lundi 20 mai 2013

[GOLBEUR EN SÉRIES] Semaines 33 & 34

Cette semaine, gros plan sur deux séries agonisantes et une leçon d'écriture en trois petits épisodes. 

👎 DOCTOR WHO (saison 7) Un épisode-somme en guise de conclusion à une saison de transition. Comme quoi parfois, les formules faciles marchent aussi. "The Name of the Doctor", dont on n'a jamais cru sérieusement qu'il nous révélerait l'info que son teasing suggérait, était une bonne synthèse de tout ce qui déconne dans la série depuis plusieurs années, mais aussi - et heureusement - de tout ce qui fonctionne. Un début efficace, super bien fichu et très prenant, qui finit gâché à force de n'aller nulle-part. Une volonté de rendre hommage à l'ensemble de la série (avec un oubli visiblement volontaire de la période Davies, sympa le "fils spirituel"...) tout en foutant en l'air sa mythologie sans la moindre raison, une structure de boucle temporelle devenue imbitable à force de réinitialiser le temps tous les deux épisodes, et des catchphrases finissant par se substituer aux développement scénaristiques (qu'ils étaient mal amenés, les "Run you, clever boy" et "Spoilers" de cet épisode... on aurait vraiment dit un scénariste encombré par son cahier des charges - un comble quand on sait à quel point Moffat est devenu omnipotent dans le show). J'oublie quoi ? Ah, oui : j'oublie le pire, l'ignoble premier degré sous lequel la série a fini par s'enterrer. Car si Matt Smith gesticule (bien) tandis que Jenna-Louise Coleman minaude (bien), la série se veut décidément de plus en plus sérieuse, prise de tête et prétentieuse (ce qui en soi ne serait pas grave si elle n'était bourrée de lacunes, de béances narratives et ne résolvait pas 90 % des ses conflits via des pirouettes faciles). Bref, c'était pas très bien, mais un peu quand même, mais pas trop non plus. On ne sait plus. Le dernier tronçon de saison était plutôt réussi, malgré le très mauvais épisode au centre du Tardis. Ce final n'était en revanche pas vraiment à la hauteur et avait tout de même beaucoup de mal, malgré une esthétique chiadée, à dissimuler le vide de son scénario. Un exemple au hasard ? Toute la dramaturgie reposait sur le fait que le Doctor ne devait jamais se rendre à Trenzalore, que c'était un endroit extrêmement dangereux pour lui... au final, si le mega-méchant-trop-maléfique ne s'était pas piqué de lui tripoter la ligne temporelle, il ne se serait absolument rien passé et le Doctor aurait pu déambuler peinard dans le secteur. Un détail peut-être, mais c'est l'accumulation de petits détails de ce type qui finissent par rendre la série franchement irritante.

"Je suis une impossible girl. J'avais complètement zappé, mais ça vient de me revenir. Pourquoi ? Bah parce que c'est comme ça, patate."

