vendredi 31 octobre 2008

The Flaming Lips - Classe alternative

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Ca semble drôlement loin aujourd'hui mais avant de devenir les princes de la pop néo-psychédélique choucroutement incorrecte avec une paire d'albums bizarroïdes encensés par la critique (The Soft Bulletin et Yoshimi Battles the Pink Robots) les excellents Flaming Lips étaient les fleurons de l'indie-rock tel qu'on l'adore sur Le Golb - axe Butthole Surfers / Dinosaur Jr cela va sans dire. C'est d'ailleurs à ces derniers qu'on pense immédiatement lorsque retentit « Turn It On ! », premier titre du sublime Transmissions from the Satellite Heart , qui n'aurait pas dépareillé sur les meilleurs albums du groupe de Jay Mascis (BUG et Green Mind). Les amateurs du genre s'y sentiront de suite à la maison, quant à ceux qui ne connaissent des Lips que le versant expérimento-barré des années deux mille ils risquent pour leur part de tomber des nues en découvrant l'aisance mélodique et la concision pop du père Wayne Coyle en milieu de carrière.

jeudi 30 octobre 2008

Premier sommet

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Le premier Juge Ti que j'ai lu, au milieu des années quatre-vingt dix, est tout simplement fabuleux. J'en avais gardé un très fort souvenir. Pour vous dire : sans jamais l'avoir relu depuis j'en gardais en mémoire le moindre petit détail, ses images (dans tous les sens du terme : comme la plupart des Van Gulik il est illustré par l'auteur en personne) ayant imprimé durablement mon cerveau alors adolescent. Et pourtant... alors que partant de cela j'avais les meilleures raisons qui soient d'être déçu, ou tout du moins de ne prendre que peu de plaisir à y revenir... ou peut-être tout simplement de relativiser mon enthousiasme... j'ai été littéralement stupéfait par la qualité de cet ouvrage, que je n'aurais pourtant pas eu idée d'ériger au rang de meilleur volet de la série... quand à présent, franchement, j'hésite (on va voir ce qu'en dit yueyin).

Vincent Delerm - (In)égal à lui-même

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De tous les artistes qui explosèrent dans son sillage à l’aube des années 2000, Vincent Delerm est sans doute celui qui s’en est le mieux tiré – en tout cas celui qui fut le plus malin et le plus avisé au moment de donner une suite discographique à un premier album au succès inattendu. Evitant les pièges de la néo-variétisation à force de plateaux télés, restant planqué chez un indépendant à la crédibilité jamais remise en cause (Tôt Ou Tard) plutôt que d’aller se perdre chez Universal, Delerm a réussi l’improbable tour de force d’affiner son image en même temps que sa musique – ce qui n’est pas si courant que cela. Jusqu’à donner le coup de grâce (ou ce qui aurait dû l’être) avec un album superbe, les Piqûres d’araignées, où celui dont on devinait depuis longtemps qu’il se sentait nettement plus proche d’un Biolay que d’un Bénabar ou d’un Cali s’affirmait contre toute attente comme un musicien exceptionnel, capable de se renouveler, de prendre des risques, de jouer le contre-pied, d’aérer son écriture et même, incroyable mais vrai, de PRODUIRE un album… bref tout ce qu’en général, soyons réalistes une seconde, les Français ne savent pas faire et n’essaient même jamais de faire, écrasés qu’ils sont par l’héritage d’une chanson française de tous temps (qu’on écoute attentivement les meilleurs albums de Brel pour s’en convaincre) plus encline à soigner ses textes qu’à jouer de la musique.

mardi 28 octobre 2008

Christopher Priest - C'est le métier qui rentre

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Y'a pas à dire, c'est toujours la même histoire - dans la vie comme dans les romans. Apprentis, stagiaires, intermittents ou intérimaires - peu importe comment on les appelle ils sont les jeunes premiers éternellement mal traités et cantonnés aux basses tâches... ce aujourd'hui comme hier... et a priori aussi comme demain.

