dimanche 15 janvier 2017

[GOLBEUR EN SÉRIES '16-17] Semaines 15 – 18

Quatre semaines en une pour ce premier Golbeur en séries de 2017, autant dire que la cargaison pèse son poids. Au menu : The Deleted, Doctor Who, Emerald City, Frequency, Grimm, Incorporated, Man with a Plan, The OA, Search Party, Sense8, Sherlock, Sweet/Vicious, Quarry, Z Nation... certains en gros paragraphes, d'autres en une seule phrase - et pas forcément ceux que vous pensez. Bon dimanche à tous.

👎👎 The DELETED Tous les artistes, à partir d’un certain nombre d’années de carrière, commettent quelques erreurs. Cela fait partie du jeu. Une œuvre mineure par-ci, deux ou trois flops par-là. On ne peut pas être bon tout le temps et puis on vieillit, on évolue, pas toujours dans la bonne direction ou dans la même que son public. Certains s’en remettent très bien. Ils finissent même, parfois, par remonter la pente. D’autres en revanche ont plus de mal à gérer tout cela. Le vieillissement. Le tarissement de l’inspiration. La difficulté à rester en phase avec le monde auquel on entendait livrer son art. Ce sont souvent les plus grands ou les plus successful. Il n’est jamais facile de se remettre en question. Ça ne l’est déjà pas toujours pour vous ou moi, alors pour un génie à qui la terre entière répète qu’il est génial depuis des décennies… Il y a de quoi être un peu triste car dans ces cas-là, le Génie, l’Immense, a souvent tendance à foncer tête baissée dans tous les pièges de l’âge – ceux-là même sur lesquels il ironisait lorsque, plus jeune, il voyait ses aînés tomber dedans. N’y allons pas par quatre chemins : Bret Easton Ellis n’est plus qu’une parodie de lui-même. On le supposait depuis son dernier roman en date, Imperial Bedrooms. On sentait bien qu’il n’avait plus grand-chose à dire. Qu’il finirait bientôt par ne plus parler qu’à ses fans, plutôt que de confronter son époque. The Deleted, sa première et – espérons-le pour lui – dernière série, transforme cette intuition en une évidence qui ferait presque peine à voir si le résultat n’était pas si prétentieux et suffisant. L’immense auteur d’American Psycho, de Glamorama, ces livres qui ont durablement marqué l’histoire de la littérature, y touche littéralement le fond. Dès la première minute (!) le ton est donné : baigné dans un éclairage bleuté totalement cliché, enrobé dans dans une photographie dégueulasse dont même Bryan Ferry n’aurait pas voulu pour ses pochettes des années quatre-vingts, deux jeunes éphèbes s’avancent dans une grande maison vide, surprennent deux autres jeunes éphèbes en train de baiser à même le sol. Ils échangent deux phrases avant que résonne l’inévitable « Je peux me joindre à vous ? »… et c’est parti pour un tour. Dix fois un quart d’heure de vide, avec presque chaque fois plus de scènes de cul que de minutes par épisode, un scénario relégué au douzième plan, des comédiens recrutés au physique, une musique hideuse et des répliques faussement mystérieuses dont personne sur cette planète ne peut avoir quoi que ce soit à branler. Ridicule. Honteux. Et, oui, pathétique.

Alors attendez voir : seringue, pilules, liasse de billets, joints, mec à poil... c'est bon, tout y est !

