jeudi 4 mai 2006

The Dark Tower - Wolves at the Door

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[Chronique publiée pour la première fois en 2004] Étrange cycle que cette Dark Tower qui n'en finit plus de se choisir de nouveaux départs. Si le projet semble solidement ancré dans l'imaginaire de l'auteur, si les héros demeurent les mêmes et si l'écriture unifie le tout, on a malgré tout le sentiment que la série se réinvente en permanence, mute au gré des lieux visités par ses personnages.

Wolves of the Calla, cinquième tome qu'on n'en pouvait plus d'attendre, réussit la prouesse d'être à la fois un retour aux fondamentaux (la quête de la Tour, un quatuor de héros un peu délaissés dans le tome précédent, le concept d'inter-dépendance entre les mondes un peu laissé en plan depuis The Drawing of the Three...) tout en paraissant une redéfinition complète de l'univers de la série, dont pourrait dire qu'il mue au fur et à mesure que "le monde change". Entre clins d’œil aux autres (même Harry Potter aura droit au sien), méta-fiction en veux-tu -en-voilà (King n'hésite plus - on le sentait venir depuis deux tomes - à repiquer des lieux et des personnages de ses précédents romans), et trouvailles toujours aussi étonnantes (le "vaadash", dont peut légitimement supposer qu'il aura sa petite importance dans le dénouement)... ce nouvel épisode ressemble beaucoup plus aux premiers que le décevant Wizard & Glass, tout en étant différent à tout point de vue. Ne serait-ce que parce que Roland, Eddie et les autres, après avoir parcouru presque deux mille pages sans croiser âme qui vive (à part une saloperie de monstre ou un psychopathe de temps à autres), sont désormais entouré de foultitude de personnages (sérieusement : c'est peut-être le changement le plus choquant, qui demande réellement un certain temps d'adaptation).

Alors soit, on pourra considérer que les Loups du titre - et d'une manière générale l'intrigue se déroulant à la Calla - relèvent plus de la péripétie que de l'affrontement majeur, et auront sans doute bien moins d'importance à terme que l'entrée en piste du Père Callahan ou les rebondissements concernant Susannah. Il n'empêche que ce tome, extrêmement dense, rythmé et prenant, a le mérite d'être d'une rare efficacité et de s'avaler d'un trait. C'est drôle, onirique, parfois effrayant...


👍👍 The Dark Tower, vol. V : Wolves of the Calla 
Stephen King | Grant, 2003