dimanche 5 août 2018

Johnny Marr - EHPAD Music Only


J'ai toujours ressenti une condescendance amusée à l'encontre du rock-critic fétichisant le passé au point de considérer que le dernier album de Roger Daltrey ou Ray Davies (pour prendre deux grabataires ayant publié des choses dernièrement) soit en quoi que ce soit pertinent pour le gamin de là tout de suite maintenant. Soyons lucides, ce n'est pas parce que je les ai écoutés que je connais les titres de tous les albums solo de Ringo Starr. Plus jeune, cela m’insupportait : j'ouvrais mon Rock & Folk (ou un autre), je notais les absences de dizaines de disques MAJEURS de mon époque à moi que même j'en étais l'avenir, le plus souvent pour faire de la place à la dernière livraison de Paul Weller ou d'un quelconque vieux que je ne connaissais pas1, et j'avais juste envie de foncer à la rédaction pour prendre la place de tous ces vieillards (qui, à l'époque, ne l'étaient pas tant que ça).  Ce n'est pas vraiment un scoop mais aujourd'hui, c'est moi le vieillard (même si, en fait, pas tant que ça), et si j'avais le pouvoir de voyager dans le temps, j'essaierais d'y remédier. Non pas au fait de vieillir, je n'irais pas dans le futur pour m'injecter le remède ; j'irais juste dans le passé et je dirais à mon jeune Moi, de la part de son futur Lui, de ne pas être trop sévère avec Philippe, Jérôme et tous les autres : un jour ou l'autre, nous finissons tous ainsi, dégarnis sauf dans les oreilles (ceci explique peut-être cela) et exagérément (mais passionnément) complaisants vis-à-vis de nos vieux disques et de nos vieilles idoles (et le pire, jeune Moi, c'est que ta complaisance à toi ne te vaudra pas un radis). C'est la marche du monde, mon petit Toto, ne te prends pas la tête avec ça – oui, je sais bien que tu détestes qu'on t'appelle Toto et je tiens à te rassurer au moins à ce sujet : certes, plus tu vieilliras, plus tu aimeras Queen, mais Toto, jamais.

Ceci nous amène logiquement au nouvel album de Johnny Marr, ancien guitariste d'un groupe mythique qu'on sait gré de ne jamais s'être reformé, qui est donc à notre époque ce que le dernier Ringo (ou qui vous voulez) était à celle de ma jeunesse : un album de vieux pour les vieux qu'aucun gamin ayant trois sous de cervelle n'ira écouter, sans doute à raison, mais que je vais chroniquer quand même, et positivement, encore. Un disque, Call the Comet, qu'on n'attendait pas, dont on n'avait rien à secouer cinq minutes avant mais qu'on prend un plaisir tout étonné à se repasser. Plein de fois. Ne vous plaignez pas, de mon temps, on payait pour s'énerver en lisant cela.


Précisons pour ceux ne s'étant jamais intéressés à sa carrière solo (c'est-à-dire, euh... tout le monde ?) que si l'on pourrait sans doute lui reprocher plein de choses (à commencer par toutes ses années 90. Et l'essentiel de ses années 2000), Marr ne s'est pas seulement limité à refuser les reformations des Smiths : il en a carrément banni toute référence au sein de son œuvre. Le rock-critic vieillissant se devra donc ici de saluer son intégrité, son refus de flatter la croupe du fan – le mec lucide trouvera juste cela un peu foufou, sachant que par la force de sa non-prolificité, 300% de son public est composé de fans des Smiths largement désespérés de l'entendre sonner comme à peu près tous les groupes possibles, sauf celui qu'ils aimeraient entendre. Depuis 1987, Johnny Marr paraît considérer son appartenance au plus grand groupe de son époque comme une banale ligne sur son C.V., tout en n'ayant strictement (et volontairement !) rien fait depuis qui justifiât que l'auditeur pense de même. Si l'on excepte le fait d'avoir tenu la gratte sur le meilleur album solo de Bryan Ferry (Bête noire), et encore était-il alors toujours virtuellement membre de son ancien groupe, Marr n'a même rien branlé qui méritât vraiment de se le rappeler, s'embarquant dans un délire techno-dance-pop rigolo la première fois et très gênant pour tout le monde au bout de trois albums2, jouant les musiciens de sessions pour des gens encore plus ringards que lui ou collaborant avec des artistes tellement lénifiants qu'on n'ose pas écrire leurs noms de peur de vous endormir3.

