Affichage des articles dont le libellé est Jeux vidéo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jeux vidéo. Afficher tous les articles

jeudi 21 juillet 2016

Dragon Quest IX - Passion tunning

...
Parfois, il m'arrive encore de me réveiller en sursaut avec cette petite musique dans la tête. Je n'ai jamais rêvé à jeu vidéo de ma vie. J'ai déjà rêvé de choses invraisemblables, de tâches tellement répétées dans la journée qu'elles revenaient me hanter la nuit, mais je n'ai jamais... jamais rêvé d'un jeu vidéo. Je doute même que ce soit possible tant un jeu vidéo, qui montre tout, qui se décortique à loisir, me paraît être le contraire du rêve et de l'imagination. Et pourtant, parfois, je me réveille avec cette musique dans la tête. Pas un thème de Secret of Mana. Pas une de ces musiques dont j'ai pu vanter les mérites, ou que j'aie parfois trouvées suffisamment entêtantes pour mettre le jeu en pause juste pour le plaisir de l'écoute. Non : la scie illustrant l'un des villages de Dragon Quest IX. Comme si l'Être Supérieur qui m'envoyait mes rêves avait décidé de me faire une blague.

jeudi 9 juin 2016

Comment le BDSM m'a réconcilié avec Castlevania (à moins que ce ne soit le contraire)

...
J'ai longtemps eu une relation compliquée avec Castlevania. Ou plutôt très simple, puisque je n'en avais pas. Plus depuis un temps que les moins de vingt ans, c'est une évidence, ne peuvent pas connaître. Il faut dire que ma rencontre avec la vénérable franchise de Konami ne s'est pas effectuée sous les meilleures auspices, puisqu'elle eut lieu par l'entremise de son premier épisode sur Game Boy, le bien nommé Castlevania : The Adventure. Ah ça, pour une aventure, c'en était une sacrée. Quatre niveaux relevant plus volontiers de la torture que du divertissement, un personnage d'une lenteur à vous faire passer Megaman pour Sonic, des trajectoires de saut aléatoires, le tout mâtiné de ces délicieux ralentissements qui faisaient tout le sel des années quatre-vingts... notez que vu l'omniprésence des cordes dans le level design, on se doutait rapidement que les mecs derrière tout ça ne pratiquaient plus le simple missionnaire depuis un bon moment. Si les meilleurs jeux vidéos peuvent apprendre à un enfant que dans la vie, quand on tombe, on se relève... Castlevania : The Adventure m'a surtout appris que dans la vie, quand on tombe, on est mort. Et aussi quand on marche. Ou juste quand on respire un peu trop longtemps et un peu trop fort.

mercredi 27 avril 2016

Tables de loi de la vidéo-golbitude

...
Ce qui est bien lorsque l'on est un dinosaure de la blogosphère, c'est qu'on apprend à s'organiser lorsqu'il s'agit de créer une nouvelle rubrique. On ne fait plus les choses à l'arrache comme lorsque l'on était un jeune blogueur arrogant et tout juste sorti de l’œuf. On réfléchit à pourquoi (beaucoup), pour qui (pas mal), comment (surtout) et enfin, dans un dernier temps, à quel rythme. Pas mal de lecteurs m'ont ainsi réclamé, depuis la création de la rubrique jeux vidéo, un Mes jeux à moi (et rien qu'à moi), sur le modèle de ce qui se faisait déjà ici pour les disques et les livres (mais, vous l'aurez noté, pas pour les séries). Ce n'était pas exclu, mais ce n'était pas la priorité. Tout simplement parce que mes jeux à moi (et rien qu'à moi) ne sont ni très nombreux, ni très variés. Comme le rappelait Ernesto dans un commentaire sous l'article Golb My Games, le rapport au jeu reste inévitablement lié à la jeunesse, à l'enfance ; si je découvre constamment de nouveaux musiciens ou de nouveaux auteurs, dont certains suffisamment extraordinaires pour arriver tardivement dans mon Panthéon personnel, les jeux vidéo fonctionnent différemment et à quelques exceptions près, ceux qui auront le plus compté dans ma vie sont tous sortis plus ou moins aux mêmes époques, sur les mêmes machines, et appartiennent souvent aux mêmes genres (sachant que je déteste les jeux de bagnoles, que je ne suis pas très client de jeux de sports et que je ne pratique les jeux de tir et de combat qu'à petite dose... il ne reste pas grand-chose, vous en conviendrez). Surtout, à la grande différence de domaines plus clairement artistiques1, il n'y a pas réellement de fil à remonter. Du moins était-ce extrêmement compliqué lorsque j'étais gamin (les jeux étaient nombreux et coutaient cher2), et plus tellement intéressant une fois devenu adulte (les jeux les plus marquants étant très souvent liés aux années de formation, les classiques du jeu vidéo que l'on trouvera dans les listes officielles seront la plupart du temps dépendants de la subjectivité exacerbée de chaque génération de joueurs). Je veux dire par-là que, si vous découvrez Pavement avec émotion du haut de vos seize ans et demi, il y a des chances pour que vous soyez touchés par Jad Fair, puis Dinosaur Jr., puis que vous finissiez par vous intéresser au meilleur de Lou Reed. En revanche, étant entendu qu'un bon jeu est avant tout un bon jeu pour lui-même, en raison de ses mécanismes internes, le fait d'avoir été – comme moi – un fan absolu de Doom II ne signifie aucunement que vous vous mettiez à vénérer tous les jeux du genre (et, de fait, les First Person Shooters ont tendance à m'ennuyer assez vite. Alors que j'ai dû passer l'équivalent d'années entières sur les deux premiers Doom, puis sur Quake).

