dimanche 10 février 2013

This Is Not My Bloody Valentine

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La nouvelle a véritablement fusé l'autre soir. Presque au sens littéral du verbe "fuser". Il a suffi de quelques minutes à peine pour qu'elle enflamme les réseaux sociaux, plus vite et plus fort encore que l'annonce, il y  a quelques semaines, du retour de Bowie. Je n'avais vu venir ni l'un ni l'autre. Je ne sais pas si quelqu'un l'avait vu venir, si le secret s'était déjà un peu éventé, ou bien si tout le monde l'a pris d'une manière aussi frontale, ouvrant Facebook un soir pour découvrir un message de My Bloody Valentine : "The album is now live on www.mybloodyvalentine.org". Pas un salut, rien. Juste la nouvelle, sèche coup un de trique. J'ai été le premier surpris par la simplicité et la candeur de ma réaction, comme par celles de milliers d'autres. L'espace de deux ou trois heures, je l'avoue, j'ai mis tout esprit critique en veilleuse et j'ai savouré, m'empressant d'écouter ce mbv dans une réaction spontanée, presque enfantine quelque part. Grégaire, même : le shérif est de retour en ville, allons vite voir. Tant pis si en fait Kevin Shields, dont il n'est pas question de remettre en cause le talent, n'a jamais été le shérif de nulle part. Ni même vaguement le patron de l'indie-rock de son temps que les moins de 20 ans, c'est une certitude dans ce cas précis, ne pourront jamais connaître. Encore moins le fameux Mozart du bruit que la presse a tellement aimé nous vendre, dans cette époque fort lointaine où elle avait encore assez de pouvoir et de crédibilité pour nous vendre quelque chose.


Ici, la chronique devrait basculer et se mettre à décortiquer l'album le plus attendu des deux dernières décennies, en grande partie parce qu'il n'arrivait jamais. Ce ne sera pas le cas. D'une part parce que My Bloody Valentine n'y révolutionne pas le rock pour la seconde fois en l'espace de vingt ans, ce dont à vrai dire tout le monde se doutait tous un peu. Et d'autre part car l'essentiel est ailleurs : cet album existe. Enfin pour beaucoup. Hélas, pour certains. Et alors ?, pour quelques autres. C'est cette existence, cette concrétisation de la dernière grande arlésienne du rock (même le Chinese Democracy des Guns... même Smile ont déjà fini par paraître), qui constitue l'évènement en soi. Bien plus fort, bien plus incroyable et bien plus troublant que tout ce que Kevin Shields pourra jamais graver sur un disque. Les plus jeunes lecteurs ne peuvent sans doute comprendre l'engouement violent que cette annonce a provoqué. Comment neuf petites chansons pop même pas toutes excellentes peuvent-elles provoquer un tel buzz ? Il faut se figurer que, lorsque j'étais au lycée, cet album était déjà en passe devenir une blague tant il était sans cesse avorté (à l'époque depuis seulement une poignée d'années). Retrouver My Bloody Valentine en 2013, c'est tomber dans une faille spatio-temporelle d'autant plus vertigineuse que mbv se veut la suite directe de Loveless, cet album fou, hors du temps, hors du monde. Et qu'il sonne aujourd'hui comme son exact contraire tant il plonge l'auditeur ayant connu cette époque dans un bain de nostalgie étrange et parfois un peu gratuite. On aimerait bien l'écouter pour ce qu'il est ; on sait bien dans le fond que l'on ne peut l'aborder que par ce qu'il représente.

