dimanche 25 mars 2018

Dragon Ball Super - LOVE/HATE/LOVE

TER-MI-NÉ. Dans quelques heures, après presque trois ans et 131 épisodes, Dragon Ball Super mettra (enfin ?), la clé sous la porte. Ou pas. Ou peut-être que si mais on verra. À vrai dire, on n'en sais pas grand-chose à l'heure actuelle, l'hypothèse d'une suite voire d'une nouvelle série Dragon Ball n'étant pour l'heure pas écartée. Ce qui est certain en tout cas, c'est que Goku et ses amis s'apprêtent à partir pour de très longues vacances. Ou pas. Ou peut-être que si mais on verra. À vrai dire, pas tant que ça puisqu'un nouveau film, le premier depuis le lancement de DBS, est attendu pour Noël.

Ces deux vraies/fausses nouvelles suffisent en soi à répondre à la question de savoir si Dragon Ball Super a tenu ses promesses d'un point de vue commercial. La franchise demeure bankable, ce qui n'a pas toujours été le cas – à la fin de Dragon Ball GT en 1997, plus personne n'avait vraiment envie de réentendre de parler de Vegeta et de Super Saiyajin 4 ou 5 ou 12, ce qui suffit à considérer que DBS fut une réussite au moins dans la mesure où elle ne tua pas le mythe. Mais dans le fond, c'était facile : d'abord parce que personne n'aimait Dragon Ball GT (au point que ses intrigues aient été littéralement effacées de la chronologie officielle), ensuite parce que Dragon Ball, le vrai, le manga, est un monument ayant déjà survécu aux pires outrages – il ne restait rien à écrire et de DBS, on n'attendait finalement pas grand-chose si ce n'est le plaisir des retrouvailles. Tout le reste était du bonus.

On n'en est pas moins en droit de se demander ce qu'il restera d'une série dont personne n'aurait franchement parié sur la longévité (DBS a duré presque aussi longtemps que DB première du nom. Tout de même). Le bilan est fatalement contrasté, d'autant que la direction artistique changea son fusil d'épaule à plusieurs reprises, au gré des critiques et des audiences. Cela n'a pas aidé la série à s'installer. 131 épisodes après ses débuts, on avait quelque part toujours un peu l'impression qu'elle était nouvelle, qu'il fallait lui laisser du temps... que tout cela n'était qu'un work in progress permanent. Ce n'était pas sans charme, en un sens. Dragon Ball Super était une série que vous aviez souvent envie d'abandonner, mais c'était aussi une série qui savait toujours vous donner envie de rester. Alors que les animés d'origine brillèrent par leur cohérence et leur constance dans la qualité (quoiqu'en disent leurs détracteurs), le maître-mot de Super fut assurément Inconstance, aussi se prête-t-elle parfaitement à l'exercice du bilan. En partant du pire pour finir sur le meilleur, car en dépit de tout le mal qu'on s'apprête à en dire, on l'aimait bien, ce petit rendez-vous hebdomadaire.

C'était bidon !

Gohan Pauvre, pauuuuuvre Gohan. On a beau savoir que sa version adulte (et même un peu enfant) n'a jamais été appréciée du public japonais, le reléguer dans la banlieue de la périphérie des histoires durant 90 % de la série était vraiment dur à supporter pour tout fan de DBZ qui se respecte. Peut-être était-ce un mal pour un bien, d'ailleurs, tant le personnage le plus complexe et ambivalent de la saga fut traité avec dédain et réduit à un gentil papa inoffensif. Nous étions certes là dans la lignée du propre reniement de Toriyama à la fin de son manga, mais pourquoi dès lors ajouter la cruauté au mépris en nous faisant croire à son grand retour sur le ring pour qu'au final, sa présence à la Battle Royale soit si anecdotique ? Le combat le plus mémorable de Gohan dans DBS dura un épisode et fut un duo avec Freezer, putain. Sans déconner.


