lundi 23 avril 2012

Les Séries dont on aurait dit qu'on en avait parlé quand même un tout petit peu

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15 minutes de gloire

C'est une tradition : chaque saison se doit de marquer le lancement du nouveau Lost du trimestre, celui qui va nous faire oublier (en avions-nous besoin ?) Jack, Ben et compagnie. Au petit jeu de la similitude, Alcatraz a de sérieux arguments : un producteur (JJ Abrams), une principales des scénaristes (Elizabeth Sarnoff), le réalisateur fétiche (Jack Bender), et même Jorge Garcia, ou plutôt le Docteur Hurley, puisque ce brave Hugo - il ne fait même pas l'effort de nier qu'il est la même personne - est désormais titulaire d'un doctorat de... d'on ne sait trop quoi, sans doute pas un truc très prestigieux puisqu'il bosse dans un magasin de comics. Ah et puis il y a le soundtrack de Lost, aussi. Décalqué au crissement de porte près. Las... le résultat final ressemble plus à une espèce de Fringe mal fichu (oui, c'est vous dire) qu'à la référence dont bien sûr les auteurs assureront qu'ils n'ont rien fait pour qu'on les en rapproche (non non, promis, d'ailleurs ils n'ont jamais vu un épisode de Lost). Et si la partie vie quotidienne des prisonniers d'Alcatraz est souvent inspirée et parfois touchante, le volet SF pèche autant par manque de clarté que de conviction pure et simple. Bref, comme souvent avec le nouveau Lost de l'année, ça commence (plutôt très) bien, et ça finit en eau de boudin à force de délayage répété. Peut-être va-t-il être temps d'arrêter d'essayer de refaire la série de Cuse et Lindelof pour miser sur des projets un poil plus ambitieux, non ? Mesdames et Messieurs les directeurs de programmes ? Encore, si les gens regardaient... mais ils s'en foutent totalement. Et ont raison, même si Alcatraz n'aura sans doute pas été la plus grosse purge de 2012.


2 minutes 35 de bonheur

L'idylle entre Will et Alicia a fait long feu. On l'a à peine vue passer quand on s'attendait à ce qu'elle constitue l'axe principal de la troisième saison de The Good Wife. Assurément, il y a du pour et du contre dans ce parti pris. Pour : on n'avait pas particulièrement envie de voir l'une des meilleures séries du moment virer au soap, et le traitement a été particulièrement subtil - ainsi l'oeil attentif aura-t-il noté que Julianna Margulies et Josh Charles (au demeurant excellents) n'ont jamais eu aussi peu de scènes communes que durant la période où leurs personnages respectifs étaient en couple. Comme une manière de dire sans le dire, presque dès le premier plan, que cette liaison ne pourrait ni ne devrait durer. Le contre ? C'est que comme sortie de son orbite, la série va être quelque peu cahoteuse durant la première moitié de la saison (en partie aussi parce qu'Eli Gold s'y retrouve anesthésié par l'atmosphère cotoneuse de Lockard & Gardner). Il aura fallu attendre la reprise de janvier pour voir The Good Wife revenir à son meilleur niveau, telle qu'on l'aimait avant : intense, toute de non-dits, de sous-entendus, de politesse fatale et de sourires assassins. Un égarement que l'on pardonnera d'autant plus volontiers que, comme les années précédentes, l'intensité des épisodes va crescendo à l'approche du final.


10 Years Afer

Presque dix ans après une première série, Peter Morgan remet le couvert sans bouleverser en rien ce qui fit le succès (d'estime) de la première mouture. Mise en scène justaucorps, dilemmes moraux, silence éloquents. Ce qui est bien avec un titre comme The Jury, c'est qu'il annonce la couleur. Soit donc l'histoire d'un jury (d'appel), et promis juré (ah ah) l'on y verra tout ce que l'on pourrait imaginer voir dans le cadre d'un programme consacré à cette fonction qui continue de fasciner tant de citoyens. C'est un peu là que le bât blesse : la série ne recèle que peu de surprises. Outre quelques clichés, admettons-le inévitables, elle laisse assez peu de place au doute quant au verdict final, et alors que sa prédécesseuse savait parfois mettre mal à l'aise, ou à tout le moins interpeller, celle-là se contente d'avancer d'un point A à un point B, d'une évidence à une autre évidence. Bonne idée de parler d'un jury ? Mauvaise idée de passer trop de temps en dehors du tribunal. Sinon, le casting est très bon.


2000 Light Years from Home

Rien que pour Simon Abkarian en cousin afghan du Général Alcazar, difficile de résister à Kaboul Kitchen, série moins bonenfant et plus cruelle qu'il y paraît de prime abord (quiconque a déjà croisé la route d'une colonie d'expat' dans n'importe quel pays un tant soit peu exotique y reconnaîtra immédiatement des choses). Malin, le show pourrait sans doute être facilement plus grinçant, ou tout simplement un peu plus drôle. En l'état, il semble parfois hésiter entre deux tons difficilement conciliables, celui de la comédie populaire et de celui d'une satire forcément plus clivante. Le mélange prend parfois de manière étrange, mais l'on s'y accroche avec un indéniable plaisir. Et puis les personnages sont sympas. Et puis Melki est grand, même s'il en fait parfois des louches. Parce qu'il.


