jeudi 2 juin 2016

Pardon Karim

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Pardon, oui. Je n'ai pas que des choses gentilles à te dire et je n'ai pas que des compliments à te faire, mais je voulais commencer par m'excuser, au nom de tous ceux – visiblement peu nombreux – qui aiment vraiment le football dans ce pays. Le jeu, son intensité, sa dramaturgie. Pas ce qu'il représente dans les pages pipoles, les discours de politiques et les traités de sociologie, qui ne se sont bizarrement jamais autant ressemblé ces derniers mois. Je te demande pardon, oui, au nom de ces gens qui n'utilisent jamais des expressions grotesques comme la tunique frappée du coq, qui ne chantent jamais la Marseillaise, ces gens qui ne considèrent pas que les joueurs sont leurs joueurs, et qui ne leur demandent pas de mouiller le maillot pour la patrie, juste de gagner – et par gagner j'entends bien : gagner, par tous les moyens, et pourquoi pas un contrôle de la main ? Voilà tiens, je te demande pardon de la part de ces gens qui savent que Titi Henry n'a pas marqué un but de la main, de même qu'Eto'o n'a jamais joué arrière droit sous Mourinho. Les gens qui comprennent ce qu'ils regardent, en somme, ou tout simplement qui le regardent, justement, plutôt que de mal régurgiter à la machine à café ce qu'ils ont entendu la veille dans l’Équipe du soir. Tu n'imagines pas comme nous sommes peu nombreux. Et moi, je n'imaginais pas qu'avec tout ce qui s'est passé depuis un an, les attentats, les grèves et autres joyeusetés ce serait toi, Karim, qui me ferait faire le plus de tri dans mes contacts Facebook. J'en ai certains, la plupart en fait, je ne les vois parler de foot que pour les polémiques et donc, ces temps-ci, te cracher à la gueule. Jamais je ne les vois parler de jeu. Quand j'essaie d'amorcer une conversation à ce sujet, c'est un vrai saut dans le vide, ils n'ont rien à dire, croient connaître beaucoup de choses mais, fondamentalement, ne savent rien. Ce sont les mêmes qui te clouaient au pilori durant tes fameuses mille minutes sans marquer, viscéralement incapables de voir que tes matches n'étaient pas si mauvais, voire bons ; viscéralement incapables d'analyser tes déplacements sur le terrain, tes appels, tous ces trucs que toi, qu'ils considèrent néanmoins comme un type arriéré doté du QI d'un bulot, tu sais instinctivement depuis que tu as huit ans. Je peux comprendre que tu aies un peu envie de leur rentrer dans le lard, de temps en temps. D'autant que tu as vraiment tout fait pour qu'ils t'aiment. Tu en as donné, des gages d'amour au maillot. Tu nous a même qualifié pour deux compétitions consécutives quasiment à toi tout seul. Mais non, que dalle. Tout sera toujours retenu contre toi, quoi qu'il arrive.

J'en viens à ta dernière sortie. La première chose que je dois te dire, c'est que ce n'était pas le moment. L'Euro commence bientôt, l’Équipe de France ressemble à un champ de ruine, sans même parler des crispations identitaires qui secouent le pays depuis des mois (des années)... non, ce n'était vraiment pas du tout le moment, même si je peux comprendre qu'après être resté digne et quasi muet durant des mois, tu aies pu céder à l'envie de régler tes comptes, même gentiment (car ton interview, ceux qui l'ont lue le savent, n'a rien de bien méchant1).


