mercredi 11 mai 2011

Signature - Une certaine fascination

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C'est ce qu'il convient d'appeler un OVNI. Six épisodes hors du temps, inclassables, à la pesanteur étouffante et à l'étrangeté bizarrement belle. On n'en attendait pas moins de Hervé Hadmar et Marc Herpoux, grands spécialistes de la série venue d'ailleurs, avec Pigalle la nuit ou Les Oubliées ; ils signent ici, du point de vue formel, leur série la plus originale et aboutie, dense et envoûtante. L'art de l'atmosphère poussé jusqu'à son paroxysme, quand paradoxalement, Signature n'a rien de très extraordinaire sur le papier. Impossible, sur la ligne de départ, de ne pas immédiatement penser à Dexter : si la figure du serial killer de télévision est sans doute durablement et automatiquement associée au visage de Michael C. Hall, on a carrément le sentiment, en l'occurrence, que Herpoux et Hadmar ont voulu tendre le bâton pour se faire battre, narrant l'histoire d'un serial killer de criminels (oh), passablement traumatisé suite à l'assassinat de ses parents sous ses yeux alors qu'il n'était qu'un enfant (double oh) et s'exprimant même occasionnellement en voix off (ah).

Ce pourrait être un boulet que Signature se traînerait de bout en bout ; c'est presque un cas d'école, une leçon d'écriture, ou comment deux œuvres partant de points de départs relativement similaires peuvent aboutir à des résultats presque diamétralement opposés. Signature évoque Dexter le temps d'un premier épisode relativement boiteux ? Six heures plus tard, elle s'est quasiment imposée comme un anti-Dexter, à tout le moins esthétiquement parlant. Tout tient dans l'approche, à la fois séduisante et irritante, dans cette capacité à développer l'intrigue presque uniquement sur le mode de la suggestion, à avancer extrêmement lentement et à n'utiliser la parole qu'avec minimalisme. Dexter, série amusante, aussi pleine de défauts que de qualités, est une série bavarde. Elle l'est indubitablement en regard de Signature - elle l'est aussi dans l'absolu. Entre ses dialogues caustiques, sa voix off omniprésente, ses apparitions de Harry, sa brailleuse Deb et ses rebondissement permanents (qui sont aussi une forme de bavardage), le feuilleton de Showtime ne laisse très précisément aucune place à la suggestion, surlignant et assénant à loisir. C'est ce qui explique qu'il angoisse si peu, et que sa tension dramatique semble si souvent diluée dans la comédie.

A l'exact opposé de ce schéma, Signature s'autorise des quarts d'heures entiers quasiment exempts de dialogues, met en scène un héros presque mutique (formidable Bouajila), refuse aussi souvent le didactisme que l'explication pure et simple. Il n'est pas question de dire que c'est mieux, d'autant qu'à vrai dire, on serait même tenté de considérer que Herpoux et Hadmar tombent justement dans l'excès inverse. Prisonniers, sans doute, de leur incommensurable ambition. Dans Pigalle la nuit, le véritable personnage principal était le quartier parisien ; dans Signature, l'héroïne de la série est clairement la Réunion elle-même, sinon la nature de manière générale. Le cadre est évidemment sublime, mais on n'est pas dans la carte postale ou le documentaire stérile. On s'attarde sur le paysage, on le secoue, on le fait vivre, on l'utilise comme un moteur narratif parmi d'autres. Sans doute pour délivrer finalement un message un peu simpliste (Toman le tueur est un animal, hanté par des pulsions, réagissant à des instincts et s'épanouissant au sein d'une nature sauvage et primitive), mais avec une véritable sensibilité, tant les décors jouent avec le malaise grandissant du spectateur. Signature se déroule sur une île, quasiment toujours en extérieurs, et pourtant elle évoque Gormenghast et son château dont l'immensité donne le sentiment d'écraser les personnages de tout son poids.

