la place qu'elle mérite au panthéon, bien au chaud entre Le Prisonnier et Les Soprano - autres séries mythiques dont les finals provoquèrent l'ire des fans du monde entier.

Créateurs : J.J. Abrams, Jeffrey Lieber & Damon Lindelof
Avec Matthew Fox, Terry O'Quinn, Evangeline Lily...
Titre français : Lost : les disparus
Chaîne d'origine : ABC

On en a (beaucoup) causé :
> La Passion de John Locke (analyse)
> Destiny Calls (saison 5)
> La Boucle temporelle pour les nuls (analyse)
> Game, Set, and... (analyse)
> Fin d'une époque (saison 6)
> Deus Ex Machina +1 (analyse finale)


Mad Men (depuis 2007, quatre saisons)

Les choses sont simples : hormis Breaking Bad (sur la même chaîne), ces quatre dernières années, on n'a pas fait mieux que Mad Men, chef-d'œuvre sixties devenu véritable phénomène de société, après avoir lanterné durant deux saisons aux audiences faméliques. Débutant dans la virtuosité et poursuivant dans le génie, la chronique de l'agence de pub new-yorkaise a évolué pour de devenir une tragédie intimiste puis finalement une fresque poignante sur un monde en perpétuel mouvement. C'est crépusculaire, fascinant, et admirablement porté des comédiens presque tous inconnus mais presque tous exceptionnels (au nombre desquels, bien sûr, le fascinant Jon Hamm). Cerise sur le gâteau : les femmes, souvent parentes pauvres des séries télévisées, s'y taillent la part du lion. Tellement bien qu'à force on finit par manquer de mots... d'ailleurs on s'arrêtera ici, non sans préciser qu'on attend avec impatience le cinquième chapitre.

Créateur : Matthew Weiner
Avec John Hamm, Elisabeth Moss, January Jones...
Chaîne d'origine : AMC (saison 5 attendue pour l'été 2011)

On en a causé quand personne ne connaissait, et ça c'est bien classe :
> Heavy As Can Be (saison 1)
> Le Meilleur soap de toute l'histoire de la télévision (saison 2)
> This Is the Way the World Ends (saison 3)
> Don Draper, seul au milieu du monde (analyse)
> Récolter ses propres graines (saison 4)


Nip/Tuck (2004-10, six saisons)

On vous voit venir. "Hé oh ! il a fumé quoi, le gars, chez Interlignage ? Il met pas Dexter mais par contre il colle cette merde racoleuse de Nip/Tuck ???" Eh bien oui. Sans arrière pensée et sans mauvaise foi, en tenant compte de son irrégularité légendaire (les épisodes pitoyables y sont légions à partir de la troisième saison)... mais aussi de ce qu'elle a pu offrir de mieux. Car Nip/Tuck et sa paire de chirurgiens esthétiques décadents auront malgré tout été capables d'épisodes extraordinaires par la suite, sans parler du fait que ses deux premiers chapitres sont tout simplement incontournables. C'est glauque, torturé, poisseux, méchamment drôle... et c'est surtout une arme de destruction massive contre une Amérique réactionnaire contre laquelle Ryan Murphy n'aura cessé de bataillé durant toute sa vie (car bien entendu, Ryan Murphy est mort le jour où il a créé Glee). Génie du dérangeant ou provocateur de bas-étage,dans le fond... peu importe. Déflégration eastonellisienne fascinante, Nip/Tuck aura réussi cet étonnant paradoxe de bien plus marquer son époque et ses spectateurs que certaines séries objectivement meilleures. Sa place dans cette sélection est donc non seulement méritée... mais évidente.

Créateur : Ryan Murphy
Avec Dylan Walsh, Julian McMahon, Joelly Richardson...
Chaîne d'origine : FX


On en a causé
> La Douce et enivrante odeur de la mort (saison 5, partie 2)
> Who by Very Slow Decay (saison 6, partie 1)
> Alone, Together (saison 6, partie 2)


The Office (2001-03, deux saisons)

La version originale plutôt que l'américaine... mais honnêtement ça ne s'est pas joué à beaucoup, l'adaptation avec Steve Carell (autre grand acteur comique qui mériterait d'être plus connu par chez nous) s'étant depuis longtemps émancipée de son modèle (une rareté, faut-il le préciser ?). Avantage tout de même à Ricky Gervais, dont l'humour désopilant nous aura accompagné deux années durant sans qu'on se lasse une minute. C'est vif, cinglant, british comme il faut... une chronique de l'entreprise moderne susceptible de guérir à jamais de Caméra Café. Ce qui n'était certes pas bien dur. A noter que le remake français, pour sa part, n'a pas connu la même postérité - malgré la présence du toujours excellent François Berléand.

