dimanche 3 avril 2016

[GOLBEUR EN SÉRIES RE-O] Semaines 9 & 10

Dans ce nouvel épisode : 11.22.63, Black Sails, Law & Order : SVU, Man Seeking Woman et les inévitables bonus.

👎👎 11.22.63 Ça commençait mal, mais on n'avait encore rien vu du désastre. Rien n'est à la hauteur du projet, à commencer par le scénario qui n'a ni queue ni tête et ne ressemble en rien à l’œuvre de King, ou James Franco, qui ne ressemble en rien à un comédien (comme tous ses partenaires, cela dit, stop au délit de belle gueule). Mais même la réalisation et les productions values prêtent à sourire, s'agissant de ce qui devait être la rampe de lancement de Hulu, LE gros blockbuster qui allait les faire entrer dans la cour des grands. Leur House of Cards, leur Transparent. Autant vous dire qu'à la vue de ce qui n'est qu'une websérie bling bling et prétentieuse, les pontes de chez Netlifx et Amazon se sont resservis un verre de Cognac. Il est vrai que leurs propres débuts prêtaient plutôt à sourire et qu'eux même ont appris à leurs dépends qu'il ne suffit pas de rouler en Mercedes pour avoir l'air blindé - surtout que de nos jours, le prix des Mercedes n'est plus ce qu'il était.

👍👍 BLACK SAILS (saison 3) Longtemps, le côté prequel de Black Sails a surtout servi d'argument marketing, totalement inutile au vu la qualité de la série. Il n'était pas réellement traité ; ce n'était tout simplement pas le propos, peu importe qu'il s'agisse de mettre en scène des personnages issus de l'Île au trésor voire ayant, pour certains, réellement existé. Et puis la seconde moitié de la saison deux est passée par-là. L'on y voyait Jack Rackham s'émanciper, avec Anne Bonny collée à ses basques. John Silver, lui, perdait sa jambe et se rapprochait un peu plus du personnage que connaît le public. Dans cet excellent troisième chapitre, il poursuit sa mue. Après deux saisons entières à se promener en périphérie de l'intrigue, il épouse enfin sa destinée de pirate, rencontre celle qui devrait logiquement devenir son épouse et devient, enfin, le pirate le plus connu de toute l'histoire de l'humanité. Long John, quartier-maître, ami et rival d'un Capitaine Flint transformé pour sa part en véritable rockstar des mers. C'est au point que dans l'ouverture, le premier conseillait au second de faire jouer son rôle par un autre, puisque "[son] nom appartient désormais à tous les pirates". Alors que l'on ne s'y attendait plus, et même qu'on en était arrivé à s'en foutre totalement, Black Sails recolle avec la portée légendaire de ses héros (il en va de même pour Hornigold ou dans une moindre mesure Barbe noire) pour réussir, encore, à surprendre. Ce n'est pas la seule raison qui en fait l'une des meilleures séries actuellement à l'antenne. Mais c'est le petit plus qu'apporte cette saison, sans le moindre doute la plus aboutie du show jusqu'alors.


👍👍 LAW & ORDER : SVU (saison 17) Les habitués du Golb le savent, cette rubrique se change assez régulièrement en observatoire international des séries que plus personne ne regarde à part moi. Aujourd'hui, prise de pouls de cette bonne vieille SVU (qui ne doit plus être très loin d'être le plus ancien drama à l'antenne, à présent que CSI a mis la clé sous le porte), entrée cette année dans une excellente phase après plusieurs saisons embarrassantes pour tout le monde - mais dont on comprend a posteriori l'utilité. Warren Leight, dont c'est la dernière tournée en tant que showrunner, avait tout bêtement hérité de la tâche ingrate de solder l'héritage de la période Christopher Meloni... voire de Dick Wolf en personne. Cette époque où SVU était un spin-off et non la série principale d'une franchise dont tous les autres titres ont désormais disparu. Il a donc remis Olivia Benson au centre des intrigues, lié SVU à la nouvelle franchise à succès de Dick Wolf (Chicago Town City Beach Stuff. Je crois), re-designé progressivement tous les décors. Symboliquement, Munch et le Capitaine Cragen, soit donc les deux derniers personnages rescapés de l'ex-empire Law & Order, ont pris une retraite bien méritée. En somme, une redéfinition progressive (et parfois un brin laborieuse) des enjeux d'une série qui se devait de pouvoir être prise en cours par les fans (dans l'ensemble plus jeunes) de Chicago P.D. Le paradoxe, c'est que si cette saison dix-sept s'avère particulièrement réussie, c'est tout bêtement parce que ses scénaristes se contentent d'écrire d'excellents épisodes de SVU "à l'ancienne", c'est-à-dire avec des basculements narratifs, une vraie place accordée au procès et des intrigues n'étant pas (ou presque plus) directement liées à Olivia. Mais il fallait sans doute en passer par quelques saisons douloureuses pour trouver un second (pardon : quatrième) souffle. Quand on voit la qualité d'épisodes comme les trois premiers de la saison ou, plus récemment, "Misunderstanding" (17x12), on se dit que tout ça pourrait continuer encore cinq ou six ans sans aucun problème. Ça tombe bien, la série vient d'être renouvelée.


