vendredi 16 septembre 2016

Son of a Bitch

[Mes livres à moi (et rien qu'à moi) N°62]
Batman : Year One - Frank Miller & David Mazzucchelli (1987)

Je n'ai jamais été un grand fan de Frank Miller. Non pas tant en raison de ses prises de positions politiques (dont je me bats d'autant plus les steaks que la plupart des héros DC Comics, à commencer par Batman, ont toujours été un brin réacs sur les bords) que parce qu'il incarne à mes yeux une espèce de quintessence de l'auteur de comics chiants et maniérés qui se prend très au sérieux. Un genre d'Alan Moore paroxystique et raté (car l'auteur de Watchmen ou From Hell est un génie, lui) dont l'égo démesuré non seulement l'aurait empêché de s'améliorer, mais l'aurait encore encouragé à se complaire dans une forme de médiocrité esthétique merveilleusement incarnée par Sin City (aka la série de comics la plus surestimée de tous les temps). Sans surprise, c'est dans les balbutiements de son travail qu'il m'a toujours paru le plus inspiré (soit donc, en gros, Daredevil – encore qu'il y ait pas mal à dire aussi à ce sujet), quand le reste de son œuvre oscille entre les bonnes idées réduites en bouillies (The Dark Knight Returns était excellent mais n'aurait jamais dû avoir de suite), les trucs éculés ultra-sentencieux (Ronin) et les daubes vénérées par des légions d'incultes (Sin City, donc, mais ça marche aussi avec 300). Ajoutez à cela un égo d'une taille inversement proportionnelle à la qualité intrinsèque de son œuvre, saupoudrez d'un soupçon d'hypocrisie assez déplaisant (Miller crache depuis vingt ans sur une industrie sans laquelle il ne serait rien et pour laquelle il n'a jamais cessé de travailler, même une fois devenu une superstar)... et vous comprendrez aisément que la dernière chose que j'avais envie de faire était de l'évoquer dans la rubrique la plus passionnée et fétichiste de ce blog.

Et pourtant, aussi dingue que cela puisse me paraître lorsque je prends le temps d'y penser (c'est-à-dire le moins souvent possible), je suis moi-même un enfant de Frank Miller. Ma vie n'aurait assurément pas été la même sans son Batman : Year One, que je possédais dans sa version française de l'époque (Vengeance oblige) et qui, compte tenu de sa date de publication chez nous (1988), doit probablement être le premier album mettant en scène un superhéros que j'aie jamais possédé1. Possédé sans réellement, cela va sans dire, en supposer la valeur ni en saisir la portée culte. Le fait que je n'aime aujourd'hui plus vraiment Miller ou que ce ne soit même pas mon Batman préféré ne change rien à l'affaire : une première véritable rencontre avec le Chevalier Noir2, pour un petit garçon, ça compte plus que n'importe quel argument sérieux.