C'est ainsi que le jeune Helward, arrivé à un âge kilométrique raisonnable (six cent cinquante miles) se retrouve brinqueballé dans un univers pour le moins singulier qu'il découvre en même temps en nous (et je peux vous dire qu'on est bien content que ce soit le sien et pas le nôtre), apprenti topographe du futur au sens le plus strict du mot topographe.

lundi 27 octobre 2008

Death Cab For Cutie - Golb Voting Yes!

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Dix ans ou presque de dédaigneuse indifférence et voici soudain qu'on se met aujourd'hui à célébrer Something About Airplanes comme s'il s'agissait d'un classique - le rockeux ne connaît décidément pas la demi-mesure. Il faut dire qu'il y a beaucoup de temps à rattraper tant Death Cab For Cutie, adulé par ici, a été ignoré du grand public en dépit d'albums très au-dessus de la moyenne de ce qui se produit de nos jours. Et s'il est vrai que le groupe de l'omnipotent Ben Gibbard n'y a pas toujours mis du sien (de nombreux changement de personnel, un troisième - photo - album franchement raté, un Plans un poil trop radiomical pour être honnête), rien ne justifiait vraiment que Death Cab conserve jusque là son statut de secret le mieux gardé des amateurs d'indie-rock américain, lui qui en dépit d'un nom invraisemblable n'a jamais rien eu d'un Sonic Youth. Au contraire : pop et puissante, efficace au sens le plus noble du terme, la musique de Death Cab For Cutie avait dès le premier album tout pour cartonner... et l'on peine à comprendre qu'il ait fallu le milieu des années 2000 pour qu'une major (Warner, le cas échéant) s'en aperçoive.

samedi 25 octobre 2008

Tristan Egolf - Accident de (fin de) parcours

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Pour apprécier Skirt & The Fiddle il convient d'oublier tout ce que l'on sait et tout ce que l'on a déjà lu, ce qui n'est pas une mince affaire quand ce que l'on a déjà lu s'intitule Lord of the Barnyard et s'avère être l'un des deux ou trois plus grands romans des vingt dernières années. Et pourtant quelques pages suffisent pour que s'impose cette évidence : Skirt & The Fiddle n'a pas grand chose à voir avec l'œuvre culte à laquelle il fait suite, le style lui-même ayant pas mal évolué entre temps. Ce qui déstabilise un peu tout en trouvant son explication logique dans la génèse du Lord of the Barnyard lui-même (on y reviendra plus en détail sous peu), certes publié en 1998 mais écrit depuis bien plus longtemps - tout simplement une œuvre de jeunesse qui ne dit pas son nom tandis que Skirt & The Fiddle capte un Tristan Egolf plus mûr (il est né en 1971) et moins égocentré que celui que j'ai adoré lorsque j'étais moi-même adolescent.

vendredi 24 octobre 2008

Sonic Youth - Acid Rock

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Pour son retour après quelques semaines de vacances forcées (pour cause de Rock'n'Roll Hall of Shame), la rubrique Rétro se présente aujourd'hui dans son plus simple appareil - victime collatérale malheureuse de l'autodestruction de mon vieux PC portable. Celui-là même qui renfermait toutes les précieuses « chroniques à chaud » ponctuellement exhumées depuis un an, et qui parfois nous firent bien rire. Une bien triste nouvelle puisqu'elle signifie qu'à moins d'une récupération de données pour l'instant très conditionnelle cette rubrique sera amenée à disparaître des colonnes du Golb. Après ce numéro un peu branlant, puisque comme vous le savez sûrement... du côté de chez Rétro les chroniques « contemporaines » sont écrites avant d'avoir jeté un coup d'œil à la première mouture... soit donc le cas échéant avant de voir que le disque dur a grillé et qu'on a perdu ses trois premiers romans qui n'étaient pas très bons mais auxquels on était attaché (c'est La Pléiade qui va faire la gueule en apprenant ça).

jeudi 23 octobre 2008

Un petit livre comme les autres

[Mes livres à moi (et rien qu'à moi) - N°22]  
Nocturne du Chili - Roberto Bolaño (2000)

