samedi 4 juillet 2009

Jad Wio - Comme une réunion de famille (mais sans l'engueulade. Ni le gigot)

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De Cellar Dreams à Sex Magik, de 'The Ballad of Candy Valentine' à 'Das Ist', Jad Wio a livré ce jeudi (et aussi on l'imagine ce vendredi, même si on y aura été que le premier soir) un show exceptionnel - façon autobiographie scénique. En vingt-sept ans (le groupe s'est formé en 1982) la paire Bortek/K'Bye a tout fait, et ce soir elle nous aura tout donné. Presque trois heures de concert, des classiques comme s'il en pleuvait et une communion parfaite avec un public il est vrai totalement acquis à sa cause (il n'y avait quasiment que des fans, répartis sur trois générations et joyeusement entassés dans la salle très batcave de la Maison des métallos). On sait le talent du groupe pour trousser des albums-concepts étincelants (récemment encore, Sex Magik recueillait une belle unanimité critique) ; il faudrait à présent insister sur la présence scénique de Denis Bortek et le charme empoisonné que le groupe distille en live. Mélange de morgue, de théâtralité modeste mais efficace et de second degré permanent, le show proposait une rare adéquation entre spontanéité et mise en scène. Générosité n'est certes pas incompatible avec écriture, mais on a vu tant de shows rodés au micro-détails près que la précision était nécessaire.

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Pour le reste... difficile de choisir un, voire deux même cinq moments forts dans un spectacle (le terme "concert" serait trop réducteur) qui n'en manqua pas. Parce qu'elles furent plus rares, les imperfections retinrent paradoxalement plus l'attention (un 'Tsé-Tsé' à côté de la plaque, un 'Mystère' assez dispensable...), tandis que pour ce qui est du top du top on ne saurait dire si l'on a préféré l'austérité post-punk inaugurale (Bortek et K'bye seuls en scène, revisitant dans un décor minimaliste leurs débuts discographiques - dont un 'Paint It Black' décidément toujours aussi vénéneux entre leurs griffes), la tendresse tout de cuir vêtue de la période Contact ('L'Amour à la hâte' fut livrée dans une version dépouillée et mémorable) ou l'étrange bazar d'une ère Monstre-toi trop souvent laissée de côté (et transcendée comme de juste par un 'Maldonne' beau à pleurer... qui d'ailleurs en fit pleurer quelques uns). Peut-être LE moment-clé du concert fut-il d'ailleurs non pas tant du fait du groupe que du fait d'un public venu passer trois heures à lui crier son amour : cet l'instant où Denis, au milieu de la fosse, lui fit reprendre en chœur (c'est le cas de le dire) 'Le Cœur dans la bosse'... avait des airs de messe. Nous n'étions pas venu acclamer un groupe vedette commémorant une longévité aussi exemplaire fut-elle, mais retrouver de vieux copains ne nous rendant pas assez souvent visite...

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L'ambiance n'ayant fait que monter en puissance au fil des morceaux et le répertoire étant particulièrement enlevé, la période récente se révéla toute aussi impériale. Là aussi, entre un 'Abus de soi' vénéneux au possible, un 'Volte-mort' décidément excellent ou un 'Les Habitudes n'existent pas' sexy en diable, impossible de choisir. L'idéal était encore d'y être et de se repaître de ce spectacle rare et habité, délivré (cela mérite d'être souligné) pour une somme particulièrement modique : 9/13 euros les trois heures de concert incendiaire... par pudeur on ne citera aucun nom, mais on connaît pas mal de jeunes groupes français qui pourraient s'inspirer de leurs aînés - vétérans heureux de l'être mais certainement pas papis.