vendredi 22 avril 2011

Matthieu Boré - Une évidence

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Ceci est un article totalement dispensable. Parce que nous avons déjà dit tout le bien que nous pensions de Matthieu Boré, à l’occasion d’un précédent entretien à bâtons rompus. Parce que nous avons déjà dit à quel point ce garçon était une petite bête de scène, à l’occasion de la chronique d’un concert parmi les meilleurs auxquels nous ayons assisté l’an passé.

Ceci est un article totalement dispensable, sinon pour vous informer que Matthieu Boré publie cette semaine un album live, certes plus court que la susmentionnée prestation – interminable et déjantée – du New Morning, mais néanmoins parfaitement représentatif de l’énergie, de la vitalité et de la bonne humeur se dégageant des shows dudit Boré.

live au duc des lombars

Ceci est un article absolument dispensable, car nous n’aimons pas nous répéter, or pour l’évoquer, il faudrait ressortir encore et toujours les mêmes superlatifs, qui à la longue finiront par devenir des poncifs. Parler de sa présence remarquable, de la qualité de son groupe (Simon Boyer à la batterie, Jean-Marc Labbé au sax et bien sûr Stephen Harrison à la contrebasse) ou de l’équilibre parfait que trouve son répertoire, entre vrais standards que l’on a parfois l’impression d’entendre pour la première fois ("Hold Tight, Hold Tight", "I’m Beginning to See the Light"), et compositions personnelles que l’on fredonne comme de vieux classiques que l’on connaîtrait depuis toujours ("Satisfy My Soul" est décidément parfaite, mais on l’a déjà dit). Le compliment est certes ambigu, sinon réversible. C’est bien comme un compliment qu’il faut le prendre.

Ceci est un article d’autant plus dispensable qu’on aurait presque pu l’écrire sans écouter le disque. En toute logique, on supposait que ce Live au Duc des Lombards était potentiellement le meilleur disque de son auteur. Après écoute (car l’écoute d’un tel objet, elle, n’a rien de dispensable), on confirme. Comme tout bon enregistrement public, celui-ci monte en puissance, devenant dans sa seconde moitié (juste après une exquise version de "Georgia") une improbable – et jouissive – succession de morceaux de bravoure, dont on aurait bien du mal à retenir un passage plutôt qu’un autre : "The Party" est un délice, "Puttin’ on the Ritz" est décidément l’une des meilleurs reprises que Boré ait inscrites à son répertoire, "I Wanna Be Your Man" et "Teddy Bear" rivalisent de fantaisie et de légèreté.

Alors oui, décidément… cet article est dispensable. Il pourrait tenir en une phrase : excellent album, jetez-vous dessus. A moins que vous ne préfériez juger sur pièces au préalable, ce qui sera possible les 4 et 5 mai prochains, où Boré et ses camarades se produiront dans ce même Duc des Lombards où ils captèrent ce show en décembre dernier.


Live au Duc des Lombards, de Matthieu Boré (28/04/2011, Bonsaï Music)