De ma lecture de l'époque, étrangement, je me rappelle surtout l'odeur de soufre – je parle au sens propre, bien que la réflexion fonctionne également au sens figuré. Je n'avais jamais rien senti de semblable, et aujourd'hui encore cela reste l'une de mes odeurs préférées, agréable et vaguement nauséeuse à la fois, qui malheureusement tend à disparaître. Puis, confusément, de ce costume reprenant ce que je découvrirai plus tard être l’emblème originel3, d'une chauve souris (une vraie) fracassant une fenêtre et des dernières cases, où le commissaire Gordon allume sa pipe en pensant à ce type qui menace d'empoisonner les réservoirs d'eau de la ville – "Il se fait appeler le Joker. J'ai un ami en chemin qui pourrait peut-être aider. Il devrait arriver d'une minute à l'autre." Sur le coup, j'avais trouvé assez génial que l'ouvrage s'achève sur cette simple évocation de la Némésis de Batman, réduite à une indicible menace4 – la conclusion parfaite à une centaine de pages oppressantes durant lesquelles le héros n'a pas grand-chose de super et enregistre plus d'échecs que de victoires. Je n'ai découvert que des années plus tard que cette édition avait été scindée en deux tomes, ce qui pourtant ne changea presque rien à mon ressenti : ce n'était pas un hasard si le seul ennemi habituel du justicier à apparaître était Catwoman. Le côté outrancier du Joker l'avait probablement disqualifié d'office, quand Selina Kyle a ce côté profondément élégant et expressionniste seyant à ravir tant à l'univers de Miller qu'aux dessins de David Mazzucchelli. Reste qu'il en découle cette idée sous-jacente, qui fera plus qu'école, voulant que Batman soit un fou parmi les fous générant ses propres ennemis en entendant les combattre. Ici réside sans doute le plus grand apport de Miller à la mythologie de Gotham City, bien plus que dans la glauquerie de son univers. L'idée n'était pas inédite (on la retrouve déjà en substance sous la plume de Steve Englehart, une décennie plus tôt), mais elle était suffisamment neuve et bien exploitée pour marquer durablement un personnage qui n'avait jamais semblé aussi introverti, ne s'exprimant quasiment que par l'entremise d'un stream of conciousness revisité à la sauce comics. Le Batman version Miller parle peu et agit surtout, dans l'ombre si ce n'est dans les ténèbres. Le trait sans fioritures de Mazzucchelli (déjà acolyte de Miller sur Daredevil et qui, lui, rompra réellement avec l'industrie peu après) fait du vigilante une silhouette glaçante, parfois difficile à distinguer, n'apparaissait que de noir vêtue dans décors dévastés et obscurs. Une petite révolution esthétique à l'époque, car si Batman avait déjà opéré plusieurs dark turns depuis sa création, et si ses aventures pré-Miller, contrairement à ce que l'on raconte souvent (et que Miller lui-même prend un malin plaisir à corroborer), étaient déjà assez sombres, sa couleur dominante était depuis de nombreuses années un genre de bleu nuit qu'on pouvait même retrouver, parfois, dans les cheveux de Bruce Wayne.


Il va sans dire que compte tenu de l'antipathie que m'inspire l'auteur, j'aurais voulu conclure en vous disant que ce n'est pas la meilleure aventure de Batman. Je n'aurais pas vraiment eu à me forcer, puisque c'est la vérité : le combo The Long Halloween/Dark Victory restera probablement indépassable pour l'éternité. Mais ceux-ci n'auraient jamais vu le jour sans Miller – Jeph Loebe et Tim Sale se sont contentés de faire mieux avec le même matériel, d'exceller dans ce que Miller ne voulait de toute façon pas faire (en gros, intégrer le reste de la mythologie à cette réinvention). Year One demeure – malheureusement ? – le plus important, au moins à égalité avec le Batman primitif de Bob Kane et celui, trop souvent oublié, du long run de Dennis O'Neil dans les années soixante-dix, qui fut le premier à présenter le justicier comme un être traumatisé avide de vengeance5. Sous la plume de Miller, Batman est plus et moins qu'un superhéros : une légende urbaine angoissante d'un côté, un type seul et faillible de l'autre. Cette approche sur le fil a à ce point modifié la perception que l'on avait du personnage que désormais, plus personne ne saurait l'imaginer autrement que comme cet être brisé, déchiré par des pulsions contraires, luttant pour le bien mais fondamentalement addict à la violence. Il y a eu d'excellents épisodes de Batman par la suite, y compris dernièrement (Batman est même sans doute le seul héros classique de DC – avec Wonder Woman – à ne pas avoir été ruiné par les derniers relaunch), mais aucun n'a su, pu ni même simplement essayé de s'écarter de cette vision sèche et ultra-minimaliste dont on se rappelle à peine, aujourd'hui, qu'elle ne fut pas du goût de tout le monde à l'époque. Qu'importe, du reste, puisque les ambitions de DC, qui venait de totalement rebooter son univers, avaient été largement surpassées par le résultat. Ce sale con de Miller a tout simplement amené plus de gamins (et d'adultes ! et de critiques !) à l'éditeur que tous ses prédécesseurs mis bout à bout. Le petit Thomas Sinaeve compris.