👍👍👍 MAN SEEKING WOMAN (saison 2) Littéralement, je me suis réveillé un beau matin avec au bout des lèvres cette question : "Et si en fait,Man Seeking Woman était la meilleure série du moment ?. Il est assez rare que je me demande ce genre de chose à propos d'une comédie pour que l'interrogation, aussi étrange qu'elle puisse paraître de prime abord, mérite d'être considérée. Je n'ai pas tout à fait terminé la saison (je suis un peu en retard, je sais, mais entre la rétro Dragon Ball et le retour du binge watching netflixien de Daredevil, on m'en excusera), mais j'ai rarement vu une série aussi constante dans la qualité... a plus forte raison dans un registre, celui de la comédie totalement barrée et fantasmatique, où la norme est plutôt celle de l'irrégularité. Pourtant, la série de Simon Rich tient formidablement bien la distance et ne présente pour l'heure aucun signe d'essoufflement. C'en est même assez stupéfiant tant chaque épisode en contient virtuellement deux ou trois autres, grillant des dizaines d'idées qui, chez la concurrence, seraient autant de concepts déclinables en arcs entiers. On m'opposera qu'elle ne progresse pas réellement non plus, ce qui est vrai - mais ce n'est pas comme si elle avait eu des masses de défauts sur la ligne de départ. Au contraire, elle est peut-être la seule série actuelle (avec, dans une moindre mesure, Master of None) a pouvoir me réconcilier avec la dramédie high concept casse-bonbons dont raffole tant le câble US, puisqu'elle réussit à conjuguer le meilleur des deux mondes, à la fois brillamment consciente d'elle-même, émouvante lorsqu'il le faut... mais jamais chiante et toujours, principalement, avant toute autre chose... comique. Peut-être pour cela que je la consomme finalement avec modération : ce qui est rare est précieux, on le sait ; l'inverse est également vrai.

à part ça...

- je crois que je ne peux plus supporter l'héroïne de Shadowhunters, ses mimiques appuyées, son petit air satisfait et sa couleur de cheveux ridicule. Elle me sort totalement d'une série plutôt divertissante au demeurant : je passe la moitié des épisodes à vouloir lui coller des tartes. Je dis "l'héroïne", je devrais plutôt dire l'actrice, car le personnage ne semble bizarrement pas écrit de la manière dont elle le joue. Elle est comme ça dans les bouquins ?

- les scénaristes de Once Upon a Time ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils se focalisent sur leur cast original. Tout le monde le sait depuis longtemps. Enfin, tout le monde sauf eux, qui semblent le découvrir à l'occasion de cette cinquième saison qui est peut-être la plus réussie depuis les deux premières. Bon, par contre, les responsables des effets numériques sont nuls quel que soit le contexte. On insiste souvent sur leur côté fauché, mais l'épisode de la semaine permettait de rappeler que même avec de l'argent, ils n'auraient de toute façon pas très bons goûts tant les choix d'effets ou de couleurs étaient d'une laideur à s'en crever les yeux.

-  je n'ai pas encore eu l'occasion d'en reparler, mais The Magicians a confirmé son potentiel et est clairement la meilleure série fantastique du mom... euh, la seule potable, en fait.

- BANSHEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!!!!!!

26 commentaires:

  1. Black Sails me fait beaucoup penser à Vikings : une série mineure qui prend de l'épaisseur avec les années et devient vraiment top (même les génériques se ressemblent). En revanche, je pense que Black Sails n'a pas encore réussi "le break" comme Vikings l'a fait en saison 3/4. Il y a encore quelques lourdeurs.

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    1. Black Sails a en effet ceci de commun avec Vikings que ce sont des séries que tout le monde aime bien, mais que personne n'aurait idée de citer dans son Top 3 ou 5 de l'année. Des séries Top 10, quoi ! ;)

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    2. Ce n'est pas tout à fait vrai je pense (pour Vikings) mais la formule est bonne ;)

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    3. En effet, très bien résumé :-)

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    4. Je ne sais même pas si la mettrais dans un Top 10, mais en même temps ça ne veut pas dire grand-chose vu le nombre de bonnes séries que je vois dans une année ^^

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    5. (et pour Vikings, j'ai tout de même l'impression qu'il y a une vraie grosse fan base)

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  2. Puisque tu en parles, le fan club français du Golb réclame un article sur The Magicians d'ici le final.

    Bien cordialement,

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  3. Tout à fait d'accord pour ce qui concerne Man Seeking Woman.

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  4. Je profite que tu y fasses allusion pour faire amende honorable : The Magicians est une bonne série, qui me surprend chaque semaine (pour l'instant).

