lundi 6 juin 2011

Seasick Steve - Unknown Legend

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Seasick Steve, c’est un peu l’"Unknow Legend (in his time)" de Neil Young 1. Camarade de chambrée (au sens littéral) des plus grands, de Joplin à Cobain en passant Mitchell (Joni, pas Eddy). Vétéran du blues à la vocation tardive (premier album personnel en 2004 seulement, après nombre de guests chez les autres). Chéri de l’underground n’ayant jamais réellement eu les faveurs des foules malgré l’admiration sans borne de ses pairs.


Cet article aurait dû être un Meeting…, avorté pour raisons de santé (la nôtre – cette vieille canaille est increvable), mais ce seul nouvel album demeure en lui-même un beau cadeau autant qu’une belle surprise. Douze plages durant, Steve Gene Wold (de son vrai nom) s’y amuse de son âge canonique (il vient d’avoir soixante-dix ans), confirme le test de paternité de Mark Lanegan ("Treasures") et, le reste du temps, délivre quelques pépites de ce bon vieux blues alternatif dont lui seul à le secret. Riffs obèses, rythmiques crasseuses, casquette obligatoire, poussées hard et port du marcel sous la chemise à carreaux… tous les ingrédients sont réunis pour faire de You Can’t Teach an Old Dog New Tricks la parfaite bande-son pour ce printemps décidément torride, dans lequel des "Don’t Know Why She Love Me But She Do" (blues faussement paresseux) ou des "Underneath a Blues and Cloudless Sky" (country délavée) trouvent parfaitement leur place.

En fait, le seul véritable défaut d’You Can’t Teach an Old Dog New Tricks, c’est la voix, un peu trop gentille et suave… pas forcément tout à fait à la hauteur des compositions du bonhomme. A croire que soixante années et quelques années de bourbon ne suffisent pas toujours à achever le travail. Ou que Steve a arrêté la clope trop tôt. Ceci mis à part, il faut reconnaître que grand-père n’a pas grand-chose à apprendre de la jeune génération, et sait faire montre d’une fausse innocence à laquelle il est bien difficile de ne pas se laisser prendre. De toute façon, toute personne susceptible d’embaucher John Paul John comme bassiste ne peut être que digne d’intérêt.


You Can’t Teach an Old Dog New Tricks, de Seasick Steve (2011)



(1) A ce détail près que la chanson du Loner parle d'une femme, bien sûr.

8 commentaires:

  1. Ah, pas mal pas mal.

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  2. Mon dieu ce que ces gens sont barbus !!!

    bon, je vais écouter ça plus longuement, mais c'est un peu fade (la voix peut-être comme tu le dis), ou plutôt déjà vu alors que le potentiel est là.

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  3. J'aime beaucoup le bonhomme et cet album, fait de petits bouts de riens est un de mes préférés de la quinzaine. La voix ne me dérange en rien du tout, bien au contraire ;-)

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  4. C'est un de tes préférés de la quinzaine, donc il aura 5 dans le CDB dans deux mois, on a l'habitude maintenant ;-)

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  5. Moi, mettre 5 à un album de blues que j'apprécie, jamais !

    Même Wanda "mémé dans les orties" Jackson aurait droit à un bon 7 si elle se présentait au CDB ^^

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  6. 7 pour cette vieille rombière ???

    Mais t'es un grand malade :-)

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  7. Eh beh je découvre à peine ton blog, je me marre en lisant ton coup de gueule sur Camelot et je découvre ce type qui, bon dieu, me plait ma foi fort beaucoup, merci pour la découverte...

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