Trois Six autres volumes pour commencer à gravir le mont Batman :

Batman in the Seventies (anthologie 1971-79, 2000)
Strange Apparitions (Steve Englehart & Marshall Rogers, 1978)
The Killing Joke (Alan Moore & Brian Bolland, 1988)
The Long Halloween (Jeph Loeb & Tim Sale, 1997)
Batman : Ego (Darwyn Cooke, 2000)
Dark Victory (Jeph Loeb & Tim Sale, 2000)


1. Il y a sans doute eu des périodiques un peu avant ; je me souviens de quelques Spidey et Captain America, et aussi beaucoup de M.A.S.K. et de Tortues Ninja (mais je suis presque sûr que les comics mettant en scène ces dernières ont été traduits plus tard en France, vers 90/91). Tout cela reste assez confus dans ma mémoire.
2. La série télé totalement barrée ne mérite pas d'être prise en considération. Même si elle est cool.
3. Le fameux logo jaune de Batman, toujours aussi populaire après des décennies à être malmené, n'apparaît qu'au début des années soixante.
4. Un pied de nez d'autant plus amusant que Miller n'a jamais eu l'intention d'écrire une suite à ces quatre petits épisodes, même s'il y en eut deux autres (Year Two et Full Circle) sous la direction de Mike Barr.
5. Accessoirement, on lui doit également la création de Ra's Al Ghul et les versions modernes de nombreux personnages phares de la franchise, à commencer par Double Face.

39 commentaires:

  1. Jamais été fan de Miller non plus et son DD est à mon sens très surcoté et, s'il a apporté pas mal de bonnes idées, a aussi malheureusement trop inspiré certains scénaristes après, apportant pas mal de périodes chiantes à un de mes super-héros préféré.

    Sinon, j'ai rien à dire sur Batman Year One, j'aime pas Batman :-)

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    1. Ben le problème de Miller sur DD/Batman c'est surtout que ça se ressemble bcp dans la démarche.

      D'ailleurs je me demande comment on peut avoir DD comme "un de ses héros préférés" et pas aimer Batman, faut fonctionner bizarrement quand même ;)

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    2. Parce que Daredevil existait avant frank miller ? :o))

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    3. Hahaha

      Effectivement Miller a très largement redéfini Daredevil, ce que LYLE appelle avec un brin de mauvaise foi "avoir trop inspiré certains scénaristes"... la vérité c'est surtout que Daredevil est désormais irrémédiablement associé à la version de Miller, et vraiment plus jamais (ou rarement) à ses incarnations antérieures. Exactement somme toute ce que Miller a fait avec Batman, sauf que la figure de Batman était sans doute un peu plus solide dans ses fondements (et avait une toute autre fan-base avant que Miller ne s'en mêle).

      Allez, LYLE, fais-moi plaisir, cite moi un héros de DC que tu aimes bien :-)

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    4. Non, Daredevil n'est pas irrémédiablement associé à la version de Miller. Kesel, Kelly, Bendis, Brubaker et très récemment Mark Waid (dont les 50 et quelques numéros ont été excellents) sont tous à leur manière revenus à une autre version du personnage. Stick et The Chaste ont disparu depuis longtemps, Bullseye, Kingpin et Elektra se sont faits rares...

      En fait il y a deux visions du personnage suivant que le moment qui le définit est la perte de sa vue ou la mort de son père...

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    5. Tu cites quand même pas un seul auteur antérieur à Miller ce qui est déjà éloquent ;)

      Je pense pas que la question soit de dire qu'il n'y a ps eu de bonne/très bonne histoire/version de DD depuis Miller, ou des choses des différentes, personne a dit ça. Mais je pense qu'il est clair que tu si tu demandes à n'importe quel kid des us "décris-moi DD" le portrait ou résumé qu'il va faire va être plus proche de celui de Miller que n'importe quel autre (et ça doit pas s'arranger avec la série tv)

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    6. Kesel et Waid, no problem, c'est à des années lumières de Miller.

      Dire la même chose de Bendis et Brubaker en revanche...

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    7. Putain. Je me fais chier à écrire un article sur Batman et vous lancez un débat sur... Daredevil. Parfois, je vous déteste. Ouvrez des blogs, si vous avez tellement de trucs à dire :-D Là j'ai juste envie de jeter un énorme pavé dans la marre en vous rappelant à titre informatif que Daredevil n'est ni plus ni moins qu'un sous-Spider-Man que Miller a changé du jour au lendemain en simili-Batman ;-)

      Mais bon. J'aime bien DéDé, alors je vais quand même vous répondre.