Les Intrigues N'y allons pas par quatre chemins, à la minute où DBS a cessé d'adapter les deux (très bons) films précédemment écrits par Toriyama (Battle of Gods et Resurrection of F, qui constituaient les deux premiers arcs et ne brillaient déjà pas franchement par leurs développements scénaristiques), elle a sauté à pieds joints dans le Néant (suffit de voir que les deux plus longs chapitres furent des tournois). Notez que là aussi, c'était peut-être un mal pour un bien tant la seule véritable intrigue originale fut consternante de bêtise et constellée d'incohérences. D'une manière générale, DBS ne nous aura épargné aucun poncif, des capacités upgradées super-nawak à l'éternel retour de la revanche des anciens ennemis en passant par le super-pouvoir de l'amitié. Les twists étaient pour la plupart nuls à chier, on voyait tout venir à des kilomètres, une véritable catastrophe. Le pire étant que par endroits, les scénaristes ont eu de vraies, bonnes idées, mais n'ont jamais donné l'impression de vouloir en faire quoi que ce soit. On pense par exemple à la relation entre Vegeta et Kyabe, prometteuse mais embryonnaire. Au fait que Goku, dans le dernier arc, soit considéré par les combattants des autres univers comme une menace, voire un méchant. Ou au personnage de Zamasu, antagoniste bien plus complexe que ce à quoi Dragon Ball nous avait habitués. Las, on est à chaque fois tombé dans le tout ça pour ça, les auteurs ayant donné le sentiment d'être effrayés par leur propre audace chaque fois qu'ils osaient un pas hors de leur zone de confort.

Les Résolutions d'intrigues Oui parce qu'il y a eu pire que les intrigues elles-mêmes. C'est simple, trois années durant, les scénaristes ont paru strictement incapables de terminer un arc autrement que par un deus ex machina grossier. Au sens littéral du terme : de véritables interventions divines. Fin de l'arc 1 : Beerus (un dieu), lâche l'affaire et rentre chez lui. Fin de l'arc 2 : Whis (un ange) remonte le temps afin de permettre à Goku et Vegeta de rattraper leurs bêtises. Fin de l'arc 3 : le dragon sacré résout les très maigres enjeux. Fin de l'arc 4 : Zeno Sama efface Black et Zamasu de l'histoire, littéralement en un claquement de doigts. Fin de l'arc 5 : j'en sais trop rien à l'heure actuelle, mais dans la mesure où l'Ultra Instinct est un deus ex machina en soi... Au final : savez-vous quoi ? Goku n'a pas sauvé le monde une seule fois dans toute la série, ce sont chaque fois les dieux qui l'ont fait à sa place. Ça valait bien la peine de nous faire chier pendant autant d'épisodes.


C'était, hum... moyen.

Les Dessins et l'animation, tout le monde l'a dit, parfois avec exagération, mais on ne peut nier que par moment, DBS fut plus que cheap. Le pire étant que la période où les fans ulcérés prirent d'assaut les réseaux sociaux de la Toei ne correspondit même pas à celle où la série avait vraiment touché le fond : l'arc Univers 6, durant lequel les producteurs ne se faisaient même plus chier à dessiner des décors, et où les combats paraissaient tellement fauchés qu'on les aurait crus sortis d'une VHS de kung fun des années 80. Notons toutefois que cet arc s'en sortait plutôt finement, préférant la jouer burlesque, là où le suivant (Black) faisait vraiment peine à regarder. Paradoxalement, et c'est pour cette raison que les dessins échappent à la section "C'était bidon", la série eut aussi de très bons moments, visuellement assez spectaculaires : le duel entre Goku et Beerus (ep. 10-14), l'apparition de l'ultra instinct (ep. 110-111), le combat Gohan/Freezer vs. Dyspo (ep. 124) et, d'une manière générale, toute la fin de la série. Mais on ne put jamais se départir de l'impression – assez curieuse devant un dessin-animé – que tout le budget passait dans ces scènes clés et qu'il ne restait rien pour les autres.


