mercredi 31 mars 2010

Skins - En dents de scie

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C'est ce qui s'appelle avoir des couilles. Voire : la jouer kamikaze.

Depuis la saison trois de Skins, les auteurs (Jamie Britain et Bryan Esley) ont fait le pari osé de remplacer intégralement le casting et de lancer une nouvelle série avec une nouvelle histoire et de nouveaux personnages (exceptions faites d'Effy et de Pandora, qui ne jouaient que des rôles très secondaires jusqu'alors). Un véritable coup de poker tant le succès d'une série (en règle générale) repose de manière intrinsèque sur l'identification du spectateur aux héros - constat évidemment encore plus vrai dans un teen-drama. En considérant celui (énorme) de Skins et l'aura culte du programme, on peut même dire que la production est passée à un cheveu du suicide commercial et que cela suffirait presque à nous rendre cette seconde série sympathique. D'autant que loin de se cantonner à reproduire la formule qui en fit deux des magnats de la télévision britannique, nos auteurs font preuve d'une véritable volonté de renouvellement dans le ton et les thématiques, évitant du même coup le côté surenchère qui pointait le bout de son nez à la toute fin de la saison deux.

mardi 30 mars 2010

Scott Westerfeld - Guérir de la beauté...

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C'est avec une certaine excitation que l'on se replonge dans l'univers de New Pretty Town, à l'occasion d'un second tome s'annonçant d'emblée (dès la fin du premier, même) comme un sacré périple - du genre à faire passer Uglies pour une aimable plaisanterie. Et le moins qu'on puisse dire c'est que cette suite tient ses promesses : plus dyanmique, bien plus sombre, Pretties s'inscrit dans la grande lignée des numéro 2 de cycles, plein de problématiques dont on a le sentiment qu'il manque certaines clés, de héros pris au piège de leurs propres contradictions... etc.

lundi 29 mars 2010

The Dillinger Escape Plan - Exploding Ass

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J'ai beau le dire chaque fois en rigolant, il est surtout important de noter que je le dis à chaque fois : je ne comprends rien aux styles musicaux. Il y a des moments où tout cela me semble tellement poreux, tellement vaseux et tellement absurde que je me goure systématiquement. C'est ce que je faisais dire à Roger dans une récente chronique de l'album de These Monsters :

dimanche 28 mars 2010

Pourquoi pas Medium ?

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Il y a quelques jours, j'ai constaté avec un certain étonnement que je n'avais jamais écrit d'article sur Medium alors que j'étais pourtant certain de l'avoir fait. Non que cette série mérite spécialement des dithyrambes, mais cela fait tout de même quelques années maintenant que je la suis plus ou moins régulièrement avec plus ou moins de plaisir, et à tout prendre j'ai sans doute écrit sur des choses autrement plus mineures - alors donc : pourquoi pas Medium ? Oh bien entendu, ce n'est pas la plus grande série du monde. Et comme sa progression narrative est minime, qu'il s'y passe assez peu de choses (pour vous dire l'évènement majeur de l'année c'est que Joe Dubois change de coiffure) et que la saison six, qui se termine tranquillement aux État-Unis, n'est ni meilleure ni moins bonne que la cinq - qui elle-même n'avait pas à rougir devant la quatre... ce premier article sur le sujet sera aussi sans doute le dernier. Au moins il existera, et sans doute le programme (qui a bien failli s'arrêter l'an passé) le mérite-t-il.

samedi 27 mars 2010

Percival Everett - Coup de poing américain

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C'est un western sans héros et quasiment sans flingues, ce qui ne l'empêche pas d'être bourré de violence. Ce n'est ni une parodie ni un pastiche, ça ne se veut même pas vraiment une satire. Juste un western, normal, un western contemporain - comme du Jim Harrison ancré dans le réel. C'est-à-dire moins poétique et alambiqué, plus cru (quoique sublimement écrit également), moins intemporel et tout simplement plus brutal. Les étendues sauvages ont beau être belles, elles restent un brin menaçantes et dans tous les cas secondaires. Percival Everett ne s'intéresse jamais qu'à l'être humain, dans tout ce qu'il a de plus émouvant comme de plus sordide. Ses lecteurs connaissent son humanisme désenchanté, son goût pour la noirceur et la colère sourde qui parcourt son œuvre depuis le crépusculaire Walk Me to the Distance.

