mercredi 14 octobre 2009

Valentine Goby - L'Amour, et après ?

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Si vous faites partie de ces gens hérissés d'avance à l'idée de lire un roman racontant l'histoire d'amour entre une jeune paysanne bretonne et officier allemand, histoire se déroulant bien sûr sous l'Occupation finissante, sachez que personne ici ne vous jettera la pierre : moi aussi (enfin : moi non plus). Présentée comme ça (pas par moi - par le quatrième de couverture), l'intrigue de L'Échappée a quelque chose d'automatiquement ennuyeux - avant même qu'on en ait déchiffré la moindre ligne on est parcouru par une sensation de déjà-lu/déjà-vu d'autant plus curieuse que là comme ça aucun titre similaire ne vient en tête.

Personne ici ne vous jettera la pierre, mais personne non plus ne fera d'effort pour vous conforter dans votre erreur. Car la puissance romanesque de L'Échappée s'étend bien au-delà de son titre, lequel annonce d'ailleurs sobrement la couleur : cette situation de départ, cette liaison intense unissant Madeleine à son pianiste d'amoureux, n'est pas faite pour durer et ne durera évidemment pas. Les enjeux sont ailleurs. Et de fait, après une exposition peut-être un peu longue mais néanmoins remarquable (parce que surfant sur le roman historique sans jamais être ébranlée par ses remous), la narration semble se détraquer, poursuivant une ligne de fuite invisible et s'intéressant, avec une redoutable finesse, à l'après.

C'est que les amoureux de tragédie ont sans le savoir une chance incroyable : ils meurent toujours à la fin, le plus souvent de et par leur passion dévorante. Madeleine non seulement ne meurt pas, mais encore doit-elle se reconstruire au-delà d'une liaison que la société toute entière juge infamante. Là, dans cette dernière ligne (pas vraiment) droite, la plume de Valentine Goby semble se libérer totalement. Osant la poésie, osant le sensuel, osant le lyrisme... elle emporte son héroïne au-delà de la guerre pour la faire marcher vers la lumière - formule toute faite qui trouve tout son sens. Peu importe l'impression étrange qu'il y a deux romans en un, et qu'ils ne sont pas tout à fait du même niveau. Arrivé à la fin, il faut se forcer pour se souvenir que le début était un peu cahoteux par moment...


L'Echappée, de Valetine Goby (2007)

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10 commentaires:

  1. Je n'ai pas lui celui-ci, mais j'aime beaucoup les livres de Valentine Goby. H.

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  2. Moi aussi ^^

    (enfin sauf que j'ai lu celui-ci, évidemment !

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  3. Plus ou moins pareil qu'HV ; Valentine Goby est vraiment une auteur talentueuse ("Qui touche à mon corps" est un livre formidable), mais je ne connais pas ce livre (cela ne saurait tarder).

    BBB.

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  4. Lyle >>> franchement, je te croyais au-dessus de ça ^^

    BBB. >>> mais personne ne l'a lu à part moi ou quoi ? :-)

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  5. ha ben je ne connais pas Valentine Goby.
    Et les histoires d'amour qui ne peuvent pas durer, sont les seules qui vaillent en littérature non ? sauf pour les sagas où l'on trouve toujours un vieux couple solide (Non en fait c'est pas vrai mais je n'ai pas d'exemple là ...) En tous cas si elle sait en traduire la tension, je vais lire : )

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  6. Un officier allemand pianiste et une française qui tombent amoureux pendant l'occupation ? Un titre me vient tout de suite à l'esprit : "Suite française" de Némirovski, sauf que la donzelle, si je me souviens bien, n'est pas une paysanne...

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  7. Idothée >>> sache que j'ai apprécié ton allusion subtile à Une famille formidable :-)

    Ingannmic >>> je n'ai pas lu ce livre, donc bon...

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  8. Je ne suis au dessus de rien.
    Je suis même souvent en dessous de tout...

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  9. Je n'ai pas encore lu cette auteur, mais ce livre me tente bien.

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