mardi 15 décembre 2015

Les 10 meilleurs épisodes de 2015, une sélection 100 % golbitude et 0 % Dix pour Cent

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Parce qu'un CDG des séries serait trop lourd à mettre en place, mais que cela me démange.

Parce qu'il n'y a pas que les Drawas dans la vie, mais aussi parfois des trucs bien à la télé. Des fois.

Parce que faire le meilleur de l'année civile pour un genre qui fonctionne encore principalement de manière saisonnière, c'est totalement con.

Parce qu'une sélection avec les justifications de façade, ce sera toujours mieux qu'un top.

Parce qu'une série, c'est tout plein d'épisodes qui ne sont pas du tout comme les chapitres d'un roman, nom d'une pipe andalouse !

Voici donc le classement totalement subjectif et assurément pas exhaustif des meilleurs épisodes de séries de l'année 2015. Spoilers intended, of course.


10. "Sizzurp"- Man Seeking Woman (1x05) Aussi paradoxal que cela puisse paraître concernant une comédie uniquement composée d'histoires bouclées, il est assez difficile d'isoler un épisode de Man Seeking Woman plutôt qu'un autre, tous étant à peu près aussi loufoques et barrés (et croyez-moi si vous n'avez jamais vu la série, les mots sont faibles). Va pour "Sizzurp", donc, qui est sans doute plus bête et vulgaire que ne l'est le show dans son ensemble, mais qui a le mérite de constituer une excellente porte d'entrée pour qui voudrait s'y essayer. Soit vous accrochez dès la première minute (et vous devenez fan), soit vous lâchez instantanément (et il sera inutile d'insister, promis juré).

09. "Party of Four" - Masters of Sex (3x11) Il existe sans doute une infinité de réponses à la question "à quoi reconnaît-on une bonne série ?" ; sur Le Golb, on sera tenté dire que c'est une série qui, au milieu d'une saison mineure (voire en l'occurrence carrément médiocre par moments), parvient malgré tout à signer quelques scènes ou épisodes mémorables. En 45 petites minutes, Masters of Sex réussit ainsi à se faire pardonner dix épisodes poussifs, vingt-trois ellipses temporelles pour zéro maîtrisée, et 1000 minutes à vouloir coller des baffes dans la gueule de Bill Masters. Dur, cruel, drôle... ce quasi huis-clos en mode jeu de massacre et restaurant étoilé donne envie de revenir en saison 4, ce qui était loin d'être garanti une semaine auparavant.

08. "Kali" - Halt and Catch Fire (2x09) L'une des principales (et nombreuses) qualités de la seconde saison de Halt and Catch Fire est de donner une leçon d'écriture à toutes ces séries, primées aux Drawas, dont la moitié des personnages vivent leur vie de leur côté sans que cela ait la moindre incidence sur l'intrigue principale. Halt fait exactement pareil les trois quarts du temps, mais en réussi : tout se recoupe parfaitement, naturellement, comme en témoigne cet excellent épisode qui, s'il n'est pas encore le final, sonne déjà comme l'accomplissement d'une saison maîtrisée de bout en bout.


07. "A Fixer of Sorts" - Banshee (3x03) Ne cherchez pas plus loin la baston la plus barge, longue, violente et overzetop de l'année : il n'était même pas encore terminé que le duel à mort entre Nola et Burton était déjà entré dans les annales. Hyper-intense et proprement interminable (elle ne dure que six minutes, mais on a l'impression qu'elle en fait le double), la scène a la particularité de confronter les deux personnages secondaires les plus charismatiques et badass du show, tant et si bien qu'il est quasiment impossible prédire lequel des deux en sortira vivant. Une manière un peu plus classe de purger son casting que dans le premier Game of Thrones venu.

06. "Blood Must Have Blood" - The 100 (2x15-16) Si le show post-ap, post-Hunger Games et post-joie de vivre de la CW a probablement donné son meilleur épisode juste avant Noël 2014, ce final de la saison 2 n'était pas piqué des vers et s'est bien amusé à jouer avec les attentes d'un spectateur qui pouvait craindre que la division en deux parties n'étire le suspens en longueur. Que nenni : la césure était parfaite, totalement inattendue et tout à fait vertigineuse, témoignant une fois encore du culot de Jason Rothenberg et son équipe. Parce qu'il en faut et pas qu'un peu, pour totalement redistribuer les cartes à seulement quarante minutes de la fin. Quant à la seconde partie, elle va boucler toutes les intrigues en suspens de la manière la plus radicale et suffocante qui soit, à tel point qu'on se demande comment la saison 3 parviendra à faire plus sombre et sans issue.