Au début des années 2000, la France découvrait médusée qu'on lui cachait depuis des années l'existence d'un authentique génie, un auteur quasiment inconnu à la virtuosité si écrasante qu'une petite décennie de publication suffit à en faire un classique - rien que ça. C'est peu dire que son succès fut fulgurant : en une poignée d'années Roberto Bolaño (c'était son nom) vit sa bibliographie traduite à la chaîne, un véritable continent englouti (sans mauvais jeu de mots ou référence taquine au peu d'intérêt du public français pour les auteurs sud-américains) explosant au grand jour avant d'exploser en vol - le hasard voulut que Bolaño mourut moins d'un an après que le lecteur français émerveillé ait eu le loisir de faire sa connaissance.

mercredi 22 octobre 2008

Le Charme discret des muselières

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Il semblerait qu'il existe un décalage croissant (?) entre l'enseignement de la littérature et les préoccupations de nos jeunes (en un seul mot, JEUNE, du latin JEUNUS : Corps étranger s'épanouissant à l'arrière de la Picasso que l'on rendra responsable de tous les maux de la société), le fait est aussi difficile à contester que le sujet complexe à résoudre - d'aucuns même hausseraient sans doute les sourcils sur le mode : Quoi ? Il faut donc le résoudre ? ... mais bon, en gros et à un ou deux Finkielkraut près (lequel nous dirait sans doute que la littérature n'est de toute façon pas faite pour être appropriée par ce jeune gavé d'Internet, que c'est lui et non elle qui se doit de s'adapter…), on s'accorde tous plus ou moins sur le diagnostic. Oui, il est triste que des années d'enseignement de la littérature puissent dégoûter au lieu de donner envie de lire, il est dommage que certains lecteurs soient perméables à certains auteurs à cause de l'école (même si l'on devrait plutôt dire à cause de leur rapport à l'école). On peut éventuellement considérer la question comme secondaire ; on peut difficilement s'en féliciter.

mardi 21 octobre 2008

The Who - L'Art du lieu commun

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Lieu commun numéro 1 : Live at Leeds est le meilleur disque des Who.

Lieu commun numéro 2 : Live at Leeds est le dernier chef-d'œuvre des Who. Après ça ce ne sera pas forcément toujours mauvais (qui a dit Quadrophenia ???), ce ne sera pas toujours bon non plus... ce sera toujours différent.

lundi 20 octobre 2008

Martin Amis - Addict

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Le verdict est tombé d'un coup, alors que Lessieur se redressait pour enfiler sa veste : « Money » est un bon livre, c'est certain, mais honnêtement c'est un peu comme les premiers McInerney - tous ces livres sur les golden boys ont quand même beaucoup vieilli.

samedi 18 octobre 2008

Boileau & Narcejac - Méfiez-vous des muses comme de votre plus cher Pygmalion !

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Grand succès au moment de sa sortie, rapidement adapté au cinéma par Etienne Perrier (sous le titre grotesque de Meurtre en 45 tours), A cœur perdu clôt en fanfare la première période de Boileau & Narcejac, petite huitaine d'années qui vit le duo expérimenter ses techniques de narrations jusqu'alors inédites (ils avaient eu l'idée de faire voir l'histoire par l'œil non plus de l'enquêteur mais du coupable), connaître la gloire grâce à l'adaptation de Celle qui n'était plus par Clouzot (Les Diaboliques) et disséminer quelques titres faisant office de classiques quoique ne comptant pas nécessairement parmi leurs meilleurs (Les Visages de l'ombre, D'entre les morts...).

vendredi 17 octobre 2008

Oh! Susan...

[Mes disques à moi (et rien qu'à moi) - N°87]  
The Scream - Siouxsie & The Banshees (1979)

Susan oh... Susan... tu sais, Susan, en dix ans mes goûts ont aussi souvent changé en matière de musique qu'en matière de femmes. Je ne dis pas ça pour que tu te sentes flattée de toujours et encore me faire le même vivifiant effet... je ne sais pas pourquoi je le dis, d'ailleurs. Mais je voulais que tu le saches : tu occuperas toujours la première place, pour moi. N'ai-je pas été le seul blogueur à défendre ton album solo l'an passé ?