Or, je n'aime pas ce qu'il représente. La qualité de certains morceaux ("Only Tomorrow", "New You" - au hasard) ne changera rien à l'affaire. J'ai beau le retourner dans tous les sens, je ne vois pas par quelle étrange opération de l'esprit je le pourrais. Avant toute autre chose parce que Shields et Butcher, comme tous les génies devenus vieux, se contentent désormais de jouer dans leur pré sans tenter de transcender un style immédiatement reconnaissable. Loveless était un manifeste bruitiste, pop, mégalo et génial jeté à la face du monde ; mbv est un album (parfois excellent) s'adressant en premier lieu et probablement uniquement aux fans de Loveless, ce qui n'est fondamentalement pas la même chose. La vérité, c'est que si le même album était sorti trois ou quatre ans après leur classique de 1991, il se serait fait allumer parce qu'il le singeait trop, quand quinze années de plus lui ont permis d'acquérir une immunité critique évidente : il est désormais un album providentiel, miraculeux, génial avant tout pour cette raison. On ne peut pas le dé-contextualiser. On ne peut pas l'approcher objectivement. En fait, comme l'a parfaitement écrit Fabrice Colin dans ce bref - mais très bon - billet, mbv est par essence quasiment impossible à chroniquer normalement. Mais ce n'est pas le seul "problème" que pose ce disque. Ce qui me dérange vraiment, c'est que non seulement Kevin Shields vient nous rappeler que nous avons vieilli (au cas où nous en aurions eu besoin), mais encore qu'il se croit autorisé à réécrire notre mémoire collective comme bon lui semble. La même problématique, dans le fond, que lorsque les Stooges se sont piqués de refaire un album : la question n'était pas tant celle de sa qualité que le fait d'effacer d'un-coup-d'un-seul l'un des fondements de la mythologie rock contemporaine, en déséquilibrant la trilogie la plus parfaite, irréprochable, inaltérable des années 70. Soudain, il n'y avait plus trois albums des Stooges, mais quatre. C'était un détail et pourtant, après cela, plus rien ne pouvait être pareil.


La problématique est démultipliée dans le cas de My Bloody Valentine, et pas uniquement parce qu'on pouvait au moins se consoler en se disant qu'Iggy et les autres faisaient ça pour le pognon, ce qui n'est probablement pas le cas d'un type aussi radical que Shields. D'une part, la discographie du groupe témoignait d'une progression évidente, qui rendait l'écoute successive de ses EPs et albums absolument passionnante (voir par ailleurs). Le chef-d’œuvre Loveless s'écrivait sous nos yeux ; il venait couronner des années de réflexion sur la pop, le son, l'écriture en général. Il était un aboutissement, une consécration (rappelons d'ailleurs qu'Isn't Anything?, son prédécesseur, est lui aussi un incontournable). Et, en ce sens : une époque à lui tout seul. mbv, quelle que soit sa qualité, sort de nulle part et ne se raccroche à rien. Il n'a pas ce paratexte qui rendait Loveless fascinant, ou plutôt son seul paratexte est-il d'être le bâtard de Loveless trop longtemps perdu pour ce monde. Surtout, une partie non-négligeable de l'aura contemporaine de My Bloody Valentine découle aussi directement du mythe entourant ce silence qui n'en finit pas. Pas entièrement : les deux... premiers albums du groupe, et notamment le second deuxième ont été encensés dans le monde entier, ce dernier s'étant même effroyablement bien vendu pour une œuvre aussi peu accessible au grand public. Mais il serait absurde de croire que c'est uniquement de cela que provenait le culte et la fascination suscités par le groupe, et pas du tout de la manière dont son leader s'est muré en lui-même durant presque vingt-deux-ans. Quelle était la première chose que l'on disait il n'y a pas si longtemps à un gosse de 20 ans, au moment de lui faire découvrir My Bloody Valentine ?

On pourra me rétorquer que ce n'est pas si important. Que Shields n'allait pas se mette à sortir des albums solo pour me faire plaisir, qu'il n'a pas - c'est un fait - à être garant de l'histoire du rock. On aura tort. Il en fait partie, il a largement contribué à l'écrire, ne serait-ce que parce que Loveless vit depuis vingt ans avec le titre assez absurde de dernier album à avoir changé la face du rock (comme s'il avait eu à s'enorgueillir de la pauvreté musicale des décennies suivantes... et comme si c'était vraiment vrai). C'est quelque chose qui a un sens, bien plus... infiniment plus que l'existence de ce nouvel album. Je comprends que l'on puisse se réjouir de sa parution ; moi, je ne peux pas. Je n'aime pas cette époque où les groupes se reforment, où le passé et les vieux refusent de mourir, où dans la même phrase on va déplorer que la musique pop d'aujourd'hui n'invente plus rien tout en célébrant le retour censément fracassant de telle ou telle vieille gloire. On a souvent écrit dans ces pages que les jeunes groupes respectaient trop leurs aînés, qu'ils n'arrivaient pas à se défaire de leur ombre tutélaire. Mais comment le pourraient-il quand ces aînés sont toujours là, vendent six fois plus qu'eux et trustent toutes les têtes d'affiches de festivals, toutes les couvertures de magazines ? Comment le pourraient-ils quand le public lui-même paraît moins que jamais capable de laisser crever ses vieilles idoles pour aller s'en chercher de nouvelles ? Comment le pourraient-ils quand les fans et la critique rock - c'est particulièrement vrai en France - sont un amas de trentenaires/quadras/quinquas nostalgiques d'époques qu'ils auront passé plus de temps à fantasmer qu'à vivre ?