Créateurs : Ricky Gervais & Steven Merchant
Avec Ricky Gervais, Martin Freeman, Mackenzie Crook...
Chaînes d'origine : BBC One puis BBC Two



Pushing Daisies (2007-09, deux saisons)

Bryan Fuller est un loser. Principalement connu comme artisan de la première saison de Heroes et concepteur de l'adorable Dead Like Me, il s'est fait une spécialité des audiences faméliques et des annulations brutales. Mais Bryan Fuller est égaement - et surtout - l'un des auteurs les plus singuliers qui se soient jamais exprimés à la télévision, à l'imagination fabuleuse et à la signature immédiatement reconnaissable (une rareté dans un genre malgré tout extrêmement manufacturé). Fusillée en plein envol (comme d'habitude), Pushing Daisies est à ce jour le sommet d'une oeuvre unique en son genre, féérique, poétique, débridée et bien moins naïve qu'on pourrait le croire au premier abord. Accessoirement, cette série visuellement sublime constitue à elle seule une preuve du bond de qualité esthétique effectué par les séries télévisées durant la dernière décennie. Depuis, Fuller est retourné cachetonner chez Heroes. Qui, sans surprise, s'est arrêtée après.

Créateur : Bryan Fuller
Avec Lee Pace, Anna Firel, Chi McBride...
Chaîne d'origine : ABC



Reporters (2007-09, deux saisons)

Calée entre les deux premières saisons d'Engrenages, Reporters peut légitimement être considérée comme le premier pic de créativité dans la course de Canal + au titre prisé (par elle seule) de "chaîne des séries". L'ironie aura voulu qu'elle décide d'annuler ce qui était jusqu'alors sa plus belle réussite, faute d'audiences satisfaisantes. Il n'y avait pourtant que des qualités dans cette fiction s'attardant sur l'univers (finalement méconnu) du journaliste. Un véritable rythme, un casting remarquable et une attention portée à la marche du monde détonnant, et pas qu'un peu, au pays de Julie Lescaut. Surtout, il y avait un Bouchitey impérial. Argument qui devrait suffire à convaincre les derniers récalcitrants.

Créateur : Olivier Kohn
Avec Anne Coesens, Jérôme Robart, Patrick Bouchitey...
Chaîne d'origine : Canal +



Scrubs (2001-09, huit saisons)

La débilité peut donc cacher la plus profonde mélancolie. C'est ce que nous auront appris les clowns tristes Bill Lawrence (show-runner) et Zach Braff (pitre en chef) dans les années 2000. D'abord vaccin délicieux aux clichés des séries médicales, Scrubs a pris progressivement un tour initiatique inattendu et parfaitement séduisant. Au menu du programme Retrouvez le sourire au Sacré Coeur : délires cartoonesques, monologues déjantés, séquences burlesques, potache libérateur... et étrange émotion qui vous étreindra parfois, au détour d'une scène moins bête qu'elle en a l'air, lorsque la noirceur que la série dissimule sous le vernis comique éclatera au grand jour sans prévenir. Suffisamment troublant et peu courant pour que l'on oublie aussi le lamentable premier titre français que Med School, pathétique tentative de spin-off à laquelle, heureusement, personne n'a mordu.

