dimanche 4 juillet 2010

FlashForward - Le Gâchis est un art respectable

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C'est un rituel quasi immuable à la télévision US : à chaque année sa tête à claques, sa nouvelle série se prenant rien que des baffes critiques dans la gueule, mangeant pour les autres... pas toujours injustement, sans doute, mais rarement avec nuances. Comme souvent, il vaut mieux ne pas avoir trop de mémoire et aller de l'avant. Faire mine de ne pas se rappeler qu'avant d'être encensées par la critique la saison dernière, True Blood et Dollhouse en prirent plein la tronche la saison précédente, pour le résultat que l'on sait en ce qui concerne la seconde.


Cette année, donc, ce fut le tour de FlashForward. La victime expiatoire était d'autant mieux désignée qu'avant même sa diffusion, la série créée par Davis S. Goyer (scénariste de Dark City et des trois Blade) se baladait avec une cible sur le front, survendue par ABC comme la remplaçante de Lost - que dis-je ! La relève, le grand feuilleton SF de demain... on en passe et des pas mûres. Difficile de ne pas se dire qu'ABC a tiré un coup de carabine dans le derrière du poussin qu'elle promettait à un destin de poule aux oeufs d'or. Il va sans dire que la première et dernière saison de FlashForward est assez loin du niveau de Lost. On a oublié cependant qu'à ses débuts, Lost elle-même était assez éloignée de ce que l'on appelle aujourd'hui d'un air songeur "le niveau de Lost. Et par extension qu'elle n'aurait jamais pu l'atteindre si elle avait connu le contexte catastrophique qui foudroya FlashForward (contexte qu'on résumera par : erreurs de stratégie de la chaîne + hostilité de la critique + crise économique).

Il faut reconnaître que tous les reproches qu'on a pu lui faire n'étaient pas infondés. Il est évident que FlashForward privilégie plus souvent l'efficacité au détriment de la cohérence, oublie de creuser certains personnages, n'a pas que de bonnes idées ni de bons épisodes. Très attendue pour la seule raison que son potentiel semblait énorme, elle se reposa sans doute un peu trop là-dessus vers le milieu de la saison. Mais elle n'était pas que potentielle. Certainement pas. Dès les premiers épisodes, à plus forte raison si l'on prend le parti de la regarder d'une traite, on est happé par une intrigue habile, toute d'ellipses, et qui évoque plus volontiers un alliage de 4400 et de 24 que le feuilleton de Cuse et Lindelof. Ou comment durant deux minutes et dix-sept secondes l'humanité toute entière perd connaissance. C'est le black out, durant lequel chaque être humain aura une vision de lui-même... six mois plus tard. A son réveil, le monde s'en trouve irrémédiablement bouleversé. L'homme ne peut plus se contenter d'agir selon ses envies/besoins/pulsions : il doit tenir compte de cet aperçu du futur, qu'il s'agisse de le fuir (les individus n'ayant pas eu de flashforward semblent destinés à mourir dans les six mois à venir) ou au contraire d'y coller au plus près. C'est la principale force de la série, et probablement sa meilleure initiative scénaristique : dès ses premières minutes, FlashForward refuse d'être une série sur le black out en lui-même. Ce n'est pas cette histoire qu'elle raconte, mais bien celle d'une humanité ébranlée dans ses convictions, vacillant jusque dans ses fondements. Pour transparente qu'elle soit, l'allégorie du onze septembre n'en est pas moins parfaitement rendue.