      Je parlais effectivement de l'imaginaire collectif (merci SERIOUS, au moins un qui suit). Et dans l'imaginaire collectif, soit donc, je ne sais pas, la plupart des gens connais par exemple, Daredevil, c'est un héros urbain semi-ninja enveloppé d'une aura dark and gritty qui a une meuf (ou une ennemie, on ne sait jamais) qui s'appelle Elektra. Certainement pas le Daredevil pré-Miller ou celui d'auteurs ayant tenté de renouer avec celui-ci (encore moins des auteurs récents dont l'impact sur l'imaginaire collectif est impossible à mesurer), aussi réussies soient ces tentatives. Bien sûr qu'il y a d'autres versions et d'autres approches, mais est-ce qu'elles vont s'inscrire dans la durée ? J'en doute très fortement. Les superhéros, surtout dans l'époque moderne, reviennent toujours invariablement à leur version la populaire, donc dans le cas de Daredevil, une version plus "raw" et brutale. C'est ce que je voulais dire plus haut : Miller a fait plus qu'écrire des épisodes mémorables de Daredevil, il en a profondément bouleversé l'ADN (à part peut-être aux yeux de ses fans les plus hardcore, et encore je n'en suis même pas sûr car pour traîner sur pas mal de forums de fans de comics, j'ai plutôt l'impression que la plupart des inconditionnels de DéDé vénèrent celui de Miller). Dieu sait que je ne peux pas pifer Miller, mais dire qu'il a juste "apporté pas mal de bonnes idées", c'est quand même carrément réducteur. Littéralement, il l'a recueilli dans le caniveau et en a fait une superstar ^^

      Un dernier point : si Bendis a une vision très différente de celle de Miller en ce qui concerne la caractérisation du personnage, je ne vois vraiment pas en quoi il s'écarte de l'esthétique dark'n'gritty initiée par Miller... au contraire, il en est à mes yeux le plus brillant héritier (en mieux, parfois) !

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  2. Ah putain! Je l'attends depuis si longtemps celui-là, j'en chialerais presque :D

    Je te trouve un peu dur avec Miller, un mec qui a révolutionné autant de persos peut quand même, sisisi j'te jure, être appelé "génie". Mais c'est un super article quand même (j'aurais bien aimé que tu creuse sur O'Neil, tellement rare de croiser des frenchies qui savent qui c'est...)

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    1. O'Neil mériterait assurément un article rien qu'à lui. Bon, en l'occurrence, ce n'était pas le propos. Une prochaine fois, peut-être...

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    2. Fun fact: tu savais qu'à ses débuts Miller était assistant de Dennis O'Neil? ;)

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  3. Super article.

    J'aime bien Miller moi, mais pas trop Sin City (à cause des dessins surtout).

    Je vais noter Batman in the seventies car je n'ai pas lu beaucoup de Batman de cette époque. Ca se trouve facilement ?

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    1. Sur n'importe quel site de vente UK/US (et ça coûte même pas cher).

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  4. Eh beh. Il mange sévère, Miller...

    Pourtant quand tu parles du "bleu nuit", tu résumes bien le choc esthétique que cette série a été à l'époque. Une révolution totale, pas que de Batman mais toute la manière dont on appréhendais les super-héros. Rien que pour ça, Miller peut faire n'importe quoi il aura toujours sa place au panthéon.

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    1. Je ne crois pas que cet article minimise l'apport de Miller. Le relativise, à la rigueur... je maintiens que Miller est plus célèbre qu'important, à l'échelle de l'histoire récente des comics.

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    2. (bon et puis avoue que ça fait un angle d'article pour le moins original ;-))

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  5. Le genre d'articles qui me fait me sentir vieille, car je me souviens comme si c'était hier de l'époque où mes frères débattaient du "nouveau Batman" :-|

    Très bon billet, comme toujours dans cette rubrique.

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    1. Parce que moi tu crois que ça me fait me sentir jeune ? ^^

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  6. Mdr, je viens juste de comprendre le titre de l'article :D

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  7. "les daubes vénérées par des légions d'incultes (Sin City, donc, mais ça marche aussi avec 300)"

    Oui ? Présent ! ^_^

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  8. Miller a tout simplement inventé la BD de super-héros pour ceux qui n'aiment pas les super-héros. On n'est pas obligé d'adhérer...

    Personnellement j'aime certains trucs. Pas Batman Year One. Je lui préfère les Dark Knight et encore plus Daredevil, beaucoup plus fouillés. Year One, le scénario est si léger que c'est surtout l'oeuvre de Mazzucchelli.