👎👎 HOW I MET YOUR MOTHER (saison 8) L'heure du jugement dernier approche pour ce qui restera probablement comme la série la plus surestimée de la dernière décennie. Dans un an presque jour pour jour, How I Met mettra la clé sous la porte après la bagatelle de neuf saisons et environ 205/210 épisodes. Une paille. Il sera alors temps de tirer les bilans de ce grand show générationnel autoproclamé, et ceux-ci risquent d'être sévères. Si un type comme Damon Lindelof a été quasiment excommunié de la télévision après la fin de Lost, on peut légitimement se demander quel châtiment il faudra réserver à Craig Thomas et Carter Bays. Ils pourront toujours se défendre en disant que leur série a eu du succès (beaucoup). Fait des heureux (pas mal). Enfanté l'un des plus formidables personnages de fiction des années 2000 (faut-il le nommer ?). Mine de rien, HIMYM aura duré aussi longtemps que Seinfeld ou Scrubs, enterré la plupart des comédies démarrées à la même période et survécu à quasiment tous les shows les plus populaires de la dernière décennie (House, Desperate, Lost... etc.) Mieux encore, elle sera parvenue à tout cela dans une époque où il est devenu bien plus difficile pour une série télé de s'installer dans la durée, le tout en étant un sitcom muli-camera avec rires pré-enregistrés, genre qui s'illustre aujourd'hui principalement dans les musées et les infâmes productions Chuck Lorre. Oui, Bays et Thomas pourront légitimement bomber le torse au moment de la lecture de l'acte d'accusation. Espérons juste pour eux qu'aucun épisode ne sera rediffusé avant le procès, le jury ne pouvant en ressortir que très négativement influencé. Si les séries capables de durer presque une décennie ont toujours eu tendance à forcer le respect de quiconque sait à quel point l'univers de la télé mainstream est impitoyable, il ne suffit pas de savoir durer pour aspirer à la postérité (qui a dit Bonanaza ? Personne, et pour cause : personne ou presque ne se souvient de la série qui de 1959 à 1973 (!!!) écrasait la concurrence et avait un million de fois plus de succès que toutes celles que nous considérons aujourd'hui comme "classiques"). Il y a fort à parier qu'au final, How I Met Your Mother ne laissera pas un souvenir aussi impérissable que les grands sitcoms des générations précédentes... tout simplement parce qu'alors même qu'elle continue de s'enliser dans la tourbe qui lui sert désormais de storyline, son souvenir s'est d'ores déjà considérablement estompé dans la mémoire du spectateur. Cela m'a frappé il y a quelques semaines, alors que CBS diffusait l'épisode "The Time Travelers" (8x20). Très mauvais et effroyablement moralisateur (comme presque tous les épisodes de cette saison), il avait surtout la particularité de faire immédiatement référence à trois épisodes antérieurs : "Okay, Awesome (1x05), "Robot versus Wrestlers" (5x22) et "Now, We're Even" (7x21). Faut-il le préciser ? Le souvenir que j'avais gardé de chacun était pour le moins variable. Bien entendu, je me souvenais du premier, non pas tant en raison de la qualité mémorable de la saison un que parce que cet épisode et toute l'anecdote avec la fille du vestiaire font en quelque sorte partie des fondements de la série ; placé à un endroit charnière du récit (le proverbial cinquième épisode qui doit clore l'exposition), "Okay, Awesome" constituait à l'époque un résumé absolument parfait de qui était le héros de la série, de sa personnalité, de ses obsessions, de ses fêlures. C'est le premier épisode dans lequel Ted se comporte comme Ted et en cela, il ne peut qu'avoir marqué quiconque a un jour aimé la série. Il va sans dire qu'il n'en va pas de même pour les deux autres : si les combats de robots et de catcheurs éveillent un vague frémissement dans la mémoire du spectateur, on ne peut pas dire que cet épisode (dans lequel on rencontrait le sosie de Ted) ait laissé un souvenir impérissable. Quant à l'effet comique censé être provoqué par le fait que Robin ait désormais une boisson à son nom en plus d'un sandwich, autant dire que c'était totalement foiré puisque je n'en avais aucun souvenir et que je suis prêt à honteusement considérer que je suis sur ce coup représentatif de l'écrasante majorité des spectateurs (sinon de l'ensemble de l'humanité, soyons modestes). Des gens courageux de se fader chaque semaine la huitième saison d'un show dont ils se rappellent à peine la cinquième, et de plus en plus difficilement la quatrième. Heureusement pour Bays et Thomas que, les lenteurs de la justice étant ce qu'elles sont, tout le monde aura sans doute tout oublié de la série d'ici l'ouverture du procès. Hormis le génie de Neil Patrick Harris.

Ceci est une image du final. Ou de l'épisode d'avant. Ou de celui d'avant. Ou de la saison sept. Non mais en fait j'en sais rien, j'ai déjà tout oublié.

👍👍👍 IN THE FLESH Tout jeu de mots de mis à part ? Direct à l'os. Trois épisodes d'une heure, un timing parfait et pas grand-chose à jeter. Le pitch est simple : après des années de guerre contre les zombies, on trouve enfin le remède pour les guérir et, petit à petit, ceux-ci sont renvoyés dans leurs familles. Simple ? Parfaitement exploité, surtout. La série explore le concept de A à Z, sans rien oublier, sans se donner de grands airs. On a pas mal parlé d'anti-The Walking Dead. Souvent comparé, parce que le calendrier est parfois farceur, avec Les Revenants. In the Flesh, qui fait le choix de s'inscrire dans un univers accessible et réaliste, n'est ni l'un ni l'autre. Juste une série parfaite, dont on ne peut évidemment pas dire grand-chose en raison de sa brièveté, mais qui va du point A au point B sans coup férir. Avec une belle économie de moyens, pas mal d'émotion et un sens du récit comme on en voit rarement. Bref : un des shows qu'il faut vraiment voir cette saison.