vendredi 26 mars 2010

Emmanuelle Seigner - So Much for the Glam-rock

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Avertissement à l'attention du lecteur : depuis le jour où il a fait un trajet en train pas loin d'elle et s'est suffisamment laissé subjuguer pour ne parler que de ça à son arrivée à quai, l'auteur de ces lignes est totalement incapable du moindre début de commencement d'objectivité à propos d'Emmanuelle Seigner. Ça tombe bien : Interlignage ne lui demande pas d'être objectif, mais de noircir du papier. Et pour ça pas de problème : il pourrait noircir cinq pages rien qu'en vous racontant ce mythique trajet en train.

mercredi 24 mars 2010

Le Petit Pardon

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Pardonnez-moi mon Dieu parce que j'ai péché.

Oui alors bon... j'ai énormément péché ces derniers temps, je Vous l'accorde. Et fort heureusement je n'éprouve pas le besoin de venir Vous en parler tous les jours. Mais cette fois-ci, vraiment... je ploie sous le poids de la honte. Pas autant que la fois où j'ai plaqué une fille deux minutes après l'avoir embrassée pour la première fois, mais pas loin.

mardi 23 mars 2010

Simon Liberati - Du Philip Roth gothique...

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Le monde de la hype est sans pitié. Il y a deux ans le second roman de Simon Liberati se voyait couronné par un six sur six sur Le Golb, et c'était bien le seul couronnement que recevait ce livre aussi formidable que peu accessible. Aujourd'hui voilà qu'il a le prix de Flore ! Copinage ! hurlent les uns, qui se souviennent (on ne sait comment) que Beigbeder fut un temps l'éditeur du même Liberati. Corruption ! crient les autres, qui savent (on ne sait comment là aussi) que Liberati est suffisamment copain avec l'auteur d'Un roman français pour y faire office de personnage. Moi je serais Beigbeder (j'imagine vos têtes en lisant cette phrase, comme si quelqu'un pouvait vraiment rêver d'être lui), ça ferait un bail que j'aurais pris mes distances avec le Prix de Flore. Il n'est sans doute pas pour rien dans la décrédibilisation progressive de l'entreprise (alors même qu'elle vient de couronner coup sur coup, en 2008 et 2009, ses deux meilleurs lauréats depuis une décennie), ce qui est somme toute logique puisque le meilleur moyen de décrédibiliser quelque chose aux yeux du commun des lecteurs français, c'est encore de demander à Beigbeder de s'en mêler.

lundi 22 mars 2010

Aquaserge - Subterranean Homesick Rock

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Question : quel avenir peut espérer un groupe français chantant dans sa langue d’origine s’il pratique un prog-rock psychédélique et totalement barré, tripe sur la vie aquatique et ouvre son album sur des mots comme « La postface achevée ce cher Serge s’échine en corrections subtiles d’orthographiques maladresses » ? Théoriquement : aucun. Nous vivons dans un pays terrible pour ce genre de chose, un pays qui pour avoir eu l’un des tous meilleurs groupes du genre (Magma, pour ne pas le nommer) ne sut jamais lui faire honneur ni lui payer le tribute qu’il méritait. Alors des inconnus pas même parisiens, en 2010… Non vraiment : sur le papier, Aquaserge n’avait aucun avenir, sinon peut-être celui de devenir un objet de culte pour douze personnes « tombé[es] dans la selve comme dans un songe. » Oh bien sûr, il aurait pu rêver un peu. Imaginer rencontrer Sa Majesté Burgalat, et pourquoi pas devenir son backing band. Fantasmer sur une signature chez un label Américain. Imaginer que son troisième opus soit encensé partout comme l’une des révélation de l’année. Mais soyons sérieux deux minutes : ce genre de chose n’existe que dans les contes de fées et les success story bidonnées de magazines toujours prêts à nous faire croire que le rock français fut glorieux et même – quitte à rêver rêvons positif – populaire. Du moins le croyait-on. Car c’est précisément ce qui est arrivé à Aquaserge, et compte tenu de la complexité de sa musique c’est déjà, en soi, une performance. Le reste coule presque tout seul.