👍 DOCTOR WHO (Christmas Special) Le printemps, c’est maintenant ! Et quel printemps, puisque tandis que François H. terminera son quinquennat, Steven M. achèvera lui son septennat. Il sera alors remplacé par Chris Chibnall, et si l’on ne sait pas encore qui succèdera à François, il y a de fortes chances que l’on soit amené à regretter l’un et l’autre. D’ici là, il faut bien songer à une reconversion. Si François n’a apparemment pas beaucoup de pistes, Steven a en revanche eu vent d’un truc qui payait vachement bien et où l’on n’était pas trop regardant ni sur la cohérence scénaristique, ni sur la misogynie : le film de superhéros. Son dernier Christmas Spécial n’aura donc été qu’une longue mise à jour de son CV, et force est d’admettre que le temps d’une dizaine de minutes à la fois choupidoupinettes et hilarantes, même sur Le Golb, on était prêt à l’engager. Au final, l’épisode aura été beaucoup moins bon que ce que sa délicieuse ouverture laissait supposer, ce qui est somme toute l'exact résumé du passage de Moffat sur la série – si ce n'est de toute sa carrière.  Mais peu importe : c’était efficace et, dans l’ensemble, assez sympathique. Surtout quand on se rappelle que la quasi totalité des Christmas Specials de la période Moffat furent marqués par, au choix : leur médiocrité, leurs intrigues pas du tout CHRISTMAS, ou leurs atmosphères mélancoliques ENCORE MOINS CHRISTMAS. Bon, par contre, à en juger par la fin de cet épisode, on doit sans doute d’ores et déjà se préparer à une saison 10 pétrie de one-liners relous en mode « Voualaaaa, c’est finiiiiiii », histoire que même les gens n’ayant rien à foutre des coulisses sachent que quelqu’un de la série s’en va. C’est peut-être François le Président mais le Melon International, on sait qui c’est…

The OA Ah bah non. Non. Un pilote d'1h10, je n'ai pas le temps aujourd'hui.

👎 EMERALD CITY Que c’est moche, la publicité mensongère. L’affiche a beau hurler « Attention Once Upon a Time, il y a un nouveau shérif du mauvais goût en ville », il s’agit bien d’une tentative laborieuse et par instants assez risible de proposer un genre de Game of Thrones de Network. La seule surprise est que cette idée aussi saugrenue qu’alléchante pour un directeur de programmes ait attendu si longtemps pour germer (encore qu’Emerald City ait été mise en chantier il y a des années), car pour le reste il n’y a vraiment pas grand-chose à retirer d'un pilote long comme un jour sans pain et qui commet ce crime affreux de vouloir livrer une version pseudo-adulte, pseudo-mature, pseudo-sérieuse d’une œuvre se distinguant avant tout par sa fantaisie et son merveilleux. Le tout ne va pas assez loin (en 1h20. Oui.) pour que l’on connaisse le traitement de chacun des compagnons de Dorothy mais il suffit de voir ce que subit par ce pauvre Épouvantail pour ne pas du tout avoir envie de savoir la suite. Soit, on perçoit par un endroits un véritable effort pour proposer un peu d’audace visuelle (entendons-nous bien : c’est moche, mais on sent une envie de bien faire), mais pas quoi réussir à passer outre les dialogues lourdingues ou le look ridicule de Vincent D’Onofrio (qui doit vraiment être criblé de dettes pour avoir échoué à Oz telle une grosse baleine chauve). Il y a assurément le potentiel pour livrer de l’univers de Frank Baum une version gritty, gothique et pourquoi adulte (beurk) si vous voulez… mais pas là, pas comme ça, pas avec ces gens-là et encore moins sur cette chaîne-là.

Ils ont l'air con mais rassurez-vous, vous ferez la même quand vous verrez comment est attifé D'Onofrio dans la série.

