samedi 6 octobre 2018

[CTW? - N°4] Mal aimé, je suis le mai aimé

Doctor #7 – Sylvester McCoy (1987-96 – saisons 24-26 + téléfilm de 96)

Grand acteur au demeurant, Sylvester McCoy porte depuis bientôt trente ans le terrible fardeau d'avoir été le Doctor de l'annulation. Pourtant, personne parmi les vrais fans ne le lui en a jamais tenu rigueur, et tout le monde était ravi lorsqu'il revint le temps du téléfilm de 96 passer le relai à Paul McGann. Pourquoi ? Parce que contrairement à son prédécesseur Colin Baker, il était réellement un excellent Doctor tombé dans la pire époque possible. Lorsqu'il arrive au début de la saison 24, il récupère un rôle dont plus personne ne veut, dans une série exsangue, menacée d'annulation depuis deux ans et dirigée par un producteur resté aux manettes avec un flingue sur la tempe qui continua durant trois ans tel un commerçant désolé cherchant en vain un repreneur pour sa boutique. La commande d'épisodes a été réduite de moitié, les scénaristes historiques sont tous partis, la compagne du moment est unanimement considérée comme la pire de tous les temps... et oh, aussi, il n'y a plus une thune. Bref, Doctor Who pue carrément la mort, et il faudra toute une saison à McCoy (et l'arrivée de nouveaux auteurs à peine nés au début de la série) pour réellement s'imprégner du rôle et délivrer une prestation qui influencera absolument toutes les incarnations futures, jetant en quelque sorte des ponts invisibles entre l'époque classique et l'époque moderne. Car personne mieux que McCoy, sans doute, n'est parvenu à capter toute l'ambivalence de ce personnage, génial, puissant mais ne s'entourant que de comparses très humains, faibles et faillibles. Souvent qualifié de « manipulateur », le Doctor #7 est surtout plus inquiétant, masquant son extrême cérébralité derrière une apparence plus clownesque que jamais. On apprendra par la suite dans des interviews d'Andrew Cartwell, head writer de l'époque, que la série était à l'aube d'un dark turn en bonne et due forme, ce qu'indiquent parfaitement les derniers épisodes (par exemple « Ghost Light », dans lequel un Doctor plus ambigu que jamais met Ace à l'épreuve en la confrontant à la plus grande frayeur de son enfance... sans aucune raison autre que son bon plaisir et son goût pour les challenges intellectuels). On ne saura malheureusement jamais ce à quoi ressemblera un vrai Bad Doctor – mais nul doute que McCoy l'aurait incarné à merveille.

Incarner le cool en étant aussi mal sapé : la marque des vrais, grands Doctor.

Un épisode : « Survival » (26x12-14), monument de bizarrerie typiquement whovienne, qui se trouve également être l'ultime épisode de la série classique. Dans l'ensemble et contrairement à ce qu'on raconte souvent, toute cette saison est de très bonne facture et fourmille d'idées.

13 commentaires:

  1. J'avoue : je n'ai jamais vu une minute de ce Docteur là. Naïvement je pensais que c'était admis qu'il était complètement nul. Du coup je sais ce qu'il me reste à faire.

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    1. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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    2. Admis ? Par qui ? Tu sais, si ce n'est pas officiellement admis par Le Golb, ce n'est probablement pas vrai ;-)

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  2. Du coup, les trois dernier, tu vas les publier simultanément ?

    Parce qu'on a tous le tiercé, tu sais ;)

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    1. Quoi ? Tu veux dire qu'en sachant qui sont les trois restants, tu es capable de dire qui seront les trois restants ? INCROYABLE ! :-)

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    2. (sinon pour te répondre, je publierai effectivement les deux premiers en même temps cet aprem)

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  3. Sinon, McCoy devant Troughton et loin devant Pertwee, c'est évidemment une aberration. Mais pas plus que de déduire que Capaldi (que j'aime beaucoup, au demeurant) sera devant ces trois là.

    Quel classement bizarre...

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    1. QUOI ?! Tu as aussi deviné que les trois qui n'ont pas encore été cités seraient classés devant ceux qui l'ont déjà été ?! Mais tu lis dans mes pensées ou quoi ? :-D

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  4. Merci de répondre à la question que je posais il y a quelques semaines ;)

    (et bravo à Serious d'avoir anticipé la place de très élevée de Sylvester McCoy ! ^^)

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    1. Je crois qu'il avait prédit un podium ;-)

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    2. Merci pour l'hommage, Jo, heureusement qu'il y a des gens ici qui savent reconnaître mon travail :D

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  5. Discuter les positionnements n'a que peu d'intérêt, surtout à la fin.

    Je ne sais si McCoy est si "mal aimé" que cela. Comme tu le notes, dès la seconde phrase, il a toujours été apprécié du public. Son problème est qu'il en eut peu, du public. Du moins, sur l'instant.
    Personnellement, j'aime assez McCoy, moi aussi. Sa dernière saison ("la" dernière saison) est effectivement de qualité. J'aurais aimé qu'il reprenne du service dans la série moderne, pour un Christmas Special, par exemple. C'est trop tard, désormais, mais en 2005, il avait suffisamment peu changé physiquement pour pouvoir, à la différence des autres, re-jouer le Docteur une dernière fois.
    Il n'a, nous serons d'accord, pas eu le temps de donner toute sa mesure, un peu comme Eccleston, finalement, pour d'autres raisons.

    A tout à l'heure, pour le podium ?
    ;)

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    1. C'est surtout que sa régénération n'est pas très intéressante, puisqu'elle a la particularité d'être au début d'un épisode dont elle n'est en rien le sujet. De ce point de vue c'est vrai que malgré son retour, il reste une petite frustration. J'aurais bien aimé aussi le revoir à l'occasion mais, comme tu le dis, il est beaucoup trop tard désormais.

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