The Daredevil Christopher Wright - Un certain sens du goût

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[Article précédemment publié sur le merveilleux Interlignage] Qui a dit que 2010 serait une année pop, déjà ?

Suis-je bête : c'est moi.

Et The Daredevil Christopher Wright semble m'avoir entendu, qui ne s'y serait pas pris autrement s'il avait souhaité placer ses billes en vue de l'annuel couronnement. Au point de déstabiliser quelque peu. Un comble, non ?

dimanche 21 mars 2010

Scrubs (Med School) - Laissez-moi rire... pitié !

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Bon. Ce n'est pas vraiment une surprise, mais ce n'est pas pour ça qu'il ne faut pas le déplorer : Scrubs ne le fait plus trop. Quelle que soit la manière dont on prend le problème, que l'on considère cette nouvelle saison (la dernière, espérons-le) comme la neuvième d'une série culte ou - plus problématique - comme la première d'un nouveau show (Med School). La belle époque semble loin et il est difficile de ne pas le regretter tant la série de Bill Lawrence avait jusqu'ici maintenu une belle constance dans la qualité.

samedi 20 mars 2010

D.H. Lawrence V.S. Les Mystères de la Grande Création Littéraire

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Le Dieu des Lettres étant un Être Supérieur épris de justice, il décida il y a fort longtemps de répartir équitablement le talent entre ses nombreux enfants. Ainsi décida-t-il au neuvième jour - car on le sait peu mais la Grande Création Littéraire dura neuf jours - que même les plus grands écrivains ne seraient pas doués dans tous les domaines, qu'il fallait doser le génie en chaque être, ce aussi bien afin d'éviter aux uns de devenir fous - car on le sait bien le génie rend fou - qu'aux autres de crever de jalousie, voire de devenir d'odieux païens reprochant au Seigner de les avoir négligés. Interrogé à ce sujet en 1976, Dieu répondit en ces termes sybillins : "Il en faut pour tous les goûts, Monsieur Mourousi".

vendredi 19 mars 2010

Elliott Smith - L'Album lo/fi ultime ?

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Celui-ci fut une incroyable révélation pour un très petit nombre de gens. Le cadavre de Kurt Cobain était à peine froid que déjà le monde se cherchait de nouveaux héros écorchés et vifs, il voyait bien Buckley, il croyait en Beck... et voilà qu'Elliott Smith débarquait discrètement avec cet album renversant, mélancolie vissée au corps et look de poète beat qui aurait par mégarde grandi au milieu des ploucs du Texas. Certains le connaissaient déjà via le rock taciturne de Heatmiser (un label serait d'ailleurs bien inspiré d'en rééditer les trois albums). La plupart seraient amenés à le découvrir avec Roman Candle, premier opus solo crépusculaire et redoutable de fausse candeur.

No Comment (et bis repetita)

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24 heures que j'hésite, pour finalement renoncer à écrire quelque chose sur Alex Chilton.

Je ne sais pas vous mais moi, à force, je suis un peu sec.

Alors je vous laisse, sans commentaire.



A lire si vous ne connaissiez pas Alex Chilton (auquel cas vous ne pourriez être qu'un troglodyte ou un extra-terrestre) :

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jeudi 18 mars 2010

Speed Trials (M5)

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Au programme ce mois-ci : Morrissey, Scott Kelly, Fear Factory... et quelques découvertes pas piquées des vers !...

mercredi 17 mars 2010

Generation Kill - Mamas Don't Let Your Babies Grow Up to Be Cowboys

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Generation Kill c'est un peu le film de guerre comme on l'aime - mais transposé au format série et pour un peu qu'on l'ait jamais aimé vraiment. Comprendre par-là : sans héroïsme exagéré (quasiment sans héroïsme tout court, en fait), sans patriotisme exacerbé (mis à part pour le tourner en dérision) et sans affection démesurée pour l'armée américaine. Un film de guerre de gauche, en somme... ce qui n'a rien de très étonnant de la part de David Simon et Ed Burns, auteurs et producteurs de The Wire, si politisés et si engagés que leurs amis se moquent régulièrement d'eux en disant qu'ils font de la télé parce qu'on n'a pas voulu d'eux aux Parti Démocrate.