En publiant un nouveau My Bloody Valentine, qu'il le veuille ou non, Kevin Shields soulève aussi ces questions-là, bien au-delà de son petit cas personnel d'artiste mégalo et capricieux. Plus que n'importe quel autre avant lui (parce qu'il était plus doué et plus en phase avec son temps), il souligne ce paradoxe étrange voulant que le fait que public comme critiques sur-sacralisent des époques révolues les amène à la désacralisation la plus totale, celle qui célèbre des reformations de groupes qui n'auraient jamais dû se reformer, des résurrections de noms que nous n'avions pas besoin de réentendre, des publications d'albums fantômes qu'au fond de nous nous préférions tous dans nos rêves. Plutôt que s'en protéger, les artistes marchent là-dedans, comme un seul homme. Ils piétinent nos souvenirs, ils piétinent la bande-son de nos moments les plus intimes pour... quoi, en fait ? Le pognon ? Pour certains, sans doute. Satisfaire leurs égos démesurés ? Dans ce cas précis : assurément. On ne leur a donc jamais dit, à tous ces artistes soi-disant pop, que leur musique ne leur appartenait pas ? Qu'elle était à nous et que chacun d'entre nous la modelait à sa guise ? Que la beauté d'une histoire vient aussi - pas uniquement mais : aussi - de ce qu'elle s'achève un jour ? Le rock est une musique romantique qui n'aime rien tant qu'à célébrer sa propre mythologie. Quel que soit le bout par lequel on le prend, un groupe de vieux revenant sur le devant de la scène, que ce soit pour ramasser l'argent ou avec l'envie sincère de rajouter un chapitre à une histoire déjà terminée... cela n'a rien de romantique. Et il ne sert à rien de se cacher derrière son petit doigt en disant que le cas de MBV est différent des autres, parce que l'histoire demeurait inachevée. mbv (l'album) ne se veut pas un épilogue, et quand bien même si l'on découvrait demain un manuscrit secret de Kafka dévoilant la fin du Château, cela n'en bouleverserait pas moins les fondements de la littérature. Supposer que - hypothèse farfelue choisie au pif - la femme de L'Origine du Monde avait un visage, ce n'est pas juste une simple anecdote marrante pour chroniqueurs oisifs du Grand Journal. C'est un tremblement de terre esthétique. En un sens, en publiant un nouveau My Bloody Valentine, Shields vient défier le romantisme de son propre public, le mettre en demeure de démythifier son nom. Soudain, il n'est plus un génie emmuré dans son propre perfectionnisme, mais un type qui a juste mis très très longtemps à terminer son troisième LP. Soudain, Loveless n'est plus le requiem du rock à guitares, cette œuvre tellement radicale que même ses auteurs semblaient ne pas savoir lui donner de suite. Soudain, la légende est devenue une réalité quelconque (MBV publie des disques comme n'importe quel groupe - comme tout le monde) se heurtant à ce que nous savons, croyons, sentons - ou voulons croire ou voulons savoir. Il sera sans doute intéressant, dans les prochaines années, de voir la place que mbv se taillera dans la mémoire collective des fans de rock. La réponse semble évidente, mais sait-on jamais ? Je parlais plus haut des Stooges... par curiosité : connaissez-vous une personne, une seule, qui considère aujourd'hui l’œuvre des Stooges comme une tétralogie et non comme une trilogie plus un quatrième album inutile et à contre-temps ?

36 commentaires:

  1. Enorme article. Chapeau! Il fallait du courage pour prendre le sujet (les comebacks pas MBV) à bras-le-corps comme ça.

    Bon quand même, je trouve que l'album est très bon et je suis même très surpris. Rapport à ta conclusion pour moi, ça change quand même quelque chose (parce que le 3+1 Stooges était super nul, ça joue un peu non?).

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    1. Non, je ne trouve pas que ça change quoi que ce soit. Comme je le dis en introduction, peu importe la qualité de l'album en question : c'est album existe. Désormais.