Le concept est génial - tout le monde l'a dit. Ce que tout le monde a dit également, et qui prête à la discussion, c'est qu'il était très mal exploité. Ce n'est pas tout à fait exact. Effectivement, en ce qui concerne les personnages secondaires et les visions les plus quotidiennes, on était en droit d'attendre quelque chose de mieux fichu, de plus touchant, de plus original. De ce point de vue David S. Goyer, dont c'est la première expérience à la télévision, n'est peut-être pas tout à fait à la hauteur de ses ambitions. Si tout le monde est égal sur la ligne de départ, on a rapidement un groupe de héros (ceux qui sont liés à l'arc principal) qui se détache, et les autres (Bryce, Nicole, Aaron), d'abord sympathiques, restent un peu sur le bord de la route. En revanche pour tout ce qui touche à l'aspect strictement thriller, FlashForward est une réussite. Et si Joseph Fiennes n'est pas nécessairement le plus grand acteur au monde, on ne peut nier que son personnage est particulièrement intéressant, en cela qu'il évite le simplisme et l'écueil du héros rigoureusement positif (donc neutre, donc parfaitement identifiable pour le spectateur). C'est ici, surtout, que l'héritage de Lost est le plus évident : Mark Benford - malgré tout le mal qu'on a pu en dire - est un parfait fils spirituel de Jack Shephard, protagoniste plein de fêlures, de questions sans réponses, qui parle héros, qui bouge héros, qui respire héros... mais dont l'âme semble irrémédiablement brisée. Il y a en lui quelque chose de profondément ambigu, dans cette manière qu'il aura d'enquêter à partir de ses souvenirs, donc de reconstituer cet avenir, donc de marcher volontairement vers une mort probable. Agent du FBI certes, mais surtout ancien alcoolique et père de famille terrassé par sa vision de lui-même, six mois plus tard, se bourrant la gueule tout en enquêtant sur le black out, on le regarde s'effriter au fur et à mesure que son enquête avance. Il semble tout à la fois effrayé et fasciné par son flashforward ; il est lui-même effrayant et fascinant dans sa capacité à finir par espérer ce qu'il devrait craindre plus que toute autre chose. On a beaucoup reproché à la série d'accorder trop de place au délitement du couple que Fiennes forme avec Sonia Walger. C'est pourtant l'un des aspects les plus réussis du feuilleton que cette manière de placer ce couple faussement heureux en face de ses contradictions, de ses tabous et des illusions que le flashforward les empêche désormais de nourrir. Avec cette question suspendue, à jamais sans réponse : leur couple se désagrège-t-il parce que c'est son évolution logique, ou bien se désagrège-t-il parce que le blackout leur a montré qu'il le devait ?

Alors bien entendu, il y a des faiblesses. La saison souffre d'un ventre mou vers le milieu. Les scénaristes ayant voulu croire jusqu'au bout à sa prolongation, aucune fin correcte n'a été écrite. Mais il y a, aussi, quelques épisodes captivants (citons notamment le ténébreux et carnavalesque "The Gift") et une qualité que, sans doute parce qu'ils en attendaient trop, beaucoup ont passé sous silence. Malgré les faiblesses, malgré quelques béances narratives, on a du mal à en sortir sans réprimer un long soupir de regret. Si seulement on avait laissé la série s'installer... si seulement elle avait été promue de manière moins bruyante... si seulement... on pourrait en faire des pages. Car l'annulation de FlashForward, qui suit de quelques mois celle de Dollhouse, c'est aussi accessoirement le signe de la fin d'une époque. Le genre feuilleton n'a plus le vent en poupe sur les chaînes mainstream. On s'en doutait un peu - c'est désormais officiel. Or le feuilleton, contrairement à la série bouclée, a besoin de temps et d'espace pour trouver ses marques. Il nécessite régularité dans la diffusion (Flashforward a été suspendue pendant tout l'hiver), stabilité dans les effectifs (elle a changé de showrunner à mi-parcours, et l'un de ses co-créateurs était déjà parti dès l'automne) et, de manière générale, que le spectateur accepte réellement de jouer le jeu. Pas sûr, au vu des audiences, que ç'ait réellement été le cas ici.


FlashForward, créée par David S. Goyer & Brannon Braga (ABC, 2009-10)
 


Quelques articles qui en parlent chez Des Nouvelles du Monde et GTFKrou.
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23 commentaires:

  1. Oui. Tu en parles joliment mais au final, tout cela n'a quand même été qu'un gros pétard mouillé.

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  2. Pareil. Chez nous on a beaucoup baillé.

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  3. Je suis assez d'accord. En gros. Je l'ai vue d'une traite, et j'ai trouvé ça assez addictif. Je n'ai pas compris qu'on reproche à la série de ne pas avancer, d'être ennuyeuse. Parfois lourde, peu inspirée, je suis d'accord. Ennuyeuse, non.

    Bon dimanche.

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  4. OUi voilà, ennui total... On sent venir le coup où ça va s'arrêter sans qu'on n'ait jamais d'explication.

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  5. j'en suis aux premiers épisodes, qui fonctionnent,
    mais en effet c'est souvent à partir du 3 ou 4 que les défauts et longueurs apparaissent dans une série :-)

    en effet le concept est bon, parce qu'il trouve une manière originale de recycler ce thème de la prescience,
    en laissant de côté les pouvoir surnaturels, ça me fait penser aux comics de Marvel, dont les super héros sont inévitablement des maudits, qui sont obligés par la nature d'assumer une responsabilité dont les humains ordinaires ne voudraient pas.

    D'ailleurs le personnage de Fiennes est dès le début la preuve que : c'est trop lourd à porter.
    C'est intéressant parce que c'est une série américaine, tandis que la France et l'Angleterre fantasment encore sur leur grandeur passée où elles dominaient le monde, les USA ne cessent, depuis le lourd tribut payé en 14-18, 39-45, et évidemment au Vietnam, à se demander s'ils ne sont pas mabouls et autodestructeurs de vouloir à tout prix le leadership mondial.

