samedi 22 septembre 2018

[CTW? - N°9] Too Less, Too Soon.

Doctor #5 – Peter Davison (1982-84 – saisons 19-21)

Mettre Davison si bas me fait un peu de peine. Souvent conspué (à raison) pour son manque de charisme, il m'a toujours inspiré une certaine sympathie et dispose à mes yeux de de trois grosses circonstances atténuantes : son jeune âge au moment de reprendre le rôle (trente-et-un an, ce qui fut longtemps le record de précocité), le fait d'avoir déjà été bien connu du public à cette époque (il jouait simultanément dans  All Creatures Great & Small, ce qui lui valut de puer des pieds auprès des fans durant tout son mandat), et bien sûr le fait de succéder à un Tom Baker qui resta si longtemps et livra des prestations si mémorables qu'il faillit bien figer le personnage. Las : quand tu joues le Doctor et que l'histoire la plus populaire te mettant en scène est celle où tu meurs, c'est quand même qu'il y a un truc qui cloche. Davison partait pourtant d'une bonne idée en tentant, pour faire simple, de prendre le parfait contrepied de Tom Baker : son Doctor est sans doute le plus introverti de tous, mais un Doctor introverti est-il encore un Doctor ? Oui s'il est joué par l'excellent Christopher Eccleston, acteur charismatique ayant déjà quelques beaux faits d'armes derrière lui. Non s'il est joué par un jeune premier à l'aura fluctuante. Davison voulait son Doctor à la fois héroïque et vulnérable, celui-ci fut surtout naïf et mou du genou, ce dès la première minute : dans « Castrovalva » (19x01-04), le héros fraîchement régénéré est totalement à la masse et/ou dans le coma et ce sont ses compagnes (dont une n'est là que depuis dix minutes) qui font tout le boulot, sauvent les meubles et même pilotent le TARDIS. Certain(e)s crurent à l'époque à un contre-pied : il s'agissait en fait d'une embarrassante bande-annonce des trois prochaines saisons, qui verraient la popularité de la série commencer à battre de l'aile sans qu'on parvînt jamais vraiment à mesurer sa responsabilité personnelle de l'acteur. Il se retrouve aujourd'hui coincé entre deux époques, personne n'étant totalement en mesure de dire s'il fut le dernier Doctor de l'Âge d'or où le premier de l'Âge Sombre. Ce qui est sûr, c'est qu'il aura malgré tout joué dans une palanquée d'excellents épisodes, même si ce fut la plupart du temps à l'insu de son plein gré.

En même temps, quand je le revois froncer si fort ses petits sourcils pour avoir l'air sérieux, je me dis que bon... neuvième, c'est pas si mal non plus.

Un épisode : « Four to Doomsday » (19x05-08), parce qu'il faut bien varier un peu les plaisirs et que « The Caves of Androzani » n'est peut-être pas aussi GÉNIAL qu'on le dit en général.

20 commentaires:

  1. Non, Davison est dans la bonne période. Pour moi ça ne fait pas de doute. "A l'insu de son plein gré" si tu veux, c'est vrai qu'il n'est pas toujours juste, mais il apparaît dans beaucoup d'épisodes mythiques.

    En plus, il a la chance d'avoir une des meilleures équipes de compagnons de toute la série.

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    1. Carrément d'accord avec toi pour les compagnons de Davison.

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    2. ALEX >>> tout dépend ce qu'on entend par "mythique". Pour moi, "mythique" dans DW, ça signifie des épisodes que je classerais dans un Top 20-25 (à part "Four to Doomsday", donc). Et je ne suis pas certain qu'il y en aurait beaucoup avec Davison. En revanche, dans un Top 50-60, là effectivement il y en aurait plus... "Earthshock", "Snakedance", "Frontios", "The Caves...", "Kinda", "Arc of Infinity"... cela dit la plupart aurait pour point commun d'être des compagnons-centric, et sur ce point en effet on ne peut que se rejoindre. Je n'ai d'ailleurs jamais compris l'ostracisme dont les fans ont toujours fait preuve vis-à-vis d'Adric, et le trio avec Nyssa et Tegan compose pour moi aussi une des belles périodes de la série en terme de compagnonnage.

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    3. (je le réalise en l'écrivant mais on parle bien sûr, en gros, des compagnons avant l'ignoble Turlough, ce gars dont j'ai toujours soupçonné que son recrutement était uniquement dû au fait qu'il n'y avait jamais eu de compagnon roux auparavant)

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    4. AH OUAIS, TURLUTE, JE L'AVAIS OUBLIE LUI :)

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    5. Ok. J'avoue, elle est nulle, mais j'ai ri. Fort.

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  2. Je suis assez d'accord avec toi. J'ai toujours bien aimé Davison (le fait que j'ai découvert la série avec lui peut-être), pour moi c'est un peu le poids lourd des poids plumes dans le rôle. La place de 9e me paraît pas trop injuste même si je l'aurais au minimum mis après Eccleston (énorme acteur très surestimé dans ce rôle précis)

    Est-ce qu'il vaut mieux un acteur contesté avec de bons épisodes ou le contraire? Je pense que la question va se reposer en octobre car autant je doute pas du tt que Jodie Whittaker soit super autant avec Chibnall en showrunner + les premiers trucs qui ont été dévoilés j'ai bien peur que le contenu soit pas vraiment à la hauteur de son talent...