C'est donc avec un authentique étonnement que l'on surprend quelques réminiscences de Qui Vous Savez sur Call the Comet, limites démago sur "Day in Day out" et "Hi Hello", plus habiles sur "The Tracers" ou "Bug". Si l'on avait vraiment envie de faire chier Morrissey (mais pourquoi donc voudrions-nous faire chier un type si sympathique et agréable ?), on dirait bien que ces morceaux sont probablement ce qu'on a entendu de plus proche des Smiths depuis trente ans (sans compter le premier Libertines et les face B de blur, of course). Le hic, qui n'en sera pas forcément un selon le point de vue, c'est que tandis que Morrissey a le mérite paradoxal de faire du Morrissey avec une régularité et un jusqu’au-boutisme forçant le respect, Marr nous sort ici un album qui (comme d'hab') ressemble à peu près à tout, n'importe qui et donc, surtout, à un pur album de vieux. Un vieux sympa, dont on peut apprécier l'élégance et la discrétion, mais qu'on aime avant tout, ne nous leurrons pas, parce qu'il est vieux et parce que nous-mêmes, on n'est plus franchement jeunes. "Rise", qui ouvre l'album, est un titre exceptionnel... pour du Coldplay reprenant U2 pour un tribute (ou l'inverse, probablement avec un feat. d'un mec de Simple Minds – non, je ne connais pas les noms des membres Simple Minds, n'exagérez pas non plus).

Ici, ou sur "Hey Angel", gros riff à la Neil Young pour excellente face B. de B.R.M.C., on se dit une fois de plus qu'elle est bien étrange, la touche Johnny Marr en solo, voire un peu perverse : faire l'exact inverse de tout ce qu'on attend du guitariste des Smiths, publier des morceau évoquant les antithèses du groupe mancunien, qui sur le papier ont tout pour donner envie à ses fans de se taillader les veines... et les leur faire écouter, et les leur faire aimer. Un brin tordu mais, il faut bien le reconnaître, extrêmement efficace pour un peu qu'on ait passé l'âge de se soucier de ce qui relève ou pas du bon goût, ce concept dont Marr fut pourtant autrefois l'un des dépositaires les plus intransigeants. Il y a même quelque chose de joliment subversif, si si je vous assure, à se dire que si le gars avait publié un seul titre de cet album à l'époque des Smiths, il aurait vraisemblablement filé pointer au Pôle Emploi la semaine suivante, aussi efficace soit "Spiral Cities" (pour prendre le titre sur lequel l'absent de Morrissey Bono se fait le plus sentir). Johnny Marr, après tout, est un maître du pied-de-nez, toute la discographie des Smiths le démontre et cette non-carrière solo aussi, à sa manière. Il est tout de même assez fabuleux d'entendre "My Eternal" en se rappelant que pas une fois, du temps où il avait un groupe avec Bernard Sumner, Johnny n'avait été capable de torcher un aussi bon morceau de New Order. C'est à croire qu'il le fait exprès et si, bien sûr, l'hypothèse la plus probable est que Marr se contente de faire ce qu'il veut comme il veut à l'attention de qui voudra, avouez que c'est beaucoup moins alléchant présenté ainsi.



👍 Call the Comet
Johnny Marr | New Voodoo/Warner, 2018


1. Je n'ai absolument RIEN contre Paul Weller, qui a sorti dernièrement quelques très beaux albums qui furent d'ailleurs justement salués en ces pages, mais la fin de l'ère Style Council et le début de sa carrière solo formaient vraiment l'archétype de ces trucs insipides et ringards qui n'intéressaient que les rock-critic et à peu près personne d'autres.
2. Encore qu'il doive bien se trouver aujourd'hui quelque snob pour considérer qu'Electronic était un groupe précurseur de quelque chose.
3. Bref, le meilleur truc que Marr ait fait en solo est probablement d'avoir produit le second LP de Marion. Qui a extrêmement mal... vieilli. Décidément.


16 commentaires:

  1. Hé mais j'aimais bien Eletronic moi!
    (ok, j'ai pas écouté ces disques depuis 10 voire 15 ans)

    Très bon article malgré un titre cruel, j'ai bien rigolé et c'est vrai qu'il est très pas mal le dernier Marr.

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    1. Tu aimais bien Electronic ? Bah moi aussi, en fait. A l'époque je trouvais ça correct mais soyons sérieux, c'est pas terrible du tout ;-)

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  2. Alléchant? Je peux t'assurer qu'il y a RIEN d'alléchant dans la description que tu fais de cet album. C'est même plutôt le contraire. Mais le titre en écoute est pas mal, finalement :)

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  3. Mais non, il n'a pas vieilli du tout le deuxième album de Marion (que j'hésite toujours à aller voir à Londres en novembre avec Desperate Journalist... :-) )!

    Malgré mon amour des Smiths, je n'ai jamais essayé d'écouter en entier un disque de Marr et on ne peut pas dire que ce 'Hey Angel' me fasse changer d'avis...