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  2. "omment le pourraient-il quand ces aînés sont toujours là, vendent six fois plus qu'eux et trustent toutes les têtes d'affiches de festival, toutes les couvertures de magazines ? Comment le pourraient-ils quand le public lui-même paraît moins que jamais capable de laisser crever ses vieilles idoles pour aller s'en chercher de nouvelles ? Comment le pourraient-ils quand les fans et la critique rock - c'est particulièrement vrai en France - sont un amas de trentenaires/quadras/quinquas nostalgiques d'époques qu'ils auront passé plus de temps à fantasmer qu'à vivre ?"

    Vrai. Très vrai. Tellement vrai :)

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  3. J'avais 4 ans quand Loveless est sorti alors le retour de My Bloody me fait ni chaud ni froid. Par contre Alf doit arrêter la drogue, c'est pas possible ce crob' :-)

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    1. A sa décharge, au départ, il ne voulait pas illustrer cet article. Alors s'il a eu besoin d'une aide chimique pour y parvenir, je l'excuse volontiers ^^

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  4. Je me retrouve nettement plus dans le mini-post de Colin que tu cites, que dans ton article, même si tu dis plein de choses vraies. Je suis aussi d'accord avec Serious Moon : le retour des Stooges m'a fait plus mal, parce qu'il était pathétique alors que le retour de Shields est très digne, je trouve. Il n'y a pas tromperie. "mbv" est ce qu'il prétend être et pas moins.

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    1. J'ajoute : que My Bloody Valentine ne s'est jamais officiellement séparé malgré le silence. Et que le groupe a toujours dit qu'il y aurait un troisième album. Toujours. Puisque tu veux parler de symboles..

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    2. Mais on s'en moque, que le groupe ne se soit jamais "officiellement" séparé. Après 20 ans, quelle importance ? Le symbole n'est pas l'exacte réalité. Le symbole... est le symbole.

      Quant à la comparaison avec les Stooges, dont je reconnais qu'elle est cruelle, je pense que ton indulgence avec MBV vient aussi de ce que tu n'étais pas un fan des Stooges à l'époque des Stooges ^^

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  5. Je soupconne MBV d'avoir sorti son album de façon précipitée (7 ou 8 ans trop tôt environ) juste pour gâcher la reformation de Cable...

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  6. Article plein de pertinence.

    Il me semble que My Bloody Valentine est un groupe "générationnel". Je ne pense pas que les jeunes gens, en 2013, s'intéressent à ce retour. Ni que les gens de ma génération, déjà âgés en 1991, voient autre chose qu'un "bon groupe".

    Votre article a l'intelligence de dire, sans le dire, que ce groupe est lié à une époque, qui est passée. D'un autre côté, parce que vous appartenez à la génération qui l'a porté aux nues, vous oubliez l'important : My Bloody Valentine a déjà écrit sa part d'histoire. Ce que le groupe fera, ou ne fera pas, dans les 10 prochaines années, n'a aucune importance. Il n'est plus dans l'histoire, mais, "dans la carrière", et l'histoire est plus forte que la carrière. Comme vous le dites, vous contredisant un peu sur la fin, personne ne considère la discographie des Stooges comme "une tétralogie"...C'est donc que ceci n'est pas si important...

    BBB.

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    1. Je n'ai pas le sentiment de me contredire. L'histoire s'en contrefiche en effet, sur la durée. Mais moi, vous, nous... nous ne sommes pas l'histoire, juste des gens qui la traversent :-)

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  7. Comme je l'ai mis sur FB, je n'ai pas encore écouté mbv (le ferais-je ? pas sûr...) mais effectivement qu'importe finalement la qualité de ce troisième album, 22 ans pour le retour du messie pop bruitiste, c'est long.
    S'il était revenu deux décennies après avec un album de Merengue, je pense qu'on aurait sans doute été moins critique ^^

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    1. Absolument. Ou un album de blues lo/fi ^^

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  8. "Soudain, il n'est plus un génie emmuré dans son propre perfectionnisme, mais un type qui a juste mis très très longtemps à terminer son troisième LP" ---> mais carrément ! Et c'est super troublant de se dire ça. Je trouve que tu mets bien ce trouble en perspective, même si je ne suis pas d'accord avec tout.

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    1. Oui : "un trouble", c'est le mot juste.