Ce n'était pas le moment et en même temps, je te l'accorde, ça ne l'aurait sans doute jamais été. Si tu l'ignorais encore hier, tu ne peux plus en douter désormais : la vox populi n'attend pas de toi des explications ou des excuses, encore moins que tu défourailles de manière aussi touchante que confuse. La vox populi veut juste que tu fermes ta gueule. Ce n'est pas juste ? Malheureusement, la vox populi n'est pas juste. Tu es déjà arabe, musulman, riche d'un salaire qu'elle considère que tu ne mérites pas. On ne va pas en plus te donner le droit à la parole, ou pire : à l'erreur. Et surtout, ce n'est quand même pas toi, la racaille à l'entourage douteux et aux innombrables casseroles, qui va venir regarder le bon Français bien droit dans les yeux pour lui dire ses quatre vérités. Faut pas déconner non plus. Rentre dans ton pays (l'Espagne, mais le bon Français pense l'Algérie), prends ton oseille puisqu'on ne peut pas t'en empêcher, et ne nous emmerde plus avec tes histoires. Condamné ou pas condamné, blanchi ou pas blanchi, qu'est-ce qu'on s'en branle ? On ne veut plus te voir porter notre maillot, jamais. Entre nous Karim, tu croyais quoi ? Tu as vu comme ces péquenots ont traité le plus grand buteur de leur histoire pour un banal fait de jeu ? Comment as-tu pu croire une seconde qu'ils te passeraient quoi que ce soit ? C'est là que tu as tort, du moins en partie : aurais-tu été nommé Dupont que les péquenots qui ne connaissent rien au football et se nourrissent avant tout de polémiques stériles ne t'auraient pas plus loupé. Tu as quand même été impliqué dans une sale affaire, que tu le veuilles ou non, touchant directement un coéquipier. Peut-être étais-tu de bonne foi. Peut-être même Valbubu a-t-il essayé de t'enfoncer. Peut-être as-tu des circonstances atténuantes mais au final, ce n'est quand même pas une surprise que le Français moyen ne veuille pas voir ta gueule – il ne voulait déjà pas trop la voir avant.

Pourtant je le disais plus haut, tu n'as tort qu'en partie. Je le sais bien, tu le sais peut-être aussi, et je crois que nous sommes tout de même – heureusement pour ce pays – quelques uns à en avoir conscience. Le problème de ta sortie dans Marca n'est pas de raconter n'importe quoi, mais d'entremêler d'indiscutables vérités qui n'étaient pas nécessairement connectées les unes aux autres. Est-ce que Deschamps a cédé à la pression pour ne pas te prendre ? C'est une évidence, il l'a quasiment dit, il a essayé de compter sur toi le plus longtemps possible et Le Graët, qu'on critique beaucoup mais qui est sacrément remonté dans mon estime depuis le début de cette affaire, ne s'en est jamais caché non plus. Est-ce que le fait que tu sois arabe a été une circonstance aggravante auprès de l'opinion ? Bien entendu, comment pourrait-il en être autrement vu l'état de notre pays ? Il faut vraiment ne pas avoir beaucoup lu de commentaires sur Internet, ne pas avoir fréquenté beaucoup de bars PMU et ne pas avoir beaucoup pris le métro depuis huit mois pour être convaincu que le racisme n'a absolument rien à voir avec la manière dont tu as été traité. Personnellement, au plus fort de ces polémiques, j'avais une telle nausée que j'arrivais à peine à ouvrir un navigateur Internet. Pour autant, est-ce que Deschamps a par conséquent cédé à "une partie raciste de l'opinion" ? Cela va peut-être te sembler bizarre, mais la réponse est vraisemblablement non, dans la mesure où il n'y a pas non plus que les racistes qui ne voulaient plus de toi, je suis désolé de te l'apprendre. Il y avait aussi tous les grands moralistes du football (qui certes, sont presque tous des mecs blancs issus de la classe moyenne supérieure), qui s'ils ont beau être la lie du supportariat dans ce pays ne sont tout de même pas tous des électeurs du FN en puissance.