Créateur : Bill Lawrence
Avec Zach Braff, Donald Faison, Sarah Chalke...
Chaînes d'origine : NBC puis ABC
 
On en a causé : 
> A débile, débile et demi (saisons 1 à 5) 
> Young Adult Friction (saisons 6 à 8)



Skins (depuis 2007, quatre saisons)

Si le changement de génération opéré au début de la saison 3 n'a pas forcément convaincu tout le monde, impossible d'oublier dans cette sélection les deux formidables premières saisons de la série après laquelle le genre teen-drama ne sera plus jamais le même. Rock'n'roll, nerveuse, souvent étonnamment poétique, Skins donne parfois l'impression d'avoir tout inventé dans le genre. Ce qui n'est évidemment pas vrai, elle s'inscrit au contraire dans la filiation parfaite de tout ce qui a pu être fait jusqu'alors à destination des adolescents (si cela ne saute pas aux yeux en regard de Dawson, c'est bel et bien le cas comparé aux autres séries britanniques du genre, il est vrai bien moins connues chez nous)... mais elle est si souvent émouvante que l'on a envie de croire en sa singularité. Seuls les Anglais pouvaient oser un programme aussi fou, too much et tout much, déjanté au possible tout en balançant en permanence entre rires et larmes. Peut-être pas la meilleure série de la décennie, mais une des plus attachantes.

Créateurs : Jaimie Brittain & Bryan Elsley
Chaîne d'origine : E4 (cinquième saison attendue pour janvier)



The Shield (2002-08, sept saisons)

Malraux disait de Faulkner que son roman Sanctuary avait introduit le roman policier dans la tragédie antique (et réciproquement, ajouterons-nous). C'était très en-dessous de la réalité, mais cela convient en revanche fort bien à The Shield. Débutant comme un cop-show réaliste, presque traditionnel passée une forme coup de poing, dans la droite ligne des classiques du genre (NYPD Blue et Hill Street Blues) avec juste le thème de la corruption active en plus... la série bascule très rapidement vers toujours plus de noirceur et d'intensité pour devenir l'une des plus sombres et fascinantes qui soient. Duels fratricides, trahisons, rédemption impossible et spirale de violence... le résultat, qui avec Vic Mackey a produit l'un des personnages les plus malades et fascinants de la fiction contemporaine, n'est pas à placer entre toutes mains. Mais il a déjà fait école, au point qu'il se passera sans doute longtemps avant de revoir une série policière de ce niveau. Logique somme toute, puisqu'après Mackey ne restent que silence et désolation.

Créateur : Shawn Ryan
Avec Michael Chiklis, Walton Goggins, CCH Pounder...
Chaîne d'origine : FX


On en a causé :
> Désolation (saisons 1 à 7)
> Shane Vendrell, le fils préféré (analayse)


Six Feet Under (2001-05, cinq saisons)

Si Lost a prouvé que tout était possible, Six Feet Under a pour sa part démontré que rien n'était tabou. En cinq saisons en tout points exceptionnelles, Alan Ball a exploré mieux que personne les tragédies intimes, l'angoisse de la mort, les affres de la sexualité, la dépression, la solitude, l'amour, le plaisir, la joie, l'ambition, la violence, la tendresse... Six Feet Under à la fin n'était plus une série, mais une symphonie embrassant l'humanité dans son ensemble tout en affirmant l'unicité de chaque individu. Dans le genre chronique intimiste, seuls quelques écrivains classiques ont su faire plus fort que les aventures bouleversantes de cette inoubliable famille de croque-morts.

Créateur : Alan Ball
Avec Peter Krause, Michael C. Hall, Frances Conroy...
Titre français : Six pieds sous-terre (rapidement abandonné pour le titre original)
Chaîne d'origine : HBO

On en a causé :
> La Vie et rien d'autre

Supernatural (depuis 2005, six saisons)

Invitée surprise de cette sélection Supernatural aura sans doute été la plus grosse surprise des dernières saisons. Partie de pas grand-chose (l'histoire de deux frères chasseurs de démons, revisitant tous les mythes fantastiques possibles et imaginables), la fiction bascule à partir de son troisième chapitre dans une revisitation biblique étonnante, parfois limite gore, aussi pleine d'humour que de tensions. Issus de différents teen dramas sans intérêt, les deux héros prennent une ampleur insoupçonnable au fil du temps, les intrigues se corsent, les dialogues s'étoffent, l'univers trouve sa singularité... ce que vous ignorez très probablement si vous faites partie des gens lâchant un feuilleton après quelques épisodes décevants. Une véritable démonstration de travail, ou comment changer un petit plaisir coupable en la meilleure série fantastique des dernières années, digne héritière des X-Files, avec qui elle partagea d'ailleurs durant longtemps le très bon réalisateur Kim Manners (R.I.P.)