05. "Persistent Romeo" - Fresh off the Boat (1x05) Presque tous les épisodes de Fresh off the Boat auraient potentiellement pu figurer dans cette liste : c'est tout simplement la meilleure comédie de l'année. Si "Success Perm", le précédent, est l'épisode qui démontre que Fresh est incontournable, "Persistent Romeo", en plaçant Constance Wu plus en retrait, est celui qui achève d'imposer le reste du casting et souligne que même les gosses sont susceptibles de tenir la baraque, à tout moment. Pour le pitch, je vous laisse la surprise - sachez juste qu'Eddie et ses copains y découvrent le porno.


04. "Wedding Videography" - Community (6x12) Si le grand final de Community a arraché des larmes à la terre entière (c'est-à-dire aux 2000 personnes qui suivaient encore la série la plus sous-estimée des dix dernières années), le vrai chef-d'oeuvre de cette formidable saison 6 était l'avant-dernier épisode, une merveille de comédie acide qui, laissant de côté les délires méta, renouait avec les grandes heures de la première saison : personnages odieux, donc trop humains, quiproquos, vannes ciselées et Chang qui se rachète une conduite (au propre comme au figuré) dans les dernières secondes, après des années à les avoir brisées menues aussi bien à nos héros qu'au spectateur. La meilleure manière de boucler ses valises avant d'embarquer pour un final pour le coup absolument meta et 2000 % sentimental.

03. "eps1.0_hellofriend.mov" - Mr Robot (1x01) Oui, Mr Robot a été surbuzzée. Non, ce n'est pas la série parfaite et "coup de poing" que la critique a voulu vous vendre. Oui, elle n'était pas exempte de défauts dans sa seconde moitié. Mais oui aussi, cela n'en reste pas moins une des meilleures séries de l'année passée, pour tout un tas de raisons tout à fait objectives (casting, mise en scène, atmosphère)... etc. Brillante de A à Z, cette ouverture en forme de baffe dans la gueule est sans conteste l'un des meilleurs pilotes qu'on ait vu depuis pas mal de temps, et constitue sans doute involontairement la source du malentendu. C'est d'ailleurs aussi le meilleur épisode de la série à ce jour, ce qui est toujours un peu problématique - mais c'est un autre débat.

02 "A Most Powerful Adversary" - The Leftovers (2x07) Isoler un épisode de la splendide saison 2 de The Leftovers relève du sacerdoce tant celle-ci s'est avérée proche de la perfection esthétique la plus absolue. L'ouverture est surprenante et fascinante, le final fait frissonner du début à la fin, et le reste propose à chaque scène plus d'idées que la quasi-intégralité des autres séries de HBO réunies. Idéalement placé entre l'épisode le plus sombre ("Lens") et le plus onirique ("International Assasin", qui rappelle qu'avant de créer Lost, Damon Lindelof était le plus grand fan du monde des Soprano), "A Most Powerful Adversary" bluffe par sa construction et la manière subtile dont il bascule de l'un et l'autre des pôles qui encadrent la série : une première demi-heure durant laquelle The Leftovers s’enfonce plus loin que jamais dans le fantastique... puis une seconde qui dégonfle complètement cet aspect, tant et si bien que les deux confrontations entre Kevin et Virgil, chacune à un bout de l’épisode, provoquent des impressions totalement différentes et contradictoires – la première donne envie de croire à l’existence de ce fameux adversaire, quand la second montre juste deux mecs pathétiques qui ont totalement perdu pieds. Brillant.