La Gestion des personnages Sûrement l'aspect où il y aura eu le plus à boire et à manger en trois ans, entre hommage sincère aux séries d'origines et fan-service se cachant derrière un petit doigt boudiné. Ce n'est pas tant de choisir de reléguer certains personnages au second plan ou au contraire d'en ramener d'autres sur le devant de la scène que le choix de qui pour quoi et la manière dont cela a pu être fait selon les arcs. On était par exemple très content de retrouver Ten Shin Han et C-17, les deux grands oubliés de la fin de Dragon Ball, mais la manière dont ils furent ramenés dans l'intrigue était pour le moins lourdingue et le scénario ne parvint jamais à le justifier (devenu soi disant quasiment aussi fort que Goku, C-17 n'aura pas franchement fait d'étincelles durant la Battle Royale), pour finir par se plonger en des circonvolutions embarrassantes pour expliquer la présence de Tortue Géniale (on l'adore, là n'est pas le problème, mais s'il était capable d'atteindre un tel niveau on se demande ce qu'il foutait depuis trente ans). La licence poétique aurait pu suffire si cela n'avait impliqué en parallèle la mise au ban de Goten, Trunks, Buu... qui non seulement sont adorés du public mais qui, de plus, présentaient l’avantage d'être bien moins "usés" que d'autres. Il faut cependant noter que sur les trois années de diffusion, DBS aura fait de vrais efforts pour accorder du temps à chaque personnage, y compris les plus anciens (Bulma <3). Mais on sentait que ce n'était pas naturel et l'arc final, soit plus d'une année de diffusion, se sera déroulé sans 90 % de la distribution. Quant à la voir évoluer...

Les Invraisemblances Tant qu'on en est à parler de Tortue Géniale devenu super fort, n'oublions pas que désormais Goku se téléporte à la carte et que tout le monde, même Pan, semble être en mesure de respirer dans l'espace. Ce n'est pas grave grave, d'accord, et on laissera ces chipotages aux fans les plus extrémistes, mais tout de même... quand on se souvient que le fait de ne pas pouvoir respirer dans l'espace est un élément scénaristique essentiel du manga original à plusieurs moments de l'intrigue... la pilule est grosse. Notons toutefois, afin d'être fair-play, que ledit manga contient lui-même quelques incohérences devenues quasi légendaires.


Les Dialogues Les vannes étaient souvent très bonnes, rien à dire là-dessus, mais alors côté "dialogues illustratifs", les scénaristes nous auront tout fait. Tous les tropes, tous les stéréotypes, de Dragon Ball et plus généralement du shōnen le plus éculé... DBS fut de ce point de vue un vrai worst of. "Ne te méprends pas, je ne voulais pas te sauver mais juste te tuer moi-même plus tard." "C'est donc ça la puissance d'un Namek de l'Univers 7  ? " Putain mais ta gueule !

La Tension dramatique Ce point devrait plutôt être classé dans "C'était bidon", mais force est de reconnaître que ce n'était pas uniquement de la faute des scénaristes. DBZ, sur la fin, manquait déjà beaucoup de tension, et compte-tenu de l'ADN de la série cela ne pouvait guère s'arranger. Pas une fois en 131 épisodes où on l'a cru que les personnages allaient perdre (au sens d'une lourde défaite avec des conséquences, car ils ont perdu plein de fois contre Black), pas une fois où l'on a craint pour leur sécurité, quant à tous les héros morts au champ de bataille du dernier arc, on s'attend d'ores et déjà à ce qu'il soient ressuscités incessamment sous peu. Pour les enjeux, il faudra repasser, de même que pour l'émotion, en dépit d'un ou deux passages épiques qui auraient presque pu faire frissonner (ce combat désespéré de Tortue Géniale contre Frost, au hasard...)

La Survie de l'Univers L'ultime arc de la série n'était pas le plus mauvais, mais c'est certainement celui qui aura le plus déçu. On nous avait promis monts et merveilles, un retour aux vraies bastons intergalactiques, à l'adrénaline, avec en plus (et ça, c'était vrai), une animation bien plus soignée... au final ç'a mis des semaines à démarrer, encore tout plein de semaines à finir, et on s'est fait chier quasiment tout du long devant une succession de combats sans queue ni tête dans une absence presque totale de décors. Finir comme ça, c'est vraiment moche.

C'était plutôt bien, en fait.

Les Nouveaux personnages "Plutôt bien" seulement car le dernier arc, avec la procession de nobodies venus jouer les sparing-partners pour le grand tournoi inter-univers, a forcément fait baisser la moyenne. Pour le reste et même en considérant que Beerus, Whis et Jaco  pré-existaient à la série, les nouveaux venus (Kyabe, Hit, Monaka, Toppo...) se sont parfaitement intégrés à l'ensemble, avaient plutôt de la gueule et n'ont pas déçu, même s'ils n'ont pas toujours pu être exploités comme il auraient dû l'être faute de temps (on y revient car c'est un vrai gâchis, mais Zamasu avait le potentiel pour devenir un méchant iconique au même titre que Cell et Freezer).