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  9. voui voui voui je crois bien que j'ai à peu près lu tout ça et je suis d'accord avec toi sur à peu près tout mais rien à faire, j'ai beau essayer chaque fois qu'on m'en cite un "bon", Batman je l'aime pas... chuis une marvel's girl et je préfère DD :-)

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    1. :-o

      Mince, je me rappelle qu'il y a quelques années tu m'avais demandé d'écrire un article sur Batman... bon, je me suis pas pressé mais encore heureux, parce que si c'était pour apprendre que tu es une Marvel Girl... mon cœur se brise :-P

      (un jour faudra que j'écrive un article pour expliquer pourquoi DC c'est mieux que Marvel)

      (un article évidemment totalement objectif et dénué de mauvaise foi ;-))

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    2. Ahah DC mieux que Marvel non mais des fois... J'ai hâte de lire ce monument d'objectivité et de bonne foi :-D Et d'ailleurs j'ai beaucoup aimé ton article, je trouve l'évolution de ce personnage tout à fait fascinante - il n'y a guère que les comics qui permettent ce genre de complexité - mais je ne suis pas obligée de le trouver sympa, ou sexy, ou craquant, ou... :-)

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    3. Marvel c'est mieux que DC, c'est clair. Mais DC a un réel don pour faire mieux que Marvel en les pompant :-))

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    4. Alors, autant je prefere Marvel a DC et attends avec impatience l'article sur le sujet, autant, non, le pompage est a tres tres probablement dans le sens inverse, majoritairement.

      Le seul pompage auquel je parviens a penser qui va dans le sens Marvel ->DC c'est Namor devenu Aquaman.

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    5. Je ne pensais pas forcément à des personnages. Plutôt à des concepts. DC a piqué le concept de "crossover events" par exemple (Crisis On Infinite Earths commence le mois où se termine Les Guerres secrètes).

      Par extension, ils ont aussi pompé le principe de reboot. Je ne connais pas tout par coeur, mais il me semble que DC n'avait jamais "rebooté" son univers avant que Marvel ne le fasse.

      Ils ont aussi "débauché" beaucoup d'auteurs pour faire la même chose que ce qu'ils avaient fait avec Marvel juste avant. Miller sur Batman (après DareDevil) est un bon exemple, d'ailleurs :-)

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    6. YUEYIN >>> Je ne savais pas qu'il fallait trouver les superhéros craquants :-D

      Si j'étais objectif, je dirais qu'il y a du bon dans les deux, que ça dépend énormément des périodes... et ce ne serait pas très long ^^

      Ceci étant dit, c'est vrai qu'en vieillissant je suis plus DC que Marvel (ce qui n'était pas du tout le cas quand j'étais gamin). Mais je crois que c'est autant pour des raisons de fond (j'aime les superhéros "héroïques", qui agissent par altruisme et sens de l'engagement... ce qui est moins le cas des héros Marvel, qui sont souvent motivés par des raisons plus personnelles... même s'il y en a évidemment un ou deux aussi, mais rien de commun avec les Batman, Superman, Flash, Wonder Woman... des gens qui font le CHOIX d'être des héros, alors qu'ils pourraient et parfois devraient faire tout autre chose) que pour des raisons d'époque (j'ai vraiment du mal avec les séries Marvel depuis, disons, une petite dizaine d'années... je trouve qu'il y a trop de légèreté, trop de blagues, une uniformisation du ton d'une série à l'autre... et puis vraiment beaucoup trop de personnages et de crossovers - c'est impossible d'ouvrir un Marvel en 2016 sans voir débouler trois ou quatre personnage de l'univers que tu ne connais pas ou n'aime pas, quel que soit le titre... je n'aime pas cette manière de te donner l'impression que pour tout piger, il faut acheter toutes les séries en même temps. Mais je pense que c'est plus un effet de mode qu'autre chose et je ne dirai peut-être plus cela d'ici quelques années).

      RED & GUIC' >>> je pense que c'est difficile à ce stade d'établir qui a pompé qui ^^ Rappelons quand même qu'à part deux ou trois pionniers (dont Cap') la plupart des héros Marvel ont vingt ans de moins que les héros DC, ce qui déjà condamne beaucoup ayant des caractéristiques communes à être qualifiés de copies (même si ce n'est pas toujours le cas). C'est aussi DC qui a inventé les équipes de superhéros (eh oui, la Ligue de Justice existait avant les Avengers et même avant les F4...) et au fait... attendez voir : en fait, DC a même carrément inventé les superhéros :-D Mais c'est vrai que depuis lors, DC s'est bien rattrapé niveau pompe ;-)

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  10. Est-ce que le volume Batman Anthologie (en France) est un bon moyen de "commencer à gravir le mont Batman" ? Merci !!

