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L'industrie des séries a beau être des plus créative depuis dix ans, peut-être même plus créative que certains domaines artistiques considérés comme plus fréquentables, il est bon de se souvenir parfois qu'elle n'en demeure pas moins une industrie (pour ne pas dire un business) qui, comme toute industrie, a ses coups de génie et ses faiblesses, ses pics de production et ses excès, sa raison économique primant sur la Raison Majuscule. Les séries télévisées se seraient élevées, depuis dix ans, au rang d'art ? Sans aucun doute (même si cela remonte à bien plus longtemps qu'une décennie), et les courbes d'audiences avec. Mais chassez le directeur commercial que la ménagère de moins de cinquante ans revient au galop : art d'accord, si ça vous fait plaisir, jeunes critiques. Mais entertainment avant tout. Yeah ! Raisonnement louable (la télé appartient à la culture populaire et si elle produit désormais des séries d'auteurs captivantes, ne voir que cela le serait beaucoup moins) qui n'en demeure pas moins la principale différence entre la série télé et n'importe quel autre domaine artistique : le cinéma, la littérature... sont nés de l'art, "en tant que tel" si l'on peut dire ; la série, qu'on apprécie cette idée ou non, est la fille préférée de la télévision, s'assoit sans doute à la droite de l'art, mais à la gauche de la publicité (avec la plupart du temps un siège rembourré de marketing).