👍 FREQUENCY Maintenant que j’y pense, ce n’est pas vraiment une série : c’est un jeune joueur de foot. Un milieu de terrain ou un attaquant, vif, avec une jolie vision du jeu et qui dribble la moitié de ses petits camarades à l’entraînement. Sans être extraordinaire, il est prometteur dans ce registre. Suffisamment pour que personne ne pense à le tester à d’autres postes et qu’il passe toute sa carrière à être un bon milieu de terrain alors qu’il avait, sans le savoir, tout pour être un grand gardien de but. Le résumé vous semble un peu tordu ? C’est pourtant ça, Frequency : un show à potentiel, avec un chouette pitch (une fille et son père traquent un serial-killer à vingt ans de distance grâce à leur radio-pirate-magique), qui maîtrise assez bien les deux genres auxquels il appartient (SF et polar, donc) et dont les vedettes, Peyton List et Riley Smith, sont vraiment très agréables à regarder. Sauf que Frequency souffre sans que l’on s’en aperçoive immédiatement d’une étrange anomalie génétique : elle est un feuilleton alors que tout, son écriture, son rythme, sa réalisation, son feeling... enfin… tout en elle indiquait qu’elle aurait dû une série procédurale, avec des enquêtes de la semaine et la traque du Rossignol en guise de fil de rouge. En un sens, elle illustre très bien son point de départ : Frequency est une des années quatre-vingt-dix bloquée dans notre époque de formats courts, de séries limitées et de visionnage cul-sec. La conséquence, c’est qu’elle est bonne quand elle aurait pu être excellente, avance à quatre heures (voire à 0,04 si l’on déduit les histoires de timelines) et a du mal à creuser la relation au sein du non-couple le mieux assorti de la télévision de 2017 : c’est cet aspect psychologique, en toute logique, qui aurait dû être la colonne vertébrale de l’intrigue. Pas la traque de serial killer la plus morne et fastidieuse depuis l'instauration de la preuve ADN. Cela n’empêche pas Frequency de contenir de très bons moments en l'état, mais cela empêche en revanche de totalement se passionner pour elle – et, alors que l’annulation lui pend au nez, de réellement regretter ce qui risque de lui arriver incessamment sous peu, alors même qu’on l’aura bien aimée dans l’ensemble.

GRIMM (saison 6) Contrairement à ce qu’on lit souvent, avoir une date de fin de série n’est pas forcément un cadeau à faire à des scénaristes. Ceux de Grimm le démontrent par l’absurde depuis bientôt un an. Visiblement aussi soulagés qu’embarrassés de savoir que leur petite série sympathique finirait en 2017, ils se sont mis – quelle drôle d’idée – à essayer de lui arracher au forcepts un bouquet final le plus épique possible. La noirceur de la saison 5 détonnait complètement avec ce qu’on avait l’habitude de voir dans Grimm, ce monster of the week oscillant entre le mignonnet et l’agréable, dont les héros étaient si désespérément gentils que la seule fin qu’on pouvait leur imaginer était à base de mariages et de grossesses. Pour une raison que l’on ignore, il semble qu’il fallait verser du sang et des larmes, inventer des rédemptions à des personnages qui n’avaient jamais rien fait de mal, et accessoirement trouver un Grand Méchant à combattre pour le héros. Le pauvre Capitaine Renard étant d'assez loin celui qui dans le casting avait le plus une tête de sale type, c’est sur lui que c’est tombé, sans le moindre respect pour un personnage que tout le monde aimait bien (les scénaristes nous avaient déjà fait le coup avec Juliette il y a deux ans, avant de renoncer lorsqu’ils s’étaient aperçu qu’elle avait surtout une tête de nœud). Du coup, on ne sait plus trop ce que l’on regarde, ni si l’on aime – on se rassure en se disant qu’heureusement, ce n’est que Grimm, mais l’argument est un peu faible : on aimait bien son côté anodin, vaguement simplet, sans prétention. Grimm était une série reposante, sans un connard égocentrique voulant dominer le monde tous les trois jours, ni un autre connard égocentrique pour vouloir le sauver. Grimm ne ressemble plus du tout à Grimm, ce n’est pas très grave et en même temps, c’est très embêtant – parce que Grimm remplissait très bien son office de pur divertissement qui se retrouvait tout le temps nommé pour le Drawa de la série qui existe encore (mais personne ne sait ne pourquoi) et qu’on n’était presque un peu fier, alors, de répliquer « Moi, je la regarde. »

Mais pourquoi est-il si méch... bah, oui, au fait : pourquoi ? Il était pas gentil normalement ?

💤 INCORPORATED Eh bah dites-moi ! Ça en fait, des sous dépensés, pour raconter une histoire qu’on a déjà lue dans deux cents romans de SF ! Je sais bien que Damon et Affleck ne manquent pas de liquidités mais tout de même, il devait y avoir placement plus intéressant. Non qu’Incorporated soit une mauvaise série… l’argent achète tout, y compris des acteurs et réalisateurs corrects. Mais le tout manque vraiment de fantaisie – pour ne pas dire d’âme, tout simplement. Trop froid. Trop papier glacé. Ce qui a tendance à anesthésier les rares bonnes idées de scénario (par « bonnes » j’entends un peu fraîches, un peu personnelles). C’est regardable, mais on bâille un petit peu quand même durant les rares scènes où l'on ne s'est pas endormi.