Créateur : Eric Kripke
Avec Jared Padalecki, Jensen Ackles, Jim Beaver...
Chaîne d'origine : The WB (sixième saison en cours de diffusion)

On en a causé :
> What a Way to Go (saison 1)
> Une bonne surprise qui dure, qui dure... et devient une habitude (saisons 2 & 3)
> Anges, démons et ours (bi)polaires (saison 4)
> Apocalypse, Please (saison 5)


The Wire (2002-08, cinq saisons)

Hasards de l'aphabet, nous terminerons sur le meilleur. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : The Wire est peut-être bien la meilleure série de tous les temps. C'est en tout cas celle qui aura démontré mieux qu'aucune autre qu'une série télévisée était une œuvre à part entière, tout à fait capable de s'élever au niveau de la littérature ou du cinéma. D'abord axée sur la guerre contre la drogue à Baltimore (un sujet qui, il faut le préciser, est universel aux USA tant cette guerre a totalement contaminé les classes populaires et moyennes depuis quarante ans qu'elle est menée en vain), The Wire s'autorise rapidement les digressions pour finir par devenir une incroyable fresque qui, arrivée à son ultime saison, sera parvenue à évoquer quasiment tous les sujets possibles et imaginables dans une œuvre de fiction... plus quelques uns encore bien souvent absents. En cinq ans tout y passe, de la justice à la presse en passant par l'éducation, la politique de la ville, la sécurité, la violence urbaine... et toutes les galeries de personnages possibles : flics, avocats, juges, conseillers municipaux, dealers, consommateurs, mafieux, dockers, enseignants, simples citoyens... héritiers de Balzac inconscients de l'être, c'est toute une société que David Simon et Ed Burns recréent sous nos yeux, avec son désarroi et sa froideur mais aussi ses joies, son humour et son incroyable vitalité. Engagement politique rageur, rigueur documentaire époustouflante, humanisme poignant... il faudra probablement des années avant de revoir une œuvre aussi proche de la perfection.

Créateur : David Simon
Avec Dominic West, Lance Reddick, Michael K. Williams...
Titre français : Sur écoute
Chaîne d'origine : HBO

Comme vous l'aurez remarqué, cet article :
  • est paru sur Interlignage il y a quelques semaines (avec un édito en plus)
  • ne prend en compte que les séries dont le premier épisode a été diffusé après le 1er janvier 2000.

44 commentaires:

  1. Il y a quand même quelques trucs que je n'ai pas vus. Sympa la piqûre de rappel!

    RépondreSupprimer
  2. Marrant, ça, choisir Pushing Daisies. C'est pas mal mais dans les trente incontournables de la décennie ? Vraiment ?

    RépondreSupprimer
  3. Sélection plutôt évidente et pertinente. Il y en a dont il faut dire et redire la qualité (24, Lost), d'autres dont on ne dira jamais assez le génie (Wire, SFU, Mad Men) et d'autres qui en effet mériteraient carrément d'être redécouvertes. Bien vu.

    RépondreSupprimer
  4. Cela dit c'est sûr que les Sopranos manquent (UNE SEULE saison dans les années 90 quand même!!). Mais je comprends bien qu'il faille mettre la limite quelque part.

    RépondreSupprimer
  5. Ah et j'oubliais : très bonne idée de rappeler la qualité exceptionnelle de Little Britain, série très mésestimée en dehors de son pays!

    RépondreSupprimer
  6. Ça m'a toujours étonné également qu'elle ne soit pas plus connue...

    RépondreSupprimer
  7. Pushing Daisies? Sans déconner? C'est la première fois que je suis en si complet désaccord avec toi :)

    RépondreSupprimer
  8. Bah oui ? Pourquoi ? Cette série est proche de la perfection, esthétiquement parlant. Après bien sûr je conçois qu'on ne peut pas aimer, mais dans le genre série ambitieuse...

