dimanche 30 octobre 2016

Black Mirror, cette série que je golbe toujours de golber (en vain)


J’avais tellement envie de vous donner à raison. À vous, tous.

À vous, chers professionnels de la profession, que je moque si souvent et avec qui je me disais qu’il y avait l’occasion de se réconcilier, de s’enflammer ensemble, de bon cœur, pourquoi pas autour d’un brunch chez Daniel Schneidermann – puisque même lui s’est mis à chanter ses louanges.

À vous, lecteurs, dont je sais que vous aimez beaucoup cette série et qu’il vous énerve que je lui tape dessus à l’occasion – ne dites rien, je sens bien que vous pensez que je le fais exprès. Il déteste tellement les engouements, le Thomas. Il ne peut pas s'en empêcher. On l'aime bien, mais c'est un peu lourd.

À vous, amis ou potes qui m’en avez beaucoup parlé depuis son improbable retour. Je ne vous en ai même pas voulu de m’en faire l’introduction comme si je ne l’avais jamais vue, alors que je l’avais vue avant vous. Je suis habitué. Et puis vous êtes des amis (ou des potes).

mercredi 26 octobre 2016

J'ai oublié de te dire #5

Ce n'est pas pour le suspens, que j'attends chaque épisode avec la même impatience. Ce n'est pas pour le casting, même s'il est parfait, ni pour la musique, que je ne trouve d'ailleurs pas toujours très à propos, ni à la hauteur. Ce n'est pas non plus pour l'atmosphère, et si peu pour l'histoire. Si je suis là, chaque semaine, depuis trois ans, c'est pour ce que la série ne montre pas. Pour ce qu'elle ne dit pas. Pour ce qu'elle ne raconte pas – tout en parlant tellement. C'est pour lui aussi, bien sûr. Daniel. Cette silhouette perdue. Cette carcasse souffrante qui avance dans le monde en donnant le sentiment de ne pas bien l'appréhender, de ne jamais pouvoir se fondre en lui. C'est pour cette gestuelle maladroite et ces phrases qui paraissent ne jamais savoir finir. C'est pour cette voix traînante, comme si son propriétaire savourait chaque parole... comme s'il redécouvrait à chaque phrase le plaisir d'articuler. Cette voix qui ressemble à ce corps qui ressemble à cette silhouette qui ressemble, elle, à ce destin. Daniel n'est pas un violeur – ou peut-être que si, qui sait ? Il est peut-être également un tueur, ou non. Ou pas. J'ai perdu le fil de l'intrigue à force de n'avoir d'yeux que pour le mouvement lent, hésitant de cette carcasse au milieu des corps. Daniel est différent. C'est tout. Il a quelque chose d'un animal, dans sa grâce comme dans ses maladresses comme dans sa manière de défier les constructions sociales rien qu'en les fixant de son regard doux – si doux. Il n'est pas aussi triste qu'il en a l'air, mais jamais aussi amusé qu'il peut occasionnellement en donner l'impression. Il est comme tous ces gens, donc un peu comme toi et moi, qui ne savent pas vraiment où est leur place. Sa voix ne sonne juste que lorsqu'elle résonne dans ses souvenirs – ou lorsqu'il monologue. Doit-elle répondre ou pire : converser, qu'elle redevient alors ce souffle rauque, inquiétant aux yeux des gens normaux, qui ne savent jamais voir en la différence autre chose qu'une menace indicible. Rien n'est naturel chez Daniel parce que rien n'est facile, pour lui. Ni le sourire, ni le mouvement. Ces choses que les autres font sans y penser semblent requérir chez lui une longue réflexion, peut-être même une répétition minutieuse, comme dans ces moments – il y en a quasiment à chaque saison – où on le voit s'habiller lentement, méthodiquement, comme si c'était la première fois qu'il devait réfléchir à la manière dont le monde allait le percevoir. Il paraît qu'il y a aussi une intrigue, dans Rectify. J'ai même entendu dire que Daniel n'existait pas vraiment – que c'était un acteur, qui jouait un rôle. Je ne sais pas trop quoi penser de tout cela. Ce que je peux affirmer, c'est que Daniel est sans doute l'être le plus vrai, le plus pur, le plus cru que j'aie jamais vu dans une fiction. Ça se termine bientôt, mais cela pourrait durer toujours. Je serais encore là dans vingt saisons, à regarder Daniel ne rien faire avec intensité. Rectify n'est pas une série policière et elle ne parle pas tout à fait de rédemption. Elle ne parle que de lui. Donc, de toi ou de moi. De la différence, et de comment l'on essaie de vivre avec.