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    1. Si tu veux vraiment qu'on ouvre cette discussion, je trouve que Marion ç'a assez mal vieilli d'une manière générale (mais comme pas mal de trucs du genre).

      Je crois que c'est tout à fait normal de ne jamais avoir essayé d'écouter en entier un disque solo de Marr. Je ne serais même pas surpris d'apprendre que lui-même ne les écoute pas en entier ^^

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    2. Ca ne peut pas avoir vieilli, la Britpop c'était déjà vieux à l'époque, c'était même le concept, non ? Une sorte de "remake (ou reboot (ou spin off (ou adaptat... (oh putain mais quelle horreur, il n'y a plus que ça !))))" pou citer un grand homme :-)

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    3. Monsieur connaît ses classiques ;-)

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    4. En fait tu devrais adapter les drawas à la musique...

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    5. Ça peut potentiellement s'adapter à n'importe quoi mais pour la musique je pense que ça deviendrait vite galère, avec la multiplication des références, à la manière du CDB des dernières années. Il y a un nombre considérable de séries mais ça reste raisonnable en comparaison (suffisamment pour que je puisse quasiment faire une liste de séries élégibles chaque années avant le début des Drawas, où je n'ajoute que 15-20 titres dont je n'aie jamais entendu parler en cours de route, soit assez peu finalement).

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  4. Ok, je sais, je n'interviens ici que pour râler (mais note que je te lis religieusement, c'est juste modérément intéressant d'intervenir quand je suis d'accord). How the fuck dare you ? Bon, déjà, on dirait que tu réduis la carrière de Johnny Marr post-Smiths à Electronic et aux récents efforts "solo". Lui s'est toujours vu comme un guitariste et un songwriter, pas un "frontman". Ce qu'il a fait avec Chrissie Hynde, c'est de la merde ? Ce qu'il a fait avec les Pet Shop Boys ? Ce qu'il a fait avec Matt Johnson ? (Love Is Stronger Than Death, c'est du pipi ?) Ce qu'il a fait avec Modest Mouse ? Et je suis obligé de signaler quelques contre-vérités : Marr ne s'est pas opposé à toutes les reformations des Smiths, il y était disposé, au moins une fois, et Morrissey n'a pas donné suite ; s'il considérait son appartenance au plus grand groupe de tous les temps comme une banale ligne sur son cv, je pense qu'il n'en jouerait pas trois ou quatre morceaux à chaque concert (la dernière fois que je l'ai vu à Paris, il a fait Bigmouth, There is a Light, Headmaster Ritual et How Soon Is Now). Oh, et The Cribs, c'était défendable. Ça fait quatre ou cinq ans qu'il est vraiment solo, et tu avoues toi-même que c'est pas si mal (on parle de deux albums).

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    1. C'est vrai que t'es un peu relou, en fait, comme gars ;-)

      Si encore j'avais parlé du reboot de Buffy, j'aurais compris, mais là ça devient malsain ^^

      Mon idée n'a jamais été de dire que Marr n'avait fait que de la daube. Mais, peut-être parce que je n'ai pas de sympathie particulière pour la plupart des artistes avec lesquels il a collaborés (contrairement à toi, semble-t-il), j'ai du mal à trouver l'ensemble autre chose qu'anecdotique et j'ai quand même l'impression que c'est un sentiment assez largement partagé au sein de son "public", si tant est qu'il en ait vraiment un sur son seul nom. Surtout qu'à part avec Modest Mouse, il a rarement dépassé le cadre du featuring comme simple guitariste additionnel (c'est bien généreusement qu'on l'associe aux Pet Shop Boys, il était quand même très loin d'être devenu le troisième membre occulte du groupe et n'a pas du jouer sur beaucoup plus de dix morceaux répartis sur trois ou quatre albums) (d'ailleurs je suis moi-même très généreux en citant Bête noire, car il ne joue pas non plus sur tout l'album ^^). Niveau répertoire, c'est vraiment très très mince, je vois peu d'artistes de son âge et de son standing ayant aussi peu composé sur une aussi longue durée, même pour les autres. C'est quand même Johnny Marr, il a aurait pu collaboré avec n'importe qui, devenir producteur, être le guitariste de Bowie, lancer des jeunes, devenir le ghost writer de Robbie Williams, faire une tourner sold-out avec Black Crow... ah non, je m'égare, là. Bref il n'a quand même pas branlé grand-chose pour entretenir la flamme, et ce n'est pas à mon sens de la méchanceté que de le dire.