Cela ne suffit sans doute pas, bien sûr, à en faire une série essentielle. Signature, de par sa nature même, n'est pas exempte de longueurs, de moments un peu ennuyeux. Sans aller jusqu'à dire qu'elle manque d'intensité, ce qui ne serait pas tout à fait exact, la manière dont elle veut absolument s'imposer comme une œuvre contemplative, voire sensuelle, la rend particulièrement difficile d'accès, envoûtante mais assez hermétique par instants. On peine à s'attacher à ce héros impénétrable, suggérant de prime abord une certaine complexité pour se révéler finalement assez simple (primitif, quoi). La série en elle-même n'évite pas certaines maladresses, avec sa relation Toman/Daphné assez mal fichue (pour ne pas dire inutile) et ses personnages secondaires relativement fantomatiques (une bizarrerie venant d'un duo d'auteurs qui nous avaient habitués à des galeries entières de caractères impeccables). Mais comme souvent avec ces esthètes, de plus en plus en cinéastes et de moins en moins narrateurs, c'est l'étrangeté - donc la fascination - qui prime. Reste cette éternelle énigme : quelle mouche bien pu piquer la direction des programmes de France 2 pour diffuser une série aussi étrange et complexe le vendredi soir en prime-time ? La fiction française, et plus spécialement celle de France Télé, recèle bien des mystères, pour parvenir ainsi à sauter des éternelles (et bassinantes) adaptations de Maupassant à cette œuvre par instants terriblement sinueuse. Inconscience qu'aux USA ou un Angleterre, une telle série passerait immanquablement sur le câble ? 1 Suicide commercial collectif de la part du département de la fiction ? Il faut en tout cas rendre hommage à un tel courage artistique, Signature étant probablement la série plus ambitieuse que la télévision française ait produite depuis très longtemps. Sinon depuis toujours. Bien entendu, personne n'a regardé, mais bon, voilà ce qui arrive quand on a habitué son public à des rediffs de Nestor Burma ou à des sagas de l'été avec Brigitte Fossey 2. Quand on passe brutalement au restau étoilé après des années de bon vieux jambon-beurre, ça peut sembler un peu bizarre en bouche, d'autant que dans le restau étoilé, le jambon-beurre lui-même a un goût très sophistiqué.


Signature, créée par Marc Herpoux & Hervé Hadmar (France 2, 2011)



1. Pour taquine qu'elle puisse paraître, la question est sincère. Après tout, les chaînes françaises n'ont pas vraiment l'habitude des séries d'auteurs. Surtout pas le groupe qui diffusa Les Sopranos, The Shield ou SFU à des heures indues, et NYPD Blue en sautant parfois cinq saisons d'un coup, tout en nous overdosant de Cold Case... ou de Derrick.
2. J'ai failli écrire "avec Marie-France Pisier", mais ça m'a semblé de mauvais goût.

19 commentaires:

  1. Les deux premiers épisodes m'ont emballé, malheureusement j'ai trouvé que cela devenait de moins en moins bien. D'ailleurs, les audaces esthétiques sont surtout concentrées dans ce premier tiers.
    L'histoire devient ensuite plus conventionnelle. Le dernier épisode est complètement raté, le dénouement invraisemblable, sans la moindre poésie.

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  2. Je n'irai pas jusqu'au constat de Bloom, mais c'est vrai que la série commence très fort et marque vite le pas. Pas mauvais quand même mais décevant.

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  3. c'est vrai que c'est très peu bavard, en cela signature emprunte au cinéma,

    ce n'est pas spécialement Dexter qui est bavard mais les séries télé en général, policières ou non, parce que ça économise de la pellicule (c'est une image...), du montage, des décors.

    Pour l'esthétique il y a 2 choses,
    - "2011 année des outre-mer" oblige, on voit l'île sous toutes les coutures, ce qui est un régal et contribue autant à avoir des couleurs vives qu'à avoir peu de dialogues
    - en revanche ce qui est particulier à la série et relève d'un vrai choix esthétique, de réalisation, ce sont les jeux de lumière, toute une gamme nocturne rarement (jamais?) vue à la télé et même rarement aussi bien maîtrisée au cinéma.

    pas encore vu le dernier épisode, que je me réserve pour ce soir ou demain,
    mais quand on part avec Sami Bouajila et sandrine Bonaire, qui sont parmi les tout meilleurs comédiens de leur génération (bonnaire me ferait exploser toutes les listes de superlatifs), ça aide à donner du corps au propos :-)

    arbobo

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  4. Bloom & Lil' >>> vous êtes durs, quand même... pour changer ^^

    Arbobo >>> si, c'est quand même un peu spécialement Dexter, en tout cas en comparaison avec l'art de la suggestion de Signature. On ne peut pas dire que toutes les séries sont bavardes au même titre. Breaking Bad, Mad Men, Deadwood ou The Wire, par exemple, utilisent énormément les silences (ce qui ne les empêche pas d'avoir des dialogues ciselés). Je ne suis pas non plus tout à fait d'accord concernant les jeux de lumière, très beaux, mais dont la dimension "inédite à la télévision" ne m'a pas vraiment sauté aux yeux (cela dit, je t'accorde que je n'ai pas d'exemples qui me viennent spontanément). Et quant à Sandrine Bonnaire, je n'en parle pas dans l'article par correction, son talent me semblant totalement inexploitée dans ce cas précis. Le personnage n'a pas grand intérêt passé le second épisode, et je trouve dommage d'avoir mobilisé une grande actrice pour si peu...

