mardi 7 décembre 2010

Bobby Conn - Space Age Playboy

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D'abord, effacer le souvenir du formidable concert de Bobby Conn au BBMix Festival, le week-end dernier. Se faire à l'idée qu'on ne retrouvera pas une telle fougue sur l'album, à plus forte raison parce qu'il ne date pas de la semaine dernière.

Puis, effacer le souvenir de la pochette. Eventuellement chercher à s'en débarrasser, des fois que le voisin serait un collectionneur de livres de poches SF du début des années quatre-vingt.


Ceci fait, se taire et savourer un album comme on en entend plus assez souvent de nos jours. Déjanté, hallucinogène et résolument glam. C'est Jim O'Rourke qui produit et qui tient la basse, mais on pense décidément plus volontiers à Bowie, à Sweet ou à Pulp qu'aux habituels travaux d'intérieur du bricoleur de Chicago. C'est aussi cela, paraît-il, qui fait un bon producteur.

Rise up! est loin d'être un disque parfait, mais il témoigne à chaque instant d'une ambition et d'une créativité à faire pâlir. En quelques instants on passe d'une pop-song ultra-catchy (et quasi imparable), 'United Nations', à un titre cabaret braillard évoquant les débuts des Bad Seeds ('Passover'). Si l'on est presque obligé, à cause de récurrents accents bowiens, de classer Rise up! dans la catégorie glam-rock, il ne faut pas s'y tromper et le prendre au sens Roxy Music du terme : baroque et sans limites, flirtant avec le kitsch ('Baby Man' ou l'invraisemblable 'White Bread') ou le funk ('Axis '67'), alternant en permanence synthétisme chic et grosses guitares lourdingues. Finalement, il n'était peut-être pas raisonnable de filer la pochette au voisin : elle annonçait la couleur et avertissait l'esthète de passage que l'objet était déconseillé aux gens de bons goûts.

D'ici à ce que le voisin revienne nous piquer le disque, y a pas des kilomètres...


👍👍 Rise up! 
Bobby Conn | Truckstop/Fire Records, 1998

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