mardi 16 mars 2010

Nom de Guerre - Délicieusement déraisonnable

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2009 fut une grande année folk. 2010 sera-t-elle pour sa part une grande année pop ? On peut d'ores et déjà se poser la question. Avec un excellent Woodpigeon à paraître fin avril et un retour en grâce du déjanté Adam Green, sans oublier EWITFRN, dont nous parlions dimanche... elle en prend en tout cas la direction. Et ce n'est certainement pas la sortie de l'étonnant second album de Nom de Guerre qui va infléchir cette tendance.

lundi 15 mars 2010

Hugo Hamilton - Just Another Sad Bastard

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Le talent a ceci de fascinant qu'il excuse tout ou presque. Les coups de moins de bien, les erreurs, les faiblesses, la folie ou la démesure - tout ou presque sauf la médiocrité. Un écrivain talentueux, on peut quasiment tout lui pardonner, parce qu'on l'aime et qu'on sait ce qu'il vaut. Ainsi par exemple, quand un auteur mauvais ou juste moyen se répète inlassablement depuis des livres et des livres on n'a qu'une envie : lui dire d'arrêter, de se renouveler - et encore en admettant que l'on trouve encore le courage de le lire. A l'inverse quand un Hugo Hamilton semble publier régulièrement le même livre se nourrissant des mêmes thèmes et mourrant sur les mêmes interrogations, on a plus tendance à l'en féliciter et à lui suggérer de continuer comme ça - on aime. Point barre.

dimanche 14 mars 2010

Everybody Was In The French Resistance... Now! - Farce Attacks!

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C'est le genre d'album qui peut vous rendre fou. D'amour. De compulsion. Le genre d'album qui peut durablement vous perturber.

Derrière l'improbable pseudo d'Everybody Was In The French Resistance... Now!, Eddie Argos, frontmant d'Art Brut et de quelques autres (Art Naif, The Art Goblins...), et Dyan Valdès, clavier de Blood Arm. Leur projet secret ? Réécrire l'histoire des charts. Leur arme fatale ? Une énorme louche de second degré, un humour inaltérable et sens de la mélodie n'ayant d'égal que leur sens de la rime. C'est ici que je vous préviens que si vous n'entravez que dalle à l'anglais cet album vous passera totalement au-dessus des oreilles.

samedi 13 mars 2010

Rencontre avec Cheval Blanc...

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Un truc qui m’a toujours étonné, c’est que l’on nous apprenne constamment à nous méfier des évidences comme de la peste, à ne pas nous fier aux apparences alors qu’entre nous, combien de fois ces vieux adages de grand-mère se sont-ils vérifiés ? D’expérience, il m’a toujours semblé que bien souvent, les choses étaient exactement ce qu’elles semblaient être de prime abord. Qu’en s’approchant on en distinguait mieux les couleurs ou les nuances, mais que l’image générale n’était pas à ce point modifiée qu’il faille en faire une vérité d’ordre générale. En somme : si quand j’écoute le très bel EP de Cheval Blanc j’ai le sentiment que l’individu qui me murmure à l’oreille que "L’Amour est en guerre" est un type doux, un peu mélancolique et sensible à la poésie… il y a de fortes chances pour qu’en le rencontrant, je ne découvre pas l’exact inverse de cette image.

Who's Got the Crack? - Episode 5

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Avouez-le : vous n'en pouviez plus d'attendre. Il vous fallait votre dose de Who's Got the Crack? (le bien nommé). Il vous fallait la suite du Grand Prix du Personnage le Plus Horripilant. Il vous fallait Carrie Bradshaw. Il vous fallait vous lâcher. Ne pleurez plus, lecteurs. La seconde manche du concours dans le concours, cinquième étape de notre odyssée des personnages à la con, c'est à partir d'aujourd'hui et jusqu'à la fin du mois sur Le Golb. Et, comme vous vous en doutez, la grande finale des personnages horripilants devrait suivre d'ici l'été. Vous connaissez les règles, alors passons sans plus attendre aux nominations.

vendredi 12 mars 2010

Black Rebel Motorcycle Club - Sans euphorie excessive

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Revoilà les bikers romantiques et torturés. Revoilà le meilleur groupe de rock de sa génération, après deux ans et demi de silence, autant dire : deux ans et demi d'écoutes répétées de l'inusable Baby 81 (voir la sélection du printemps 2007), sans conteste l'un des meilleurs albums de rock sombre de la décennie. Baby 81 et ses guitares déchirantes. Baby 81 et ses hymnes rageurs. Son "Berlin", son "Weapon of Choice", son "Killing the Light". Baby 81 le vicieux, qu'on envisageait pas forcément comme un chef-d'œuvre au moment de sa sortie mais qui s'est si bien installé sur la platine, le lecteur MP3, le Songbird... qu'il est rare qu'on en écoute pas au moins un titre chaque semaine.

jeudi 11 mars 2010

Narrow Terence - Folie ordinaire. Mais saine.