👎 MAN WITH A PLAN Arrivé à la fin du pilote, le défenseur des causes perdues qui sommeille en moi se frottait déjà les mains, prêt à voler au secours de la série la plus démantibulée par la critique US lors de la dernière rentrée. Oh bien sûr, c’était un peu lourd. Un peu beauf. Très ringard. Mais ce n’était pas si désagréable. Matt LeBlanc faisait le taf. Certaines vannes faisaient mouche. Tous les ingrédients étaient réunis pour déboucher sur une ode vibrante aux vertus du bon vieux sitcom d’antan, injustement méprisé en cette époque de comédies high concepts et de sadcoms dépressives. Et puis j’ai continué, et c’est alors que je me suis rappelé qu’à l’apogée du genre, je n’aimais déjà pas le bon vieux sitcom d’antan. Que Seinfeld me l’avait tué il y a déjà des lustres. Que je pouvais parfois lui reconnaître, occasionnellement, une certaine efficacité – mais que je finissais toujours, invariablement, par décrocher avant la moitié d’une saison. Man with a Plan aura en tout et pour tout tenu six épisodes. A mon échelle, c’est plutôt la moyenne haute.

👍 SEARCH PARTY J’aime quand une série ressemble à un LP ou à un roman. Ce n’est pas si fréquent. J’aime regarder un épisode et me dire hé, cette série a un truc, sans pouvoir immédiatement dire quoi, comme ça, au débotté. Le problème de Search Party, évidemment, c’est que même arrivé à la fin on n’est toujours pas trop sûr de savoir pourquoi on aimé. Mais on a aimé, c’est sûr. Peut-être à cause de l’atmosphère. Ou de la bouille de son héroïne. Ou de cette bande de hipsters égocentriques mais absolument charmants qu’elle se trimballe. Search Party est une série bâtarde, mais là où c’est souvent problématique chez les autres, c’est tout ce qui fait son charme. Elle mélange comédie absurde et polar sans jamais pouvoir être désignée comme une comédie policière – parce que les comédies policières, ce sont surtout des comédies, quand Search Party n’est pas moins réussie dans le registre du thriller, proposant quelques scènes d’autant plus glaçantes qu’elles surgissent le plus souvent quand on ne s’y attend pas. C’est assez séduisant. Un peu énervant aussi par instants, mais ça fonctionne, surtout dans la seconde moitié de saison. Il y a une espèce d’indolence dans Search Party qui en fait un véritable OVNI, un peu comme ces matches de foot qui se jouent, comme on dit, sur « un faux rythme ». Le tout est imparfait, sans aucun doute, mais une fois n’est pas coutume, c’était vraiment original. Et vraiment cool.

En y réfléchissant, j'ai fini par trouver un argument rationnel : j'adore le manteau de l'héroïne.

👎👎 SHERLOCK (saison 4) Sherlock Holmes est le personnage le plus intelligent de toute l’histoire de la fiction. Voilà. Je voulais juste le rappeler parce que cette série est devenue à ce point DÉBILE qu’il y avait il me semble vraiment besoin de remettre les choses à leur place.

