samedi 30 juin 2007

Anne Rice - Season of the Witch

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Lue il y a longtemps la trilogie dite « des sorcières » (The Lives of the Mayfair Witches, en VO) d’Anne Rice m’avait laissé peu de souvenirs sinon des bribes suffisamment agréables pour que j’aie envie de la relire presque dix ans plus tard. Je m’y suis donc attelé, quelques mois après en avoir fini avec les Vampires Chronicles.

vendredi 29 juin 2007

Shade - Kifer or Not Kifer

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Shade commence mal : Nina, l’héroïne, se fait tuer dès le premier chapitre. A coup de cisailles, en plus, ce qui n’a rien de très élégant. Par un homme qui l’aime, pour couronner le tout. On imagine que tout ça contrarierait l’esprit le plus cartésien, alors sur Nina, qui n’est pas vraiment quelqu’un de stable, je vous laisse deviner le carnage. Oui parce qu’elle s’en souvient très bien, de sa mort. Puisque Nina, la narratrice (ou semi-narratrice plutôt) du roman est une morte. Vous me direz : au moins on n’a pas besoin de s’inquiéter pour ce qui est de connaître la fin. Quoique…

The Black Man Procession

[Mes disques à moi (et rien qu'à moi) - N°72]
American III : Solitary Man - Johnny Cash (2000)

Beaucoup d'entre vous le savent : votre serviteur est un fou du Cash. Le chanteur, bien sûr. Je ne voudrais pas me vanter, mais je dispose sans doute d'une des plus énormes collections de disques de Johnny Cash de tout l'univers (voire même un peu plus loin sans doute, mais restons modestes). Rien de plus logique que de retrouver l'un d'eux ici donc. Quoique : si j’étais malhonnête, j’aurais sélectionné les quatre American de Johnny Cash, le cinquième posthume et le coffret quatre CDs Unearthed. Parce que l’ensemble, quoique forcément monotone si on se l’envoie d’un coup, est indispensable. Un peu comme une œuvre à l’intérieur de l’œuvre. Pas moins. On ne connaît pas vraiment Johnny Cash si l'on pas entendu ces disques... et à l'inverse on ne le connaît pas plus si l'on pas entendu ses disques majeurs des années 60.

jeudi 28 juin 2007

Shutter Island - La Critique la moins fouillée de ma vie

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Évidemment, c’est un peu chiant. Même carrément lourdingue par moment. Et à coup sûr ce n’était pas ce que l’auteur voulait. N’empêche que voilà, c’est comme ça et on y peut grand-chose – à part bien sûr râler de bout en bout comme je l’ai fait durant cette lecture. Quoi ? Pardon ? Bah… pourquoi vous faites cette tête-là ?

lundi 25 juin 2007

Super Sonic... Youth

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Groupe culte s’il en est, Sonic Youth semble n'avoir été créé que pour donner une illustration à l’expression “erreur de casting”. Sur la ligne de départ rien ne prédestinait un groupe arty inspiré à se découvrir un auditoire planétaire… pourtant au début des années 90, l’ouragan grunge et leur amitié avec Nirvana aidant, Thurston Moore et ses copains se retrouvaient au sommet des charts avec deux albums légendaires : l’exceptionnel Goo et le surestimé (mais néanmoins très bon) Dirty. Deux œuvres superbes mais trompeuses : la première aérait la musique du groupe et la seconde le voyait littéralement surfer sur la vague grunge (paradoxe, quand tu nous tiens : Dirty fut le plus gros succès d’un collectif dont il n’est absolument pas représentatif). Après une paire de disques creusant ce sillon, Sonic Youth est fort logiquement retourné à son cher underground… à part en France, pays qui lui voue un culte quasi-malsain si l’on considère qu’on y croise des gens susceptibles de penser que les insupportables Silver Sessions sont de la musique. Perdu, égaré, le groupe publiera par la suite des disques originaux et courageux, parfois très réussis (Murray Sreet), sans jamais retrouver la maestria de ses débuts… jusqu’au récent Rather Ripped, disque étonnamment mélodique qui réconcilia les fans du Sonic Youth expérimental avec ceux de Dirty.

jeudi 21 juin 2007

Plasticines - Français, encore un effort pour être rock'n'roll

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Il faut bien dire ce qui est, mes amis : la France va mal. La droite s’est décomplexée, le sarkozysme se fait triomphant… heureusement, c’est dans ces moments là que le rock’n’roll retrouve toute sa dimension contestataire. Jeunesse, rage, adrénaline… ainsi donc tandis que les rappeurs tentent de surnager au-dessus de la vague bleue un groupe, un seul, ose la Révolte-avec-un-grand-R :
 
Méfie-toi, loser,
Trop d’arrogance en toi, loser […]
Prends garde à toi-ah-ah-ah !...
 