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  9. "Soudain, il n'est plus un génie emmuré dans son propre perfectionnisme, mais un type qui a juste mis très très longtemps à terminer son troisième LP"

    pas du tout d'accord avec ça, 22 ans c'est plus long que la carrière de la plupart des groupes qu'on adore, et c'est assez long pour que la comparaison avec brian wilson soit aussi récurrente que justifiée,

    mais je crois que c'est jd beauvalet qui a mis le doigt sur le problème : même si ce disque était un chef d'oeuvre (or il ne contient "que" de bonnes et parfois excellentes chansons) il continuerait de nous décevoir, parce que nous avons passé 22 ans à l'imaginer, le fantasmer, chacun à notre manière, de sorte qu'il ne pouvait pas répondre à nos attentes.

    C'est une manière comme une autre de tourner l'argument "générationnel". C'est aussi une manière de dire que dans le monde actuel l'artiste DOIT nous donner régulièrement de nouvelles oeuvres, et chaque fois un peu plus fortes. La régularité peut suffire à maintenir le respect voire l'amour des fans (mc cartney, rolling stones, neil young, bowie...) malgré une discographie en dents de scie.
    D'autres ne gardent leur cote d'amour, Scott Walker, qu'en sortant tous les 5 à 10 ans un disque à la hauteur des attente de ses fans.

    en même temps, c'est injuste mais logique puisque le rock a construit sa légende sur le fantasme "vivre vite, mourir jeune". Quand on vit vieux et qu'en plus on compose lentement, le rock n'y trouve plus son compte ^^

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    1. La comparaison avec Wilson n'a jamais été pertinente vu qu'il n'a jamais arrêté de publier des disques (au moins 15 entre la création de Smile et sa "publication"). Sinon je suis assez d'accord, c'était juste pour dire :)

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    2. SERIOUS : de toute façon, n'importe quel mec qui passe cinq ans sans sortir d'album est comparé à Wilson à un moment ou un autre ^^

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    3. ARBOBO : C'est très long, oui, c'est un peu ce que j'écris :-)

      C'est très long, mais c'est une attente qui prend fin, si tant qu'il y ait encore eu beaucoup de monde pour attendre sérieusement cette fin. Dès lors la perception ne peut plus être la même. On ne peut plus regarder Shields exactement de la même manière. Parce que Shields, depuis plus de 20 ans, c'était devenu cela : un silence (supposé) sans fin ; un silence dont, honnêtement, aucun d'entre nous n'aurait prédit qu'il allait se terminer si on nous avait posé la question il y a encore six mois (alors même qu'un album était bien annoncé pour 2013... comme tous les deux ans depuis 1992...)

      Je suis évidemment d'accord avec Beauvallet, mais ce n'est pas compliqué d'être d'accord tant - sans vouloir être médisant - dire cela revient à ne rien dire, c'est juste enfoncer une porte ouverte. N'importe quelle œuvre ayant suscité de grandes attentes (même pas nécessairement si longues) provoque fantasme et, donc, déception. Voir l'article d'il y a quelques jours sur George R.R. Martin. Je ne dis d'ailleurs pas autre chose dans l'article, quand j'évoque les albums que "nous préférions dans nos têtes". Cela dit, j'insiste, la qualité intrinsèque de l'album, si tant est qu'on puisse l'effleurer, ne m'intéresse pas. D'ailleurs je ne crois pas qu'elle soit intéressante. C'est album n'est un évènement que parce qu'il rompt le silence. Il n'est pas un évènement pour lui-même, et comme je le dis là aussi dans l'article, je pense qu'il ne susciterait qu'une relative indifférence si au lieu de rompre 20 ans de silence il faisait suite à quelques albums de qualité inférieure ou égale à Loveless. Le silence faisait partie intégrante de la légende.

      En cela, je ne suis pas tout à fait d'accord avec le fait qu'un artiste doive donner régulièrement des nouvelles. Je pense réellement qu'il est en terme de notoriété plus bénéficiaire qu'autre chose de ce silence. Si le groupe avait vécu une suite de carrière "normale", sa notoriété aurait peu à peu décliné, il y aurait eu des albums moins bons, ou tout simplement une grosse part du public se serait-elle lassée... le silence a protégé MBV de tout cela. Cela lui a permis de conserver une forme de pureté, de ne jamais se banaliser. La preuve : la mise en circulation de cet album a fait l'effet d'une bombe atomique dans le petit monde du rock, alors qu'on aurait pu croire que depuis le temps, plus grand monde n'en aurait quelque chose à foutre.