    RépondreSupprimer
  9. Concernant Breaking Bad, la série a en effet l'air de moins en moins s'essouffler à mesure qu'on progresse (mesurez l'exploit déjà !) mais malheureusement elle ne devrait pas durer plus d'une ou deux saisons supplémentaires, selon Vince Gilligan lui-même. Ce qui me convient tout à fait personnellement
    Sinon je te soutiens pour Nip/Tuck, les deux premières saisons sont vraiment excellentes ! Pour le reste, ça me rappelle qu'il me reste encore énormément de séries classiques à voir, et autant d'autres que je découvre...

    RépondreSupprimer
  10. Bons choix, mais très étonné de ne pas voir 'the Sopranos' et 'Carnivale' dans la liste

    RépondreSupprimer
  11. Très sympathique et éclectique sélection qui ne peut que me satisfaire puisqu'on y retouve ma préférée DE TOUS LES TEMPS : "Six Feet Under".

    Et des bijoux comme "Deadwood", "Mad Men", "Life On Mars" (souvent négligée), le réjouissant "Dr House" (la seule série médicale que j'aime) ou l'addictive "Breaking Bad". Et ça confirme mon envie de voir "John from Cincinatti" la bizarrerie du génial David Milch.

    Perso j'aurai aussi rajouté "True Blood", assez racoleuse mais séduisante, les motards bas du front mais jouissifs de "Sons of Anarchy", la petite série française de "Pigalle La Nuit"
    ... et SURTOUT "La Caravane de l'Étrange", mélange de Freaks, Les Raisins de la Colère et Twin Peaks assez ébouriffante rien que sur le plan esthétique, un autre bijou sacrifié par HBO après deux petites saisons...
    Gros regret tout de même de ne pas y voir "Les Soprano" qui a changé le paysage des séries TV aux U.S.A.. Mais je respecte la subjectivité du Golb ! ;-)

    RépondreSupprimer
  12. Spiroid >>> et je te soutiens pour Breaking Bad. Cinq saisons, c'est généralement la meilleure moyenne. Six maximum.

    Vince >>> comme je le disais plus haut, j'ai automatiquement écarté les séries dont le pilote était antérieur au 1er janvier 2000. Donc les Soprano et quelques autres qui ont commencé en 99 (The West Wing, Law & Order SVU...)... c'est un peu raide je le reconnais, mais il fallait bien couper quelque part, sinon ça n'en finissait plus (fallait-il compter Buffy, Oz ou The Practice, par exemple, qui comptabilisent à peu près autant de saisons dans les années 90 que dans les années 2000 ? Le débat était sans fin, j'ai préféré aller au plus simple... mais les Soprano sont évidemment incontournables, et je leur ai d'ailleurs consacré plusieurs articles dithyrambiques).

    Blake >>> effectivement, la part de subjectivité joue à la marge... passées les incontournables (pas si nombreuses, finalement), j'avoue m'être fait un peu plaisir (il est évident que Boston Public ou Supernatural ne rivalisent pas deux minutes avec Six Feet Under).

    Concernant Carnivale, j'avoue que c'est une des rares séries HBO à laquelle je n'ai jamais réussi à accrocher. C'est-à-dire que je ne pourrais même pas dire que je n'ai pas aimé, je ne suis juste pas rentré dedans. Sons of Anarchy ne m'a jamais convaincu (il est vrai que je n'ai pas dépassé le second épisode de la seconde saison) ; Pigalle la nuit en revanche, j'ai vraiment hésité. Elle aurait commencé un poil plus tôt, ou aurait déjà eu sa seconde saison... je l'aurais sans doute prise. En l'état, ça ne m'aurait pas forcément paru très juste vis-à-vis d'autres titres ayant fait leurs preuves sur la durée.

    RépondreSupprimer
  13. Si, si, il est question de The Sopranos, quelque part dans ce billet ;) (Malgré la remarque en fin de post.)

    Les séries que j'ai vues, c'est grâce à ce blog, à son auteur, alors... encore merci de m'avoir donné le désir de découvrir SFU, the Wire, Skins, Breaking Bad, The Shield, Mad Men, Lost,(et The Sopranos).