👍👍 LOUIS CK : HOW MY GOD Rien d'une série, mais bien de la télé... enfin non, pas de la télé, puisque c'est un special de HBO. Une heure de show solide et franchement hilarante passé une mise en marche un peu pataude. On constate en fait qu'en bon roi des White Trash, Louis n'est décidément jamais aussi bon que dans ses thèmes de prédilection (décrépitude physique, sexe, parentalité - l'idéal étant lorsque les trois se mélangent), et nettement moins convaincant lorsqu'il s'en écarte (hélas de plus en plus souvent). Paradoxalement, certains argueront à raison que de ce côté-là, il a tendance à se répéter. Mais rien à faire : au-delà du texte lui-même, comme toujours au cordeau, le performer est de plus en plus impressionnant et frôle par instants la perfection.



👎👎 VICIOUS Mais qui pourrait bien dire non à une série mettant en scène Sir Ian McKellen et Sir Derek Jacoby ? Sur le papier, personne. En vrai... probablement tout le monde tans Vicious est d'une nullité consternante malgré ses deux légendes de vedettes et la participation du toujours aussi cool Iwan Rheon. Sauf que non contents de nous rejouer La Cage aux folles, ce qu'aucune personne pourvue d'un minimum de bon goût ne pourrait sérieusement goûter, Vicious réussit en plus à rappeler, formellement parlant, les pires sitcoms britanniques des eigthies. Bref, c'est doublement ringard, et doublement à oublier.

À part ça...

Santé fluctuante et emploi du temps peu propice à écrire. Le retard s'accentue un peu plus chaque semaine, et ça ne semble pas parti pour s'arranger. Disons qu'en vrac et dans le désordre :
  • il faudra que je vous parle plus longuement de l'excellente Rectify. Mais ne vous privez pas de la regarder d'ici là..
  • j'ai n'ai pas pu m'empêcher d'être un peu triste en apprenant l'annulation de Happy Endings. Pour Leesh principalement, mais aussi parce qu'il est tout de même assez irritant de voir tomber une des rares bonnes comédies actuelles. Pensée émue pour les potes qui m'ont forcé à regarder les saisons deux et trois. Ok, vous aviez raison. C'est dit.
  • en parlant de ça : Whitney a été annulée. The New Normal également. Le suspens de la prochaine édition des Drawas est donc totalement relancé. 
  • j'ai regardé le final de The Office US juste pour le plaisir d'avoir quelque chose à en dire. Un peu la honte, surtout que finalement je n'en dirai rien. Je n'ai jamais vraiment accroché, même si la série a eu ses bons moments (il y a un siècle) et même si je veux bien lui reconnaître de faire partie des (très très très) rares remakes à avoir su soutenir la comparaison avec le modèle original.
  • Arte a débuté la diffusion d'Hatufim, excellente série israélienne dont vous savez déjà (à moins de vivre dans un igloo) qu'elle a inspiré Homeland. Je n'en parlerai pas dans le détail puisque je l'ai vue il y a trop longtemps, mais ce n'est en aucun cas une excuse pour ne pas attirer votre attention sur l'excellent papier que lui a consacré mon ami Arbobo sur Playlist Society. Enjoy. 
  • sinon, c'était la semaine des upfronts, avec annonces des séries de la prochaine rentrée. On brûle un cierge à Joss "GOD" Whedon, on se dit que Seth Green ET Giovanni Ribisi dans la même série, c'est trop de bonheur d'un coup, et je confesse que je regarderai About a Boy même si je trouve le film pourri et que j'ai jamais pu piffer Nick Hornby. Bah quoi ?

35 commentaires:

  1. Oh mince, j'ai oublié d'ajouter que la dernière saison de Game of Thrones envoie sacrément du pâté. Bon bah voilà.

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  2. Pour une fois, je te trouve sévère avec Doctor Who. Le final m'a semblé plaisant. Plein d'incohérences, sur lesquelles il faut fermer les yeux, mais moins criantes que d'autres fois. Et la chute donne envie.

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    1. Justement, c'est ce que je reproche - entre autres - à DW période Moffat : le teasing finit par devenir plus fort que les intrigues. Oui, ça donne envie. Sauf qu'on peut déjà deviner que non, finalement ça ne sera pas si bien que ça.