      Après, certains vivent très bien dans la rareté, tu en donnes toi-même un bon exemple avec Scott Walker. Mais il y en a d'autres et le silence ne dessert pas nécessairement un artiste. Morrissey a quasiment disparu de la circulation entre la fin des années 90 et le milieu des années 2000, et quand il est revenu, son aura était intacte. Et que dire de Leonard Cohen, quasi sanctifié à la minute où il est allé s'enfermer dans son monastère ? Tu parles des Stones ou de Bowie, mais Bowie vient seulement de publier sa première chanson depuis dix ans et n'a pas dû faire plus de dix apparitions publiques dans ce laps de temps. Les Stones, de même, n'ont publié que trois albums depuis 1990. D'ailleurs, Shields lui-même n'a pas été si rare que cela, ces dernières années. Il a fait pas mal de featurings, MBV a énormément tourné... on ne peut pas dire qu'il nous ait fait une Syd Barrett.

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  10. heu... aucun album avant 1988, ça fait long, serious moon ^^

    "jamais arrêté" = 21-22 ans sans entrer dans le moindre studio ;-)

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    1. Je connais pas tous les Beach Boys par coeur mais sauf énorme connerie de ma part il joue au moins un titre sur tous les albums du groupe non ?

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    2. Non parce que je suis en train de les défiler vite fait et il est bien crédité partout mais après je ne connais pas le contexte d'enregistrement de chacun... :)

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    3. Surf's up, non?
      Pas seul dessus, mais contribue en partie à la face B, Contribue au morceau Surf's up.. non?

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    4. Ouais, il est crédité sur trois titres de la face B.

      Non mais sérieusement je ne vois pas où sont ces 20 ans, et c'est pas pour le plaisir d'avoir raison hein promis :)

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    5. En fait, pas ma des titres qu'il avait "préparés" pour Smile ont té enregistrés par les Beach Boys restant, avec ou sans lui (d'où le crédit)
      Mais sur Surf's up, je suis certain de sa participation (dans un moment Syd Barrett - like où il surgit dans le studio sans qu'on s'y attende) sur au moins Surf's up, le morceau.

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    6. Faisons court : SERIOUS a raison et ARBOBO doit arrêter la drogue. Wilson a certes été totalement aux fraises à partir du début des seventies, mais il figure bien sur tous les albums des Beach Boys, et en produit même l'essentiel bien après les heures de gloire du groupe (il fait quasiment tout sur Love You... en 78). Donc je ne vois absolument pas d'où viennent les 20/22 ans sans entrer dans un studio, à moins que les autres aient directement été chercher les notes dans sa tête. Il est même particulièrement actif sur l'album éponyme du groupe... trois ans avant son album solo.

      Il est vrai en revanche que son implication a été très variable à partir de 71/72, et qu'à part sur Love You et dans une moindre mesure sur 15 Big Ones, il n'a plus jamais été le leader et chef d'orchestre qu'il était dans les années 60 (et était même souvent un poids mort).

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    7. Pardon : 1977, pour Love You. Ça m'apprendra à ne pas vérifier sur Wikipedia :-)

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    8. ok, j'arrête la drogue, my wrong

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    9. Ouais ouais, Brian Wilson nous l'a déjà faite, celle-là ;-))

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  11. Sinon, en tant que représentant des "autres" qui s'en tapent un peu: à mon avis, fallait y être. Quand je me suis penché sur le chef d'oeuvre tant acclamé il y a quelques années, je n'en ai tout simplement pas saisi l'intérêt (c'est très vite entré dans le club des albums dont j'aime beaucoup la plage 1, parce que j'ai du mal à aller plus loin)
    Et effectivement, quand on le découvre à posteriori, on a du mal à distinguer le mythe du génie (un peu comme j'ai du mal à concevoir Cobain vivant - je sais qu'il l'a été, mais bon)

    Je dois avouer cependant avoir lu l'article de bout en bout avec un plaisir certain. En particulier les passages sur le paradoxe absolu dans lequel vit la critique, et le "déséquilibre de discographie". Grande tirade de génie. Rien que pour ça ça valait lecoup.

    (A la réfléxion, je si pas si le plus pénible ca aura été les 22 ans d'attente ou la semaine de réactions, cela dit :-D )

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    1. Tu devrais essayer Isn't Anything et les premiers EPs du groupe, je parie que c'est plus ta came.

      Merci, pour le reste :-)

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