jeudi 31 mars 2016

Paper Mario Sticker Star - Best of Both Worlds

...
Paper Mario Sticker Star est la typique victime collatérale du phénomène que j'épinglais dans l'article inaugurant cette rubrique. Un rapide tour des sites spécialisés suffit à s'en convaincre : voici un jeu bien moyen, jamais assez ceci, souvent bien trop cela, incapable de se hisser au niveau des standards de l'époque en terme de scénario, de graphismes ou de développement. Oui parce qu'en 2016, rappelons-le, il est très important qu'un jeu offre un scénario extrêmement élaboré. Même s'il est estampillé Mario. On ne le dira jamais assez. Et gare à lui si ses graphismes ne sont pas à la hauteur. On ne dirait pas comme ça, mais sans ces deux éléments déterminants, il est absolument impossible – c'est prouvé – d'avoir droit aux pages cultures de Libération. Im. Pos. Sible. S'il est d'une manière générale assez difficile à quiconque de plus de treize ans d'être d'accord avec la pensée dominante sur les sites référents (jeuxvideo.couilles et gamecul, ou un truc comme ça), c'est carrément la consternation qui prévaut à la lecture des avis concernant ce jeu – ne serait-ce que parce que ces sites pourtant d'un unanimisme à la limite du suspect1 semblent tous s'être passés le mot pour dégommer ce pauvre jeu, symbole de la décrépitude d'une firme dont les dernières sorties sont toutes des bides. Faut-il préciser que dans le monde ultra-mainstream du jeu vidéo, on n'honore jamais que les plus forts ?

vendredi 11 mars 2016

Chrono Trigger - Timey Wimey Wibbly Wobbly


Depuis 21 ans aujourd'hui, Chrono Trigger porte sa croix. Un fardeau qu'on ne souhaiterait à personne et certainement pas à un petit jeu n'ayant jamais fait de mal à qui que ce soit, conçu par une équipe de fanatiques issus de différentes franchises qui, trop heureux qu'on leur laisse carte blanche, s'étaient juste lâchés comme les grands gosses qu'ils étaient. Vingt-et-un-an jour pour jour que tous les projets de suite avortent1, les uns après les autres, comme si les jeunes générations étaient tétanisées à l'idée de devoir assumer le poids de la légende. Vingt-et-un-an qu'il est plus que temps de solder les malentendus, mais que chacun esquive le sujet pour se cacher derrière de grands mots – "classique", "incontournable", "culte". "Chef-d’œuvre".

mercredi 24 février 2016

Ocarina of Time - Votre jeu à vous, et rien qu'à vous.

...
Quelque chose de moi n'a jamais survécu au Noël 1998. Une part de mon enfance, de la manière dont je regardais le monde qui m'entourait. De ce que j'attendais, de ce qui me passionnait. Rétrospectivement, cette fête marque le moment précis, au jour près, où j'ai commencé à me désintéresser des jeux vidéo. Où l'idée de jouer elle-même a commencé à me paraître secondaire, enfantine. Le moment où j'ai abandonné ma manette pour consacrer mon temps – et mon argent – à d'autres choses moins chronophages ni décevantes, comme la musique (ma brève carrière de guitariste a commencé quelques mois plus tard), l'écriture (mon premier "vrai" roman – j'entends : texte de plus d'une centaine de pages – sera écrit l'été suivant), les sorties entre potes, les expériences sexuelles en tout genre et même les drogues récréatives. Maintenant que j'y pense, le Noël 1998 a réellement constitué un moment charnière dans mon existence. Je n'ai jamais réellement su s'il y avait un lien de cause à effet avec la sortie d'Ocarina of Time. Peut-être l'aurais-je reçu différemment s'il était paru un an plus tôt, comme il le devait au départ. Peut-être pas. Comme je l'ai raconté ailleurs, j'ai fini par retrouver le chemin me menant à mes vieilles manettes poussiéreuses, et même des nouvelles. Une chose en revanche n'a pas changé, près de vingt ans plus tard : je n'ai jamais plus aimé un Zelda. Plus vraiment, en tout cas.

jeudi 18 février 2016

Golden Axe Warrior - Putain, ils étaient trop bien les fan-games des Nineties !

