jeudi 26 juillet 2018

UnReal - Encore plus trop loin, mais toujours nulle part.

La télé aime la télé. De même que le showbiz aime le showbiz. Bien avant que les séries ne deviennent "in", on savait déjà grâce à la littérature et au cinéma qu'aucun livre, aucun film n'était potentiellement plus surcoté que s'agissant d'évoquer, de préférence sur un ton critique, les coulisses du milieu. C'est un marronnier comme un autre et c'est ici qu'il faut commencer si l'on veut comprendre (on a le droit de ne pas du tout vouloir) le pourquoi du comment UnReal est passée en à peine trois ans de Must Watch à truc un peu dégueu et gênant dont Lifetime (LIFETIME, PUTAIN !) s'est discrètement débarrassé en refilant le bébé à Hulu pour une dernière saison balancée d'un bloc en plein milieu de l'été (et seulement trois mois après la précédente). Si le Critique était capable d'auto-critique, ce qui est moins que jamais le cas dans une époque de zapping permanent où un article chasse l'autre à vitesse grand "V" et ou plus personne ne se rappelle qui écrivait quoi il y a trois semaines, tous les articles sur cette ultime saison devraient débuter par la phrase "Oui, c'est vrai, nous avons totalement surévalué UnReal à ses débuts". Cela n'arrivera évidemment jamais (à part ici, donc). Mais ce serait un bon début. La première saison d'UnReal était très bonne, personne ne discute réellement ce point. Elle avait pour elle un ton, une originalité et un propos solide en faisant l'un des shows incontournables de cet été 2015 où elle vit le jour. Elle n'était cependant pas exempte de gros défauts poliment glissés sous le tapis, notamment à partir de l'intrigue dite "du suicide", annonciatrice de tous les excès dans lesquels allaient par la suite se vautrer ses scénaristes.

mardi 24 juillet 2018

Perdre son Temps

[Mes livres à moi (et rien qu'à  moi) - N°65]
Là-bas - Joris-Karl Huysmans (1891)

En ouvrant Là-bas j'ai été saisi de vertige. Un de ces sentiments qui deviennent familiers au fur et à mesure que l'on accumule les livres, mais face auxquels la plus grande expérience ne suffit pas toujours à lutter. Cette peur intense, assez irrationnelle, de se gâcher une œuvre que l'on a autrefois portée aux nues. On en a dévoré chaque strate avec voracité. Parcouru chaque recoin comme possédé. On la considère, peut-être, confusément, comme la plus grande, comme l'Intouchable. On la sacralise en somme, jusqu'au jour où, après des années à en parler sans plus jamais s'y perdre, on découvre avec stupéfaction que tout cela est fort mal écrit, architecturé ou juste pue la merde. J'ai consacré une partie non-négligeable de mon existence à l'étude de Huysmans. Je vis avec chacun de ses enjeux depuis si longtemps que je l'évoque aussi familièrement que s'il s'agissait des problèmes de couple d'un vieux copain. J'en connais les textes les plus obscurs, les références les plus profondément enfouies. Oui mais voilà : je n'avais plus ouvert un livre de Huysmans depuis pas loin de dix ans et craignais par-dessus tout de ne plus m'y retrouver. Comme si j'étais rentré chez moi un soir et m'étais aperçu qu'on avait changé la serrure – ou tout simplement que je m'étais trompé d'étage.

vendredi 20 juillet 2018

Dragon Quest VII - Le Monde ne suffit pas

Quand certains jeux paraissent avoir autant de facettes que de joueurs (celui-ci, au hasard), d'autres au contraire semblent toujours devoir se réduire à quelques clichés, à peine nuancés par le goût personnel de chacun. De Dragon Quest VII, ainsi, on vous dira toujours en préambule - et vous noterez que je ne fais pas exception - que c'est un jeu long, très long, très très long, vraiment looooooong voire même trop long1. Si le locuteur est mal luné, il ajoutera peut-être même trop lent. Quand on n'a rien à dire, on ne compte pas. Ou peut-être que si, justement : il semble qu'il convienne d'étaler à propos de Dragon Quest VII les quelques 120 à 150 heures annoncées pour en venir à bout en ligne droite, appuyant exagérément sur sa réputation de RPG le plus long de tous les temps. Ce qu'il était peut-être bien à l'origine, en 2001, sur PlayStation. Dans son remake 3DS, qui mériterait sans doute le titre de revival, on est bien loin du compte puisqu'il me fallut trente heures de moins que la somme promise pour le terminer à quasiment 100 %.

samedi 14 juillet 2018

WGTC? Drawas du Mondial 2018 : une saison tous les 4 ans, ça sent fort la série française.


Oops, they did it again. Alors que tout se passait bien et que la Coupe du Monde était le moment parfait pour mettre Le Golb en vacances, bim : la rechute. Mais c'est pas moi, m'dame, c'est Olivier qui a commencé à parler de faire les Drawas de la Coupe du Monde. A quatre mains, en plus ! Tels de modernes Romario et Bebeto, enfin un truc comme ça (on vous laisse choisir le duo d'attaquants qui vous botte le plus). Soit la reprise de toutes les catégories des "vrais" Drawas, sans tricher, mais à l'attention du Mondial. Le pire, c'est que ç'a été très... très facile. Presque trop. De quoi, on l'espère, vous faire patienter en attendant une finale qui paraît toujours trop loin et qui risque forcément de se terminer bien trop tôt. Et l'on notera au passage que, par pure superstition, nous avons été très soft niveau vannes sur les Croates. On sait jamais, hein ;-)

mardi 3 juillet 2018

Cet album méconnu que nous connaissons tous.

[Mes disques à moi (et rien qu'à moi) - N°118]
John Lennon/Plastic Ono Band - John Lennon (1970)

Lennon n'est jamais arrivé dans ma vie. Je n'ai jamais découvert sa musique. Je ne me rappelle pas mon premier disque de Lennon comme je peux me rappeler mon premier disque des Beatles (Please Please Me) ou de presque tous les autres, à toutes les époques. Il n'y a pas eu de révélation, juste un lent travail de sape, au fil d'écoutes à peine répétées. Durant des années j'ai été Paul (j'ai même eu – je ne m'en vante plus trop – une brève période durant laquelle j'ai été George), et puis un beau matin, en entendant Plastic Ono Band, je me suis aperçu qu'en fait, j'étais devenu John. C'était une évidence, d'autant que j'avais désormais besoin d'un grand mug de café pour tenir jusqu'au bout des ouvrages solos des deux autres.