La Mythologie Belle réussite de ce côté, même si (forcément) inégale. On n'attendait peu de choses de DBS mais s'il en est une qu'on n'avait vraiment pas vue venir, c'était qu'elle s'attaque à la mythologie dragonballesque (en commençant par l'origine des dragon balls elles-mêmes) et apporte réellement quelque chose à univers qui paraissait suffisamment riche pour pouvoir être exploité en l'état. Bien joué.

Le Rythme Ok, sur la fin, on a eu droit à "il ne reste plus que huit minutes" pendant à peu près trois mois, mais on était tout de même loin de LA minute la plus longue de toute l'histoire des minutes durant le premier combat entre Goku et Freezer. Dans l'ensemble, DBS a assez peu traîné en longueur, les épisodes étaient variées et pas trop répétitifs. Elle s'est même permise de casser le cycle infernal de "On attend Goku qui s'entraîne/est malade/arrive/est en retard/est mort/est aux toilettes". Et ça quand même, ça n'a pas de prix.

C'était franchement très bien.

La Cohérence de l'ensemble Dragon Ball GT, en dépit de vraies qualités souvent mésestimées, fut une fatigante superposition d'aventures décousues et de boss +1. Dragon Ball Super a bien des défauts scénaristiques, mais elle nous a offert une histoire digne de ce nom – dont les figures centrales auront été Beerus et les Dieux de la Destruction – avec un début, un milieu, une fin et des arcs se répondant et se complétant au lieu de bêtement se succéder. Rien à dire, ça changeait du tout venant des revivals.

Le Ton et l'Atmosphère Sûrement ce que DBS a le mieux réussi, et sûrement aussi ce qu'on a le plus encensé sur Le Golb. Beaucoup plus fidèle à l’œuvre de Toriyama (dans son ensemble) qu'au dessin-animé des années 90, Super fut une excellente surprise de ce côté et excella dans les scènes de pure comédie, jouant habilement du second degré et maniant avec beaucoup de talent la galerie de personnages à sa disposition. Les traits ont parfois été trop poussés dans les extrêmes, notamment la naïveté et (plus encore) l'inconséquence de Goku (qui provoque quand même à lui tout seul la disparition de plusieurs univers), mais sur l'ensemble de la série, il n'y avait vraiment pas grand-chose à reprocher de ce côté. Le ton joyeux, héroïque et franchement fun de DBS aura été, du début à la fin, son principal atout pour donner envie de revenir chaque semaine.

La Bande-son J'ai déjà dit tout le bien que je pensais des deux génériques successifs, mais les génériques de fin étaient dans l'ensemble de très bonne facture et les musiques originales n'ont rien eu à envier à celles, épiques, de la grande époque (même si on n'a pas totalement échappé à un petit sentiment de répétition par endroits).



Les Fillers Aussi étonnant que cela puisse paraître, dans DBS, les fillers étaient souvent mieux que les épisodes canons. Les aventures de la bande à Pilaf avec Pan, Goku et son (hum) combat contre Monaka, le retour du Great Saiyaman, les retrouvailles entre Trunks du futur et Gohan... on a quand même eu droit à quelques stand-alone de haute volée durant trois ans, et ces moments vont vraiment nous manquer.

Beerus Samaaaaaaaaa On ne l'a pas assez dit, mais Beerus se sera vraiment imposé au fil du temps comme le meilleur personnage créé par Toriyama depuis une éternité. Hilarant mais réellement dangereux, attachant souvent malgré lui, le Dieu de la Destruction caractériel, boulimique et paresseux comme un... Chat s'est incrusté dans tous les meilleurs moments de la série, d'une manière ou d'une autre, a développé de véritables relations avec les autres personnages et n'a quasiment jamais déçu. Vite, le spin-off !