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Ah là là ma brav’ dame ! La folie ? C’est plus ce que c’était. Avant quand on était fou, il suffisait en gros d’être soi-même, de publier des albums nous ressemblant un tant soit peu… et c’était dans la poche, on acquérait assez facilement le statut d’artiste totalement barré – donc culte.

mercredi 10 mars 2010

La Pudeur des sentiments

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Cette semaine j'ai comme une folle envie de vous parler de lingerie fine. Petit fripon, je suis un. Alors j'ai réfléchi pendant un long moment, histoire de trouver prétexte à une chronique un brin grivoise. J'ai même songé à publier des photos érotiques de mon épouse mais vous connaissez Charlize : elle est pudique. Et plus on est pudique plus on a, bien sûr... des dessous chics.

mardi 9 mars 2010

La Repentance plutôt que la rédemption

[Mes livres à moi (et rien qu'à moi) - N°35]  
La Mort d'Ivan Ilitch - Léon Tolstoï (1886)

Tu sais il paraît que l'on devient adulte le jour où l'on prend conscience de la mort. Ou disons : du caractère éphémère de la vie. Je ne sais pas si c'est vrai, mais je trouve que c'est pas con.

Attends, laisse-moi réfléchir.

lundi 8 mars 2010

Liars - Magma glacial

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[Article précédemment publié sur le génial Interlignage] Déjà dix ans d’existence, et les Liars sont toujours aussi étranges et fascinants. Peu de groupes apparus durant la dernière décennie peuvent en dire autant, et ils sont encore un peu moins à pouvoir se targuer d’avoir publié autant d’excellents albums, puissants, originaux, variés… sans jamais perdre leur cohérence ni leurs qualités premières (en l’occurrence un groove frigide dérobé à Gang Of Four et un goût pour la noirceur devenu une quasi marque de fabrique). Quand la plupart des collectifs seraient calcinés après dix ans d’activité intense et quatre albums irréprochables, le temps semble glisser sur les Liars au point qu’on les imagine ici pour encore longtemps.

dimanche 7 mars 2010

Nip/Tuck - Alone, Together

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[ALERTE SPOILER : nos services ont évalué le taux de spoil de cet article à 20 %] La fin d'une série est quelque chose d'assez particulier dont je m'aperçois que je ne l'ai encore jamais évoqué à ce jour. Je parle bien sûr au sens du feuilleton que l'on a suivi pendant des années, pas de la série qui est déjà finie lorsqu'on la découvre et que l'on se l'avale en quelques mois. Ce sont des rapports extrêmement différents et paradoxalement assez peu comparables. Je vous assure - et si vous ne me croyez pas blâmez plutôt les chaînes françaises et leurs robinets à séries frisant le contresens (car le principe même d'un feuilleton est de le suivre de manière progressive plutôt qu'en en bouffant quatre épisodes d'un coup).

samedi 6 mars 2010

Titus Andronicus - Poguin' Baby

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Dans la famille Bright Eyes je demande... le cousin punk, braillard débraillé, un peu crétin mais qu'un on aime bien quand même.