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  5. c'est pas faux pour Daphné, Thoman est mieux servi ^^

    pour le bavardage, je pensais évidemment aux séries comiques, mais aussi à toutes les séries "justice", qu'elles soient centrées sur les avocats (the practice, ally mc beal, avocats et associés, JAG), ou sur les juges et policiers (toutes les déclinaisons law & order, les experts x3 avec un bémol pour les "clips techniques", fbi portés disparus, the closer, RIS, groupe flag, central nuit, esprits criminels, NCIS x2, les bleus...),

    les Soprano est une série des plus bavardes qui soient, et ça fait partie de ses points forts, de même que West wing qui repose avant tout sur la puissance du raisonnement et du verbe.
    Même une série orientée "action" comme The unit est finalement assez bavarde, ou MI5.
    Idem pour les 3 stargate, pour les 4400, pour Jericho, pour Urgences, pour Dr House, pour Mentalist, pour Lie to me, pour the good wife...

    ce sont plutôt tes séries préférées qui sont moins bavardes que la moyenne, j'ai, l'impression :-)
    moins bavardes aussi Pigalle la nuit, comme par hasard des mêmes créateurs que Signature.

    arbobo

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  6. Cowgirl in the sand11 mai 2011 à 18:30

    C'est drôle, le point de départ auquel m'a fait penser cette série n'est pas du tout Dexter (même si le parallèle saute aux yeux, ainsi que les divergences radicales mentionnées), mais plutôt les séries de l'été à la sauce "terroir" de TF1 ou France 2 : une belle héroïne mystérieuse arrive dans un milieu qui lui est étranger, elle a une quête mystérieuse que l'on découvre petit à petit, elle rencontre un bel homme mystérieux, dangereux-mais-peut-être-pas, elle mène une enquête avec rebondissements, adversité et beaux paysages jusqu'au dénouement final... Sauf que là, la narration est centrée sur lui et pas sur elle (le personnage comme l'actrice sont en effet très sous-exploités), sauf que ce n'est pas écrit ni casté ni joué ni filmé ni rythmé pareil et que l'intention est totalement différente... Pourtant, "sur le papier"... Comme quoi un point de départ comparable mène au pire ou au meilleur...

    V.

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  7. pas faux pour le personnage de Daphné ^^
    mais la seule apparition de Bonnaire est un vrai bonheur pour moi, un peu comme Miou Miou, elle peut peigner la girafe que je trouverais ça intéressant

    pour les séries bavardes, je veux bien prendre tes exemples,
    on peut ajouter en France Pigalle la nuit, comme par hasard des mêmes créateurs que Signature,

    mais je maintiens que beaucoup de séries sont bavardes :-)
    même the Shield, même the Unit ou MI5, qui sont des séries "action", alors les séries policières et celles de prétoire (de the practice à ally mc beal en passant par the good wife ou avocats et associés), sont bavardes.
    les séries médicales, contre-intuitivement, sont parmi les plus bavardes alors qu'on en comprends pas un traitre mot de ce qu'ils dfisent (urgences, dr house, grey's anatomy)

    beaucoup de discussions dans tous les law & order, the closer, les enquêtes d'agatha cristie, fbi portés disparus, mentalist, femmes de loi...

    dans les Experts, il y a beaucoup de blabla mais les "clips techniques" font des pauses qui tranchent un peu avec les autres séries, mais je les classe malgré tout dans les bavardes.

    le summum est atteint par les plus belles séries, Sopranos, west wing, deux des meilleures séries qui reposent largement sur le verbe.

    manière pour moi de dire que "bavard" n'est pas un défaut pour une série, juste un constat :-)
    mais ça reste de toute façon lié au genre, ça épargne de la narration et des décors, les dialogues sont très prisés

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  8. en fait je dois préciser :
    dans certains cas l'abus de dialogues est signe de pauvreté, de petit budget à compenser par une maximisation du temps en plateau, montage facilité, planning du casting optimisé, peu de décors et de figurants...

    dans d'autres cas c'est l'adn de la série, mais là en général on est dans du haut de gamme américain, c'est typiquement leur style et leur tradition, n'en déplaise à ceux pour qui c'est la France qui incarnerait la tradition littéraire.
    d'abord un culte du dialogue, porté très haut avec des centaines d'écoles et d'ateliers qui font émerger d'excellents artisans (et là encore ce n'est pas péjoratifs, plutôt admiratif même),
    et puis un ensemble de croyances, dont on a indirectement un indice par les ouvertures et coda de Esprits criminels, ces citations littéraires qui ne sont pas "que" pédantes, mais nous disent aussi qu'une série peut être grand public et renvoyer à des auteurs, parce que la démocratie américaine est associée à des livres, à des écrits, et à une haute idée de la délibération, fut-elle en son for intérieur.