Quand je lis l'ensemble de cet entretien, tant qu'à faire dans le texte car je n'ai aucune confiance en les médias français pour ne pas déformer tes propos, je comprends parfaitement où tu veux en venir, pourquoi tu dis ce que tu dis, et je t'excuse sans problème la maladresse et le manque de nuance. Je vois bien que tu mélanges différents trucs sans réellement te rendre compte de ce que cela va provoquer, peut-être parce que vivre toute l'année dans un pays où l'extrême droite est quasiment inexistante t'a fait sous-estimer l'état de nerfs dans lequel se trouve réellement la France (tu le sais, tu en parles, mais savoir et voir sont deux choses différentes). Je vais être honnête avec toi : si j'aurais préféré que l'on t'accorde le bénéfice du doute dans l'affaire dite de la sex-tape, parce que je t'ai toujours trouvé sympathique et n'ai d'ailleurs jamais compris pourquoi nous étions si peu nombreux dans ce cas, je ne me suis pas non plus senti scandalisé quand j'ai appris ta non-sélection. Comme plein de monde, j'étais surtout content que ça se termine, de la seule manière possible sans doute. J'accepte sans problème l'idée qu'il n'y ait eu aucune intention malveillante de ta part vis-à-vis de ton ex-pote, mais je ne suis pas convaincu que tu sois aussi irréprochable que tu le dis. Pourtant, depuis le début, je n'ai jamais réussi à m'empêcher de te défendre (tu vois, je suis encore en train de le faire, alors que comme je le disais plus haut, ce n'était vraiment pas le moment de faire une telle sortie médiatique). Parce que oui, j'ai toujours pensé qu'il y avait une part de racisme sous-jacent dans le traitement médiatique dégueulasse dont tu as été la cible, et pas seulement depuis que l'affaire a été révélée au grand public. Voilà des années que j'observe l'étrange construction médiatique qui s'opère autour de toi, avec un mélange de stupéfaction et de curiosité, ou comment transformer un type sympa, ne faisant jamais chier personne, n'ayant (du moins jusqu'à ce récent bordel) jamais eu le moindre problème avec aucun coach/dirigeant/coéquipier... en une espèce d'incarnation de tout ce qui déconne dans ce pays, avec des fréquentations douteuses et une mentalité de caïd (certains disent ghetto plutôt que caïd, pour donner l'impression qu'ils sont moins incultes que les autres – ils savent de quoi ils parlent, ils ont même déjà acheté un disque de Booba). Aurait-on fait pareil avec un joueur s'appelant, je ne sais pas moi, Thomas Sinaeve ? Je pense sincèrement que la réponse est évidente.

Aussi quand j'en vois réagir à ton interview en parlant de victimisation, j'ai juste la gerbe. C'est tellement facile, de parler de victimisation, lorsque l'on appartient aux dominants et que l'on ne s'est jamais soi-même heurté au racisme. Quand on n'a jamais ressenti la haine de la différence dans ses tripes ou dans sa chair, c'est tellement commode de brandir ce genre de concept vide de sens. Le footballeur rebeu issu de banlieue est une cible facile pour ce type de dangereux glissement de la pensée : il a tous les apparats du dominant, tout en restant culturellement et fondamentalement un dominé. Du pain béni pour le mépris de classe – car c'est en grande partie de cela qu'il s'agit, bien plus que d'un racisme dur, cru, objectif. Ce n'est pas uniquement l'Arabe ou le Mulsulman, qui prend dans l'histoire. C'est l'ex-jeune de banlieue, avec toutes ces mauvaises fréquentations avec lesquelles il devrait rompre (il y a une telle violence sociale dans cet impératif de rupture avec les origines, quand on y pense...). C'est le gosse à qui, à dix-huit ans, Luis Fernandez a fait dire que la France c'était "pour le sportif" et qui est poursuivi depuis sans relâche par cette citation tronquée et décontextualisée (en réalité, tu as juste dit que l'Algérie était importante pour toi, et c'est Fernandez qui a enchaîné en te demandant sans point d'interrogation – un concept qu'il maîtrise mieux que le reste de la grammaire – si la France c'était pour le sportif, toi tu as juste baragouiné un truc incompréhensible, comme n'importe quel ado l'aurait fait à ta place). C'est fou quand on y pense : les gens ont de la mémoire pour ça, par contre, ils ont déjà totalement occulté la couverture scandaleuse de Libé, celle où tu sembles évadé de Scarface, à propos d'une affaire où tu n'as jamais été inquiété par la justice ; la polémique sur le crachat et la Marseillaise (et toutes les polémiques dont tu as été la cible depuis dix ans à propos de cet hymne), portée à bout de bras par des gens qui, effectivement, ne sont pas du tout connus pour leur racisme ; Valls ou le bien nommé Braillard recadrés par Hollande parce qu'ils n'avaient rien de mieux à faire (on s'ennuie vite, quand on est ministre) que de se répandre en interviews pour expliquer que tu n'avais pas ta place en Équipe de France. Depuis huit mois, coupable ou non cela n'intéresse fondamentalement personne, tu as été l'objet d'un procès médiatique permanent et interminable mais tout le monde semble tomber des nues lorsque tu en parles, comme si tout cela n'avait jamais existé, comme si les millions de commentaires sur Internet, tweets et autres statuts Facebook te traitant de racaille de banlieue salissant le maillot n'avaient jamais existé. Comme si, en fait, il n'y avait tout simplement pas de racisme en France et certainement pas dans ton cas – ce n'est pas comme si dans l'exact laps de temps où tu te faisais lyncher on avait vu toute la classe politico-médiatique affirmer son soutien à ce truand de Platini, n'est-ce pas ? Certains de ces gens sont sans doute de bonne foi, ils ne peuvent pas tous être aussi cons qu'ils en ont l'air. Ou bien peut-être que si, mais ce n'est pas grave puisqu'eux, contrairement à toi, en ont le droit. Personne ne viendra jamais leur demander de comptes.