👍 Dragon Ball Super
créée par Akira Toriyama, Osamu Nozaki, Naoko Sagawa & Atsushi Kido
Fuji Television, 2015-18

41 commentaires:

  1. Alors ça c'est une bonne surprise ! Je ne pensais pas que tu ferais un article entier sur la série.

    Je viens de passer trois ans à ne pas savoir qu'en penser, "love/hate/love", ça résume bien les choses. Je penche quand même un peu plus pour du négatif car le dernier chapitre était vraiment trop long, j'ai même un peu décroché à un moment. L'été dernier je continuais à regarder mais j'oubliais totalement les épisodes d'une semaine sur l'autre.

    Ce serait dommage que cet univers arrête de s'enrichir, il y a plein de choses à faire encore. Peut-être avec d'autres scénaristes en revanche...

    Je ne sais pas si tu as vu le teaser du film mais il est plutôt prometteur.

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    1. Non, pas regardé pour le moment. Je ne suis pas un passionné des films de Dragon Ball, tu sais, il y a quand même une écrasante majorité de bouses, donc je n'attends rien de celui qui arrive.

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    2. C'est vrai que la plupart ne sont pas mémorables !

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    3. Après je ne les ai pas tous revus récemment, il y a peut-être de bonnes surprises qui se cachent, mais mes souvenirs ne me rendent pas optimiste.

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  2. Total accord avec l'article, forme comprise. C'était le seul moyen d'évoquer dans sa globalité une série qui a beaucoup soufflé le chaud/froid et qui était capable d'enthousiasmer et de décevoir dans le même épisode.

    Finalement la principale qualité de DBS c'est d'avoir été beaucoup que DBGT, et encore c'est même pas vrai car niveau chara design DBGT dans mon souvenir est bien au-dessus.

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    1. *beaucoup mieux*
      (j'ai trop bu, je voulais virer le beaucoup et j'ai viré le mieux lol)

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    2. En effet, d'un point de vue visuel, GT était dans la droite ligne de ses prédécesseuses. Mais c'était la même époque, aussi, et à peu près le même budget, il serait donc un peu injuste de reprocher cela à Super qui a été réalisée deux décennies plus tard pour deux fois moins cher...

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    3. Ouais c'est sûr c'est signe des temps aussi avec ces dessins informatisés moches..

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  3. Je signe immédiatement pour un spin off avec Beerus et Whis!!!!

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  4. Je suis loin d'avoir fini (il me reste une 40aine d'épisodes).
    Pour moi, le problème de la série est qu'elle manque d'une "vision" d'ensemble. En ce sens, je ne suis pas d'accord quand tu loues sa cohérence d'ensemble. Cohérente, elle l'est dans l'histoire qu'elle veut raconter. Mais il n'y pas de vision de cet univers, ni de ces personnages.
    Qu'est-ce qui définit cet univers ?
    Qui sont ces personnages ? Quelles sont leurs motivations ?
    Les réponses figuraient dans l’œuvre magistrale de Toriyama. Elles sont absentes de Dragon Ball Super. Les personnages se battent parce qu'ils se battent. Ils sont amis parce qu'ils sont amis. Seuls quelques uns fonctionnent sur des ressorts intéressants, mais ils ne sont pas ceux qui sont le mieux mis en valeur : Zamasu (tu l'as dit), Krilin (sa relation avec sa famille, ses problèmes d'argent, ses complexes), Trunks adulte (hanté par son passé, son sentiment que "tout recommence"), Bulma... Vegeta et Freezer, un peu, dans une moindre mesure. C'est léger. Les autres agissent comme des robots, ou paraissent complètement déréalisés.
    De ce point de vue, la série est très décevante, car l'épaisseur psychologique a toujours été l'un des points forts de Dragon Ball.

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    1. Un revival, par définition, manque d'une vision précise. Et tu as raison sur l'aspect psychologique. Après, on ne va pas se leurrer, DBS croulait sous un cahier des charges comme DBZ n'en a jamais eu en son temps, ce qui suffit pour moi à excuser ce que tu pointes (du moins en partie). Les fans hardcore n'attendaient pas assurément qu'on leur propose une "vision" de l'objet de leur adoration, ce n'était pas le propos, preuve en est que les deux derniers arcs ont été les plus populaires, voire encensés en ce qui concerne La Survie de l'Univers, alors qu'ils étaient clairement les plus problématiques à à peu près tous les égards.