    je découvre en écrivant ce comm qu'un livre (majeur, à mes yeux), comme "independance" de richard ford, un chef d'oeuvre, ou encore la "trilogie américaine" de philip roth, aident à comprendre les séries US, les meilleures du moins.

    mais là je m'avance, et je suis curieux de savoir le point de vue de thom ;-)

    sur ce je retourne mater esprits criminels ^^

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  9. Très bel article! Je n'ai vu aucun épisode encore... (fait surprenant, la série n'a pas encore été diffusée aux US? Mais que fait Fox, experte des diffusions suicides du vendredi soir?), mais tu m'avais déjà convaincue de le regarder quand tu en avais parlé pour la première fois, en disant que tu commençais à croire en des Emmys français...

    Je m'apprête d'ailleurs à rattraper mon retard dans les séries françaises (je n'en ai vu aucune). Le problème, c'est que je ne suis même pas sure de toutes les connaître... Outre Signature et Pigalle, tu me conseille quoi?

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  10. Oups, voilà ce qui arrive quand je ne me relis pas, je fais plein de fautes :) pardon...

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  11. Melou, "engrenages", surtout pour la saison 2, extraordinaire au point de faire passer les saisons 1 & 3 pour banales, alors qu'elles ne sont "que" bonnes ^^

    il y a des années france télévision a fait une mini-série de 4 épisodes, "à cran", qui me met les poils rien que d'y penser, la police vue de l'intérieur et avec des acteurs tous meilleurs les uns que les autres, un grand moment de télé

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  12. @arbobo: merci! Je rajoute donc "engrenages" (dont il est vrai je n'ai entendu dire que du bien!) et "à cran" à ma liste!

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  13. Cowgirl >>> je n'y avais pas pensé mais c'est vrai que ça se tient. Cela dit, dans la vraie belle fiction terroir, la belle héroïne revient sur les terres de ses origines, généralement abandonnées pour monter à la capitale ;-)

    Melou >>> Engrenages est effectivement une réponse évidente. Sinon, parmi celles que je n'ai jamais eu l'occasion d'évoquer, Les Oubliées, la première série de Hadmar et Herpoux, est vraiment une grande réussite. Et la meilleure série française, tous genres et époques confondus, est sans le moindre doute Kaamelott.

    Arbobo >>> c'est peut-être la fatigue, mais je n'ai pas compris la question : tu attends mon avis sur quoi ? Sur le fait qu'avoir lu certaines classiques de la littérature US permette de comprendre les séries ?...

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  14. vi ^^

    t'es du genre à avoir un avis sur la question

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  15. Déception pour moi aussi. On sent bien que les réalisateurs ont bouffé de la série américaine ces dernières années et reprennent à leur compte des tics de filmage propres à Dexter ou Lost, c'est flagrant par moment... mais tout ça à la sauce made in France. un peu comme si Claire Denis avait réalisé un épisode de Dexter. C'est très étrange et souvent peu convaincant. Quant à la musique, c'est du gros pompage de Lost. Décevant là aussi de la part d'un Eric De Marsan que l'on a connu plus inspiré à l'époque de Melville. Mais je ne veux pas trop détailler car j'ai prévu, moi, aussi d'écrire quelques lignes sur cette série.

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  16. Arbobo >>> je peux enfin poster un commentaire (youpi). Je dirais que Ford ou Roth aident à comprendre l'Amérique en général, donc les séries, presque par ricochet. Il est certain que l'obsession du dialogue est très ancrée dans la culture américaine, dès les années 30/40 (il suffit d'ouvrir Of Mice & Man pour s'en rendre compte). Cela dit, cela n'enlève rien au fait que la France a une tradition littéraire beaucoup plus forte (ou peut-être faudrait-il dire qu'en contrepartie, sa tradition de "l'image" est moins forte...) ; elle ne se traduit simplement pas dans les mêmes aspects. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que la plupart des auteurs américains majeurs des années 30 à 60 (en arrondissant) ont surtout eu du succès en Europe... et plus spécialement en France, qui était la Mecque de la littérature pour tous ces auteurs généralement méprisés ou mésestimés dans leurs pays...

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  17. Je commence à regarder depuis hier, est-ce que c'est une série one-shot ou une deuxième saison est-elle prévue? (les preières regardées hier soir avant de couper pour cause de sommeil sont très très prenantes, mais si c'est des deux mecs de Pigalle, la nuit pas très étonnant...)

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  18. C'est effectivement un one-shot, oui.

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