Alors voilà. Je ne vais pas pleurer sur ta non-sélection – de toute façon nous n'en sommes plus là, à moins que tu n'aies des talents cachés en tant que DC ou récupérateur. Mais j'ai déjà commencé à pleurer, oui, sur un pays à ce point gangréné par sa propre beauferie qu'il préfère s'étrangler avec elle plutôt que se remettre en question, et en vient à considérer que ce sont tes propos, à toi, qui sont "dangereux" – non ce qui les a générés.


1. A une question (assez orientée) sur les déclarations d'Eric Cantona et la pression populaire : "Je ne pense pas [que Dédé soit raciste], mais il a cédé à une partie de la France qui est raciste. Cela dit, je ne sais pas si c'est une décision qui vient de Deschamps, je m'entends bien avec lui et avec le président. Comme avec tout le monde, d'ailleurs." WOPUTAIN LA VIOLENCE DU TRUC !!!!!!

23 commentaires:

  1. Putain mais MERCI quoi. Après le déferlement d'hier, merci pour cet article.

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    1. Oh bah de rien, je fais juste mon boulot de golbeur ^^

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  2. Amen.

    Autant sur le fond de l'affaire, je n'ai pas trop d'avis, autant le traitement médiatique de Benzema a été scandaleux du début à la fin (et continue de l'être).

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  3. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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    1. "au plus fort de ces polémiques, j'avais une telle nausée que j'arrivais à peine à ouvrir un navigateur Internet."

      Pareil! Ca rend certains trucs qu'on entend depuis hier assez déments. Les gens réagissent comme si Benz avait traité Deschamps de raciste alors qu'il s'interroge sur de simples pressions. Bref le caïd de banlieue inculte fait preuve de plus de nuances que nos ministres, balaise quand même. Mention spéciale à Braillard : "il n'y a pas d'apartheid en équipe de France". Lui a vraiment un QI de bulot, c'est certain.

      Mais comme tu le dis, le pauvre gars n'a même plus le droit à la parole...

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    2. PS : désolé pour le petit raté ci-dessus.

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    3. Braillard a fait encore mieux que sa phrase sur l'apartheid : http://la1ere.francetvinfo.fr/racisme-benzema-l-etrange-exemple-d-integration-de-thierry-braillard-365815.html

      Je propose qu'il soit déclaré non-sélectionnable en équipe gouvernementale, à vie :-)

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    4. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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    5. Ce n'est malheureusement pas la première fois que Thierry Braillard s'illustre par sa médiocrité (au minimum, ce Monsieur n'a pas l'air très futé, Cf. ses déclarations sur le foot féminin, plus embarrassantes les unes que les autres, sans oublier le délire sur les footballeuses voilées). Mais bon, tout cela sera balayé par l'écume, prouvant d'ailleurs par l'absurde ce que j'écris dans l'article : tout le monde n'a pas le même droit à dire des conneries, et un responsable politique (a fortiori un mâle quinqua blanc issu du sérail) a un quota très nettement supérieur à d'autres catégories socio-professionnelles.