    Pas loin d'être de ton avis concernant Man Seeking Woman, également.

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    1. Oui, les épisodes de The Magicians sont souvent denses et prenants, on ne voit pas souvent venir les choses... mais la série a surtout un ton et atmosphère très personnelles, ça ne ressemble à rien de ce qui passe actuellement et c'est assez plaisant de se le dire.

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  5. Il faut vraiment que je me mette à Man Seeking Woman, alors. Moi qui cherchais une série de format court (c'est bien le cas de celle-ci, non ?) qui tient la route et pas trop prise de tête, ça semble rentrer dans les critères, non ?

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    1. Ah ben oui, je n'y ai pas pensé hier soir, mais pourquoi pas ?
      Attention, c'est beaucoup plus "cru" :-D

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    2. J'y avais pensé hier soir, mais j'étais assez focalisé sur des séries aux tons similaires à celles que tu prenais en exemple, or Man Seeking Woman est quand même très différentes. Je ne dirais pas que c'est plus cru, enfin si, aussi, mais il y a un côté assez poétique et imagé qui fait que la "crudité" n'est vraiment pas la première chose à laquelle je penserais :) Disons que c'est beaucoup plus barré et "arty" (dans le bon sens du terme) ; plus mélancolique, également, tout en étant malgré tout très drôle. Plus proche de quelque chose comme Community, par exemple (je ne sais pas si tu connais, en même temps).

      Mais dans tous les cas c'est un excellent format court, très drôle, là-dessus pas de problème :-)

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  6. - BANSHEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!!!!!!

    - ARCHERRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR !!!!!!!!

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  7. Tu es presque gentil avec 11 22 63 ! C'est "juste" carrément nul !

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    1. C'est un peu ce que je dis, non ? :-)

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  8. Juste pour que tu te sens moins seul : moi aussi, je regarde toujours SVU ! A + ;)

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    1. Je savais que je pouvais compter sur toi ;-)

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  9. Dans une très moindre mesure alors, Master of None ;) Parce que c'est tout de même assez nombriliste je trouve.

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    1. Ce n'est pas interdit de proposer quelque chose de nombriliste, en même temps. Du moment que cet aspect est transcendé. Ce qui n'est pas forcément toujours le cas dans Master of None, je te l'accorde, mais fonctionne tout de même pas mal, Ansari réussit à dire des choses assez justes et souvent finement écrites (il y a un côté militant mais en même temps c'est toujours léger et jamais pamphlétaire) sur le conflit des générations, les relations homme/femme, les questions identitaires... etc. Et surtout, c'est du nombrilisme qui se moque de son propre nombrilisme, Ansari a un côté égocentrique bien entendu, mais il se moque beaucoup de lui-même et n'est pas du tout dans ce mélange de misérabilisme et d'auto-satisfaction qu'on peut trouver dans les dernières saisons de Louis CK. Après l'habillage branchouille est assez pénible, c'est clair.

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    2. Je t'avoue que ma première réflexion a été de me dire: "ce type a des problèmes de riches". Et, de fait, je n'ai pas du tout réussi à avoir une once d'affection ou d'empathie envers chacun des personnages. Qui, globalement, et cela m'énerve de plus en plus dans le format court de la comédie américaine actuelle, évoluent finalement dans un canevas traditionnel qui finit non seulement par être interchangeable mais hyper stérile : le pote célibataire au chômage qui dit des choses absurdes, absurdes entre deux conseils existentiels, la fille d'à côté qui pourrait bien être la femme etc. etc.
      J'ai du regarder 4 ou 5 épisodes (histoire de donner le temps à la série de s'installer) mais cela m'a vite agacé. J'ai trouvé cela assez décousu, intéressant parfois (l'épisode entre la différence générationnelle justement) mais globalement assez vain. Mais You're the worst m'avait fait le même effet. Je n'ai pas encore commencé Man Seeking Woman mais, finalement, je trouve qu'il est très dur de dénicher une comédie qui soit réussie...

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    3. J'ai pensé un peu ça aussi au début (en fait, j'ai carrément arrêté après le pilote tellement je trouve ça irritant, puis repris sur les conseils de différentes personnes), mais au final je n'ai vraiment pas eu ce sentiment. C'est marrant d'ailleurs car je déteste d'une manière générale les trucs de trentenaires urbains qui se cherchent, mais là, je ne sais pas, j'ai trouvé ça assez plaisant et souvent bien vu.

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    4. Donc tu me conseilles de continuer après l'épisode 5 c'est ça ? Moi qui ait au moins douze mille saisons en retard ;) ?

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    5. Non ! Parce que pour moi le point de bascule s'est fait avant l'épisode 5, je pense que ce n'est pas rattrapable si vraiment tu n'accroches pas.

      En revanche je te conseille de commencer sans plus attendre Man Seeking Woman (qui n'a rien à voir en fait, si ce n'est que c'est de la comédie high concept câblée) :D

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