J'ose croire que pour cette seule raison j'occupe moi aussi une place à part dans ton cœur.

jeudi 16 octobre 2008

Des revenants, des courtisanes et des barbes à poils durs

Sensualité chinoise quand tu nous tiens ! Ce troisième volet des aventures du Juge Ti (le premier ayant pour cadre la province fictive de Han-Yuan) fait une consommation de superbes créatures pour le moins impressionnante (la consommation... et les créatures aussi, en fait). Ici une courtisane assassinée après une danse endiablée sur un bateau de fleurs, la une épouse disparaissant au cours de sa nuit de noces... le moins qu'on puisse dire c'est que Han-Yuan, pour être plus calme (car mieux située) que Peng-Lai, n'en est pas moins remuante.

The Coral - En route pour la gloire !

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Bon an mal an The Coral est en train de s’imposer comme l’un des groupes les plus influents des années 2000, si ce n’était pas évident sur la ligne de départ c’est aujourd’hui de plus en plus difficile à nier. Combien de fois le nom du groupe de James Skelly a-t-il surgi au détour d’un article de ce blog ? De mémoire on dira : un certain nombre. Au point qu’il devenait de plus en plus embarrassant de le citer régulièrement en parlant des autres sans toutefois prendre la peine de s’arrêter un instant pour parler de lui seul. Miracle de la hype ou hasard du calendrier on ne sait pas trop, mais figurez-vous que justement The Coral vient de publier un greatest hits pas piqué des vers, oh pas de quoi changer la face de l’univers on est d’accord… mais l’occasion, c’est bien connu, fait aussi souvent le laron que le blogueur.

lundi 13 octobre 2008

Black Sabbath - Les Dures lois de la pesanteur

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Black Sabbath featuring Ronnie James Dio, c'est une incroyable histoire d'occasions manquées et de rendez-vous loupés (si on en faisait un film ce serait un mélo) que vient couronner aujourd'hui ce bizarre coffret de rééditions... bizarre parce qu'uniquement centré justement sur cette histoire Ronnie James Dio / Black Sabbath, faite de retournements de situations improbables, de ruptures, de retrouvailles, d'espoirs déçus... etc.

samedi 11 octobre 2008

Samuel Benchetrit - La Littérature aux intestins

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P'tit Bench est devenu grand et comment dire... ? On n'est pas sûr à la fin d'avoir gagné au change. En fait dans Chroniques de l'Aphalte épisode deux il y aurait de quoi nourrir quelques chapitres au rayon nostalgie de l'innocence enfantine perdue - sauf qu'une fois n'est pas coutume le sentiment assaille plus souvent le lecteur que le narrateur.

vendredi 10 octobre 2008

The Ultimate Rock'n'roll Hall of Shame

[Mes disque à moi et (rien qu'à moi) - Hors-série N°5]  
Misplaced Childhood - Marillion (1985)

Vade retro, Satanas ! Sors de ce corps et ne revient plus !

J'ai bien conscience qu'avec cet ultime Rock'n'Roll Hall of Shame il n'y aura cette fois point de salut pour ma pauvre âme. J'imagine déjà KMS m'envoyer brûler en Enfer, G.T. me délinkant sans même prendre la peine de lire l'article jusqu'au bout, mon blog-rank chutant inexorablement passé le week-end... et pourquoi pas au final mettre la clé du Golb sous la porte ? Il y a réellement de quoi déposer le bilan tant Marillion est Le Groupe Indéfendable Ultime, coupable de tous les péchés, celui qui entraînerait le plus farouche des esthètes dans sa chute pour un peu que ce dernier se laisse tenter une seconde par son redoutable baiser de la mort. Marillion, c'est le Rock'N'Roll Hall of Shame poussé jusqu'à son extrême limite : on peut défendre à peu près n'importe quelle merde pour un peu qu'on sache manier la plume et la mauvaise foi... mais là, on touche à la sous-merde - au sens le plus littéral du terme : Marillion (du moins dans les 80's) est presqu'unaniment considéré comme étant un ersatz de Genesis et de Yes... soit donc de deux des groupes les plus haïs, vômis, conchiés de tous les temps. Avouer aimer Genesis est déjà grave en soi. Avouer être passionné par la discographie de Marillion... tous les esthètes qui l'ont osé ne sont hélas plus là pour le raconter.