One for the Money, Two for the Show(time)

Ce qui est pratique avec les séries de Showtime, c'est que même quand on ne sait pas sur quelle chaîne elles passent on le devine facilement. Par exemple, si la première scène d'un pilote montre une femme remarquablement faite toute nue dans un luxueux appartement, de sucroît complètement défoncée (dans tous les sens du terme)... vous avez de bonnes chances d'être sur le Network de Californication, Weeds et tant d'autres merveilles de la télé pseudo-provoc. Idem si le héros est cynique, amoral, mais a une bonne tête et ne ferait jamais de mal à un gentil, sauf si celui-ci l'a bien cherché, ou éventuellement si c'est une femme s'habillant un peu trop court à son goût. Hou$e of Lie$ est une série de Showtime. Comme toutes les autres, elle n'est pas déplaisante. Et comme toutes les autres, elle a déjà quasiment tout dit au bout de cinq épisodes.



1 seule phrase

Borgen.
Tout le monde a (trop) dit que c'était génial, et tout le monde se trompe : c'est juste vraiment très bien.

Modern Family.
La comédie familiale d'ABC, bien que toujours relativement efficace, perd une diode par rapport à l'an passé, où elle avait déjà perdu une diode par rapport à la saison d'avant - mais cela lui en fait toujours une de plus que dans un an.

Raising Hope.
C'est lourd, c'est gras, c'est bête, c'est moralisateur, c'est crado, c'est parfois horripilant... oui, mais quand on arrive à se motiver pour regarder, c'est toujours aussi choupidou.

Dexter.
Prout.

On récapitule :

Alcatraz (saison 1)
créée par Elizabeth Sarnoff, Steven Lilien & Bryan Wynbrandt
FOX, 2012

👍 The Good Wife (saison 3)
créée par Robert & Michelle King
CBS, 2011-12

The Jury (série 2)
créée par Peter Morgan
ITV, 2011

👍 Kaboul Kitchen (saison 1)
créée par Marc Victor, Allan Mauduit & Jean-Patrick Benes
Canal +, 2012

👎 Hou$e of Lie$ (saison 1)
créée par Mathew Carnahan
Showtime, 2012

👍👍 Borgen (saison 1)
créée par Adam Price
DR1, 2010

Modern Family (saison 3)
créée par Christopher Lloyd & Steven Levitan
ABC, 2011-12

Raising Hope (saison 2)
créée par Greg Garcia
FOX, 2011-12

👎👎 Dexter (saison 6)
créée par James Manos Jr
Showtime, 2011
 

17 commentaires:

  1. Alcatraz : sympa mais toujours pareil.

    Good Wife : pareil que toi, début laborieux mais derniers épisodes franchement excellents.

    Jury : pas vu

    Kaboul/House of lies : bof

    Borgen : très bien

    Les autres : aucun intérêt.

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  2. Tu me donnes presque envie de regarder Dexter. C'est le commentaire le plus pertinent que j'ai lu depuis longtemps.

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    1. Le plus pertinent je ne sais pas, mais le plus pertinent sur cette saison, sans aucun doute ^^

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  3. Je te trouve un peu dur avec DEXTER, je serai monté jusqu'à caca-prout.

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  4. Bizarre et dommage de ne pas dire beaucoup de Borgen, qui est de loin la meilleure série de la liste. Pour préférer parler de trucs aussi médiocres que Kaboul Kitchen ou House OF Lis en plus...

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    1. Je n'en parle pas plus parce qu'il y a eu énormément de presse dessus et je ne vois pas vraiment ce que j'aurais pu ajouter.

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    2. Kaboul Kitchen aussi...

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    3. Oui mais ce que j'en pensais était différent de ce que j'avais pu lire ailleurs.

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  5. c'est qui est bien avec alcatraz, c'est que dans l'ordre, dans le desordre et dans le quinté+ ça fonctionne toujours, par contre je m'etais meme pas rendu compte que la saison etait finie, dire si les episodes s'enquillent comme des colombo sans qu'on aie besoin d'une trame narrative qui ici est reduite à peau de chagrin

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    1. Tu ne crois pas si bien dire puisqu'en effet la FOX a déprogrammé un épisode (le 8, je crois), qu'elle n'a finalement diffusé qu'après les épisodes suivant (je crois, encore, après le 10)

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    2. Sisi j'ai Remarqué le bordelistan que fut cette première saison

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  6. Moi j'aime plutôt House of lies. Ca ressemble un peu à D!rt, du même auteur, que j'aimais beaucoup. C'est une satire, il faut pas le voir autrement.

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    1. Je ne vois vraiment pas de point commun. D!rt était glauque et parfois vraiment dérangeante. House of Lies montre juste du cul et du fric pour faire de l'audience, c'est de la provoc' à deux balles.

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  7. Carrément : Dexter a le droit à un prout ; )
    Pas plus, pas moins, je te rejoins. Avec un "s" comme séries au pluriel dans ton titre. A ce jour, Alcatraz n'a pas été renouvelée : une rumeur court comme quoi cela pourrait continuer sur le net.

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    1. Quel con, je ne relis jamais les titres.

      Merci de suivre

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    2. Fais une liste des fautes à éviter, tu verras que ça ira mieux...

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