      J'espère en tout cas qu'il a passé au moins autant de temps à travailler sur la sécurité à l'Euro qu'il en aura passé à dénoncer les multiples fautes morales de Benz dans ses dizaines (centaines ?) d'interviews...

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    6. PEEB >>> comme tu le vois, ça m'arrive aussi de devoir effacer et corriger un com ;-)

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  4. Je suis loin d'être d'accord avec tout, en revanche je trouve ta chute (hélas) très juste. Il faut que notre pays soit bien malade pour qu'un type se disant (supposant) victime de racisme se fasse traiter plus mal qu'un raciste. Que cela soit avéré ou supposé, pertinent ou stupide, voir tout le paysage politique monter au créneau pour dénoncer de tels propos est très inquiétant.

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    1. Et, même si je n'aime pas mélanger les débats, c'est tout de même fou de voir comme politiques et journalistes sont plus prompts à réclamer l'exemplarité des sportifs plutôt que de leurs condisciples.

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    2. Ce point n'est toutefois pas une nouveauté. Les exemples sont nombreux ces dix dernières années. Mais dans le fond peu importe, je crois qu'on a dépassé le débat sur l'exemplarité des joueurs. On en est à la question de se demander, bien entendu innocemment, pourquoi les joueurs auxquels on réclame l'exemplarité ont tous des profils similaires. Moi, je me souviens de Barthez crachant sur un arbitre et ne provoquant qu'une petite vaguelette médiatique. C'était certes déjà une autre époque, celle d'avant les réseaux sociaux, mais il n'empêche. Beaucoup ont soulevé la comparaison avec Karabatic, condamné (de surcroît pour une tricherie manifeste) et malgré tout superstar de l'équipe de France de handball (mieux, il disputait - et emportait sous les applaudissements - une compétition internationale trois jours avant l'ouverture de son procès !) Je connais mal le dossier donc je ne me suis pas aventuré sur ce terrain, histoire de ne pas faire ce que je reproche aux autres de faire, mais il y a effectivement de quoi s'interroger. La surmédiatisation du football ne peut pas et ne doit pas être la seule explication à ce deux poids, deux mesures.

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  5. C'est le moment de relancer la pétition pour le retour des éditos ;-)

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    1. Non merci :-)

      En fait je ne comprends votre histoire de pétition, car je n'ai jamais cessé d'écrire des éditos. Moins qu'avant (mais j'écris moins d'une manière générale), et sans crobs (parce que je n'ai pas envie d'embêter AL, qui semble bien occupé par ailleurs et à qui j'avoue avoir donné peu de nouvelles, n'étant pas d'un naturel très liant)... mais éditos tout de même.

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  6. Article très pertinent.
    Sur le foot, je n'en sais rien, je ne m'y intéresse guère.
    Sur la "crispation identitaire", beaucoup plus. Il est troublant de voir les réactions que suscite cette interview, quand, comme le souligne At ze Peeb, Benzema n'a pas, stricto sensu, accusé le racisme de tous les mots.
    Voir tant de penseurs du dimanche parler de "victimisation" est éloquent. Comme si le racisme avait besoin d'être formulé pour en être. Systématiquement réduire un jeune arabe de banlieue à une "racaille", l'accuser sans preuve, le juger sans procès, ce n'est pas une forme de racisme, peut-être ? Et évoquer "une frange raciste de la population", c'est mentir, aussi ?
    Comme tu le soulignes, Benzema mélange un peu tout, cela signifie pas qu'il invente les ingrédients. Sans doute se trompe-t-il, mais si l'on se met à sa place, la campagne médiatique, les insultes plus ou moins racistes sur les réseaux sociaux, la récupération politique permanente, rien n'a été fait pour qu'il perçoive les choses différemment. Je pense qu'il a surtout réagi en homme blessé, mais le footballeur est un super riche, il n'a donc pas le droit d'avoir des sentiments...