jeudi 9 octobre 2008

The Children of Hùrin - Prequel stylistique

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Lorsqu'il m'est arrivé parfois de glisser au détour d'une chronique un petit tacle au Grand Tolkien, père de tous les plus doux rêveurs de George Lucas à yueyin, on m'a souvent sommé de m'expliquer en des termes pas toujours amicaux... car le fait est que s'il est un auteur auquel on n'a pas vraiment le droit de toucher c'est John Ronald Reuel, Monsieur J.R.R., on lui doit tellement à celui-ci que tout esprit critique semble avoir définitivement disparu des articles le concernant... au point que forcément, un type se permettant de le vanner à l'occasion ne puisse être qu'un sinistre troglodyte - pour ne pas dire un imbécile de nain.

Oasis - Coral Fang ?

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Les effets d’annonce ont ceci d’horripilant qu’ils induisent un déplorable double effet Kiss Cool dont Oasis, comme Portishead il y a quelques mois ou Radiohead l’an passé… comme tant d’autres avant lui… sera à coup sûr ces temps-ci la victime malheureuse : on a bien vite l’eau à la bouche et la langue qui traîne par terre, jusqu’à ce moment fatidique où l’on écoute le disque et où l’on est immanquablement déçu.

« Ah bon. Ce n’est que ça ? »

mercredi 8 octobre 2008

Krach, Baby Krach !

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Avez-vous senti la terre vibrer sous vos pieds, ces derniers jours ?
Avez-vous vu la Seine adopter lentement mais sûrement cette teinte pourpre et inquiétante... ?
Avez-vous aperçu cette avalanche de grêle sur Bercy, que Sophie Davant elle-même n'avait pas su prévoir... ?
Bien sûr.
Vous ne pouvez l'ignorer : c'est la crise. Ou plutôt, pour être tout à fait exact c'est : 

mardi 7 octobre 2008

Thomas Fersen - Comme un Best of, mais en mieux

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Rien à voir, c'est promis, avec une quelconque culpabilité développée suite à un quelconque article à propos d'un quelconque Trois petits tours... enfin si : Trois petits tours est bien un album quelconque - mais ce n'est pas pour me faire pardonner que j'écris aujourd'hui sur ce qui est peut-être le meilleur album de Thomas Fersen. La motivation est plutôt un constat imprévu : en réécoutant par hasard ce live de 2004, je me suis rendu compte à quel point Trois petits tours était un album raté (encore heureux que je n'ai pas re-posé d'oreille sur La Cigale des grands jours AVANT rédaction dudit article !).

lundi 6 octobre 2008

Earthbound - Fantômes à tics

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Avez-vous entendu parler de The Link, dernier roman de Richard Mathenson paru il y a deux ans ? Probablement pas.
Saviez-vous-même que Richard Matheson était encore vivant ? Pas forcément.

Maintenant : aimeriez-vous savoir pourquoi ? La réponse se nomme Earthbound

samedi 4 octobre 2008

Rapido Presto : Willie Nelson & Wynton Marsalis

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A ma droite : Willie Nelson, légende de la country, toujours hyperprolifique en dépit de ses soixante-quinze ans, grand amoureux de jazz comme en témoigne son magnifique et incontournable Stardust.

A ma gauche : Wynton Marsalis, trompettiste surdoué à qui l'on reproche souvent (à raison) son côté consensuel mais qui, il faut bien le reconnaître, demeure un foutu musicien.

Au milieu : le blues (évidemment), un public conquis, des standards à en pleuvoir (« Bright Lights, Big City », « Georgia on My Mind »...), une atmosphère feutrée et intimiste comme on aime, une musique élégante et racée jetant tous les ponts possibles et imaginables entre country / jazz / blues et même un peu classique (mais pas trop, juste assez pour rester dignes).

