lundi 19 octobre 2009

Half a Metalhead Away...

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Tiens, encore du metal. Bon d'accord... en fait j'ai un peu triché : l'album du moins d'octobre 1999 était le premier Saez... mais après m'être tapé Muse et silverchair je n'avais vraiment pas le courage de me faire Saez en plus. Faut savoir être raisonnable.

J'ai donc pris l'autre album du mois d'octobre 1999, The Butterfly Effect, de Moonspell, groupe portugais qui recevait des tomateiro à l'époque. Oui, c'est marrant hein ? Moonspell a beau évoluer dans un genre totalement différent de Machine Head (évoqué le mois dernier) je pourrais presque dupliquer mon article. Les groupes goth-metal à avoir emboîté le pas à Paradise Lost à la fin des années quatre-vingt-dix, ils en ont entendu aussi - des canettes sifflant à leurs oreilles. Je pourrais vous raconter un concert de Moonspell dans un festival, c'était incroyable... j'ai cru que le groupe allait devoir quitter la scène avant la fin. On comprendra qu'aujourd'hui, quand je croise un esthète du metal essayant de me faire gober que la majorité des fans du genre idôlatrent Tool et Neurosis et que le chevelu bourrin et intolérant est un cliché... j'ai un peu de mal à le croire. Ca ne ressemble pas à ce que j'ai vécu. Moi ce dont je me souviens, c'est qu'à la fin des années quatre-vingt-dix si vous entriez avec un t-shirt Paradise Lost dans un magasin spécialisé dans le metal, tout le monde se payait votre gueule. Ils s'agissait pourtant bien d'un magasin plein d'amateurs pointus et disposant théoriquement d'un large éventail métallico-culturel. Hinhin.

Pas que je veuille spécialement charger les fans de metal. Au contraire. Du point de vue mon parcours musical, il est très révélateur qu'à dix-huit ans la plupart des groupes de metal que je préférais aient été ceux que l'on moquait, que l'on taxait de vendus à l'alternatif voire de commerciaux. Dans le fond, je n'ai jamais été un vrai gros fan de metal. C'est un pur hasard si le premier canard que j'ai acheté était Hard Rock Magazine (d'ailleurs c'était plus pour la couv' sur je ne sais plus qui que pour le hard rock), si je me suis retrouvé à l'aimer et à l'acheter par la suite tous les mois. Je n'appréciais pas la moitié des groupes dont ils parlaient, et au fur et à mesure que les années quatre-vingt-dix avançaient et que les groupe de metal extrême d'une part, et de true-metal d'autre part... occupaient de plus en plus de pages... je sentais que je me dissociais progressivement de tout cela.

Ce qui est ironique c'est évidemment que par bien des côtés Moonspell était un groupe de metal extrême ; mais je trouvais dans ses albums d'alors (Irreligious, Sin/Pecado et donc The Butterfly Effect) une sophistication et un raffinement qui me parlaient autrement plus que la brutalité du death ou du black. Moonspell, c'étaient un peu des dandys du metal ; leur musique avait quelque chose d'élégant, de classe même... qui la rendait bien plus attrayante que - par exemple - celles d'un Cannibal Corpse (dont j'avais cependant bien aimé le Gallery of Suicide) ou d'un Marduk (dont le goût pour l'imagerie militaro-fasciste (1) m'a toujours un peu rebuté). The Butterfly Effect m'apparut alors comme le couronnement de cela. Le précédent, Sin/Pecado, m'avait déjà considérablement emballé. Mais il avait ce côté un peu éthéré qui me dérangeait, trop produit, trop clinquant. Le plus drôle étant qu'évidemment, ce dont je ne me rendais pas compte à l'époque... c'est que The Butterfly Effect était encore plus produit. Peu importe, d'ailleurs. Cet album-là, renouant avec une certaine sauvagerie sans pour autant perdre son côté mélodique, m'a touché comme peu, et je suis agréablement surpris (et content) de voir que pour une fois je ne reverrai pas spécialement mon avis à la baisse dans cette rubrique ; je trouve toujours son compromis entre metal et indus aussi réussi - notamment "Solitary Vice" qui tient la dragée haute à nombre de trucs du genre. Je dis "Solitary Vice"... je pourrais aussi bien dire "Can't Bee" (dans lequel Fernando Ribeiro s'essaie au crooning avec un certain talent), "Lustmord" (seul titre vraiment violent de l'album), "Angelizer" (et son refrain guttural)... seuls les deux derniers titres sont un peu en-dessous (et encore... "Tired" et son sample d'opéra sont de bien meilleur goût que les vaines tentatives symphoniques de Daubsody et autres). Mais comment puis-je être étonné de le trouver aussi bon alors que Moonspell est un des rares groupes de metal non seulement que j'écoute encore, mais qui en plus ne m'a jamais déçu ? (2)...


Découvrez la playlist The Butterfly Effect avec Moonspell

The Butterfly Effect, de Moonspell (1999)




(1) Je parle de fascisme au sens de la fascination pour la violence et la martialité... et non de nazisme, attention.

(2) Ce qui n'est pas tout à fait exact : l'album d'après (Darkness & Hope) m'avait carrément dépité puisque marquant un retour au goth-metal basique... cela dit je serais culotté de dire qu'il est mauvais alors que je ne l'ai quasiment jamais réécouté depuis l'année de sa sortie...
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3 commentaires:

  1. Il y a vraiment très très longtemps que je n'ai pas écouté cet album. Mais pourtant, j'en garde un très bon souvenir, c'était l'époque ou je "voulais" être un métalleux (tous mes potes l'étaient), et on m'avait prété dans la même livraison cet album et le premier SOAD. Le second est un classique de ma discothèque maintenant, mais celui - ci... heureusement que cet article le rappelle à ma mémoire. Disons qu'il est très très bon dans la catégorie métal "audible" ;-)

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  2. J'ai du arrêter à "sin/pecado" mais je n'avais pas du tout aimé à l'époque. Mais j'ai un bon souvenir de "wofheart"

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  3. Guic' >>> j'aurais voulu être... métalleuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuux ! :-D

    Nyko >>> moi par contre je n'ai qu'un vague souvenir de Wolfheart (à part la pochette)...

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