    Ce qui m'intéresse aussi, c'est qu'à sa manière c'est le contrepoint à CSI, et à Fringe. La science, dans ces séries, nous révèle ce qui nous était précédemment inaccessible, et ce savoir nous apporte des bienfaits (sécurité, justice...).
    Et si "savoir", en soi, pouvait apporter plus de difficultés que de bienfaits?

    La société US, on le voit dans son obsession à débusquer le moindre trait de caractère dans les gènes, et dans le succès des séries de légistes et d'expertise, est plus que jamais en attente de technologie. La technologie, pierre philosophale qui résoudra tous les maux humains.
    Ce qu'apporte le concept de Flash forward, c'est que le savoir demande à être maitrisé, apprivoisé, bien utilisé. Sans pour autant être l'apologie de l'obscurantisme ni virer au métaphysique. (du moins pour les épisodes que j'ai vus)
    C'est un peu l'anti-4400 du début, on va directement au merdier que causent les 4400 ^^

    c'est sans doute pour ça que j'accroche plus à ce concept qu'à celui de Life on mars, ou de Code quantum, même si ces séries fonctionnent très bien sur le plan narratif.

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  6. Je te rejoins sur le fait qu'on a fait beaucoup de critiques injustes à FF, qu'on ne fait pas forcément aux autres séries (genre : "ils acceptent trop bien l'idée que c'est le futur qu'ils ont vus" alors que c'est un a priori narratif comme un autre qui évite de passer quatre épisode sur "qu'est-ce qui s'est passé"). En revanche il faut bien dire que certains acteurs sont un peu justes et que Fiennes n'a pas les épaules pour un rôle comme ça. Le personnage est intéressant mais faute d'un acteur plus fin dans son jeu il lasse sur la durée (le personnage de Demetri est bien plus fort et les scénaristes auraient dû le mettre plus en avant). Certains seconds rôles sont aussi super mal exploités, je pense à celui de James Callis qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Et puis niveau intrigue c'est un peu faible. Contrairement à ceux qui trouvent que c'est lent, moi j'ai trouvé que l'enquête avance trop bien, il y a peu de fausses pistes ou de cul-de-sacs. Donc en l'état ça se regarde, c'est une série plutôt sympa qui ne méritait pas d'acharnement. Mais ça s'oublie à mon avis très vite.

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  7. comme quoi les pools de scénaristes, ça ne remplace pas forcément 1 ou 2 personnes qui ont des idées ^^

    (wow le niveau d'intertextualité qu'on atteint, là, c'est cool)

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  8. ah, sinon je n'avais pas tant que ça fait le lien avec le 11 septembre (hormis l'image de l'hélico dans une tour),
    mais on a beaucoup accusé la CIA d'avoir eu les cartes en mains et d'avoir agi de manière incompétente, notamment en s'en remettant trop exclusivement... à la technologie et pas assez au renseignement humain.

    ça rajoute une couche à ce que je disais plus haut ^^

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  9. Très bon post, rien à rajouter.

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  10. Lil' & Juliette >>> j'ai vraiment du mal à comprendre ce que vous avez pu trouver ennuyeux. Vraiment. A part un ou deux épisodes peut-être, je n'ai vraiment pas trouvé cela ni lent, ni ennuyeux, ni répétitif, ni rien de ce genre. Un peu mal fichu parfois, ça oui ^^

    Arbobo >>> effectivement, l'approche de la science prend le contrepied de ce que l'on voit habituellement. Je ne suis pas sûr que cela dure très longtemps, mais sur le point de départ, oui.

    Concernant le 11 septembre, je crois qu'il est impossible de ne pas y penser quand on voit le chaos au début du pilote. Ce genre de scène s'est quand même multiplié depuis quelques années. Et tu as raison d'évoquer le côté "la CIA aurait pu"... mais je ne vais pas en dire plus ^^

    Serious >>> James Callis n'apporte effectivement pas grand-chose... mais bon : c'est James Callis. Que pourrait-il bien apporter ? :-)

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  11. Ouais, enfin un article qui ne dit pas que l'annulation était évidente et justifiée, merci!

    Je suis d'accord avec toi sur beaucoup d'aspects (notamment sur le principal - c'est un gâchis). En revanche, sur le couple Olivia/Marc, je ne te suis pas complètement. La question fondamentale que tu soulèves est très intéressante, la réalisation était en revanche complètement ratée, à la limite du mièvre parfois, et profondément ennuyante. La seule raison pour laquelle je ne criais pas devant ma télé "séparez-vous qu'on en finisse" était que j'avais une dent contre Lloyd, qui à mon avis a fait beaucoup de mal à la série...