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    1. Non. Enfin, oui et non. Il montre bien l'évolution du personnage, mais il contient très peu d'épisodes vraiment mythiques et surtout, les ennemis les plus célèbres de Batman (qui ne sont pas pour rien dans sa légende) n'apparaissent que très peu voire pas du tout (le Pingouin trois secondes, Deadshot une fois - mais il n'a jamais été un des méchants les plus populaires - et c'est tout. Pas d'épisodes centrés sur le Joker, Catwoman, E. Nigma, Two-Face...)

      Après ça dépend beaucoup de ton niveau de connaissance de Batman. Les pages documentaires et les analyses sont vraiment très intéressantes quand on ne connaît pas déjà la moitié des infos.

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  11. Bonjour. Je commence à m'intéresser à Batman (à 27 ans, il n'est jamais trop tard); j'ai suivi pour le moment vos recommandations de lecture avec Un long Halloween et Amère victoire (sublimes !), puis cette Année Une. Où pensez-vous que je devrais m'orienter ensuite ? Sachant que je ne trouve pas vos autres références en VF. On m'a parlé de la série de Grant Morrison, qu'en pensez-vous ?

    Il y a tellement d'albums de Batman... On a du mal à s'y retrouver !

    Merci pour votre blog.

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    1. Bonjour Lucca,

      Effectivement, les deux titres les plus anciens parmi ceux que je mentionne n'existent pas en tant que tels en VF (et c'est bien dommage, Strange Apparitions est vraiment l'un des plus grands arcs de Batman). Cela dit, un bon gros morceau de Batman in the Seventies est compilé dans le volume La Saga de Ra's Al-Ghul, si je ne dis pas de bêtises. Je recommande plutôt cela, éventuellement couplé à Batman : La Légende (pour les années 60), si vous souhaitez vous atteler à du Batman vintage, plutôt que le Batman Anthologie qui est un petit peu inégal.

      Si vous avez à ce point aimé les deux volumes de Jeph Loeb, sachez qu'il a écrit d'autres aventures de très grande qualité, notamment The Haunted Knight et Catwoman - When in Rome (toujours avec Tim Sale, compilé dans un volume intitulé en VF Des ombres dans la nuit) et surtout Hush (avec Jim Lee au dessin), qui se trouve très facilement en français sous le titre Batman : Silence.

      Le run de Grant Morrison est en effet très populaire et souvent considéré comme le meilleur de l'ère contemporaine. Je ne suis pas forcément son plus grand fan, je dois l'avouer, mais mon avis est très minoritaire. C'est cependant une série très référencée qui demande tout de même une bonne connaissance de l'univers de Batman pour être appréciée à sa juste valeur.

      Pour vous orienter, hum... disons que vous avez deux solutions à ce stade :

      - vous optez pour une série longue durée (j'aurais tendance à recommander le Batman de Scott Snyder, dont le neuvième et dernier volet vient de paraître en France ; c'est inégal sur la fin mais les quatre/cinq premiers tomes sont d'excellentes facture). Le très bon Knightfall devrait aussi vous occuper un bon moment.

      - vous continuez à picorer dans les graphic novels les plus cultes, comme vous le faites déjà. Auquel cas, vous avez encore un large éventail de choix (Killing Joke, Batman : Ego, A Death in the Family, Prey, Arkham Asylum, Whatever Happened to the Caped Cruisader?... la liste est très longue - la plupart de ces volumes existent en VF). Faites attention en revanche aux "faux classiques", car Urban Comics a une fâcheuse tendance ces dernières années à rééditer des histoires mineures en les sur-vendant (l'exemple le plus évident qui me vienne à l'esprit est le volume paru dernièrement sous le titre L’Énigme de Red Hood, qui n'a vraiment rien d'un chef-d’œuvre... et qui paraît tellement tard chez nous que son intrigue, réellement surprenante à l'époque, a perdu presque tout intérêt aujourd'hui puisque Red Hood est devenu un personnage récurrent de la Bat Family, dont tout le monde connaît parfaitement l'identité).

      En espérant vous avoir à peu près répondu...

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    2. Merci beaucoup ! Je n'en demandais pas tant :-)

      Tous mes vœux pour 2017.

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  12. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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