...
Les jeunes joueurs d'aujourd'hui ne savent pas la chance qu'ils ont : ils vivent dans un monde en paix. Certes, on meurt encore un peu, parfois, dans l'univers sans pitié du jeu vidéo. Mais la guerre n'est plus, ou plutôt a-t-elle à ce point changé de visage que l'on n'ose plus l'appeler ainsi. Elle est propre, presque noble, et brille plus par son escalade technologique que par la violence de ses coups bas. Rien de comparable avec ce que ma génération a pu connaître en son temps. Évoquée craintivement tant elle fut meurtrière et parfois brutale, occasionnellement surnommée pour faire court les Beatles versus Stones de la génération X, elle ne porte pourtant que deux seuls véritables visages systèmes pileux : celui d'un moustachu à la voix d'acteur porno italien des seventies, et celui d'un hérisson bleu dont l'arrogance précipitera la chute. Une guerre de cent jeux presque interminable (deux décennies !), qui se conclura par l'annexion d'un catalogue entier par un plombier si triomphant qu'il poussera le vice jusqu'à aller sadiser la bestiole jusque dans ses propres jeux.

mardi 9 février 2016

Kid Icarus Uprising - La Laideur cachée des beaux

Certains jeux déçoivent parce qu'on en attend beaucoup trop ; d'autres déçoivent juste parce qu'ils veulent trop. En faire, en donner. En montrer. Et dans le genre, Kid Icarus Uprising se pose-là. Vous qui entrez ici, sachez que ce n'est pas un jeu que vous tenez entre vos mains déjà moites, mais un blockbuster de chez blockbuster. Un console seller, comme on dit. Un chef-d'oeuvre qui, sans doute par pudeur, refuse de dire son nom. D'ailleurs, il se veut inclassable. Un jeu d'action ? Un jeu d'aventures ? Un jeu de tir ? Et pourquoi pas tout cela à la fois ? Sky is the limit, et ça tombe plutôt bien puisque le héros est un ange qui passe beaucoup de temps dans les airs à shooter du... attendez : je relis vite fait le scénario. Ah mais oui, bien entendu qu'il y a un scénario : nous ne sommes plus au vingtième siècle. Il y a même, accrochez-vous bien : des personnages et des rebondissements. Bon, rien d'exceptionnel non plus, mais à la décharge des développeurs,  la dernière fois que l'on avait croisé Kid Icarus et son héros Pit, ça ressemblait à ça :

vendredi 29 janvier 2016

Crystalis - Pink Gets Me High As a Kite

...
La première réaction est de sourire face à un jeu dont l'introduction a considérablement vieilli, et dont le personnage est... rose. La seconde réaction est d'être consterné par la lenteur et la faiblesse des coups d'épée qu'il donne. La conclusion logique consiste à déduire que l'on ne va pas y jouer bien longtemps, à ce jeu tellement culte qu'il a fini par être à  peu près oublié de tous.

mercredi 27 janvier 2016

Golb My Games

Quand j’étais petit, j’étais un gamer. Un vrai. Un pur et dur. Un acharné. Le mot gamer n’existait même pas encore, du moins personne ne l’employait-il, que je savais déjà ce qu'il signifiait. Je jouais, je jouais. Je ne faisais presque que cela. Bien entendu, pour mon avenir, j’hésitais entre testeur de jeux vidéo et plus modestement concepteur. J’en inventais plein – et des révolutionnaires, encore. Sur des bristols. J’énumérais chaque niveau avec force détails et illustrations. Mais surtout : je jouais. Au grand désespoir de mes parents, qui se consolaient en se disant que certes, les jeux vidéo rendaient violents et épileptiques, mais qu’au moins ils me permettaient de développer mes réflexes. Ce genre de discussion avec ses parents a désormais quelque chose d’universel, c’est un cliché qui, alors, n’en était pas encore devenu un. C’était une autre époque, ni meilleure ni pire, juste différente. On découvrait les jeux vidéo de manière frontale, sans véritable esprit critique, presque empiriquement. On les finissait aussi, souvent, intuitivement – il n’y avait pas encore mille magazines et sites et il pouvait se passer des années avant qu’on ne tombe sur la soluce permettant de nous débloquer. En 2016, si j'abandonne un jeu, c'est juste qu'il m'ennuie.