dimanche 23 juillet 2006

Madonna - P.E.L.

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L'Empire s'effondre. Après un départ canon propulsé par un single (navrant) samplant Abba, Confessions on a Dancefloor, album pourtant pas si nul que certains l'ont dit, est déjà dans les bacs à soldes. La Madone se devait de redorer son blason terni, pensez donc !

Solution miracle de l'industrie du spectacle : l'album live. Eh, depuis le temps, c'était presque surprenant que la Ciccone ne nous ait pas fait le coup du live (vous me direz c'est peut-être parce que sur scène elle ne vaut pas un clou ? ). Alors on y va. Parce que quand Madonna vous sort un live, elle vous fait les choses en grand, comme par exemple vous faire le package CD/DVD totalement inutile sinon pour bien vous la mettre profond... parce que c'est juste de cela qu'il s'agit. Un truc vite fait mal fait, assez moche à tout point de vue, pour renflouer les caisses. Ce n'est même pas un live enregistré lors de la dernière tournée, mais en 2004, pendant la précédente. De qui se moque-t-on ? On a bien compris l'astuce : Madonna relance ses ventes sans achever l'existence commerciale de son dernier album studio. On l'a connue plus subtile et plus inspirée, toutefois.


Ce live, franchement, ne vaut rien. Mais alors rien de chez rien. Je n'ai même pas envie de discuter de ces ragots selon lesquels elle ferait des concerts en playback, ça ne m'intéresse pas et j'aurais été tout à fait prêt à le lui pardonner si la qualité avait été au rendez-vous.

Ce n'est pas le cas. C'est un disque live de 14 titres d'une durée si courte qu'elle en est presque indécente, sur lequel la star (on ne va pas dire chanteuse, faut pas déconner) n'a même pas le bon sens de placer tous ses titres les plus connus, préférant infliger à l'auditeur ses "Music", "Die Another Day", entre autres horreurs. C'est presque sidérant : Madonna ne manque pourtant pas de bons titres dans son répertoire, des chansons exceptionnelles que ses fans attendent depuis des lustres d'entendre sur un album live officiel. Et non. Pas de ça. Bon, il y a bien "Into the Groove", "Like a Prayer" et même "Holiday" (histoire de se rappeler qu'elle a écrit des trucs intéressants dans une autre vie ?), mais le cœur n'y est pas et l'essentiel est composé des playlists d'Intermarché brossées par Mirwais (à savoir les albums Music et American Life, ce dernier étant peut-être le plus mauvais truc qu'elle ait jamais enregistré).

Bref, c'est une opération ouvertement commerciale, sans le moindre intérêt artistique, d'un cynisme forçant presque le respect... le tout teinté d'un évident mépris pour le fan vache à lait. Enfin, si ce dernier a envie de se ruiner pour rien, c'est son problème après tout. Il est bien prêt à payer un prix totalement indécent pour assister à 50 minutes de playback et de danses bidons à Bercy, il peut bien raquer encore un peu (là ce n'est pas mon avis à proprement dire : je me projette dans l'esprit de Madonna).

Quand on pense que cette rapace du show-business a publié des albums aussi brillants que True Blue ou Like a Prayer, populaire au sens le plus noble du terme, c'est absolument et totalement déprimant.


👎👎 I'm Going to Tell You a Secret
Madonna | Maverick, 2006