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    2. Ce n'est pas faux.

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  3. How I Met quoi? Mince, j'ai oublié de regarder les dix derniers épisodes :-)

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  4. Encore heureux que tu as noté About A Boy, c'est la nouvelle série de Jason Katims quand même ;)

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  5. merci ;-)

    et tu m'as à la fois convaincu de me mettre à In the flesh ET de ne pas mater la dernière du docteur, c'est une prouesse

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    1. Bof. Il suffit de regarder deux épisodes de la dernière saison de DW pour décider de soi-même d'arrêter de regarder, tu sais ;-)

      Et sinon de rien. Je n'ai pas réagi sur le coup (il faut dire que comme on ne peut pas laisser de commentaire...), mais j'avais vraiment adoré ton article, c'était donc tout naturel d'en parler à l'occasion de la diff française.

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  6. In the flesh excellent, en effet.

    Je n'ai pas eu très envie de suivre le reste. Doctor Who, mollement (mais j'ai du retard). How I Met ça fait longtemps que c'est devenu pathétique.

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    1. J'aurais tendance à conclure ainsi, en effet. Ce qui est marrant c'est que j'ai longtemps défendu la série face à des commentaires que je trouvais injustement sévères. Comme quoi...

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  7. Et j'oubliais : Hatufim, c'est vraiment une très grande série, et le papier d'Arbobo est super :)

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    1. ARBOBO est super tout court. Non mais ;-)

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  8. Pas mieux sur DW. L'épisode commence super bien et puis, quand on arrive au moment où Simone doit sauter dans la belle lumière, ça devient complètement débile :-(

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    1. Oooooooooh. Tu viens de briser le cœur de milliers de midinettes, là ^^

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    2. Je te le fais pas dire.

      Si Moffat a un jour envie d'écrire pour les spectateurs qui ne sont pas entre 14 et 18 ans, moi, je suis preneur ^_^

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  9. Cher Thom,
    Toutes les bonnes choses (?) ayant une fin, la dernière reprise des Ten Songs for Thom vient d’être publiée sur mon blog. Et plutôt deux fois qu'une: Tu pourras même choisir ta version préférée !
    à bientôt
    Xav

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    1. XAVOUNET ! Je me demandais où tu étais passé, tiens ;-)

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    1. Thooooooomas!

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    2. Je sais, je sais. Mais je ne peux rien faire du tout. A part les supprimer un par un (ce qui est assez fastidieux).

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  11. Je sais qu'on doit aimer Hatufim par principe (originale, non-anglosaxone en plus blabla), mais ça m'a quand même un petit fait chier.

    "à part ça" comme dirait le maitre de lieux, Rectify c'est brillant, Louis CK s'essouffle mais reste parfois excellent ("pussy + time / overcome²", what else? :D), le reste on s'en moque même si Jenna-Louise est quand même la compagne du Dr la plus affriolante depuis des années ;)

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    1. Moi je n'ai pas aimé Hatufim par principe. N'est-ce pas.

      Les compagnes du Doctor sont globalement affriolantes, Donna mise à part. Après personne ne remplacera jamais Billie Piper et sa bouche surnaturelle en terme d'affriolantitude, mais les autres étaient toutes extrêmement jolies, bourrées de charme et très à mon goût ;-)

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  12. Sinon question juste pour le plaisir : ça t'est déjà arrivé d'écrire "productions Chuck lorre" sans mettre avant "infâmes", "immondes" ou "ignobles" ? :D

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    1. Hahahahahaha. Eh bien... non, je n'en suis pas sûr ;-)

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  14. ah, c'est peut etre naze musicblog, mais on est pas envahis de spams féroces comme ici!
    c'est insupportable, on se sent plus chez soi dans ce rade, c'est envahi de pubs!

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    1. Oui mais bon. Musicblog c'est quand même naze :-)

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  15. Juste pour dire que je te lis toujours et que j'avais trouvé l'adaptation française de The Office (François Berléand excellent, ainsi que l'ensemble de la distribution) cruelle, drôle, réussie.

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    1. Je me demande dans quelle mesure tu n'es pas la seule :-)

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  16. Vraiment ? Toi-même tu as détesté ?

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    1. Détesté, non, tout de même pas. Mais je n'en ai pas gardé un souvenir très fameux (si tant est que j'en ai gardé quelque chose ^^)

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