… comment ne pas y voir rétrospectivement un message directement adressé à Nicolas Sarkozy ? Ça, ça nous dit : "Fais gaffe, la gauche va avoir plus de sièges que prévu". Je vous assure : sous ses dehors niais, le premier album des Plasticines pourrait bien être le grand disque rebelle de l’année…

mercredi 20 juin 2007

Philip Roth - Hello Newark

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Il s’agit du premier livre et unique recueil de nouvelles de Philip Roth, publié l’année de ses vingt-six ans. Autant le dire tout de go : c’est une vraie belle œuvre de jeunesse, avec toute la magie mais aussi toutes les approximations que sous-entend l’expression. Ce serait mentir que de dire qu’on y retrouve déjà la marque du grand Philip Roth que l’on connaît aujourd’hui (et qui fait les beaux jours du Golb cet an-ci)… Rien, dans le style comme dans le ton ou bien les thèmes, ne laisse présager de manière tangible le tour que prendra l’œuvre du jeune auteur à partir de 1967 (et de When She Was Good). Au contraire : on a paradoxalement l’impression que le jeune Philip Roth était bien plus poli et plus sage que le vieux. Avouez que c’est un comble…

mardi 19 juin 2007

Weaveworld - Un pavot dans le marc

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Intéressons-nous aujourd’hui au cas de Monsieur Clive Barker, que d’aucuns s’accordent à considerer comme le Stephen King anglais (quoiqu’il soit généralement plus proche de n’importe quel Stephen que d’un roi quelconque – ok elle était facile, mais faire du Barker aussi). Notre individu en effet n’est pas que le cinéaste auteur du supranigaud Hellraiser. Non : en tant qu’écrivain Barker a publié quelques livres plaisants, notamment l’attachant (enfin : façon de parler !) Damnation Game - qui fit mon bonheur lorsque j’étais adolescent. Il a même été encensé par des tas de gens dont l’intégrité n’est pas à remettre en cause, notamment Un Certain Monsieur Ballard en personne. A sa décharge ce dernier n’a pas écrit que des chefs d’œuvres, ce qui tombe plutôt bien puisque Monsieur Barker pour sa part n’en a pas écrit du tout.

Anatomie d'un changement

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Cela semblera sans doute incongru aux plus jeunes (enfin : aux plus jeunes qui connaissent Pearl Jam, c’est à dire 10 % de la population des moins de vingt ans), mais le groupe d’Eddie Vedder n’a pas toujours publié dix albums lives par an. Bien au contraire, il fut un temps où les fans réclamaient à corps et à cri même pas des enregistrements publics – juste des concerts.

lundi 18 juin 2007

Philip Roth - Adorable monstre

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Peut-être bien le livre le plus corrosif de Philip Roth…

Pour son second roman, il a tout simplement décidé de tirer le portrait d’un monstre… très affreux et très humain : Lucy. En apparence une jeune fille bien sous tout rapport – en apparence seulement. Car Lucy, qui a grandi dans la haine du père, a développé au cours de sa jeunesse une espèce de complexe de supériorité absolument terrifiant. Si l’on a de prime abord l’impression que ces sentiments violents sont principalement destinés aux hommes, on comprendra rapidement qu’ils sont beaucoup plus généraux et beaucoup plus viscéraux que cela ; son père est certes un alcoolique et un homme violent, mais il est surtout un loser absolu. Lucy, par voie de conséquence, déteste en fait "les faibles". Et elle trouve qu’il y en a un peu trop dans son entourage… à commencer par son jeune mari, brave garçon un peu falot tombé pile au mauvais endroit au mauvais moment…

dimanche 17 juin 2007

Requiem for a Nun - Faux-semblants

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Il ne vous aura pas échappé que je ne commets jamais cette hérésie consistant à faire la critique d’un texte théâtral. Il m’arrive certes d’en lire, cependant de même que je ne me vois pas faire la critique du nouveau Nine Inch Nails avec pour seul appui sa partition, je ne vois pas trop l’intérêt de commenter une pièce de théâtre à partir de son seul texte. Étudier des fragments d’œuvre m’intéresse assez moyennement. Et qu’on ne vienne surtout pas me contredire – ça me mettrait très en colère. Je n’ai jamais pensé qu’un texte théâtral ne pouvait pas être intéressant, simplement que c’était juste un morceau d’œuvre, affirmation assez difficile à infirmer.

samedi 16 juin 2007

Nick Cave (part 2)


Deuxième partie de notre intégrale Nick Cave.
Si vous avez manqué le premier épisode, il est ICI