01. "Heaven Sent" - Doctor Who (9x09) Longtemps, Steven Moffat a paru incapable de dépasser le trailer de ses "grands" épisodes (on les reconnaît facilement à leur musique mélodramatique et au nombre de fois où le Doctor s'écrie "I Am the Doctor!"). Et lorsqu'il y parvenait, c'était surtout pour recycler ses vieux gimmicks, comme l'an dernier dans l'épisode "Listen", tellement inattendu que certains se sont sentis obligés de le trouver génial. Cette fois-ci, pourtant, c'est la bonne. En 45 minutes, Moffat nous fait regretter tout le mal qu'on a dit de lui depuis des années, et le fait qui plus est de la plus cruelle et arrogante des manières : en restant droit de ses bottes. "Heaven Sent", comme toute l'excellente saison 9, contient à peu près tout ce qu'on détestait dans Doctor Who depuis 2010 (une intrigue centrée sur l'introspection du Doctor, des timey wimey à ne plus savoir qu'en faire, une ambiance over-geek et high concept)... mais en bien - en génial, même. Du coup, on oubliera l'existence d'une deuxième partie beaucoup moins emballante (sacré Steven, bientôt six ans qu'il nous nique comme ça).


Ils ont failli y être : le final de Justified ("The Promise"), le rebondissement le plus réussi de l'année (Black Sails, 2x05), "AKA Sin Bin" (Jessica Jones, 1x09), "Out of Time" (The Flash, 1x15), le season premiere de Black-ish ("The Word"), le poilant "Headquarters!" (Limitless, 1x09), "Do Mail Robots Dream of Electric Sheep?" (The Americans, 3x09), l'ultra-stressant "If-Then-Else" (Person of Interest, 4x11)... et bien entendu plein d'autres que je n'ai pas vus ou auxquels je n'ai pas accordé l'attention nécessaire.

10 commentaires:

  1. Concept vraiment sympa et le résultat estcool. Dommage que tu n'as pas publié ça sur le coup car ça va passer inaperçu :(

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    1. Ouais mais ça me faisait un peu chier de publier ça le 31 janvier 2016. Le pire c'est que l'article est terminé depuis un bon de temps, mais je n'ai pas eu le temps de le publier sur le coup et après, je l'ai carrément oublié...

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  2. Euh, l'épisode de DW que tu appelles "Quiet", c'est "Listen", c'est ça?
    Parce que oui, d'accord, celui la avait été monté en épingle j'ai pas compris pourquoi.
    Peut être parce que le titre est un ordre concernant une go crions corporelle, alors les gens y ont vu un nouveau Blink. Seule explication que je vois ;-)

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    1. "Go crions" = fonction.
      Désolé.

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    2. Ah mais oui, "Listen", bien sûr. Lapsus révélateur d'à quel point il n'était pas si marquant que ça ^^

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  3. C'est marrant parce que cet épisode de Community m'a franchement fatigué. Je l'ai même carrément zappé pour aller directement à ce final, merveilleux de bout en bout.

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    1. En même temps depuis que tu as écrit un long article pour encenser l'affreux Neon Ballroom, nos divergences de goûts ne peuvent plus rester dans l'intimité d'une boite mail ;-)

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    2. Affreux, affreux... tout de suite les grands mots - de toute façon, depuis que je préside seul le fan club français des adorateurs de Fringe et de JJ Abrams, j'assume tout ^^

      J'avais également écrit une nouvelle note sur cette dernière saison de Community que j'ai trouvé bonne mais assez inégale, malgré ses 13 épisodes. C'était tout de même meilleur que les deux précédentes années mais ça n'équivalait pas la saison 3 que je considère comme étant la plus délirante (donc la plus aboutie).

      Ceci étant, je rejoins totalement ton choix d'épisode concernant The Leftovers. Et merci pour m'avoir mis la puce à l'oreille concernant Fresh off the boat, j'étais complètement passé à côté...

      PS : Il n'y a que moi qui trouve que cette saison 2 de Fargo est...complètement vide ?

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    3. "Affreux" n'est pas un grand mot. "Innomable", voilà un grand mot ;-)

      C'est quand même marrant que tu sois d'accord pour l'épisode de The Leftovers, parce que de toutes les séries sélectionnées pour cette compile, c'est peut-être la seule où il m'a semblé que le choix du meilleur épisode de l'année était vraiment discutable (pour les autres ça se joue entre 1 ou 2... 3 grand max...)

      Je n'ai pas encore vu la saison 2 de Fargo, alors ce n'est pas moi qui risque de te répondre...

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    4. Comme tu le dis quoi : "un sacerdoce" :)

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