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    2. Justement, le problème est peut-être d'avoir voulu écrire pour les fans, plutôt que d'avoir voulu écrire, tout court...

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  5. C'était cool mais chez moi, c'était vraiment pop-corn.

    Est-ce que DBZ était plus que ça ? Sûrement. Est-ce que c'était beaucoup mieux que ça ? J'en sais rien, on ne le regarde pas avec le même regard. On n'est plus des gosses, déjà.

    Bref, pour moi c'était un bon trip régressif. Et c'est déjà pas mal ^_^

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    1. Bien résumé.

      Il est évident en effet que nos attentes en tant que spectateur étaient bien plus critiques que dans le temps... un bon exemple est la manière dont certains fans ont poursuivi la série de leur vindicte en passant leur temps à lui reprocher la mauvaise qualité de son animation et de ses dessins. D'une part, ce n'est pas toujours vrai (même si cela l'était à certains moments), mais surtout, c'était oublier que DB et DBZ en leur temps étaient loin d'être irréprochable et que toute la fin de DB et le début de DBZ sont franchement laids d'un point de vue strictement visuel.

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  6. LOVE/HATE/LOVE, carrément!

    J'étais très déçue en apprenant que ça se terminait et en même temps j'étais de moins en moins à jour depuis un an et je passais mon temps à râler devant cet arc que tu résumes très ---> "ç'a mis des semaines à démarrer, encore tout plein de semaines à finir, et on s'est fait chier quasiment tout du long devant une succession de combats sans queue ni tête dans une absence presque totale de décors."

    Très bon article!

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    1. Thanks ;)

      Moi aussi j'ai un peu décroché par moments à partir de la dernière rentrée. Jamais plus de deux-trois semaines, soit, mais ça n'arrivait pas avant.

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  7. PS : tes commentaires buguent, ça fait 10 minutes que j'essaie de poster et que ça s'efface quand je valide.

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    1. Pour moi ça marche très bien.

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    2. Je n'ai rien remarqué de particulier et a priori ce matin, ça roule tout seul. Mais les bugs passagers peuvent arriver, désolé si c'était pénible.

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    3. Il y a eu un bug de reCAPTCHA. J'ai eu le même problème, à la même heure, sur un autre site. Mais cela n'a pas duré longtemps.

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    4. Arf, ce foutu machin... bon bah je n'aurais pu y faire grand-chose de toute façon, c'est le seul truc du Golb sur lequel je n'ai pas la main.

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  8. Moi ils m'ont perdu en route avec le dernier arc. J'avais plus l'impression de regarder une mauvaise parodie, et c'est dommage car ce fut très long. Du coup l'avis est forcément mitigé alors qu'il y un an je trouvais que malgré ses défauts Super faisait assez honneur à ses modèles :(

    Le pire est que cette dernière "saison" a très bien marché, j'ai lu beaucoup de commentaires positifs, donc si suite il y a ne pas s'attendre à autre chose...

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    2. Oui, je ne suis pas un spécialiste d'anime mais j'ai déjà remarqué que c'est un domaine dans lesquels les gens passent leur temps à hurler au fan-service tout en lui faisant un vrai triomphe à chaque fois qu'il se manifeste. J'avoue que ça me fait toujours un peu marrer ^^

      Il est très clair quand on a deux sous de jugeote que cet arc n'était franchement pas terrible, mais c'est intéressant aussi de voir qu'il a eu du succès car quelque part cela montre bien que la vision qu'une large partie du public peut avoir de l’œuvre de Toriyama est très éloignée de celle... de Toriyama lui-même, car je continue de penser que sa patte est bien plus présente dans les trois premiers arcs de DBS que dans les deux derniers.

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  9. Je me reconnais bien dans le commentaire de J-C : "pop corn", voilà voilou.

    Sinon chouette article, toujours un peu fascinant de te voir enchainer les sujets très différents avec le même niveau d'expertise, y a des trucs que tu connais pas, sinon ? ;)

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    1. Très peu. Bon, je ne suis pas un expert en astrophysique mais sinon ça va :-D

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    2. Muse non plus, mais ça les empêche pas de faire des albums entiers sur le sujet. Donc que cela ne te limite pas.