Nick Cave (part 1)

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A l’instar de notre précédent Rékapituléidoscopisé, David Bowie, Nick Cave a eu un impact sur tous les fronts : musical, littéraire, esthétique… on peut raisonnablement considérer qu’hormis Joy Division, aucun autre artiste n’aura aussi bien cristallisé toutes les obsessions sociales et artistiques des années 80. Mais là où sa carrière aurait dû sombrer au gré des changements de modes, Nick Cave a su négocier une succession de virages ambitieux lui permettant, en 2007, de toujours être le meilleur dans sa partie. La preuve avec le récent Grinderman, encensé partout où il est passé. Petit retour sur la carrière de celui qui, avant d’être un musicien, est surtout un poète…

vendredi 15 juin 2007

Haruki Murakami - Kobe, Mon Amour

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Si le héros d’Extension du domaine de la lutte était japonais et souriant, il s’appellerait sûrement Komura et serait le héros d'Un ovni a atterri à Kushiro. Bossant dans une boite ennuyeuse, ennuyeux lui-même, plaqué par sa femme qui voit en lui une coquille vide, Komura est un personnage lunaire comme on les aime à qui arrive une aventure pour le moins burlesque… ou tout le moins un début d’aventure pour le moins burlesque, puisqu’il ne s’agit que de la première nouvelle du recueil Après le tremblement de terre, qui séduit, emballe, jusqu’à se finir en queue de poisson. On ose imaginer ce que Murakami, avec cette écriture légère et poétique qui le caractérise, aurait pu faire des aventures de Komura…

jeudi 14 juin 2007

Voyage au-dessus du vide

[Mes disques à moi (et rien qu'à moi) - N°70]
Seventeen Seconds - The Cure (1980)

Si vous vous êtes déjà demandé ce que désignait l’appellation cold-wave, il y a fort à parier que vous n’avez jamais posé la moindre oreille sur le second album de The Cure. Ou que vous l’avez mal écouté. De toute façon dans le deux cas sachez qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.

mercredi 13 juin 2007

The Good Life - Tout ça pour ça !

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Jay McInerney a publié il y a déjà un paquet de temps Bright Lights, Big City, remarquable roman dont le héros, Dorian Gray moderne, peut tout à fait être vu comme un cousin du Patrick Bateman de Bret Easton Ellis. Si je prends la peine d’entamer ma critique par cette petite précision c’est parce que McInerney est pour le moins tombé en désuétude, au point que lorsqu’on m’a offert ce livre je n’ai même pas réalisé que c’était du même auteur qu’il s’agissait.

mardi 12 juin 2007

1977 - Ça recommence...

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Il semblait difficile – sur le papier – d’écrire polar plus sombre et plus poisseux que 1974, le remarquable premier roman de David Peace. Eh bien pourtant, ç’a été fait ! Et par le même auteur, ce qui ne gâte rien.

vendredi 8 juin 2007

My Life as a Man - Naissance du fantôme

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Si en 1974 Philip Roth n’est déjà plus le premier venu, il n’est pas encore devenu une pointure de la littérature américaine et s’amuse surtout à expérimenter. C’est une constante dans la première partie de son œuvre que cette manière somme toute assez provocante de passer sans cesse du coq à l’âne, du roman culte et sulfureux (Portnoy’s Complaint) à la fable cruelle (When She Was Good), de l’étude de mœurs (Goodbye, Colombus) au pamphlet satirique à la Swift (Our Gang)…

mercredi 6 juin 2007

Mary Anne - Tenue de soirée

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L’histoire littéraire retient parfois les choses de travers. C’est aussi pour ça qu’on l’aime, mais lorsqu’on la prend en flagrant délit d’approximation ça fait quand même toujours bizarre.

Mary Anne est sensé être la grande œuvre de Daphné Du Maurier, le grand livre qui claque et qui en jette, avec le fond et la forme. Une grande fresque historique bouleversante inspirée de la vie de sa trisaïeule, célèbre courtisane de la fin dix-huitième qui grimpa à vitesse grand V un ascenseur social déjà bien en panne à son époque. En fait de fresque historique il y a surtout pas mal de clichés, d’approximations et l’impression désagréable que les seules choses qu’ait lues l’auteur sur ce siècle aient été des fiches bristols rédigées à la va-vite pour son bac. Cependant ce n’est pas sa faute : Daphné Du Maurier n’a a priori jamais prétendu écrire un grand livre sur le dix-huitième et elle n’est pas responsable des âneries retenues par d’autres.

mardi 5 juin 2007

Chris Cornell - Brûler ses idoles...