    Bonne soirée,

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    1. C'est mieux résumé que mon article. Tu veux une tribune ? ;-)

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  7. D'accord avec toi.
    Je n'ai ni sympathie, ni antipathie pour Benzema (bizarrement, ça pencherait plus pour la sympathie quand même), mais il est évident que le traitement médiatique dont il fait l'objet est démesuré.
    Je pense que c'est encore un gamin dans sa tête (même s'il est plus vieux que moi), qui fait quelques conneries, des maladresses, mais qui a surtout une sacrée force de caractère pour que tout cela n'impacte pas ses prestations sur le terrain (même si Valbuena est victime dans l'histoire, on pourrait faire la comparaison entre la façon dont les deux ont géré le sportif suite à l'histoire de la sex-tape).

    Sur la question de la France raciste ou non, je pense que le mieux est de mettre ça de côté, et de laisser la polémique faire "psschit", plutôt que de donner un os que le FN et assimilés se feront un plaisir (quoi que pas tant que ça pour le coup, je suis assez étonné) de dévorer.

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    1. Sur l'aspect footballistique, on peut effectivement être tenté de se dire que (si ce n'était pas encore le cas) tout cela lui a donné l'occasion de prouver qu'il était un sacré joueur, doté d'un mental en acier trempé (d'autant qu'il n'a pas été épargné non plus par les blessures cette saison, ce qui ne l'a pas empêché d'exploser ses stats personnelles). Comme quoi cette nonchalance qu'on lui reproche depuis des années, elle peut aussi être un véritable atout. La manière dont il a petit à petit retourné l'opinion en Espagne (où il n'était pas très apprécié durant ses premières saisons) est d'ailleurs assez bluffante, peu de joueurs ont ainsi réussi à résister aussi durablement à la pression du Real, de ses sups ultra-versatiles, pour finir par en devenir un pilier. Le mec a désormais une plus grande longévité au Real que beaucoup de superstars passées (Figo, Ronaldo... et Zidane lui-même), de surcroît dans une époque où Perez brûle encore plus vite qu'autrefois ce qu'il a adoré la veille. Rien que cela impose un certain respect (du moins vis-à-vis du joueur).

      En ce qui concerne la question du racisme, j'ai quand même le sentiment que, moins que le racisme lui-même (dont je ne crois pas qu'il soit si ancré que ça dans les mœurs du pays), il y a un vrai problème des Français à se remettre en question, à affronter ce genre de problème et à les assumer froidement. Au-delà de la personne de Benzema, ce qui m'a beaucoup frappé dans les réactions des derniers jours (il y en a eu quand même pas mal, mais elles se sont un peu "noyées" - haha - dans les intempéries), c'est de voir les genres réagir (quand ce n'est pas le formuler) comme si Benzema avait "insulté la France". C'est insulter la France que s'interroger sur le racisme, dans un pays où le FN est en peine bourre ? C'est quand même assez dingue, dans le genre je me mets la tête dans le sable...

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  8. Un point de vue nuancé et intelligent, sur Benzema ? J'en ai les yeux qui saignent. Vous n'avez pas honte ??

    La température nationale actuelle donne envie de pleurer (même si ce n'est pas forcément mieux ailleurs.) Je ne sais pas comment on a fait pour tomber aussi bas, dans à peu près tous les domaines. Il est vraiment temps que Valbuena marque son doublé en finale de l'Euro, sinon je ne vois pas ce qui peut tirer le pays de ce marécage !

    Enfin vivement le début de la compétition, qu'on puisse noyer son chagrin devant Islande - Hongrie ou Roumanie - Albanie. Là, les polémiques prendront fin, le terrain va parler.

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    1. Pour le doublé de Valbuena, nous ne sommes plus qu'à un ou deux forfait près ;-(

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    2. (ceci étant dit, on peut s'interroger sur les pressions d'une frange de la population qui serait raciste envers les nains. Je n'aurais jamais cru que Valbubu serait écarté du groupe. Bon ok, il a vraiment une saison merdique. Mais pas plus que Sissoko (que j'aime beaucoup au demeurant, joueur très sous-estimé))

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