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  10. Dans l'ensemble j'ai bien aimé. J'ai eu des moments de frustration intense, des énervements improbables (la fainéantise de l'animation des discussion dans les tribune du Tournoi du Pouvoir, typiquement. Genre on va mettre la bouche de celui qui parle juste derrièere l'épaule de Piccolo comme ça on a rien à animer du tout - GENIE - )
    Je sais qu'on a apas mal de désaccords (j'ai trouvé l'arc Black pas si mal dans son incohérence et son n'importe quoi, je trouve assez fascinant le fait que Goku ne gagne jamais, etc.)
    Ce qui dans l'ensemble m'a le plus réjoui chaque fois, c'est pas tant le fan service (meme si...), que les clins d'oeil plus ou moins discrets au passé, de l'évident (les poses de Végeté et Goku dans le finla) au plus discret (Goku qui revit son combat contre son grand pere en poirautant devant chez Baba la Voyante, Végéta qui cuisine le commando Ginyu - ca s'écrit comme ça ?)
    Brefs... Une senstation pop-corn tout du long, pas souvent sauté de mon siège de joie, mais plus souvent des petites émotions de "Aaah..." qu'autre chose.

    Et tu dis que Gohan est le plus mal traité, mais pour la hype non payée permanente - comprendre les deux tournois - c'a a été Piccolo... Et les tournois eux memes.L Franchement c'est bien de faire du nouveau mais on veut du tournoi avec les regles et la grille du Tenkaichi Budokai. Ce qui n'arrivera jamais, je sais.)

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    1. Et le présentateur!!

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    2. GUIC >>> Le cas de Piccolo est similaire mais tout de même un peu différent. On ne nous pas teasé de la même manière son retour au front, qu'il n'a jamais réellement quitté (puisque contrairement à Gohan il se bat lors du tournoi de Champa - où il ne démérite pas) ; on n'a pas eu toute une side-story sur Piccolo qui nourrit des complexes parce qu'il est devenu faible et veut recommencer à s'entraîner. Et Piccolo a toujours été dans le coin et a toujours été "concerné" par l'intrigue (Gohan est presque totalement absent des arc Beerus, Champa et Black). Surtout, son traitement est raccord avec ce que Toriyama a toujours voulu pour ce personnage, à savoir un genre de Tortuegénialisation un peu moins prononcée. Alors que dans le cas Gohan, on sait (il l'a raconté dans différentes itw et préfaces) qu'il a cédé aux pressions de la Toei et d'une partie du public et modifié ses plans pour lui dans la fin de DBZ (où c'était lui qui était supposé vaincre Buu et sauver le monde). Il y avait donc un boulevard pour le replacer au centre de l'intrigue, pas forcément en tant que héros mais au minimum en tant que personnage important (on a quand même passé plus de temps aux côté de Jaco qu'aux côtés de Gohan, hein...)

      ELSIM >>> J'ai espéré pendant longtemps qu'on verrait le présentateur, moi aussi, j'étais vraiment déçu quand j'ai compris que ce ne serait pas le cas.

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  11. Rapidement,
    Je pense que les critiques très violentes du début viennent aussi des films "Battle of Gods" et "Résurrection de F" (ce dernier sorti seulement quelques mois avant la première saison de Super). Ils étaient de très loin les meilleurs oav DBZ de tous les temps, visuellement c'était le top du top de ce qu'on fait en animation 2D de nos jours...Forcément quand tu enchaînais avec Super...
    Moi la série m'aindifféré jusqu'au bout, en fait comme Elsim elle m'a plutôt fait réévaluer GT.

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  12. Ça valait ce que ça valait, mais DBS a quand même eu le mérite de relancer la franchise et c'était plutôt bien (surtout qu'elle n'a jamais été aussi populaire dans les pays anglo-saxons, qui l'ont découverte très rare). Rien de plus frustrant que d'être fan d'une série terminée ou peu prolifique. Déjà là je ne sais plus quoi regarder, j'hésite à me lancer dans les films et OAV mais tout le monde me dit qu'ils sont nuls :(

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    2. Dragon Ball abridged.
      Parodie, sur Youtube, qui couvre (jusqu'à présent) tout de Raditz à Cell.

      Ca plait, ca plait pas, mais ca occupe :-)
      En tout cas, c'est ce que j'ai fait moi.