    Je voudrais juste être à nouveau vierge-de-série(s), et les découvrir, comme si c'était la première fois. ;)

    RépondreSupprimer
  14. Belle sélection même si tes efforts ne me convertiront pas à Niptuck :-))

    RépondreSupprimer
  15. Je me suis régalé récemment en découvrant Little Britain. Vraiment corrosive, j'ai rarement vu ça. Bizarre qu'elle ne soit pas plus connue...

    RépondreSupprimer
  16. Très bonne idée de rappeler Boston Public à notre souvenir. La série était aussi, en plus, une sacrée pépinière de talents, beaucoup de comédiens "vedettes"(de série ou de cinéma) ont débuté là-bas (Jessalyn Gilsig, Michelle Monaghan, Matthew Morrison, Michael Rapaport...)

    RépondreSupprimer
  17. Beau travail ! Et en plus y'a mes chouchous (Friday night lights et Deadwood) par contre je rejoins les autres pour dire que Pushing Daisies avait peut etre aps forcément sa place ici. Sinon Dexter c'est un oubli ou c'est volontaire ?
    Mais le grand oubli, ça reste quand même Braquo, la série culte de O. marchal, qui va marquer son époque je pense... nooooon j'déconne bien sûr !!!!! ;-)

    RépondreSupprimer
  18. y a aussi une série que j'avais beaucoup aimée qui s'appelle INVASION, une seule saison mais une ambiance douce et mélancolique....aussi je confirme que si on s'accroche pour CARNIVALE on a là qqch d'assez unique avec le personnage de brother justin proprement hallucinant

    RépondreSupprimer
  19. Pas mal de séries que je n'ai pas vu ou que je n'aime pas (24, SFU (j'assume !), Pushing Daisies...) et ma chouchoute Dexter qui est absente :(

    Malgré tout j'aime bien cette petite sélection qui a le mérite de proposer des séries que l'on ne voit quasi-jamais dans ce genre de classement (Supernatural, Dollhouse...). Ca donne envie de jeter un oeil sur certaine ;)

    RépondreSupprimer
  20. Benoit >>> Dexter est un oubli volontaire (et totalement assumé).

    Marc >>> Invasion... tu parles de la série d'ABC d'il y a cinq ans, environ ? C'était pas mal du tout, c'est vrai.

    Typh >>> doucement sur les blasphèmes, tout de même :-)

    RépondreSupprimer
  21. pushing daisies mais pas dexter, c'est un choix de décorateur de plateau ou de chef op Thom ;-)

    dès le 3e épisode Pushing daisies est une série morte, à mon avis, les 2 ressorts sont trop ténus et vite épuisés.
    cela dit c'est un des rares contes de la télé actuelle, ça lui confère une certaine singularité

    RépondreSupprimer
  22. Tant que Mad Men est là (il ne pouvait en être autrement), je suis satisfait.

    A bientôt,

    BBB.

    RépondreSupprimer
  23. Mais que fait Pushing Daisies là-dedans ? Dexter, Lost Room, Firefly, les choix ne manquaient pas. Sans parler des séries n'ayant rien à faire dans une sélection "incontournable" (Dr House, sans rire ?) et des trois séries françaises, dont une seule est regardable sans nausée (on devinera laquelle).

    RépondreSupprimer
  24. On a tous un côté chef op' en nous, voyons ! Ou enfant refusant de grandir.

    Pas la peine de s'énerver pour ça, Greg ^^

    RépondreSupprimer
  25. Pour faire court, et donc forcément lapidaire, ce dont je m'excuse, je trouve l'esthétique de Pushing Daisies incroyablement typée "Amélie Poulain", ce qui n'est déjà pas, dans ma bouche, un compliment. Ensuite, les personnages sont d'une niaiserie sans pareilles, caricaturaux et superficiels. Enfin, il y avait quelque chose de vraiment glauque dans l'idée de départ (être amoureux d'une fille qu'on ne pourra jamais toucher) et qui est à peine exploitée, et même, je dirais qu'elle est effleurée avec la même mièvrerie qu'à peu près tout ce qui constitue cette série. Perso, je trouve ça vraiment irregardable :)

    RépondreSupprimer
  26. "être amoureux d'une fille qu'on ne pourra jamais toucher"

    et twilight alors? ou true blood, je ne sais plus,
    le puritanisme, maquillé sous un romantisme rétro, a ni plus ni moins sa place à la télé que les incitations à la vengeance et à la violence.

    si on ne regardait que des fictions avec lesquelles on est politiquement en phase, ce serait triste

    RépondreSupprimer
  27. Oui, et il ne faut pas oublier d'ailleurs que Pushing Daisies était une série ABC, chaîne familiale s'il en est.

