mardi 4 octobre 2011

Android 80 - Post-Modern Talking

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[Article précédemment paru sur Interlignage] Humanoïdes de tous les pays, unissez-vous ! La révolte gronde et le punk n’est pas mort – c’est pas nous qu’on le dit : c’est l’allumé Brian Carney, dandyborg évadé des eighties (on n’a pas l’année précise, mais on pariera volontiers sur 84). « Materialsm is the new vision/You’re nobody if you don’t want it all [...] Punk’s not dead but it’s getting sicker« . On notera comme le constat acide qualifie aussi bien notre époque que celle de cet étrange homme-machine (ou le contraire).

Si le paragraphe ci-dessus ne vous a pas donné suffisamment d’indications (ou bien si vous dormiez ou encore si vous avez lu en diagonale), éclaircissons tout de suite votre lanterne : le Suburban Robot qui paraît ces temps-ci est évidemment un album de synth-pop – et pas un mauvais. Brian « Android 80 » Carney connaît son Human League sur le bout des doigts, il eu son exam à l’université Martin L. Gore sans même réviser, et s’il surgit aujourd’hui légèrement à contre-temps (le revival synth-pop était hype il y a quatre ans), sa machine infernale zappe sans se forcer la concurrence.


C’est que l’homme-orchestre-synthétique a dans sa manche métallique un sérieux atout : son sens de la mélodie est particulièrement affûté. N’allez pas croire que l’auteur de ces lignes soit un grand inconditionnel de synth-pop. Des albums dans ce genre, chez Interlignage, on en reçoit douze par an, dont on ne parlera jamais de peur d’être grossier. Soit qu’ils soient affreusement ringards, soit qu’ils s’avèrent chiants comme la mort elle-même. Android 80 est à l’exact inverse de cela : sa musique groove comme peu de groupes à synthé peuvent s’en vanter (ah ! ce "Pop Idol" !), et ses chansons mértitent vraiment cette appellation (qui devrait être, on ne le dira jamais assez, d’origine contrôlée). "V.I.P." est un régal, "David Bowie Had a Discotheque" met le feu au salon… même "Ed Bishop", pourtant instrumentale, est terribleemnt catchy et entêtante. Pour un fan de Kraftwerk se faisant appeler « androïde », le moins qu’on puisse dire est que Carney signe sur Suburban Robot une musique particulièrement humaine et charnelle, parfois sexy à souhaits (Game over), loin de la frigidité de tous ces groupes idiots oubliant que dans synth-pop, il y a pop, et croyant bêtement qu’il suffit de sonner comme une usine de traitement des eaux de l’an 2082 pour accoucher d’un monument du genre (je déconne : tout le monde sait qu’en 2082 il n’y aura plus d’eau sur terre). Il a beau faire couiner quelques potes robots sur "We Love Drugs" (manquait plus que ça, des robots addicts !), Android 80 ne trompe personne : son Suburban Robot est l’album d’un homme de chair et de sang particulièrement inspiré – ce genre de chose se reconnaît généralement tout de suite à la qualité des compos.



Suburban Robot, d’Android 80 (2011)

9 commentaires:

  1. Attention, ça devient de la propagande, là !

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  2. Je veux dire que tu publies vachement vite après INterlignage cette fois-ci.

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  3. Après j'aurais oublié de le remettre ici, et je pense que ç'aurait été dommage.

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  4. Ouh, sympa. Ca me rappelle ma folle jeunesse ! :D

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  5. Mince, moi qui croyais que tu étais éternellement jeune...

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  6. A 39 je crois qu'il va être temps de se résigner :/

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  7. Ce com' est édité depuis un navigateur norma, je ne suis pas GT.

    Sinon, Android 80 est le copain de ma ZX ces jours-ci ! merci M. le Golb.

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  8. Tu me fais plaisir, là. Cet album se bonifie vraiment au fil des écoutes. Dansant et fun, mais pas con. Tout ce que j'aime.

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