lundi 30 août 2010

Plants & Animals - The 2010 Syndrome

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Nous sommes toujours en 2010 et devinez quoi ? Cette année est toujours aussi bizarre, parfois ennuyeuse, parfois intéressante, mais jamais complètement passionnante. On attendait la rentrée avec impatience, histoire de voir si la tendance amorcée durant les six premiers mois allait se maintenir. Certes, nous aurons l’occasion de parler dès la semaine prochaine d’un ou deux très très bons albums. Mais globalement, à en juger par les premières nouveautés d’un automne qui n’a pas encore commencé (quoique, le temps…), la saison des sorties semble vouloir reprendre exactement là où on avait laissé la précédente. Soit donc dans un déluge de disques mineurs, souvent sympathiques, rarement captivants.

Le nouvel album de Plants & Animals est en cela tout à fait symptomatique de la production annuelle : il y a deux ans, le même groupe n’aurait suscité chez nous qu’indifférence, alors que dans le contexte de 2010 il aurait plutôt tendance à tirer son épingle du jeu. Il est vrai aussi que ce second LP est nettement moins quelconque que le précédent (sorti en 2008, justement). Il n’empêche : comme 80 % des disques parus cette année, La La Land a :

- un côté anecdotique et charmant à la fois

- un titre complètement nul

- un son oscillant entre folk-pop et rock indé propre (non, ce n’est pas un oxymore)

- quelques très bonnes mélodies au milieu de trucs beaucoup moins convaincants

- un manque total d’ambition (tendance que notre confrère et néanmoins ami Arbobo a pointé dans un récent article).

 
Là où c’est vicieux, c’est qu’on se rend bien compte à son écoute (à l’album, pas à Arbobo) que l’ambition a moins que jamais à voir avec l’originalité. Car pour qu’un immense amateur de chanson comme votre serviteur en vienne à reprocher un manque d’ambition généralisé chez les groupes du moment, c’est que quelque chose cloche. On n’a jamais demandé à un groupe comme Plants & Animals, qui évolue dans un registre pop/folk tout à fait balisé, de révolutionner l’histoire du monde, encore moins de la musique, encore un peu moins de l’année. On ne leur demande même pas de sortir le disque du mois. On se contenterait parfaitement d’un groupe honnête signant une dizaine de bonnes chansons.

Seulement voilà : on a l’impression que ces gens ne tentent rien. Lorsqu’il ne font pas purement et simplement du remplissage (Kon Tiki ou la soporifique Future from the 80’s, qui nous ressort le vieux truc du vocoder ringard depuis plus de dix ans), ils semblent se contenter de chiper les idées à ceux qui en ont, ici un bon gros riff à la Neil Young & Crazy Horse, là des accents à la Akron/Family (en plus pompier), un chouïa de Talking Heads, un titre évadé de chez Bowie dont on se demande ce qu’il vient faire dans l’histoire (American Idol)… encore n’est-ce pas cela le plus étrange. Non, ce qui est étrange c’est que malgré tout, ce n’est pas déplaisant. Par éclats, c’est même très bon : Tom Cruz est une entrée matière bien saignante ; Game Shows une ballade seventies à laquelle le dépouillement sied bien. Comme une écrasante majorité des albums parus cette année, La La Land ne manque ni de talent ni d’inspiration (enfin… sauf pour le titre). On a juste l’impression que ces gens n’ont jamais eu d’autre projet dans la vie que d’écrire des petites chansons dans leur coin, ce qui est une ambition tout à fait louable mais reflète tout de même une conception de l’art assez limitée. D’autant que lorsque le groupe se pique d’une embardée psychédélique ou s’amuse à laisser traîner les morceaux en longueur, il dévoile un potentiel plutôt intéressant.


La La Land, de Plants & Animals (2010)

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