    Cela dit dans mon souvenir, la série est parsemée d'un sous-texte sexuel très fort, et n'est pas si mièvre que cela. Comme un bon conte, quoi ^^

    RépondreSupprimer
  28. Arboro, j'avoue que je ne comprends pas bien ta réponse ^^
    Il ne m'a pas semblé que Pushing Daisies véhiculait un contenu puritain, mais simplement qu'elle avait oublié d'exploiter cet aspect de son intrigue (il est abordé, mais rien n'indique que la raison de son traitement superficiel soit un puritanisme latent - c'est juste traité sans profondeur, mais les personnages semblent néanmoins en souffrir)

    RépondreSupprimer
  29. Ah mais le contenu n'est pas "puritain", en tout cas à mon avis...

    RépondreSupprimer
  30. mais kalys une fois que c'est posé, ça n'a plus aucun intérêt, on a déjà vu ce truc là dans Dark angel il y a 10 ans, quand max a été infectée par un virus qui fait que si logan la touche il meurt.
    super... mais déjà ça intervient dans dark angel au moment où après un long crescendo la relation entre les personnages prend enfin une tournure vraiment sexuelle, et elle ne constitué qu'une épreuve qui une fois surmontée ne reste pas constitutive du récit.

    c'est ce que je disais par le fait que Pushing daisies est morte au bout de 1 ou 2 épisodes.
    les atouts maitres sont abattus sans avoir été amenés correctement, et sans arrière fond qui permette de reboindir sur autre chose.
    dans pushing daisies ce truc de scénario a été utilisé en amateur et sur un rythme de court métrage, alors qu'une série se gère sur 10, 16, 24 épisodes.

    amateur et sans souffle. j'aurais pas fait moins bien, peut-être pas mieux mais j'aurais pas fait pire c'est certain

    RépondreSupprimer
  31. j'explique : l'impossibilité n'a d'intérêt dans un scénario, et surtout dans une série, que si elle fournit un moteur pour être surpassée,
    à ce moment elle doit devenir la matière d'une intrigue récurrente à enjeu réel.

    ici, soit ça passe par se débarrasser de ce don encombrant, soit par pousser à l'extrème les stratagème genre gant plastique qu'on voit au début de la série, comme avec un malade en chambre d'isolement.

    Mais ça entraînerait la série dans une dimension absurde et burlesque (ce qui n'empêche pas le tragique, au contraire ça peut le pousser plus loin), qui n'est pas sa trame principale et certainement pas une trame "familiale", parce que pour le coup ça sort du platonisme et ça devient glauque, obsessionnel et bizarre.

    j'ai eu l'impression que cette série n'irait jamais dans cette direction, et donc qu'elle faisait des choix stupides et pauvres (en termes d'intrigue et de ressort psychologique), donc après é épisodes j'ai laissé tomber la série devenait vide. morte. cqfd

    RépondreSupprimer
  32. Je ne suis pas tout à fait d'accord, et même pas du tout à la base : l'élément essentiel du dispositif de Pushing Daisies, pour moi, ce n'est pas le fait de ne pas pouvoir toucher la personne qu'on aime ; c'est le fait que tout être que Ned le pâtissier ressuscite plus d'un minute doit être compensé par la mort d'un autre. Et ça, sur la durée, ce n'est pas si mal exploité, notamment dans la seconde saison.