On en demandait pas plus : court, chaleureux, humain, Two Men with the Blues est sans conteste l'un des très beaux albums de l'année, de ceux qu'on peut offrir aussi bien à son amoureuse qu'à sa mère (crossover rarissime et donc dangereux). Les deux ont l'élégance discrète de ceux à qui rien ne peut arriver, les lecteurs du Times pleurent de joie... nous aussi!


👍👍 à écouter en priorité : "Bright Lights, Big City" & "Ain't Nobody's Business"

Rapido Presto : Whirlwind Heat

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Le nouvel album de Whirlwind Heat est dans un premier temps assez déstabilisant : comment peut-on passer en quelques années d'un rock synthétique particulièrement marqué par Sonic Youth et la no-wave à un genre d'electro-pop à la Beck période Stereopathetic Soul Manure / Odelay, sans pour autant se renier ni sombrer dans le ridicule ? A part Whirlwind Heat, à vrai dire, aucun groupe n'oserait sans doute s'y risquer - et si celui-ci se sent autorisé à toutes les extravagances c'est sans doute parce que ses six fans ont intégré depuis longtemps le vieil adage Plus le rock est bizarre, plus le rock rolle.

En conséquence Scoop du Jour, dont le titre est nettement moins improbable que le contenu (ce qui n'est pas peu dire), s'avère un troisième opus funky et bondissant, résolumment joyeux et dans ses meilleurs moments (« Scram », « Ouf of Mind ») tout à fait fantasque - donc charmant. Certes à l'écoute d'un « The Realization » rappelant le meilleur de Faith No More période The Real Thing on se dit qu'il est loin le temps où l'on pensait sincèrement que Whirlwind Heat et sa formule inédite (les fous osaient sucrer la guitare !) allaient changer la face du rock. Passés du statut de psychopathes surdoués à celui de gentils fêlés qu'on retrouve chaque fois avec grand plaisir, les trois zozo d'Ann Arbor ont changé de statut sans qu'on arrive jamais vraiment à leur en vouloir - après tout Scoop du Jour comme Type of Wood est un album irrésistible. Ce qui justifiait bien, ma foi, une place dans les Spotlights.


👍 à écouter en priorité : "Emulators" & "Scram"

Rapido Presto : Brimstone Howl

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White Stripes ? Dirtbombs ? Von Bondies ? Aux oubliettes. Le meilleur groupe américain de 2008 sera sans conteste Brimstone Howl, quatuor du Nebraska déjà auteur l'an passé d'un excellent debut produit par Dan "Black Keys" Auerbach : Guts of Steel. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'en un an, les jeunes espoirs ont pris une dimension si considérable que dans un monde réellement concerné par le rock'n'roll personne jamais ne pourrait plus les ignorer.

Pied au plancher et enceintes poussées au maximum, We Came in Peace s'avale d'une traite et propose à peu près tout ce que la concurrence R&R contemporaine ne propose finalement que très rarement (sinon pas du tout) : urgence, sueur, danger, riffs déments (celui de "Child of Perdition" est assez imparable), son débridé et hymnes aussi puissants que jamais putassiers (« Summer of Pain », « Shangri-La »). Convoquant les fantômes du Velvet, des Ramones et des Stooges (lesquels ne sont pas morts, en fait, mais bon...) le groupe du chamanique John Ziegler sonne la charge, porté par une section rythmique éblouissante... chaos debout qu'il en ressort, le golber. Pour vous dire : au bout de deux écoutes We Came in Peace avait déjà supplanté l'indéboulonnable Real Emotionnal Trash (Stephen Malkmus & Jicks) au titre d'album GOLB de l'année... et depuis lors, à chaque nouveau passage, il conforte un peu plus sa position. Et c'est bien parce qu'on n'emploie quasiment jamais ces mots par ici qu'on est aujourd'hui très fier de vous dire, chers lecteurs, chers amis : We Came in Peace, de Brimstone Howl, est un chef-d'œuvre - vous savez ce qu'il vous reste à faire.