      Après c'est peut-être moi qui extrapole avec la métaphore du C.V., mais c'est l'impression qu'il (me) donne chaque fois qu'il évoque le sujet en interview. Non pas qu'il renie ce passé, mais que ce n'est pas plus important à ses yeux que toutes les autres choses qu'il a pu faire. Il ne paraît pas très attaché à cette partie de sa vie, pas plus qu'à une autre en tout cas. Il y a sans doute une part de posture là-dedans, comme chez beaucoup d'artistes qui veulent qu'on leur foute la paix avec leur glorieux passé, mais j'ai le sentiment que c'est plus profond chez lui que chez d'autres.

      Tu parles de quelle reformation avortée ? Je me rappelle tout au plus de vagues rumeurs il y a une dizaine d'années mais dans mon souvenir ce n'était pas très concret, y compris de la part de Marr.

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    2. Ne me parle pas de cette histoire de reboot, ça me fait vomir du sang.
      Sinon, pour ce qui concerne Marr (je suis encore plus cinglé avec les Smiths qu'avec Whedon, c'est te dire), il y a un truc qui me semble biaisé dans ton appréciation : tu le présentes uniquement comme un guitariste qui aurait pu faire des piges plus luxueuses, mais c'est aussi et au moins autant un songwriter. Quand il collabore avec Brian Ferry, il ne se contente pas de jouer de la gratte sur certains morceaux, il les co-écrit. Idem avec les Pet Shop Boys (et on parle de morceaux comme Getting Away With It ou This Must Be the Place). Idem avec The The. Idem avec The Cribs. Et c'est encore plus vrai avec Modest Mouse pour We Were Dead Before the Ship Even Sank. Pour autant je peux comprendre que ce ne soit pas des groupes que tu apprécies, ce qui explique ton jugement sur sa carrière post-Smiths, mais ça le rend tout de même assez excessif, je trouve (après, je trouve qu'Electronic est un groupe sous-estimé, va savoir si je n'aurais pas moi aussi un biais). Il ne voyait pas le fait de "jouer de la guitare pour" comme un accomplissement (fût-ce pour le plus grand, puisque tu citais Bowie).
      Quand à son rapport aux Smiths, oui, il en a marre qu'on ne lui parle que de ça, mais c'est quand même compréhensible. Cela dit, il est fier de ce qu'il a fait avec (de ?) ce groupe, et il est parfaitement conscient qu'il (ni à mon humble avis personne) n'accomplira jamais rien de mieux. Encore une fois il joue systématiquement plusieurs classiques sur scène et la plus grosse partie de son autobiographie est consacrée à cette période. Mais c'est tout de même humain d'avoir envie qu'on s'intéresse aussi à ce qu'il a accompli, non seulement pendant cinq ou six ans, mais aussi pendant les trente qui ont suivi, et dont il est légitimement fier.
      Quant à cette histoire de reformation, il mentionne une rencontre avec Morrissey où ils auraient passé quelques heures à en discuter sérieusement, seraient resté en contact quelques jours, puis ce connard de Moz (je baise le sol que foule ses pieds, mais c'est tout de même un être humain plutôt déplorable) aurait brutalement cessé de répondre.

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    3. "tu le présentes uniquement comme un guitariste qui aurait pu faire des piges plus luxueuses, mais c'est aussi et au moins autant un songwriter. "

      Euh non. Pas "au moins autant". Il a été relativement actif comme songwriter dans la décennie suivant le split des Smiths (on pourrait citer aussi Electrafixion (je sais plus comment on l'écrit mais on s'en fout ^^), mais ces vingt dernières années, le côté featurings a très largement pris le pas sur le côté songwriter. Si tu t'amuses à prendre sa disco et à faire deux colonnes, ça va vite te sauter aux yeux, je t'assure ;-)

      Je ne vais pas reprendre tous les exemples que tu cites, ce serait fastidieux, mais il n'a pas écrit tant de choses que ça pour les Pet Shop Boys (en fait dans la mesure où "Getting away" est un morceau d'Electronic à la base, je crois même qu'il n'a jamais rien écrit "POUR" les Pet Shop Boys... et notamment pas "This Must Be Place"...), il a juste co-signé un titre de Bryan Ferry en deux albums, les Pretenders la proportion est plus ou moins la même, The The également... etc. Bref je pense que tu surestimes la quantité de ses contributions comme songwriter, vraiment. Oui, il a écrit une quantité assez conséquentes de morceaux pour Modest Mouse ou The Cribs (sur un seul LP à chaque fois, où tous les titres sont crédités aux groupes et où il est par conséquent difficile d'évaluer son apport), mais ce sont plus les exceptions que la règle.

      Désolé pour cette réponse tardive, j'ai eu quelques problèmes d'Internet ces derniers jours (ou alors peut-être que je te fuyais car j'avais peur que tu te mettes à t'enthousiasmer pour le reboo... non, rien. ^^)

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