    Cela dit là aussi, on n'est pas dans le thriller, ce n'est pas le but, ni dans le récit psychologique. Pushing Daisies se situe plutôt dans la lignée de Scooby Doo, enquête au second degré dans des épisodes stand-alone, le tout enrobé d'une esthétique burtonnienne (plus qu'Amélie Poulain, quoi, non, quand même, sérieusement... :D). Les personnages ne sont pas là pour être profonds, ils sont là pour être sympathiques, hauts en couleur, performants sur des one-liners plutôt que sur la durée. On ne peut pas dire qu'Ermson Code, Olive Snook ou les deux sirènes ne remplissent pas cette mission. Sans parler de toutes ces fantaisies adorables (Code qui recherch sa fille dans un livre de pop-up, c'est tellement...) Pourquoi Veronica Mars aurait-elle le droit d'être culte et Pushing Daisies serait-elle juste nulle ? Elle est meilleure à tout point de vue, même la comédienne principale est plus mimi dans Pushing Daisies :-)

    RépondreSupprimer
  33. Bon, je crois qu'en fait, Arboro et moi sommes d'accord :)

    Je ne comprends pas bien le rapport avec Veronica Mars?
    Ton argumentation se vaut, je le vois bien, mais rien n'y fait : les choix esthétiques et scénaristiques de la série me passent à cent milles au-dessus. Un personnage comme Olive mérite la pendaison, d'après moi :D
    (mais j'ose plus trop te contredire, maintenant que je sais que t'as arrêté de fumer^^)

    RépondreSupprimer
  34. Dans le genre série vaguement culte qui aurait pu s'arrêter au bout de trois épisodes...

    RépondreSupprimer
  35. En plus Anna Friel est beaucoup plus mignonne que Kristin Bell :D

    RépondreSupprimer
  36. J'en retrouve pas mal qui sont sur ma liste "à voir", et pour ce qui est de "Boston public" et "Generation kill", j'en prends bonne note, merci^^

    RépondreSupprimer
  37. Mais pourquoi avoir écarté Dexter alors ? Comme tu le sais, je suis en train de changer d'avis au sujet des séries tv ( en fait avant j'avais un avis négatif qui ne reposait sur rien dans la mesure où je ne regardais jamais , par principe , de séries TV .
    Et là , avant de me lancer dans the wire , j'ai regardé la saison 1 de Dexter . Sans trop de conviction parce que j'en avais tellement entendu parler que bon, bof, quoi . Sauf que j'ai trouvé ça vraiment très très bien et que je n'ai qu'une hâte : attaquer la saison 2.
    Alors pourquoi cette mise à l'écart ?

    RépondreSupprimer
  38. Parce que j'ai toujours été assez mitigé au sujet de Dexter, et que ça ne s'est pas arrangé avec les années. J'ai toujours trouvé que cette série était bien, mais pas plus. Disons que si, peut-être qu'après la saison 2, qui était vraiment très réussie et assez surprenante, j'aurais pu la mettre dans une telle sélection... mais depuis elle n'a fait que mettre en lumière ce que je pensais déjà dès la saison 1 : qu'elle est une série faussement subversive et réellement réac', que son thème principal est l'amitié et la famille bien plus que la pulsion de mort (Dexter relève d'ailleurs plus du super-héros que du monstre qu'il revendique être), sans parler des personnages secondaires peints à la truelle et des scenarii dont j'ai fini par me lasser à force de systématisme. En gros, une saison de Dexter consiste en a) la rencontre avec un double du héros qui va immédiatement faire écho à ses préoccupations (et qui disparaîtra à la fin de la saison aussi rapidement qu'il est venu) ; et b) une intrigue thriller de facture moyenne, assez prévisible et se dénouant en dix minutes chrono. Voilà une petite liste de griefs parmi d'autres, mais j'avais traité un peu plus largement le sujet dans un article entier.

    RépondreSupprimer
  39. Merci pour ta réponse, Thomas . J'ai tapé "dexter" dans le moteur de recherche du blog mais j'avais raté cet article. J'ai envie de le lire mais je devrais peut-être attendre de regarder la série avant , non ?

    RépondreSupprimer
  40. Il y a certes quelques considérations générales sur l'évolution de la série, mais je n'y révèle aucun rebondissement particulier, ni aucun fait précis. En revanche les commentaires sont à éviter, je pense.

    RépondreSupprimer
  41. Tant mieux , je vais aller lire ça tout de suite alors !
    Encore merci !

    RépondreSupprimer

Si vous n'avez pas de compte blogger, choisir l'option NOM/URL et remplir les champs adéquats (ce n'est pas très clair, il faut le reconnaître).