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Il y a dix ans, Soundgarden splittait et laissait les amateurs de grunge en plein désarroi. C’est que Soundgarden (le plus métallique des groupes de Seattle), c’était quelque chose ! Combien sur la scène grunge pouvaient se vanter d’avoir publié autant d’albums aussi réussis ? Aucun. Doyens du mouvement, Kim Tahyil (guitares sismiques) et Chris Cornell (voix en or) mettaient définitivement la clé sous la porte en 1997, sans espoir possible de réconciliation.

lundi 4 juin 2007

John Le Carré - L'Autodérision, ou la marque des grands

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John Le Carré est un auteur à part. Ça n’a rien d’original dit comme ça, et pour cause : l’ex-espion est un de ces rares élus à avoir su allier souffle de la grande littérature populaire et exigences artistiques poussées – en somme ce que le monde littéraire compte de plus noble et de plus brillant.

Mais ce qui le met plus à part encore, c’est cette manière qu’il a eu ces dernières années de faire glisser son œuvre vers autre chose… littéralement : de la faire évoluer. Là où beaucoup de ses contemporains ont fini par sombrer, par écrire par procédés ou tout simplement par prendre un coup de vieux, Le Carré a toujours su rester au top, se remettre en question, se réinventer… Un roman de Le Carré, ça n'est jamais vieillot ni poussiéreux. Parce que son travail s'est développé parallèlement aux évolutions technologiques et artistiques de son époque, parce qu'il a souvent été plus malin et plus inspiré que les autres, parce que la portée visionnaire de ses livres (que ce soit Our Game ou The Constant Gardner) a toujours été indéniable, les meilleurs romans d'espionnages (ou thrillers technologiques, selon la terminologie actuelle) resteront probablement toujours ceux de John Le Carré - tout du moins jusqu'à sa mort. Lui dont la seule frayeur était d’écrire le livre de trop, de finir comme son idole et maître Graham Greene par devenir une parodie de lui-même, en a pris le contre-pied avec génie depuis la fin des années quatre-vingt dix. De manière finalement assez simple : en jouant sur l’autodérision, et s’amusant des attentes du lecteur… bref en se parodiant lui-même volontairement pour éviter de le faire inconsciemment. Cela nous a donné entre autres le remarquable Tailor of Panama et l’excellent Absolute Friends, dans lesquels l’inventeur du roman d’espionnage tourne en dérision le genre qu’il a créé de toutes pièces…


De fait dans Single & Single (qui se situe dans la droite lignée des deux titres susnommés) le héros, Oliver, a sa double vie, ses secrets, ses mensonges et ses trahisons… comme dans tout roman de John Le Carré qui se respecte. Est-ce bien là l’important ? Franchement : non. On n’a cure du destin de ce père (presque) ordinaire qui découvre un matin que cinq millions et trente livres ont été virées sur le fidéicommis de sa fille à peine née… du moment que cela débouche sur des situations drôles et/ou ubuesques.

De ce point de vue le lecteur amateur de décalage so british sera servi : dès le premier chapitre on assiste à une exécution pour le moins originale puisqu’elle est narrée par sa victime dont les idées, c’est le moins qu’on puisse dire, ne sont pas très claires. Tout est du même tonneau : paire de flics branquignols, faux mariage débouchant sur de vraies situations vaudevillesques, morceaux de bravoure au troisième degré, rebondissement invraisemblables, morts simulées… tout ce qui a fait le succès de l’œuvre de John Le Carré a été convoqué ici, mais dans une version légère et pervertie qui ne pourra que ravir.

En résumé, c’est décapant comme de l’Austin Powers, mais ça ne salit pas les mains.


👍👍 Single & Single 
John Le Carré | Hodder & Stoughton, 1999

dimanche 3 juin 2007

Magazine - Jerky Version of the Pop

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L’heure étant au revival, quoi de plus normal que l’on s’intéresse à nouveau à Magazine après avoir réédité à peu près tout et n’importe quoi s’approchant du post-punk ? C’est une suite logique, quand bien même on peut se demander pourquoi de toutes les pointures du genre Magazine est réédité en dernier alors qu’il fut chronologiquement le premier…

samedi 2 juin 2007

The CounterLife - Juifs errants

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Ainsi donc Zuckerman avait un frère.

Un frère lui ressemblant énormément quoiqu’il ait fait le choix d’une vie sans doute plus confortable et plus banale. Jusqu’au jour où, peu avant sa mort, Henry (puisque c’est son prénom) disparaît mystérieusement…pour être retrouvé dans une colonie au fin fond de la Judée, en train d’apprendre l’hébreux auprès d’un genre de gourou sioniste fanatique aussi inquiétant que plus vrai que nature…