👍👍👍 à écouter en priorité : "Summer of Pain", "Easy to Dream" & "Firewalk"

Rapido Presto : Tricky

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On avait laissé Tricky un peu ennuyés (je parle de nous, hein - pas de lui) après un Vulnerable dans lequel l'ex-presque-Dieu exhibait plus souvent les faiblesses de sa musique que celles son âme. Inégal (très), mal fichu et même mal produit (un comble de la part d'un tel sorcier du son), le septième album de Tricky ne donnait franchement pas cher de sa peau et seule une série de concerts époustouflants nous permit de lui conserver un tant soit peu de respect. C'est donc peu dire qu'après un tel passage à vide (qui en l'espace de quelques semaines le vit ruiner l'une des auras les plus considérables des années quatre-vingt-dix) Tricky aurait pu faire à peu près n'importe quoi... ç'aurait difficilement pu être pire ! C'est par conséquent fort logiquement que les premières écoutes de Knowle West Boy ravissent : c'est groovy (« Veronika »), c'est pêchu (« C'mon, Baby »), c'est hypnotique (« Baligaga », « Far Away »)... on aurait tort d'en demander plus.

Car si une chose est certaine depuis bien avant de poser la moindre oreille sur ce huitième épisode de la série The Rise & Redemption of the Tricky Kid, c'est que Tricky ne publiera plus jamais de ces albums noirs, violents et torturés qui ont fait sa légende. Désormais plus apaisé, presque décontracté même, par moments... Tricky signe un disque dans la droite ligne de son excellent Blowback (2002) - Knowle West Boy le rappelle jusque dans sa pochette. Soit donc une electro-pop-funk charmante, joviale et nonchalante... finalement assez singulière par rapport à ce qui se produit de nos jours. Qu'on se le dise : c'est un nouveau chapitre de l'œuvre trickienne qui s'est ouvert depuis le début des années 2000 et le départ tonitruant de chez Polygram (soit donc le véhément maxi Mission : Accomplished). Plus légère, plus aérée... sans doute moins passionnante, aussi. Ce qui n'empêche nullement Tricky de rester une valeur plus que sûre - ni Knowle West Boy d'être un disque très réussi.


👍👍 à écouter en priorité : "Puppy Toy" & "Far Away"

vendredi 3 octobre 2008

Boléro - Clichés d'amour

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Je ne m'attendais pas à cela.

Captant ce roman au détour du crossover des blogs, à la suite d'un texte de toute beauté signé par une habituée de la chose, je m'attendais assez stupidement à découvrir un livre de moi inconnu mettant en relief le rapport à la musique... et pourquoi pas le grand livre que je désespérais de lire sur le sujet ? Cent-vingt pages plus tard, j'ignore si je dois m'incliner respectueusement devant Lily ou bien lui en vouloir un tantinet de m'avoir (involontairement, cela va sans dire) induit en erreur... le fait est que tout en ayant exprimé tout le bien que je pensais de son billet, je n'en avais pas pris la juste mesure, puisque notre aimée consoeur suivait un axe précis au sein-même de l'œuvre et illustrait en cela merveilleusement le concept du Crossover 2008 !

jeudi 2 octobre 2008

Oasis - Don't Think We've been Living Very Wise

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Sauf à ne pas être attentif du tout il n'a pu vous échapper qu'Oasis, à l'heure de publier un très attendu septième album, est redevenu à la mode après des années de vaches maigres, de critiques acerbes, de moqueries, de has-beenage en règle. Oasis, archétype du groupe coupable d'être vieux (Cf. un récent édito), revenu en grâce à force de remaniements de personnel et d'huile de coude, métamorphosé en véritable collectif au fil des années et dont il faudra bien un jour redécouvrir la période « intermédiaire » (en gros : de 2000 à nos jours, soit les albums Standing on the Shoulders of Giants, Familiar to Millions, Heathen Chemistry et surtout le formidable Don't Believe the Truth), certainement pas indispensable... mais assurément pas aussi médiocre qu'on l'a dit à l'époque.