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    1. On ne va pas attendre en octobre pour en reparler, on va en parler encore et encore durant tout ce "cycle" ; c'est une question fondamentale quand on essaie de faire un classement des Doctor. Elle va encore se reposer pour les trois prochains épisodes au moins ^^

      Et j'ai bien peur qu'il n'y ait aucune bonne réponse, en dehors de la subjectivité de chacun.

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    2. Ouais tu as raison, en fait presque toutes les périodes à part Tennant et Baker premier (et Pertwee?) confrontent à cette question. Bon du coup tu annules le cyle, on a fait le tour? ;)

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    3. Ouaip, d'ailleurs je vais de ce pas publier un article qui n'a rien à voir ;-)

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  3. Vu que sa cause déjà d’Octobre... je pose la question: je suis pas le seul à me dire qu’ils sont vraiment pas sereins et que c’est pour ça qu’ils se sentent obligés de lui coller direct 3 companions?

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    1. Possible, mais on peut aussi voir ça comme une manière de rompre avec l'ère Moffat (à l'instar du choix de ne faire que des stand-alone ou des choix de réalisation - la photographie a l'air beaucoup plus lumineuse, de ce que j'ai pu entrevoir). Le casting promet de sortir du schéma Idéal Amoureux et/ou Pygmalion qui dominait quand même nettement la série depuis 2005, on peut le voir d'une manière positive aussi. Je ne suis pas certain que ce soit une question de sérénité, le changement du genre de l'interprète est un buzz monstrueux qui va attirer plein de nouveaux spectateurs, et les anciens, bon... à part quelques vieux réacs, on parle quand même de la série la plus progressiste et queer des cinquante dernières années ;-) Pour moi c'est le succès quasi-assuré, au contraire.

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    2. Ce qui rend perplexe, ce n'est pas tant le nombre de compagnons; que le fait d'en introduire autant de nouveaux, d'un coup, dans une saison uniquement composée de stand alone. Cela paraît très périlleux, surtout écrit par un auteur aussi...

      ...

      Chris Chibnall, je ne m'en remettrai jamais, vivement que cela commence, finalement.

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    3. J’ai loupé un truc? C’est quoi l’histoire des stand alone?
      Vous en parlez tous les deux...

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    4. A mon avis ils sont vachement plus sereins que nous :D

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    5. GUIC >>> il a été annoncé il y a quelques jours que la saison 11 ne compterait que des stand-alone (c'est-à-dire aucun épisode en deux parties) et, si j'ai bien compris, une portion de mythologie réduite par rapport à la période Moffat (ce dont absolument personne ne devrait pouvoir se plaindre... et pourtant j'ai vu des gens s'en plaindre, syndrome de Stockholm, sans doute...)

      BLOOM >>> tu vas un peu vite en besogne, rien ne dit que ces trois compagnons vont être introduits simultanément. Ils apparaîtront peut-être au fur et à mesure de la saison.

      SERIOUS >>> on peut le résumer comme ça, oui ! :-)

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    6. Ok, donc c’est juste une question de structure...
      Moins de mythologie ça me dérange pas non plus hein, je m’emballe peut être mais si on pouvait avoir un retour à des structures de saison plus RTD, moi ca me fait plaisir.

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    7. J'extrapole peut-être un peu mais je lis moi aussi cela comme une promesse implicite que nous ferait Chibnall. D'ailleurs en y réfléchissant, si l'on oublie l'aspect "qualitatif" sur lequel nous sommes toutes et tous, les épisodes qu'il a écrits sur la série sont dans l'ensemble plus proche de l'esprit RTD que de l'esprit Moffat. Et ça, c'est BIEN.

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  4. Concernant Davidson sa période est aussi une ou vraiment on teste tout et on voit ce qui retombe. Compagnon enfant surdoué (erreur monumentale) compagnon traître (hum) tuer un compagnon (seul moyen de rendre l’enfant surdoué sympathique) (tuer le docteur par sacrifice ( pour ça qu’on aime Caves)

    Je ne sais pas à quelle période il s’attache, mais de mon point de vue, c’est surtout qu’apres 10 ans de Baker, les gars ne savent vraiment pas où ils vont, ne savent plus “faire du neuf” je pense

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    1. Je vois ce que tu veux dire, et je suis en partie d'accord.

      Pour moi la période Davison marque en fait le début de l'ère moderne de la série ; les enjeux dramatiques sont souvent plus forts (et plus sombres, sans tomber dans la caricature de la période Colin Baker, mais tout de même le combo "Kinda"/"Snakedance" est sacrément glauque), les compagnons - tout spécialement Tegan - interrogent beaucoup plus la nature du Doctor et de ses aventures (il faut comparer la manière dont Tegan quitte puis revient puis requitte la série, et tous les doutes qui vont avec, avec l'absence absolue de conséquences quant à la manière dont Sarah Jane se fait jeter comme un vieux kleenex... que de chemin parcouru de ce point de vue en à peine dix ans).

      Mais je rejoins ton analyse au sens où je pense que ce n'était effectivement pas une politique vraiment réfléchie (à l'inverse de la période Baker II où l'accent était volontairement mis sur la violence et la noirceur). C'est le manque de charisme de Davison, couplé à sa popularité relative qui ont (je pense) amenés les scénaristes à tenter de compenser par tous les moyens (la mort d'Adric est effectivement la caricature de ce procédé... puisqu'il était déjà acté que l'acteur quittait la série et que tout l'épisode organise ce départ, il n'y avait aucune nécessité à le tuer si ce n'est par pure démagogie vis-à-vis de ses nombreux haters).

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