👍👍👍 SWEET/VICIOUS L’épisode de la semaine était formidable. Dur. Bien nommé (« Heartbreaker », tu m'étonnes). Douloureux. Mais formidable. Au bout de seulement sept épisodes, Sweet/Vicious a atteint un niveau d’accomplissement qu’on avait beaucoup de mal à lui prédire au départ, même si l’on avait, c’est vrai, très envie d’y croire. Un vrai-faux rape and revenge post-post-féministe en mode comédie de superhéros pour teenagers, c’était si invraisemblable sur le papier que ça ne pouvait qu’être soit la plus mauvaise série de l’année (et la plus con, et la plus indécente), soit une excellente surprise faisant remonter MTV dans l’estime de la Terre entière. Il n’a fallu que sept épisodes – et même six – pour que les promesses soient tenues. Après s’être un temps distinguée par ses couleurs un peu trop flashy et son sens affirmé de la dérision, Sweet/Vicious s’est rapidement avérée être bien plus subtile que cela, abordant son délicat thème (le viol, donc) dans un parfait dosage d'intelligence, de délicatesse et de – ça fait tout de même un peu bizarre de l’écrire – second degré. Ce n’est d’ailleurs pas forcément lui rendre hommage que de le formuler ainsi, car il y a dans Sweet/Vicious un talent assez incroyable pour militer sans jamais vous donner l’impression d’être un tract de sensibilisation bondissant et multicolore (c’était particulièrement criant dans le dernier épisode) ; son message est du reste plus complexe et ambigu (et dur) que cela, puisque Sweet/Vicious, qui assume dès le départ – et avec beaucoup d’humour – le côté profondément droitier de la figure du vigilante, raconte aussi l’échec presque total d’un système ou la vacuité des campagnes de prévention dans une société de sur-information : ses personnages ne sont pas des robots répétant toute la journée No Means No et Le Viol c’est Mal. Ce sont des gens de leur âge, donc de notre époque, issus d’une génération qui l’a parfaitement intégré mais qui a tout autant intégré les codes de la rape culture et se développe de traviole, déchirée par cette contradiction profonde. L’épisode de la semaine, on y revient, était formidable, collant plus que jamais aux thématiques agitant le bocal de la série – car il faut le préciser, la plupart du temps, Sweet/Vicious est une série plutôt marrante et divertissante, tous les épisodes n’ont pas la pesanteur émotionnelle de « Heartbreaker » ou de « Fearless » la semaine d'avant. Il n’est pas utile de ménager le moindre suspens à son sujet : il se composait pour moitié de flashbacks racontant l’avant-pendant-après viol de l’héroïne, illustrant donc des choses que le spectateur savait déjà et aurait pu ne pas voir. Moi, en tout cas, je n’estimais pas en avoir besoin et, quelque part au fond de moi, je n’en avais pas envie. C'est précisément ce qui fait que cet épisode devait être écrit ainsi et diffusé maintenant, à ce stade du récit plutôt qu'au début (sans quoi le personnage de Jules n'aurait été défini implicitement que par son statut de victime). On ne peut que féliciter la série de la simplicité et de l’intelligence avec laquelle elle a pris à bras-le-corps ce sujet dans le sujet. Tout dans cet épisode était remarquable, à commencer la partition des deux comédiennes principales, dont l’alchimie paraît atteindre son paroxysme pile au moment où leurs personnages deviennent véritablement intimes. Tout n’est pas encore parfait dans la série, à ce stade (les trois pouces sont pour ce 1x07, pas – encore – pour la saison). L’équilibre entre passages comiques et dramatiques, s’il l’on excepte cet « Hearbreaker », demeure assez instable. Le show se traîne encore comme un boulet le twist de la fin de son pilote, qui paraît de plus en plus inutile au fur et à mesure que le récit avance. On peut même s’interroger sur son avenir, dans la mesure où plus il monte en puissance, moins il paraît à même de s’installer dans la durée (mine de rien, on n’a plus vu nos superhéroïnes en action depuis début décembre et il n’y a aucune raison logique pour que la tendance à faire passer l’aspect vigilante au second de plan ne s’accentue pas). Mais en un sens, Sweet/Vicious est déjà un peu incontournable.

J'ai dit "coloré" mais on ne peut pas dire que Google Images ait été très conciliant sur ce coup.

SENSE8 (Christmas Special) Ah bah non. Non. Un épisode de 2h03, je n'ai pas le temps aujourd'hui.