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    3. GUIC >>> Abriged a été dûment commencé sur tes conseils mais je t'avoue que si je me suis bien marré au début, je me suis aussi lassé assez vite et j'ai lâché au bout d'une quinzaine d'épisodes.

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    4. ALICE >>> les films sont d'un niveau inégal et parfois très répétitifs. Il y a de grosses grosses daubes aux méchants dénués de charisme ne faisant que paraphraser la série mais aussi quelques vrais bons trucs malgré tout. Je te recommanderais de te pencher sur, par ordre de préférence :

      Battle of Gods → une merveille et je pèse le mot, la synthèse presque parfaite de tout ce que devrait toujours être Dragon Ball.

      Le Père de Son Goku → tellement classique que Toriyama l'a intégré au canon.

      L’Attaque du Dragon → très particulier, une atmosphère extrêmement étrange et mélancolique. Certain(e)s détestent, moi j'aime beaucoup.

      Son Goku et ses amis sont de retour ! → une petite merveille de fantaisie et d'humour que tous ceux qui aiment le versant comique de Dragon Ball ne peuvent qu'adorer (pour l'anecdote, j'ai longtemps que c'était Toriyama lui-même qui l'avait écrit, ce qui n'est pas le moindre des compliments).

      L’Histoire de Trunks → tout le monde sait ce qu'il y a dedans avant de le lancer, tout le monde se fait quand même avoir à chaque fois ;-)

      L'Armée du Ruban Rouge → une synthèse des premiers arcs de la série, très fidèle et superbement réalisée.

      Résurrection de ‘F’ → bien meilleur que ce qui en a été fait dans DBS, un film très sombre où les héros échouent dans à peu près tout ce qu'ils entreprennent.

      Fusions → sûrement le plus inventifs de tous (bien que le méchant soit un rip-off de Cell), complètement barré et franchement fun.

      À la poursuite de Garlic → pas un hasard s'il a été intégré au canon (certes pour l'un des arcs les plus conspués), l'intrigue est intéressante et la chorégraphie des combats y est vraiment exceptionnelle.

      Les Mercenaires de l’espace → de l'action et rien que de l'action mais une excellente réalisation et des méchants beaucoup plus charismatiques que dans les autres.

      La Revanche de Cooler → en dépit de son côté redondant avec la série, plutôt bien fichu notamment parce que la réalisation est de très bonne tenue et que Cooler est... cool ^^

      Le Plan d’anéantissement des Saïyens → le meilleur scénario de tous les films, qui creuse de manière très intelligente la mythologie de la série, malheureusement gâché par une fin qui se barre en sucette (par contre éviter le remake des années 2010 qui est un massacre).

      Le Guerrier millénaire → inégal et tous les gens sérieux détestent Broly, mais la partie purement action est impressionnante et le scénar est plutôt bien fichu.

      Cent mille guerriers de métal → un scénario un peu lacunaire par un endroits mais d'excellentes idées.

      Le Château du démon → pas terrible en fait mais les réals sont totalement barrés dans un trip « hommage aux films de la Warner » et si on imagine qu'il se passe dans un monde parallèle, c'est assez rigolo.

      Voilà, maintenant tu sais quoi regarder. Tous les autres sont dispensables même si certains ont aussi leurs bons moments.

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    5. Merci beaucoup à tous les deux pour vos conseils. Je passerai faire mon rapport :)

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  13. Les gens sérieux détestent Broly, oui, mais ils détestent encore plus Bio- Broly ;)

    Désolé que tu te soies lassé de Abridged si vite. J’avoue ne pas être fan du début de Namek ( la où tu as arrêté en fait) - mais même dans l’original toute la période Zabon Dodoria m’ennuie ( et Kiwi, n’oublions pas Kiwi)
    Dans Abridsed c’est l’arc Cyborg - pardon, Androïdes - qui reste le plus fin pour moi.

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    1. Et pourtant en vrai, Bio Broly n'est pas le plus mauvais des trois puisqu'il a un embryon de scénario et des dialogues parfois assez marrants, quand le précédent est une invraisemblable ode au vide intersidéral ^^

      Je finirai peut-être Abridged, on ne sait jamais, mais ce sera sûrement à doses homéopathiques.

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