dimanche 27 décembre 2009

Angel - Un beau gâchis

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Bah oui, un gâchis. Quoi d'autre ? Angel n'a-t-elle pas été seulement et uniquement inventée pour illustrer ce mot ? Je suis méchant, peut-être. Pas sûr. Malgré toutes ses qualités, Angel est de loin la série la plus inégale que j'ai vue dans ma vie (et j'en ai vu des centaines), alternant le génie et la nullité parfois dans le même épisode. Incroyable. Du coup, à quoi pouvait bien ressembler la dernière saison ?... à un truc totalement inégal, bien entendu.

Récapitulons : à la fin de la quatrième occurrence, nos héros avaient sauvé le monde une fois de plus (mais une sacrée fois sacrément ardue) avant d'accepter pour des raisons assez troubles un improbable pacte avec le Diable : oublié, Angel Investigations. Les protagonistes sont désormais à la tête de la succursale californienne de Wolfram & Hart... autrement dit leurs pires ennemis quatre années durant. De quoi tricoter un nouveau départ prometteur et faire oublier certaines facilités passées (à commencer par la manière à la limite de la paresse intellectuelle dont l'intrigue avec Connor est soldée). Sauf que dès les premières minutes, c'est malheureusement très mal barré. La résurrection de Spike, déjà, est extrêmement mal amenée et relève presque du saccage ; le vampire punk était de loin le personnage de Buffy ayant l'histoire la plus riche et la plus touchante, et sa mort (poignante) dans le final de cette dernière série constituait l'apothéose de sa quête de rédemption - en somme une fin parfaite et on ne peut plus digne pour un personnage qui le valait bien. Son come-back dans Angel ? Une blague. Durant plus de la moitié de la saison, Spike va tourner en rond, partir, revenir, passer son temps à se demander ce qu'il fout là... et nous aussi. La vérité, c'est qu'il se passe avec lui se qui s'est passé avec Gro et plus encore avec Connor (dont Spike reprend d'ailleurs en partie la fonction narrative, celle de l'alter ego à la fois dedans et dehors de la bande) : la greffe ne prend pas car le quintette de héros et si parfait et si soudé qu'il se suffit à lui-même.

Ce n'est cela dit pas la part la plus importante de cette saison cinq - juste la plus symptomatique. La qualité fluctuante des intrigues est autrement plus ennuyeuse, même si au bout de quelques quatre-vingt-huit épisodes on commençait à s'être fait une raison. La première moitié de la saison, notamment, est d'une platitude sans nom, même pas mauvaise - juste terne (que celui qui peut me dire de mémoire et sans tricher de quoi parlent les épisodes "Hell Bound" ou "The Cautionary Tale Of Numero Cinco" me jette la première pierre... personnellement une semaine après les avoir vus je les avais déjà oubliés). Deux stand-alone très réussis pointent le bout de leur nez (un drolatique épisode sur Harmony et bien sûr "Smile Time"... peut-être le meilleur de toute la série) et puis soudain, enfin, un truc vraiment excitant se produit et ravive les promesses de nouveau départ... le problème c'est que là, on est déjà arrivé à l'épisode quinze et qu'on sait qu'il n'en reste plus que six avant le clap de fin. Six épisodes prodigieux qui relèvent largement le niveau du reste (c'était déjà un peu comme ça dans la saison quatre), mais ne suffisent tout de même pas à faire de cette ultime saison d'Angel quelque chose de mémorable (on peut même raisonnablement se demander si la première n'était pas meilleure). Ironie du sort, le must de la série est peut-être... la saison six, c'est-à-dire le comic-book !

Nous y reviendrons sous peu...


Angel (saison 5), créée par Joss Whedon & David Greenwalt (The WB, 2003-04)


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7 commentaires:

  1. C'est vrai que les comics sont peut-être meilleurs que la série...

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  2. Moi je garde un excellent souvenir de la saison bizarrement (alors que je ne suis pas fan du reste).

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  3. La saison 6 est la meilleure, je plussoie.

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  4. Bah oui. Pleine de violence, de grosses épées, de gros monstres, de gros seins (les filles prennent toutes deux bonnets d'office) et même d'hémoglobine ! Un vrai truc de garçon :-D

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  5. Ah là là, quand je pense que tu as publié cette critique le jour de mon anniversaire. Ça me fait de la peine, tiens ! Le problème, c'est que pour réfuter ce que tu dis ci-dessus, il faudrait que je revoie Angel, car mes souvenirs datent un peu (et ne va pas dire que je te donne raison en avouant que seuls quelques épisodes m'ont vraiment marquée, hein...)

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  6. Si tu fais les questions et les réponses, évidemment... :-)

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