QUARRY La série 2016 par excellence. Une intrigue classique (un soldat rentre du Vietnam, sa femme le trompe, il devient tueur à gages). Une réalisation soignée (Greg Yaitanes est aux manettes sur chaque épisodes mais ne vous attendez pas à trouver ici la démesure graphique de Banshee). Un casting d’acteurs qui ne sortent jamais des clous. C’est pas mal. C’est bien, même. Et d’un autre côté, on n’a jamais envie d’enchaîner deux épisodes. Quarry n’est pas qu’une série lente : elle est une série monotone. Limite molle. A l’image de la diction nonchalante de son couple de héros. C’est une série de 2016, disais-je : bien fichue, avec un incontestable savoir-faire, mais absolument dénuée de folie. Certains aimeront.

👍👍 Z NATION (saison 3) Excellente surprise de la rentrée 2014, Z Nation a rapidement trouvé son public tout en entamant une quête du sens que Patrick Le Lay à son sommet n’aurait pas reniée. C’est que ce n’est pas facile, on s’en doute, de gagner sur tous les tableaux. D’être à la fois une série drôle, barrée, improbable, et une vraie de série de zombies capable de vous faire stresser pour des héros que vous avez déjà vus survivre à des situations qui seraient on ne peut plus létales pour un personnage de Qui Vous Savez Sur AMC. La deuxième saison s’est pas mal pris la tête avec cette quadrature du cercle, a beaucoup travaillé sur l’esthétique western du show, la réalisation, l’atmosphère… or une série fun qui se prend trop la tête, c’est toujours un peu moche à voir, même quand elle vous sort des trucs comme le fameux (et hilarant) zombaby. On se dit désormais que c’était peut-être un mal pour un bien tant cette troisième saison aura été succulente, enchaînant avec beaucoup de talent vrais moments de tension (ce duel entre Addy et The Man…), d’émotion (le Doc s’impose une fois pour toutes comme le meilleur personnage de la série, le plus drôle mais aussi par éclats le plus touchant), et séquences over-over-ze-top-du-sommet, parfois dans le même épisode voire dans le même personnage – Murphy, bien entendu, dont la mégalomanie de plus en plus inquiétante aura mieux servi Z Nation que n’importe quelle tentative d’introduire un nouveau super-méchant. Tout ne fut pas parfait, loin de là, et on a bien conscience en l’écrivant que l’on tolère chez Z Nation des cafouillages scénaristiques que l’on ne pardonnerait pas forcément à d’autres (la série a paru ne jamais savoir quoi faire de Warren durant toute la saison, le contrôle de Murphy sur 10k était un peu à la carte selon les besoins narratifs du moment, sans parler des gros trous narratifs – mais pourquoi le Doc est-il tout seul dans l’épisode de l’asile ?). Mais que voulez-vous : la vie est marrante et la vie dans Z Nation, encore plus. Il y a un an, cela semblait encore un peu trop un troll de l’écrire – aujourd’hui, c’est une évidence : Z Nation est une meilleure série de Robert Rodriguez que la série de Robert Rodriguez, et une meilleure série Evil Dead que la série officielle Evil Dead.

Quand on pense que Keith Allan a failli quitter la série après la saison 2... pas sûr que celle-ci s'en serait remise...

Mieux vaut tard que Netflix

Au final, en poussant les murs de mon emploi du temps, j’ai réussi à regarder les deux interminables évènements netflixiens de l’hiver. Comme on pouvait s’y attendre, celui de Sense8 – au demeurant plutôt sympa – aurait pu ne durer qu’une heure, voir 40 minutes en l’amputant des ses 4000 scènes de cul inutiles. Quant à celui de The OA, il accusait aisément une de heure trop puisque je savais au bout de dix minutes que j’avais affaire à une bonne grosse merde prétentieuse, à vous faire passer Westworld pour un monument d’humilité et de minimalisme. Comme quoi en 2016 2017, avoir des épisodes de la durée d’un téléfilm demeure encore et toujours un excellent marqueur de séries chiantes qui se la pètent à mort chez tous les show ne s’intitulant ni Orange Is the New Black ni Mr. Robot.

25 commentaires:

  1. J'ai pas fini de lire mais je veux dire tout de suite que le passage sur la mise à jour de CV de Moffat m'a fait éclater de rire :-)

    A quand un article entier sur Steven ?!!

