lundi 17 novembre 2008

Nathalie Rheims - Nombril, mon beau Nombril...

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« La brume restait accrochée aux bosquets qui défilaient le long de la voie. J'effaçai un peu de buée sur la vitre. Les premières maisons apparurent. »


Le nouveau roman de Nathalie Rheims, auteure que j'avais prévu de découvrir depuis un moment à force de lire son nom partout, s'ouvre dans une atmosphère de mystère plutôt séduisante renforcée par une qualité bien trop rare de nos jours : celle de propulser immédiatement le lecteur au cœur de l'intrigue. Pas de blabla inutile, une exposition réduite à deux paragraphes et le vif du sujet qui pointe le bout de son nez dès la page quinze... voici un livre qui démarre sous les meilleures augures, d'autant que l'écriture, quasi instinctive, ne manque pas de charme. L'espace d'un instant on parvient même (prouesse) à oublier cette couverture repoussoir et ce titre indigne de Jean Rollin (avec deuxl L - le réalisateur de films d'horreur cheaps... pas le grand écrivain !)... et on se retrouve à avoir envie de suivre la narratrice dans sa quête identitaire au pays de la Pyschanalyse et des Contes de Fées - puisque c'est de cela qu'il s'agit.

Las ! Chassez la première impression qu'elle reviendra bien vite au galop : si une bonne couverture est sensée dire quelque chose à propos du roman qu'elle illustre, nul doute que celle du « Chemin des sortilèges » en est une excellente. Car en fait de roman voici que ce livre très court (c'est quasiment son seul mérite) se métamorphose en divagation pseudo-psychanalytique fatigante et fatalement nombriliste que le style agréable de l'auteure ne parvient pas une seconde à sauver du naufrage.

Composé pour un quart (sur cent soixante dix-huit pages... je vous laisse faire le calcul) de citations de contes à peine explicitées, emmerdant comme le serait l'analyse d'un type croisé dans la salle d'attente de votre psy,et agrémenté d'un final éculé... ce « Chemin des sortilèges » ressemble surtout à un chemin de croix. Et ce qui était un concept (relativement) séduisant de devenir un procédé aussi absurde que répétitif : à quoi bon en effet s'appuyer sur les contes de fées dans le cadre d'une analyse si c'est pour dégager desdits contes des réflexions superficielles effleurant à peine le niveau d'un dossier Œdipe toi-même ! dans Psychologie Magazine ? Et encore : je suis très dur avec le journal.

Parti pour fasciner le récit achève de s'enliser à la moitié, et à force de ressassement les clin d'œils déjà peu subtils à Bettelheim et Angela Carter (il n'y a pas des lois, en France, contre le racolage ???) finissent par se changer en œillades des plus vulgaires - quelque part entre Indochine et Mirelle Dumas.

Bref : à offrir pour Noël à votre méchante belle-mère.


👎👎 Le Chemin des sortilèges 
Nathalie Rheims | Léo Scheer, 2008

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