La quatrième – et ultime – saison de Rectify débute ce soir sur Sundance Channel.

dimanche 23 octobre 2016

[GOLBEUR EN SÉRIES '16-17] Semaine 6

Dans l'épisode de la semaine : Dragon Ball Super, Graves, Les Hommes de l'ombre, Timeless et Wrecked.

mardi 18 octobre 2016

"Je suis, je vis ; j'attaque, je détruis"

[Mes livres à moi (et rien qu'à moi) - Hors-série]

La simple évocation de Hervé Bazin renvoie à Vipère au poing, et la seule évocation de Vipère au poing renvoie à l'enfance. Plus qu'un livre, peut-être un tout petit peu moins qu'un classique, le premier roman de Bazin est une odeur, une effluve, pour toute personne de ma génération – ou de celle juste avant, ou de celle juste après. Vipère au poing sent la fiche de lecture, le polycopié qui pue (pléonasme), la campagne et son inquiétant silence à la nuit tombée, et les téléfilms pédagogiques d'Antenne 2 – si ce n'est de l'ORTF. Grand succès au moment de sa parution en 1948, il devint un hit des CDI dans les seventies et un best-seller des salles de cours dans les années quatre-vingts. Bazin lui-même n'y pouvait pas grand-chose, et on ne pouvait guère l'accuser d'y avoir prêté le flanc. Rien ne prédestinait en effet ce petit roman autobiographique à une telle postérité académique, a fortiori parce qu'il dégueule d'une telle rage et d'une telle frustration que l'on ne peut qu'imaginer la surprise de l'auteur à voir son Jean Rezeau ainsi canonisé de son vivant. Nous parlons bien d'un livre, lui-même initiateur d'une trilogie, dont l'axe principale est la pulsion meurtrière du narrateur à l'égard de sa génitrice. Et un peu plus sans doute – mais certainement pas moins : Bazin ne s'écartera jamais de ce projet, ne cherchera jamais à amorcer le plus petit commencement de réconciliation, et s'il s’attèlera à nuancer la figure légendaire et monstrueuse de sa Folcoche dans le dernier – et meilleur – volet (Cri de la Chouette), jamais la haine viscérale qui secoue son protagoniste ne s'éteindra pour devenir plus acceptable aux yeux du gentil éducateur. Ma mère fera sacrément la gueule, le jour où mon petit frère écrira dans sa fiche de lecture s'être reconnu dans le héros. Voilà ce qui arrive quand on force les mioches à lire des livres parus quatre-mille ans avant leur naissance.

dimanche 16 octobre 2016

[GOLBEUR EN SÉRIES '16-17] Semaine 5

Dans l'épisode de la semaine : Bull, Channel Zero, Designated Survivor, Supergirl et en bonus... Dragon Ball Super. Oui. Encore.

jeudi 13 octobre 2016

69 joueurs. 1 Golb #4

...
Vous n'en pouviez plus de l'attendre. Certains d'entre vous, sans doute, craignaient qu'il ne paraisse pas avant 2018. Mais allez, tout va bien : voici enfin le quatrième épisode du classement des meilleurs joueurs de toute l'histoire du Golb – donc de l'humanité (ou à peu près). Une sélection unique en son genre, basée sur des critères totalement fallacieux (avoir été vivants de mon vivant, ne pas être allemands, me paraître élégants ou sympathiques), donc par le fait inégalable et absolument inimitable. Pour ce quatrième volet, on passe aux choses sérieuses, puisque nous nous intéressons cette fois aux places numéros 38 à 29 – après quoi ne restera plus que la crème de la crème. Et comme il fallait bien que ce moment arrive un jour ou l'autre vu que je suis un peu plus vieux chaque année, sachez qu'à la fin de cet épisode, il ne restera quasiment plus de joueurs en activités.

dimanche 9 octobre 2016

[GOLBEUR EN SÉRIES '16-17] Semaines 3 & 4

Un épisode un peu particulier (et chargé) cette semaine, puisque mon ordinateur m'a abandonné en rase campagne, engloutissant toutes mes notes et m'obligeant à ré-écrire cet article (et d'autres) totalement à l'arrache. Ce qui nous fait un copieux menu avec du remakebootval en veux-tu en-voilà (Evil Dead, Dragon ball Super, MacGyver, Westworld, l'Exorciste... il n'y a vraiment plus que cela...), et heureusement quelques trucs originaux dans le tas (pas forcément pour le mieux, cela dit).

vendredi 7 octobre 2016

oG Musique - Souviens-toi du "rock planant"

...
Il y a sans doute plein d'excellentes manières de vendre aux lecteurs du Golb un aussi bon LP que le dernier oG Musique. On pourrait bêtement louer sa qualité, ce qui ne serait que justice mais reviendrait presque à ne rien en dire dans une époque où tout le monde loue la qualité de n'importe quoi à perte d'oreilles. Je pourrais en profiter pour souligner qu'il s'agit d'un nom déjà bien connu de nos services, qui avait attiré notre attention avec La Transformation et sa pochette signée Druillet avant de gratter une petite place dans notre best of 2012 avec son album suivant ((The Woman Who Took) A Flying Leap over the Fence, également présent en Face B. du 10 Years After des 10 Years After - donc meilleur que la Face A, comme assez régulièrement dans cette rubrique). Peut-être quelqu'un s'en rappelle-t-il vaguement quatre ans après, mais ne parions pas trop là-dessus vu le nombre de LPs que l'on chroniquait ici à l'époque. Tiens d'ailleurs, une autre manière très acceptable de vous vendre Out of the Darkness serait tout simplement de vous faire remarquer que, dans la mesure où je ne chronique quasiment plus jamais de nouveautés musicales, si je le fais, il y a des chances que cela vaille le détour.