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    2. Eh bien figurez-vous que c'est prévu. Enfin, "prévu"... disons que j'y songe. Un article conceptuel qui paraîtrait idéalement avant le début de la saison 10 de DW (donc aux alentours de mars/avril). Un pot de départ, en somme ;-)

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  2. Donc je confirme maintenant : gros gros épisode cette semaine. Avec en prime le retour des légendes ET de l'icône dodo, je le prends pour moi ;-)

    Bon dimanche Toto.

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    1. Je ne savais pas pour l'icône dodo, en revanche je te confirme que je pense toujours à toi quand je rédige les légendes.

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  3. Très contente que tu parles enfin de Sweet/Vicious. Une des meilleures séries de la saison sans doute possible. Pourtant au départ je ne voulais pas regarder, je trouvais le concept vraiment débile et je m'attendais au pire. Mais en fait c'est vraiment bien. Et cet épisode 7 était génial.

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    1. Apparemment personne ne voulait regarder au départ. J'espère que les vrais spectateurs de MTV n'ont pas fait comme nous ;-)

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  4. Donc moi, on me file le Drawa du recyclage, mais par contre toi, tu peux impunément réutiliser certaines punchline. Coquin, va ;)

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    1. C'est clair, en plus celle de Z Nation l'enfoiré l'a déjà utilisé au moins 3 fois dans des commentaires. Le Golb c'est vraiment plus ce que c'était ;)

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    2. Je ne vois pas DU TOUT de quoi vous parlez, les gars ;-)

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  5. Tu es certain, qu'à la place de "efficace", tu ne voulais pas écrire "ridicule", pour Doctor Who ? ;)

    D'accord avec toi sur le reste, du moins parmi les séries que j'ai vues. Z Nation a, c'est vrai, beaucoup gagné en densité, cette année.

    Sweet/Vicious, je reste sceptique. L'épisode était très bon, mais la série, dans son ensemble, m'ennuie un petit peu.

    Bon dimanche.

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    1. Bien sûr, que je suis sérieux. Après "efficace" veut dire... "efficace". Pas plus, pas moins.

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  6. Marrant la "quête du sens" de Z Nation. C'est un peu ce que je ressens devant (même la saison 3).
    C'est con parce que j'aime bien cette série, mais je me fais souvent chier devant...

    Merci pour Sweet/Vicious, je ne serai pas allé au devant de ce genre de série mais tu m'as convaincu :)

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    1. Honnêtement, ça m'arrive aussi de m'ennuyer un peu devant Z Nation. Enfin, "ennuyer" est un bien grand mot, mais il y a chaque saison un ou deux épisodes que je trouve un peu lents et peu palpitants.

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    2. Dans mon cas j'aurais dit un peu plus de "un ou deux" ;)

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  7. Super passage sur Sweet/Vicious. Je pensais que tu voulais faire un article entier, tu as changé d'avis?

    Merci aussi de mettre des mots sur ce que je pense devant Grimm. La série est complètement sortie des rails, c'est dingue. Et l'évolution de Renard est complètement débile, il devient vraiment un méchant du jour au lendemain.

    Par contre je te trouve super dur avec Sense8 parce que j'ai trouvé que l'épisode était un joli concentré de la saison 1. Ca m'a vachement donné envie de voir la suite.

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    1. Ah mais je l'ai bien aimé, cet épisode de Sense8. J'ai juste trouvé qu'il était beaucoup trop long et contenait beaucoup trop de scènes de cul, c'est tout.

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  8. Par contre le pilote d'Emerald City qui dure 1h20 ça te dérange pas. Tu assumes, en plus! Encore un cas évident de discrimination vis à vis de Netflix sur le Golb :D

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    1. Ce n'était pas la même semaine que The OA et Sense8, j'avais donc plus de temps. Et puis j'étais sans doute aussi dans de meilleures dispositions puisqu'à ce moment-là, en voyant les affiches promos, je m'attendais à quelque chose de relativement léger voire un peu régressif sur les bords.