Fort d'un excellent premier album fin 2008, Titus Andronicus nous revient le huit mars ce qui, vu comme la semaine est chargée niveau sorties, a de quoi laisser perplexe (les voies des labels sont parfois impénétrables). Du coup on est bien content de l'avoir eu sous le coude depuis un moment, histoire de pouvoir vous en parler pendant que tout le monde s'occupe du retour de deux des groupes les plus importants de la décennie (B.R.M.C. et Liars!... sans oublier Gorillaz, pas franchement essentiel mais suffisamment connu pour focaliser l'attention de tous).

vendredi 5 mars 2010

Percival Everett - Black Letter Days

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Les premières pages sont abruptes. Fêlées, épileptiques. Donc brutales - comme si le livre nous tombait carrément sur la tête. Le lecteur égaré pourrait même croire, de prime abord, qu'il est encore face à un des ces bouquins innommables la jouant conceptuelle afin de masquer leur absence de propos et de jugeote. Bien entendu il n'en est rien : les lecteurs de Percival Everett savent tous qu'il est avant un incroyable romancier, capable mieux qu'aucun autre de se fondre dans ses personnages (*) ou son propos, de construire (ou en l'occurrence de déconstruire) des architectures narratives à la fois solides et flexibles, parfois légères c'est vrai - mais toujours dans le but très précis de raconter.

jeudi 4 mars 2010

VIOL - Retour du fils prodigue

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C'est devenu un peu comme une coutume, qui persiste malgré le temps qui passe et la famille qui ne cesse de s'agrandir. Tous les ans, à peu près à la même époque, Ernesto Violin revient avec les beaux jours et un album qui les illustre à merveille. Et comme certaines traditions ont la vie dure, Le Golb s'en fait l'écho, quelque aigri vient moquer son objectivité, quelque malotru vient le taxer d'extrême complaisance... mais la plupart de ses lecteurs, bien sûr, s'en félicitent. Car s'il fut un temps où ce blog était le seul à chanter les louanges de l'artiste exceptionnel connu sous l'étrange patronyme de VIOL, cette époque est désormais révolue - comme en témoigne la place de l'excellent Love Boat dans le Classement des blogueurs 2009. Ou l'organisation top secrète, en ce 04 mars 2010, d'un véritable VIOL Day, visant à célébrer comme se doit le retour d'un artiste que oui : nous aimons. Dans tous les sens que ce verbe puisse recouvrir.

mercredi 3 mars 2010

Star Trek - Inutile aux djeun's

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Il y en aura eu, l'an passé, du battage autour de ce Star Trek (1) onzième du nom, battage médiatique tout à fait inhabituel vis-à-vis d'une série n'intéressant généralement pas la presse française (ni la plupart des français, en fait). Subitement, tous les journalistes semblent s'être souvenus de ce qui fut la meilleure série des années soixante, un des rares classiques télévisuels à réellement mériter ce titre... pour un peu on aurait eu envie d'embrasser J.J. Abrams, ne fût-ce cette évidence : quand les Inrocks ou Télérama vous font l'apologie de Star Trek, soyez sûrs qu'il ne savent pas de quoi ils vous parlent (mais ne l'avouerons jamais).

The Rodeo - Inexplicablement attachant

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Ce qui est à la fois fascinant et fatigant avec la musique, c’est que ce n’est pas une science exacte. Fascinant parce que ce n’est jamais pareil. Parce qu’on peut écouter des centaines de nouveaux albums chaque année sans jamais perdre l’envie ni l’enthousiasme. Mais fatigant aussi parce qu’émettre un jugement, parfois, est délicat. Il y a bien sûr les grands disques, facilement reconnaissables la plupart du temps. Il  faut aussi évidemment compter avec les fours, bides, daubes et flops en tout genre – généralement tout aussi reconnaissables. Et puis il y a cette zone intermédiaire, qui constitue en fait l’écrasante majorité de la production annuelle, tous ces albums allant de bof à sympa en passant par pas mal. Des albums dont on ne sait pas toujours quoi faire ni quoi dire, dont on hésite à parler ou les ignorer, qui ne nous touchent que par intermittence ou bien nous intéressent – mais sans nous passionner.

lundi 1 mars 2010

CDG - Le Classement qui vient de signer pour une saison 2

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Ne dites rien. Je sais, je sais. Vous n'en pouviez plus d'attendre. Vous aviez besoin de votre dose. Deux mois sans CDG = deux mois sans amour et presque sans joie. Ne dites rien, je comprends ce que vous ressentez.

Mais tout va bien, à présent. Vous allez de nouveau pouvoir manger, dormir, reprendre une vie sexuelle. Le CDG est de retour en 2010, sans nouveauté fondamentale, sinon une plus grande sévérité (l'unique bonne résolution de nouvel an ayant été tenue... et c'est pas beau à voir).