    Et sinon, tu as pensé quoi de Monaghan/Merry/Charlie/Simon?

    @Serious Moon: (SPOILER?) L'enquête avance trop bien parce que certaines personnes veulent qu'elle avance, non? Cette interprétation m'a en tout cas réconciliée avec la série vers la fin.

    Et enfin, pour le fun : certains n'abandonnent jamais! http://www.facebook.com/index.php?lh=7bcc72cbd84371d59360e095b9920fde&#!/pages/SAVE-FLASHFORWARD/110655865629375?ref=ts

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  12. C'est peut-être le fait de tout m'être avalé d'un bloc, je ne sais pas. Je n'ai vraiment pas eu le sentiment que la série avait de problème là-dessus, j'ai même trouvé que c'était un peu injuste de dire qu'elle se "perdait" dans cette intrigue qui, les trois ou quatre premiers épisodes mis à part, ne prend pas plus de place que d'autres (je veux dire que d'autres moins intéressantes). Je suis beaucoup plus sévère concernant la relation Olivia/Lloyd, que pour le coup je trouve totalement artificielle, mal foutue, mal amenée, on a l'impression que c'est une obligation scénaristique. C'est vrai aussi que Lloyd était franchement plat, et quand les scénaristes ont voulu le sauver il était déjà trop tard.

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  13. @Melou : oui, c'est une manière comme une autre de retomber sur ses pieds. Mais était-ce voulu dès le départ ? Je trouve qu'ils loupent quand même le côté "tragique" de la quête en la rendant aussi linéaire.

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  14. Melou >>> C'est peut-être le fait de tout m'être avalé d'un bloc, je ne sais pas. Je n'ai vraiment pas eu le sentiment que la série avait de problème là-dessus, j'ai même trouvé que c'était un peu injuste de dire qu'elle se "perdait" dans cette intrigue qui, les trois ou quatre premiers épisodes mis à part, ne prend pas plus de place que d'autres (je veux dire que d'autres moins intéressantes). Je suis beaucoup plus sévère concernant la relation Olivia/Lloyd, que pour le coup je trouve totalement artificielle, mal foutue, mal amenée, on a l'impression que c'est une obligation scénaristique. C'est vrai aussi que Lloyd était franchement plat, et quand les scénaristes ont voulu le sauver il était déjà trop tard.

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  15. @Serious Moon
    Je trouve que le débat "est-ce que c'était voulu dès le départ" (beaucoup entendu pour Lost)a toujours été un peu vain... Ce qui compte, c'est ce qu'on voit, non?
    Mais je suis d'accord avec toi sur la linéarité et le manque de tragique... La nouvelle intrigue de la fin me donnait juste envie de voir une deuxième saison (les deuxièmes saisons ont en plus souvent le potentiel de réparer quelques ratés - Dollhouse en est un bon exemple).

    @Thomas
    Dans le fond je suis d'accord avec toi. C'est vrai que Benford/Olivia restait plus intéressant que Aaron par exemple... Contente de t'entendre dire que Lloyd était plat!
    Et Simon alors, t'en as pensé quoi?

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  16. J'en ai pensé que... Dom Monaghan ambitionnait manifestement de devenir une icône geek :-)

    Non, en fait je n'en ai pas pensé pas grand-chose. Je l'ai trouvé bon mais le personnage en lui-même m'a dérangé, j'ai eu l'impression qu'il était radicalement modifié en cours de route (en fait à partir du moment où il apparait parmi les récurrents). Mais je crois que cela entre dans la catégorie bien connue "truc qu'on reproche à FF mais qu'on n'irait pas reprocher à une autre", non ? Attention, nous dansons au bord de l'abîme ! ^^

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  17. Melou > je me suis mal exprimé, je voulais dire que justement, ça sentait un peu l'improvisation et que si justement ça avait été voulu comme ça dès le début ils auraient beaucoup plus joué sur la fibre tragique. je suis d'accord que le "est-ce que c'était prévu au départ" juste pour dire que, on s'en fout ;)

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  18. @Serious Moon: en fait on est d'accord...!
    @Thomas: là aussi, je suis d'accord...
    Je suis d'humeur conciliante ce matin!

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  19. Enfants du Golb, souriez et tenez-vous la main !

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  20. Du moment que tu me demandes pas de danser tout nu autour d'un grand feu...

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  21. J'ai visionné l'ensemble sur 5 jours et 1/2, et dans ces conditions, ma fois, ce fut assez prenant. Dommage que l'ensemble ne soit pas exploité à 100 %.

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  22. C'est donc bien ce que je disais...

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