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  9. Le passage sur Sweet/Vicious m'a vraiment donné envie de voir cette série que je m'étais promis d'ignorer superbement : merci pour le tuyau. Très bien vu aussi, je trouve, ce que tu racontes sur Frequency et son potentiel inexploité comme procedural ; je me demandais ce qui clochait dans cette série, que j'ai du plaisir à voir tout en trouvant son intrigue de fond assez palotte : eh ben, c'est ça.
    Si tu as beaucoup de temps à perdre, je te conseille d'aller jusqu'au finale de The OA, parce que c'est un tel monument de grotesque que ça touche au sublime. A côté du Drawa de la comédie pas drôle, ce truc mériterait celui de la tragédie "métaphysique" involontairement burlesque. (Faut que j'arrête avec les Drawas, moi ; ça commence à m'obséder et à devenir un réflexe de visionnage).
    Sherlock ne mérite sans doute pas mieux que les trois lignes et demi que tu lui consacres, mais quand même : qu'elle soit devenue débile est une chose, mais la désinvolture insultante avec laquelle il nous font de plus en plus le coup de "là Sherlock a fait une série de déductions totalement géniales quinze jours à l'avance et il avait tout prévu, mais on va pas vous expliquer lesquelles et comment vu que ce qui compte, voyez-vous, c'est pas les déductions, c'est les personnâââââges". Sauf que c'est Sherlock, ducon, le personnage, C'EST les déductions ! Ils avaient déjà fait très fort en début de saison 3 sur le principe "vous avez passé deux ans à vous triturer les méninges sous la douche ou sur des forums en vous demandant comment Sherlock s'en était sorti, eh ben non seulement on ne va pas vous dire, mais en plus on va mettre en scène vos théories pathétiques pour se foutre de votre gueule" (mais c'est de la mise en abyme intra-diégétique, bébé, t'inquiète, ça fait un peu mal au début, mais à force tu vas aimer). En fait ils traitent de plus en plus Sherlock comme s'ils écrivaient un personnage de super-héros, sauf que autant "- comment fait Barry pour courir aussi vite ? ; - ben, c'est la speed force, on n'a qu'à dire" ça marche, c'est le principe de base, autant "- comment fait Sherlock pour effectuer des déductions géniales ? ; - c'est qu'il a un super pouvoir de déduction, restons-en là, voulez-vous", c'est l'antithèse même de toute holmesitude, une putain d'hérésie. (Bon, cela dit, je n'ai pas encore vu le 3, peut-être qu'ils redressent la barre).

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    1. J'aurais sans doute eu mille choses à dire sur Sherlock, mais je m'étais bien défoulé sur Facebook après l'épisode 1 et du coup je séchais un peu. En effet, contrairement à ce que laissent entendre certains jaloux, je n'aime pas recycler mes vannes ;-)

      Je partage bien entendu ton avis, et dans le même temps j'en suis à un stade où la série m'insupporte tellement que je ne trouve même plus la motivation pour l'exprimer. D'ailleurs je ne regarderai même pas l'épisode 3 (double d'ailleurs, j'ai arrêté l'épisode 2 au bout de 40 minutes et l'ai fini en soupirant deux jours après tellement j'en avais marre).

      Aller jusqu'à la fin de The OA euh... euh... non, j'ai été jusqu'au troisième épisode, tout de même et... hum, non.

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  10. Je trouve que Sweet/Vicious est une série plus culottée que passionnante. Comme tout le monde, j'ai été très agréablement surpris : j'attendais un "argument société" vite enterré pour céder la place à du teen drama random. C'est donc surprenant de voir qu'elle fait vraiment face à son sujet. Elle parle vraiment de viol, de culture du viol, de déni de viol. Avec justesse.

    Malheureusement, je m'ennuie un peu devant certains épisodes. Cela reste un vrai teen drama et je trouve le volet comédie un peu inégal...

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    1. Je vois très bien ce que tu veux dire, et dans une certaine mesure je suis d'accord (c'est pourquoi j'ai tenu à préciser que les trois pouces étaient destiné à cet épisode précisément).

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    2. (mais ça reste une très bonne série dans l'ensemble ^^)

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