
S'il est parfois compliqué de donner envie de voir, lire ou entendre telle ou telle œuvre, il en existe heureusement de plus simples à aborder. Pour vous faire comprendre à quel point Engrenages est une série exceptionnelle, nul besoin d'un long discours - il me suffit de vous dire que j'ai vu sa première saison trois fois et la seconde deux (la même année en ce qui concerne cette dernière). Retrouver Engrenages est un plaisir qui n'a pas de prix, d'autant que les épisodes se font rares (comme à peu près tout ce qui est précieux). Les plus âgés se souviennent de l'époque où il fallait attendre parfois deux ans entre deux saisons des Soprano, du culte de la rareté chez HBO, de son côté face (c'est long, trop long) comme de son côté pile (le résultat était du coup toujours particulièrement soigné). En l'occurrence, des causes différentes (principalement logistiques et budgétaires - les séries françaises ne sont pas encore passées à l'ère industrielle) donnent des effets similaires. En trois années et seulement seize épisodes, Engrenages a su faire de sa rareté un atout, proposant une écriture millimétrée, des dialogues parfaits, des intrigues à la fois complexes et solides... jusqu'alors du jamais en France (depuis non plus, d'ailleurs, si l'on excepte l'excellente et mésestimée Reporters).















